Roubaix, une lumière

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Roubaix, une lumière
Réalisation Arnaud Desplechin
Scénario Arnaud Desplechin
Léa Mysius
Acteurs principaux
Sociétés de production Why Not Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre drame policier
Durée 119 minutes
Sortie 2019

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Roubaix, une lumière est un film français réalisé par Arnaud Desplechin, sorti en 2019[1]. Il est présenté en compétition officielle lors du festival de Cannes 2019. L'histoire est inspirée d'un fait divers survenu en 2002, tel que montré dans le documentaire Roubaix, commissariat central de Mosco Boucault.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le soir de Noël, Daoud, le chef de la police de Roubaix, patrouille en voiture avec Louis, une nouvelle recrue. Ils sont appelés pour le meurtre d’une vieille dame. Les soupçons se portent sur les jeunes voisines de la victime, Claude et Marie. Les deux amantes, alcooliques et toxicomanes, sont alors arrêtées.

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

Un jeune policier catholique, Louis, qui cherche à faire ses preuves malgré les doutes qui l'assaillent, arrive au commissariat central de Roubaix, dirigé par Daoud, homme au tempérament calme. D'origine nord-africaine, Daoud a grandi dans cette ville qu'il connaît parfaitement, mais il a perdu tout contact avec ses proches, y compris un neveu emprisonné qui refuse de le voir.

Les affaires se succèdent. Daoud entend ainsi un homme qui accuse des apprentis djihadistes de l'avoir attaqué, mais comprend tout de suite que l'homme ment afin, probablement, d'obtenir le paiement d'une assurance. Il confie à un policier une enquête sur un viol commis dans le métro. Il retrouvera par lui-même une jeune mineure qui a quitté ses parents, l'écoutera et réussira à la convaincre de les revoir au moins une fois. Enfin une passion pour les chevaux rapproche le commissaire et le jeune policier Louis.

Le jour de Noël, Louis se rend sur les lieux d'un incendie survenu dans une courée. Il interroge les voisines, Claude et Marie, deux jeunes femmes vivant ensemble, qui refusent de parler dans un premier temps, par peur des représailles. Finalement elles viennent au commissariat et disent reconnaître deux jeunes gens sur des photographies. L'enquête ne donne toutefois rien : les jeunes gens en accusent un autre, mais tous ont des alibis.

Le cadavre d'une vieille dame, étranglée sur son lit, est retrouvé sur les lieux. Allant sur les lieux avec Louis, le commissaire Daoud comprend vite que les auteurs sont probablement les deux voisines.

Claude montre au commissaire des objets volés par Marie chez la vieille dame tout en niant être allée dans la maison. Plus tard au commissariat, Daoud obtient peu à peu des aveux de Marie, qui explique que le meurtre a été conçu par Claude et exécuté en commun, le motif étant de voler ce qui pouvait l'être dans la maison de la vieille dame. Claude admet progressivement d'avoir participé au vol, puis au meurtre, mais en cherchant autant que possible à limiter sa responsabilité en profitant de la domination psychologique qu'elle exerce sur Marie, qui est amoureuse d'elle. Une reconstitution sur les lieux du crime permet toutefois d'achever de démonter ses arguments. Les jeunes femmes sont envoyées toutes deux en prison.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

  • Roschdy Zem : le commissaire Yacoub Daoud, qui dirige le commissariat central de Roubaix
  • Léa Seydoux : Claude, une marginale homosexuelle
  • Sara Forestier : Marie Carpentier, une marginale homosexuelle, sa compagne
  • Antoine Reinartz : Louis Cotterelle, un lieutenant de police nouvellement muté à Roubaix
  • Chloé Simoneau : Judith, une femme policier
  • Betty Cartoux : De Kayser, une femme policier
  • Jérémy Brunet : Aubin
  • Stéphane Duquenoy : Benoit, un policier
  • Philippe Duquesne : Dos Santos, l'homme brûlé par un chalumeau
  • Anthony Salomone : Kovalski, un suspect
  • Ilyes Bensalem : Farid Mokhtar, un suspect
  • Abdelatif Sedegui : M. Hami, le père de la fugueuse
  • Sylvie Moreaux : Mme Duhamel, la mère de la fugueuse
  • Diya Chalaoui : Fatia Belkacem, la copine de la fugueuse
  • Bouzid Bouhdida : Alaouane, l'oncle de la fugueuse
  • Maïssa Taleb : Soufia Duhame-Hami, la fugueuse
  • Sébastien Delbaere : Descamps
  • Elléonore Lemattre : la sœur du réveillon
  • Roxane Dubart : la mère du réveillon
  • Antoni Mignon : le jeune homme torse nu
  • Christophhe Hennart : le voisin du réveillon
  • Christophe Filbien : Simon, un policier
  • Delphine Parent : la standardiste
  • Mamadou Coulibaly : le boulanger
  • Ousmane Kébé : le jeune boulanger
  • Damien Giloteaux : Aubin
  • Didier Vanhée : Watteau, un policier
  • Philippe Windrif : l'homme de la courée

Production[modifier | modifier le code]

Écriture du scénario[modifier | modifier le code]

Premier polar du réalisateur, l'écriture du scénario s'inspire d'un fait divers survenu à Roubaix en mai 2002 : l'assassinat dans la cour Desplechin[3], donnant sur la rue Franklin du quartier du Pile, d'une dame âgée par un couple de jeunes filles toxicomanes et leurs stupéfiantes confessions faites face caméra dans le documentaire Roubaix, commissariat central de Mosco Boucault[4],[5]. Le film reste très proche du documentaire dans la description des événements, les personnages et les dialogues, même si certains détails et des personnages de policiers ont été transformés[3]. L'une de ses sources d'inspiration est le film Le Faux Coupable d'Alfred Hitchcock, auquel Arnaud Desplechin voue une grande admiration[6], par la brutalité du fait divers représenté par Hitchcock[7].

Comme l'indique le générique de fin, le film est « dirigé » par Arnaud Desplechin, qui veut ainsi souligner que son travail, dans un film aussi lié au réel, porte essentiellement sur la mise en scène[3]. Il considère ainsi les propos des deux jeunes femmes entendus dans le documentaire en 2008 comme un « matériel sacré », un « texte » à interpréter[7].

Avant le début du tournage, les petits-enfants de la victime, Micheline Demesmaeker, demandent au réalisateur de les recevoir afin de lever leurs inquiétudes sur l'image que le film donnera de leur grand-mère et le portrait qui sera dressé des meurtrières[8]. En 2003, Yves Baudrin, un auteur lillois de polar, avait publié Dangereuse Courée[9] s'attachant à ce meurtre ce qui provoqua une polémique avec la famille de la victime ; l'auteur avait rappelé « son droit à la fiction[10] ».

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage du film débute en à Roubaix (dans un commissariat factice reconstitué dans la CPAM de la ville), à l'Hôtel Mercure (22 avenue Jean Lebas) ainsi qu' à Marcq-en-Barœul (à l'hippodrome des Flandres)[5]. Il dure sept semaines jusqu'au 20 décembre 2018[4],[11].

Accueil[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

Pour la revue Les Inrocks, qui qualifie le film de « somptueux polar social [...] entre drame social stylisé et film d'enquête », l'œuvre de Desplechin « creuse dans les âmes humaines, ni trop bonnes, ni trop mauvaises, menacées par un déterminisme social implacable[12] ». Sur la même ligne, Libération souligne la qualité cinématographique « pure » de ce film qui « réintègre [le] cinéma au social y compris comme genre cinématographique », et y a vu particulièrement le rôle donné par le réalisateur à la police et la loi qui sont là pour « met[tre] des mots sur les choses, [...] verbaliser » au sens premier, notamment dans les scènes d'interrogatoires, « comme peu de films l'ont montré[13] ». Pour La Croix également, Arnaud Desplechin « se confronte pour la première fois au réel et signe un film puissant sur la culpabilité et la pitié dans lequel Léa Seydoux et Sara Forestier sont impressionnantes » notamment dans les scènes de « grande intensité » des interrogatoires[14].

Box-office[modifier | modifier le code]

208 000

Distinction[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Strauss, « De Desplechin à Deneuve : le programme des sorties françaises en 2019 », Télérama, 4 janvier 2019.
  2. Selon le générique de fin, le film est « dirigé » par Arnaud Desplechin.
  3. a b et c Ekchapzer 2019.
  4. a et b J.M. Ogier, C. Massin, « Arnaud Desplechin prêt à tourner Roubaix, une lumière inspiré d'un fait divers », Culturebox, France Télévision, 1er novembre 2018.
  5. a et b Mohammed Lasla, « Roubaix et Marcq-en-Barœul L’équipe du film Roubaix une lumière en tournage à l’hippodrome », La Voix du Nord, 19 novembre 2018
  6. Antoine du Jeu, « Le prochain film d'Arnaud Desplechin sera un polar », Les Inrocks, 2 mai 2018.
  7. a et b Dossier de presse.
  8. Bruno Renoul, « Le film d’Arnaud Desplechin inquiète la famille d’une femme tuée en 2002 », La Voix du Nord, 4 septembre 2018.
  9. Yves Baudrin, Dangereuse courée : Panique à Roubaix, coll. « Polars en Nord », éditions Ravet-Anceau, 2013, 200 p., (ISBN 978-2359733044).
  10. « Polémique Pile : Un meurtre inspire un polar, ce qui n’est pas du goût des fils de la victime », La Voix du Nord, 1er juin 2013.
  11. Charles-Olivier Bourgeot, « Un faux commissariat pour le tournage du film d’Arnaud Desplechin », La Voix du Nord, 1er décembre 2018.
  12. Marilou Duponchel, « Roubaix, une lumière d’Arnaud Desplechin : un film sombre illuminé par quelques éclaircies », Les Inrocks, 23 mai 2019.
  13. Luc Chessel, « Desplechin, l’art du crime », Libération, 22 mai 2019.
  14. Céline Rouden, « Cannes 2019 : Roubaix, une lumière, Desplechin aux sources du mal », La Croix, 22 mai 2019.
  15. Anthony Moreira, « Cannes 2019 : une Sélection officielle éblouissante », Les Inrocks, 18 avril 2019.

Liens externes[modifier | modifier le code]