Rothmannia annae

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Gardenia annae

Rothmannia annae (anciennement dénommée Gardenia annae par Wright[1]) est une espèce de plante de la famille des Rubiaceae. Elle est endémique des Seychelles. On la trouve à l'état naturel uniquement sur l'île Aride, où son habitat est protégé par la réserve spéciale de l'île Aride qui est gérée par l'organisation non gouvernementale seychelloise Island Conservation Society. Elle est utilisée comme plante ornementale.

Description[modifier | modifier le code]

Rothmannia annae est un petit arbuste dioïque de 6 à 7 m de hauteur dont le tronc à écorce lisse peut atteindre 15 cm de diamètre. L'axe principal est orthotrope à croissance monopodiale[2].

Les rameaux latéraux sont plagiotropes à croissance plus ou moins en zigzag (sympodiale)[2].

Les jeunes feuilles portent des poils raides hyalins sur les nervures et sur la marge [2].

Les deux feuilles opposées sont inégales alternativement d'un nœud à l'autre. Les feuilles médianes sont plus grandes que les feuilles opposées. Elles noircissent en séchant [2].

Les fleurs sont solitaires portées à l'extrémité d'un brachyblaste. Elles fleurissent une fois pendant la période des pluies d'octobre à mai [2].

La fleur mâle a un pédicelle court de 3 à 4 cm, portant souvent 1 ou 2 bractéoles très réduites ou seulement une touffe de poils. En forme de calice à tube long de 5 à 6 cm, elle est tapissée à l'intérieur par une feutrage de poils. Sa corolle est verdâtre à l'extérieur et blanche avec des taches pourpres à l'intérieur, et porte 5 lobes ovales longs de plus ou moins 2 cm. Les anthères stériles sont longues de plus ou moins 17 mm, sessiles, insérées entre 2 lobes [2].

La fleur femelle est un peu plus petite, avec un calice plus court, à corolle plus abondamment tachetée. Les anthères stériles sont aussi plus courtes, plus ou moins 12 mm. Les lobes sont jointifs de 13 à 14 mm.

Les fruits sont durs et forment des baies ovoïdes, vert olive tachetés de blanc crémeux et d'une taille de 6 cm de long. Ils contiennent de nombreuses graines qui germent rapidement.

Distribution et habitat[modifier | modifier le code]

Historiquement, elle a été trouvée à Mahé, Silhouette, Praslin et citée par Friedmann (1994) à Félicité[2], aujourd'hui elle n'est présente que sur l'île Aride.

Les Îles Aride, Praslin et Félicité dans l'Océan Indien

La population de Rohmannia annae de la réserve de l'île Aride est généralement associée aux clairières et relativement rare en plaines et forêts côtières sur toutes les îles[2].

Menaces et protection[modifier | modifier le code]

Son déclin sur la majorité des îles peut être attribué à la destruction des forêts dans les basses terres. La suppression de l'espèce a été totale sur les îles de Mahé et de Praslin entre le XIXe et le XXe siècle ; pour les îles de Félicité et Silhouette dans les années 1905 (Gerlach 1997).

C'est en 1997 (Gerlach) que l'espèce a été considérée comme vulnérable avec moins de 1 000 arbustes. La population de Rohmannia annae sur l'île Aride a été contrôlée depuis 1985. Une forte diminution a été constatée dans les années 1985-1987 du fait de la présence de cochenilles. Aujourd'hui, ce phénomène s'est stabilisé avec 1 200 espèces. Elle a été replantée sur d'autres îles comme à Mahé où elle devait être initialement cultivée comme plante ornementale. Mais la majorité des graines est morte. Il n'y a que dans le Jardin Botanique de Mahé que les arbustes ont réussi à pousser et à fleurir [3]. En 2006, elle a complètement disparue sur les îles de Mahé, Silhouette, Praslin et Félicité et reste confinée sur l'île Aride (0,7 km2) [4] En 2011, l'espèce est considérée comme en danger critique d’extinction sur la liste rouge de l'UICN[4]. Elle est cultivée dans moins de vingt jardins dans le monde[5] dont la serre tropicale correspondant au climat zones tropicales sèches du Conservatoire botanique national de Brest.

Galerie photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Wright 1869
  2. a, b, c, d, e, f, g et h Friedmann 1994
  3. Bowler et al. 2000
  4. a et b Ismail et Huber Mougal2011
  5. (en) « Détails de la plante », sur BGCI (consulté le 11 octobre 2015)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • (en) J.G. Baker, Flora of Mauritius and Seychelles, Londres, L. Reeve & Co, , 557 p. (lire en ligne), pp. 142-143
  • [Bowler 2000] (en) J. Bowler, I. Bullock, J. Cadbury, J. Gerlach et J. Hunter, « Conservation status and management of Wright’s gardenia Rothmannia annae », Phelsuma, no 8,‎ , pp. 23-27Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Friedmann 1994] F. Friedmann, Flore des Seychelles - Dicotylédons, Paris, Orstom, , 663 p. (ISBN 2-7099-1226-0)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) M.F. Fay, R.S. Cowan, G. Beltran et B. Allen, « Genetic fingerprinting of two endemics from the Seychelles: Medusagyne oppositifolia (Medusagynaceae) and Rothmannia annae (Rubiaceae) », Phelsuma, no 8,‎ , pp. 11-22
  • (en) R. Kaiser, « Vanishing flora–lost chemistry: the scents of endangered plants around the world », Chemistry & biodiversity, vol. 1, no 1,‎ , pp. 13-27
  • (en) M.J. Samways, P.M. Hitchins, O. Bourquin et J. Henwood, « Restoration of a tropical island: Cousine Island, Seychelles », Biodiversity and conservation, vol. 19, no 2,‎ , pp. 425-434
  • (en) R. Wise et M.J. Coe, A fragile Eden : Portraits of the endemic flowering plants of the granitic Seychelles, Princeton University Press, , 216 p. (ISBN 0-691-04817-7)
  • [Wright 1869] (en) E.P. Wright, « Gardenia annae », Trans. Roy. Irish Acad., no 24,‎ , p. 575Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]