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Rosita Steenbeek

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Rosita Steenbeek
Naissance (68 ans)
Utrecht, Pays-Bas
Nationalité Drapeau des Pays-Bas Néerlandaise
Activité principale
Formation
Auteur
Genres

Œuvres principales

La dernière femme ; Rose ; Julia

Rosita Steenbeek (née le à Utrecht) est une écrivaine et essayiste néerlandaise.

Depuis les années 1980, elle vit et travaille à Rome. Son œuvre comprend des romans, des essais et des récits de voyage, souvent situés en Italie. Par son intérêt pour l'histoire et son attention portée au monde contemporain, elle relie le passé et le présent et aborde des thématiques actuelles.

Rosita Steenbeek est la fille aînée du spécialiste de la Renaissance et professeur d'université Jan Wieger Steenbeek[1] et de Margreth Hugenholtz[2], professeure d'arts plastiques issue d'une famille néerlandaise connue de pasteurs protestants. Ses parents ont exercé une influence importante sur sa formation intellectuelle et apparaissent dans plusieurs de ses œuvres. Sa grand-mère maternelle, Rose, originaire de Cologne et de confession juive, a inspiré le roman Rose, une famille en temps de guerre (2015).

À l'âge de treize ans, elle a survécu à une hémorragie cérébrale, une expérience marquante qui a contribué à façonner sa vision du monde et qui se reflète dans son œuvre à travers des thèmes tels que la fragilité de l'existence et la résilience.

Études et vie à Rome

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Après un enseignement secondaire classique, Rosita Steenbeek étudie les langues classiques et la théologie à l'université d'Utrecht, avant de poursuivre des études de langue et littérature néerlandaises à l'université d'Amsterdam. Elle y soutient un mémoire consacré au roman De doodshoofdvlinder de Jan Wolkers, publié par la suite dans la revue Bzzlletin[3].

À l'issue de ses études, elle s'installe à Rome. Cette relation durable avec la capitale italienne joue un rôle central dans son parcours personnel et dans son œuvre littéraire.

Parallèlement à son activité littéraire, elle collabore à des revues néerlandaises, notamment Vrij Nederland, et travaille comme traductrice d'auteurs italiens tels qu'Alberto Moravia, Susanna Tamaro et Pia Pera. Depuis le début des années 1990, elle se consacre principalement à l'écriture de fiction et de prose narrative.

Rencontres avec Alberto Moravia et Federico Fellini

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Dans le cadre de son activité journalistique, Rosita Steenbeek réalise de longs entretiens approfondis avec plusieurs figures majeures de la culture italienne. En 1987, elle publie une interview de plusieurs pages avec l'écrivain Alberto Moravia dans la revue Vrij Nederland[4], suivie, en 1990, d'un entretien de même ampleur avec Federico Fellini[5]. Elle rédige par la suite des notices nécrologiques consacrées à ces deux artistes.

En mai 1990, elle accompagne Moravia aux Pays-Bas à l'occasion de la parution de la première édition néerlandaise de sa nouvelle La villa di venerdì. Lors de ce séjour, Moravia fait la connaissance de la famille de Steenbeek. Elle réalise avec lui une interview télévisée d'une heure au Rijksmuseum d'Amsterdam, devant La Ronde de nuit de Rembrandt, peu avant la mort de l'écrivain[6].

Par la suite, elle traduit en néerlandais plusieurs œuvres de Moravia, dont La villa di venerdì e altri racconti et La donna leopardo[7]. En 2010, elle publie dans De Volkskrant une recension de son ouvrage posthume I due amici[8].

Moravia et Fellini sont demeurés pour elle des références artistiques et humaines importantes, qui ont exercé une influence durable sur son parcours personnel et son œuvre littéraire.

Principales œuvres

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La dernière femme (De laatste vrouw, 1994)

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Début de Rosita Steenbeek, La dernière femme est un roman à clé.

Le personnage de l'écrivain renvoie à Alberto Moravia, celui du cinéaste à Federico Fellini ; Marcello Mastroianni y apparaît dans un rôle secondaire.

Le roman a attiré l'attention de la critique italienne. Dans Il Giorno, Adele Cambria souligne que Rosita Steenbeek reprend la figure du voyageur venu du Nord attiré par la Méditerranée, pour la première fois incarnée par une femme[9].

L'ouvrage a été traduit en plusieurs langues et a également reçu un accueil favorable dans la presse allemande[10].

Le Royaume des ombres (Schimmenrijk, 1999)

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Roman situé dans le monde étrusque. L'intrigue suit une sculptrice néerlandaise confrontée à la mort mystérieuse de son compagnon, un étruscologue, et s'articule autour de la question de la perte et de la manière de poursuivre sa vie après la disparition d'un être cher.

L'ouvrage a été traduit en plusieurs langues. Il a été présenté lors de la Foire internationale du livre de Turin, à l'occasion de laquelle la littérature néerlandaise était invitée d'honneur. La presse italienne a souligné la dimension mythologique du roman et son ancrage dans les paysages et les nécropoles de l'Étrurie[11].

Intensive care (2004)

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Récit autobiographique dans lequel Rosita Steenbeek évoque la période de deuil et de rééducation physique qui suit la mort de son père ainsi qu'un grave accident de voiture impliquant sa mère et elle-même. L'ouvrage a été salué par la critique néerlandaise pour son écriture retenue et évocatrice.

Autre lumière (Ander licht, 2009)

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Roman historique consacré à la peintre néerlandaise du XVIIe siècle Alida Withoos. Formée par son père, le peintre Matthias Withoos, elle aspire à se rendre à Rome afin de parfaire sa formation artistique, un projet alors difficilement accessible aux femmes. Son compagnon, le peintre Caspar van Wittel, devenu célèbre en Italie sous le nom de Gaspare Vanvitelli, accomplit ce voyage.

Rose. Une famille en temps de guerre (Rose. Een familie in oorlogstijd, 2015)

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Roman historique fondé sur la vie de sa grand-mère maternelle, Rose, et de sa famille judéo-allemande entre les années 1920 et la Seconde Guerre mondiale. En 1929, Rose tombe amoureuse d'un pasteur néerlandais à Heidelberg. Le récit retrace ensuite le destin d'une famille confrontée à la montée du nazisme, aux persécutions et à l'exil.

Dans les années 1930, plusieurs membres de la famille fuient l'Allemagne vers New York, São Paulo et Jérusalem, tandis que d'autres, restés en Allemagne ou réfugiés aux Pays-Bas, sont victimes de la persécution nazie.

Un documentaire fondé sur le roman a été réalisé en 2017[12].

Julia, la fille libre de l'empereur (Julia. Vrijgevochten keizersdochter, 2022)

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Roman historique consacré à Julia, unique enfant de l'empereur Auguste. Rosita Steenbeek part à la recherche de cette princesse longtemps effacée de l'histoire et lui redonne vie à travers la recherche historique, la poésie de ses contemporains et la visite de lieux conservés liés à son existence, tels que la maison d'Auguste sur le Palatin, où elle naquit, et l'île de Ventotene, où elle fut exilée.

Sur les routes antiques. Un pèlerinage (Over antieke wegen. Een pelgrimage, 2025)

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Après la perte de sa mère, Rosita Steenbeek entreprend un voyage à vélo de Rome à Mycènes, en suivant la Via Appia Antica jusqu'à Brindisi. L'aventure physique est aussi un voyage spirituel. L'Antiquité apparaît comme toujours proche, à l'image de la présence de la mère. Le livre traite de la force consolatrice et fédératrice de la grande littérature.

Steenbeek avait déjà décrit un voyage à vélo, d'Amsterdam à Delphes, dans Amsterdam--Delphi. Op de fiets naar het orakel, qu'elle a ensuite évoqué lors d'un entretien à la télévision italienne[13].

Engagement et réflexion éthique

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Rosita Steenbeek aborde dans plusieurs essais et projets des questions éthiques et sociales contemporaines. À la demande de la CPNB, l'organisation nationale néerlandaise pour la promotion du livre, elle publie en 2017 l'essai Heb uw vijanden lief (« Aimez vos ennemis »), consacré à la compassion, dans lequel elle évoque notamment une visite sur l'île de Lampedusa. L'ouvrage suscite un large intérêt et figure la même année dans un classement néerlandais des meilleures ventes[14].

Elle contribue au volume collectif Moderne devoties. Vrouwen over geloven (titre traduit : « Dévotions modernes. Des femmes réfléchissent à leur foi »), réunissant des auteures de différentes confessions. Dans Qui est mon prochain ? (2018), Steenbeek se consacre au monde des réfugiés et des personnes engagées dans l'accueil, à la suite de séjours prolongés dans un camp de réfugiés syriens au Liban. Droomland Italië. Van Aleppo naar Turijn (2022) reprend ces thèmes de la migration et de la solidarité.

Par ailleurs, elle collabore en 2023 à la série télévisée néerlandaise Viva l'Umanità! consacrée au durcissement des frontières européennes[15]. Elle s'exprime dans des entretiens avec Amnesty International sur la condition des réfugiés et le sentiment d'être étranger[16].

Elle a écrit, à la suite d'une visite en Israël et à Gaza, dans le quotidien néerlandais Trouw[17].

Enfin, pour la campagne internationale Because I Am a Girl, elle s'est rendue au Malawi, où elle a témoigné des conditions de vie de jeunes filles.

Apparitions publiques et activités commémoratives

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Rosita Steenbeek intervient régulièrement comme conférencière lors de rencontres publiques et de colloques, sur des questions éthiques, la crise des réfugiés, la condition des femmes et la responsabilité sociale.

À la suite de la publication de Rose. Une famille en temps de guerre, elle est fréquemment invitée à participer à des commémorations liées à la Seconde Guerre mondiale. En 2017, elle prononce un discours lors de la cérémonie commémorative du bombardement de Rotterdam, événement vécu par sa mère durant son enfance[18].

Elle effectue un voyage commémoratif à Sobibór, où plusieurs membres de sa famille ont été assassinés, et en rend compte pour la Fondation Sobibor[19].

La même année, elle publie dans l'Auschwitz Bulletin un texte consacré à sa grand-mère Rose et sa famille[20].

Elle collabore à un programme littéraire et musical inspiré de Rose, présenté à l'occasion de la Journée de la Libération des Pays-Bas, en partenariat avec la société musicale NLS, dont les membres historiques furent engagés dans la Résistance[21].

Depuis 2002, Rosita Steenbeek publie des chroniques consacrées à sa vie à Rome dans Italië Magazine.

Elle a été chroniqueuse pour le quotidien néerlandais Trouw.

Cinéma, théâtre et collaborations artistiques

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Parallèlement à son activité littéraire, Rosita Steenbeek est active dans le domaine du théâtre, du cinéma et de projets artistiques interdisciplinaires, témoignant de son intérêt pour le dialogue entre littérature, musique et arts visuels. Elle joue dans plusieurs films néerlandais, dont Charley (1986) de Theo van Gogh et De Witte Waan d'Adriaan Ditvoorst[22], et participe au tournage de Ginger e Fred (1986) de Federico Fellini, expérience qu'elle relate dans un reportage littéraire.

Au théâtre, elle interprète des œuvres de Harold Pinter, Bertolt Brecht et Franz Kafka, et incarne le personnage de Cassandre au sein du Protheater dirigé par Apostolos Panagopoulos[23].

Elle collabore par ailleurs avec des musiciens dans des projets littéraires et musicaux. Elle participe à la Hommage à Fellini du groupe de jazz I Compani[24].

Avec le claveciniste Siebe Henstra, elle présente Froberger & Sibylla, un programme fondé sur une correspondance en grande partie fictive entre le compositeur Johann Jakob Froberger et la princesse Sibylla de Wurtemberg.

Dans le cadre de la préparation de son roman Autre lumière, elle suit des cours de peinture et de techniques anciennes auprès de l'artiste Robert Webster avec lequel elle expose par la suite au Museum Flehite d'Amersfoort. L'exposition Imperatori romani in bronzo e donne romane de l'artiste Wil van der Laan, partiellement inspirée de son œuvre, présente des portraits de Julia, fille de l'empereur Auguste.

Distinction

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En 2011, Rosita Steenbeek reçoit le Mondo Italia Award, décerné par l'ambassadeur d'Italie lors de l'Italie Event au château de De Haar, en reconnaissance de son rôle dans le renforcement des relations culturelles entre les Pays-Bas et l'Italie[25].

Bibliographie

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  • De laatste vrouw (1994), Prometheus
  • Schimmenrijk (1999), Prometheus
  • Ontmoeting in Venetië (2000), Prometheus
  • Ballets Russes (2002), Prometheus
  • Intensive care (2004), Prometheus
  • Siciliaans testament (2006), De Arbeiderspers
  • Ander licht (2009), De Arbeiderspers
  • De trein naar Oefa (2010), De Bijenkorf
  • Rose. Een familie in oorlogstijd (2015), Ambo|Anthos
  • Julia. Vrijgevochten keizersdochter (2022), Prometheus

Essais et récits de voyage

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  • Thuis in Rome (2000), Prometheus
  • Terug in Rome (2008), De Arbeiderspers
  • Kleuren van Rome (2010), De Arbeiderspers
  • Parels van Rome (2011), Ambo|Atheneum -- Polak & Van Gennep
  • Amsterdam--Delphi. Op de fiets naar het orakel (2012), De Arbeiderspers
  • Heb uw vijanden lief (2017), CPNB
  • Wie is mijn naaste ? (2018), Prometheus
  • Leven in Rome (2021), Prometheus
  • Droomland Italië. Van Aleppo naar Turijn (2022), Prometheus
  • Over antieke wegen. Een pelgrimage (2025), Prometheus

Autres œuvres

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  • Liefdesdomein (2002), anthologie, coll. Privé-domein
  • De triomfboog (2015), livre pour enfants, De Nieuwe Kerk / Hermitage Amsterdam
  • De mooiste Bijbelverhalen van Nico ter Linden (2023), anthologie (éditrice), Balans

Traductions

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  • De laatste vrouw traduit en italien, en allemand, en polonais, en tchèque et en français (sous le titre Piccola, traduction de l'italien par René de Ceccatty).
  • Schimmenrijk traduit en italien et en allemand.
  • Thuis in Rome traduit en polonais.

Liens externes

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Notes et références

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  1. (nl) « Jaarboek van de Maatschappij der Nederlandse Letterkunde, 2007 », sur DBNL
  2. (nl) « Margreth (1934-2022), soutien et compagne fidèle de sa fille Rosita Steenbeek », sur Algemeen Dagblad Amersfoort,
  3. (nl) Rosita Steenbeek, « De doodshoofdvlinder gedetermineerd. Jan Wolkers' versie van de vegetatiemythe », sur Bzzlletin, vol. 13, DBNL
  4. Rosita Steenbeek, « De Nobelprijs zullen ze me nooit geven omdat ik te veel over seks heb geschreven », Vrij Nederland, 28 novembre 1987.
  5. Rosita Steenbeek, « Er zijn mannen en er zijn vrouwen. Een vondst van een groot kunstenaar », Vrij Nederland, 28 avril 1990.
  6. Entretien télévisé avec Alberto Moravia, Humanistische Omroepstichting, Rijksmuseum d'Amsterdam, mai 1990.
  7. Alberto Moravia, La villa di venerdì e altri racconti, trad. du néerlandais par Rosita Steenbeek, Wereldbibliotheek, Amsterdam, 1990 ; La donna leopardo, Wereldbibliotheek, Amsterdam, 1991.
  8. (nl) Rosita Steenbeek, « De twee vrienden », sur De Volkskrant,
  9. Adele Cambria, « Il "romanzo-verità" della bella Steenbeek », Il Giorno, 2 avril 1997.
  10. Jochen Schimmang, « Jenseits vom Tratsch », Das Sonntagsblatt -- Evangelische Wochenzeitung für Bayern, 15 novembre 1996 ; « Die letzte Frau », Die Welt, 1996.
  11. Mario Baudino, « Il regno delle ombre », La Repubblica, 2001.
  12. (nl) « Rose. Een familie in oorlogstijd », sur RTV Rijnmond,
  13. (it) « In bicicletta da Amsterdam a Delfi: il viaggio della scrittrice Rosita Steenbeek », sur YouTube
  14. (nl) « Heb uw vijanden lief », sur Bestseller 60,
  15. (nl) « Viva l'Umanità! », sur NPO Start,
  16. (nl) « Ik voel me goed in de rol van vreemdeling », sur Amnesty International Nederland,
  17. (nl) « Gaza? Daar moet je niet over schrijven, zei mijn zus », sur Trouw,
  18. (nl) « Schrijfster herdenkt het bombardement op Rotterdam », sur Algemeen Dagblad,
  19. Stichting Sobibor (dir.), Negentien treinen: Eindbestemming Sobibor: Om niet te vergeten, Amsterdam, contribution de Rosita Steenbeek (« Erwin, Selma, Manfred, Günther en Dagobert », p. 23-25).
  20. (nl) « Auschwitz Bulletin 2017, no 1 », sur Issuu,
  21. (nl) « Rose doet geschiedenis Klaaswaal herleven », sur Hoeksche Waard Nieuws,
  22. (en) « Rosita Steenbeek », sur Internet Movie Database (IMDb)
  23. (nl) « Rosita Steenbeek », sur Theaterencyclopedie
  24. (nl) « Rosita Steenbeek sur Federico Fellini », sur YouTube
  25. (nl) « Schrijfster Rosita Steenbeek wint Mondo Italia Award 2011 », sur Il Giornale,