Rosemary Kennedy

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Rosemary Kennedy
TheKennedyFamily1.jpg

Rosemary Kennedy – première de la première rangée à droite – avec sa famille en septembre 1931.

Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Holyhood Cemetery (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Rose Marie Kennedy
Nationalité
Père
Mère
Fratrie

Rose Marie Kennedy, dite Rosemary Kennedy, née le à Brookline dans le Massachusetts et morte le à Fort Atkinson dans le Wisconsin, est le troisième enfant et la première fille de Joseph Patrick Kennedy et de Rose Fitzgerald Kennedy.

Présentée comme souffrant de troubles du comportement, Rosemary subit, à l'âge de vingt-trois ans, une lobotomie pratiquée par le médecin Walter Freeman, et se retrouve handicapée mentale pour le reste de sa vie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Selon son père, Rosemary était atteinte d'un léger retard mental associé à des troubles de l'humeur probablement lié à un accouchement difficile où son cerveau aurait manqué d'oxygène pendant de longues minutes[1].

Dans les années 1930, Rosemary est surtout une jeune femme qui aime les fêtes, et qui ne se préoccupe pas beaucoup de son avenir, que son père veut « brillant » et irréprochable, comme pour ses autres enfants. C'est une jeune fille de la bourgeoisie bostonienne, pratiquant la voile et le tennis, le ping-pong et le badminton, jouant au bridge, allant au bal, et invitant des amis dans la maison familiale pour des séances privées de cinéma, grâce aux bobines que son père rapporte de Hollywood.

Début 1938, les Kennedy s'installent à Londres, où Joseph Kennedy a été nommé ambassadeur par Franklin Roosevelt. Elle poursuit alors ses études au couvent des Sœurs de l'Assomption à Kensington Square (en) et y obtient un diplôme d'enseignante en mars 1939.

Rosemary est rapatriée aux États-Unis dès le début de la Seconde Guerre mondiale, sa santé mentale s'étant soudainement aggravée selon les témoignages de sa mère : les crises d'hystérie et de colères inexpliquées se sont multipliées. Ce sont surtout ses sorties nocturnes et son intérêt pour les garçons qui offusquent sa mère très religieuse, et font craindre un scandale pour la famille[2].

Lobotomie[modifier | modifier le code]

À l'automne 1941, après un diagnostic de "dépression agitée", les médecins Walter Jackson Freeman et James Watts suggèrent à Joseph Kennedy de pratiquer une lobotomie préfrontale (pratique neurochirurgicale alors en plein essor, considérée comme une manière révolutionnaire de soigner les troubles psychiatriques) pour endiguer les crises et restaurer la joie de vivre de Rosemary. Joseph Kennedy, qui a décidé seul de l'opération, a vraisemblablement été convaincu que cette dernière permettrait d'augmenter le QI de sa fille et donc de la rendre aussi « parfaite » que le reste de la famille[3].

Conséquences post-opératoires et occultation de sa condition[modifier | modifier le code]

Cette opération n'a pas du tout l'effet escompté, et Rosemary se retrouve avec l'âge mental d'un enfant de trois ans et souffre d'incontinence[réf. nécessaire]. Elle est tout d'abord placée à la Craig House, un hôpital psychiatrique privé situé à Beacon, à environ une heure au nord de New York, jusqu'en 1949. À partir de cette date, elle est placée à St. Coletta, à Jefferson dans le Wisconsin ; là, elle est installée dans un petit pavillon de brique construit à son intention, près d'Alverno House, bâtiment réservé aux séjours de longue durée[4].

Si en public, elle est présentée comme handicapée mentale, seules quelques personnes dans l'entourage des Kennedy connaissent la véritable raison de son état. Néanmoins, en juin 1953, le Saturday Evening Post, publiant un article sur la carrière prometteuse de John Fitzgerald, raconte que toute la famille s'est mobilisée autour de ce dernier pour la campagne électorale, à l'exception de Ted, parti à l'armée en Allemagne, et de Rosemary, présentée comme « institutrice dans le Wisconsin ».

En 1959, un proche de la famille Kennedy, James McGregor Burns (en) publie un ouvrage dans lequel il explique que Rosemary « s'occupe d'enfants attardés ». Cette explication est remise en cause quelques mois plus tard, une nouvelle version de Joe Kennedy qui relate que sa fille aînée aurait été victime, durant l'enfance, d'une « méningite spinale ».

La victoire de JFK à la présidentielle impose la version « officielle » définitive selon laquelle Rosemary serait née déficiente mentale.

Certains membres de sa famille lui rendent régulièrement visite. En 1961, l'attaque cérébrale de son père qui le laisse hémiplégique et presque privé de parole, permet à Rosemary de sortir de son isolement. C'est ainsi qu'occasionnellement, elle se rend auprès de ses proches en Floride, à Washington, ou bien encore dans la résidence familiale de Hyannis Port (en) au cap Cod.

Elle meurt de mort naturelle à l'âge de quatre-vingt-six ans au Fort Memorial Hospital à Fort Atkinson dans le Wisconsin, en présence de son frère Ted et de sa sœur Jean Kennedy Smith. Elle est la cinquième enfant Kennedy à mourir, mais la première de causes naturelles. Elle repose au cimetière Holyhood de Brookline (Massachusetts)[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Rosemary : the hidden Kennedy daughter, Kate Clifford Larson, Houghton Mifflin Harcourt, Boston, 2015, (ISBN 978-0-547-25025-0).
  • (en) The Missing Kennedy: Rosemary Kennedy and the Secret Bonds of Four Women, Elizabeth Koehler-Pentacoff, Bancroft Press, 2015, (ISBN 978-1-610-88174-6).
  • Rosemary, l'enfant que l'on cachait, Kate Clifford Larson, Paris, Les Arènes, 2016 (ISBN 978-2-35204-515-1)

Liens externes[modifier | modifier le code]