Rose Zehner

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Rose Zehner
Nom de naissance Rose Francine Goderel
Alias
Rosette
Naissance
Paris
Décès
Laigle, (Orne)
Nationalité Drapeau de la France France
Pays de résidence France
Profession

Rose Zehner, née Rose Francine Goderel, à Paris (XVe), le et décédée le à Laigle dans l'Orne, était une militante syndicaliste dont l'action fut redécouverte en 1980 grâce à la publication d'une photographie de Willy Ronis datant de [1].

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Rose Zehner est orpheline dès l'âge de neuf ans. Très jeune, elle doit travailler comme ouvrière. Sa « grande gueule », son humour la feront connaitre de tous. Militante communiste, elle adhère à la CGTU. En 1938, lors des grèves chez Citroën elle est photographiée par Willy Ronis tandis qu'elle harangue la foule des ouvrières réunies dans la sellerie de l'usine de Paris, (Quartier de Javel).

Après les grèves de 1938, elle est licenciée à la suite de son action militante. Elle ouvre alors un bistrot Rue Saint-Charles : Où va-t-on? Chez Lulu et Rosette. À la fin de la guerre, elle s'installe dans l'Orne.

En 1983, Rose est invitée dans le cadre des Rencontres internationales de photographie d'Arles. Elle est acclamée par la foule.

icône image Image externe
Voir la photographie.

La photographie de Willy Ronis[modifier | modifier le code]

Cette photographie a été prise, le , à la veille de la grève des ouvriers métallurgistes par Willy Ronis - qui signait ses clichés à l'époque de son pseudonyme: Roness- pour le journal communiste Regards. La photographie largement sous-exposée ne sera pas publiée à l'époque parce que Willy Ronis ne disposait pas du papier argentique adéquat. Devant rendre les clichés pour 17 heures au plus tard, il en fut très frustré puis l'oublia. Son tirage n'interviendra que quarante-deux années plus tard.

Sur la photographie, on voit Rose Zehner, de retour du ministère de la guerre, en train de faire le compte-rendu de la délégation pour la « solidarité avec les gars d'Espagne » face aux travailleurs réunis dans l'atelier de sellerie de Citroën-Javel.

Willy Ronis explique: « J'étais dans l'usine, en grève, j'ouvre une porte et je tombe sur cette scène. C'était l'époque où les conquêtes sociales de 1936 étaient remises en question. Les gens criaient de colère. Je n'ai pas eu une vraie réaction de reporter: l'atmosphère était tellement tendue que je me suis senti de trop et suis parti. Je n'ai fait qu'une photo, celle-là. Il a fallu attendre 1982 pour que je rencontre cette femme, Rosette [Rose Zehner]. Nous avons reparlé de cette époque et elle m'a dit qu'elle avait eu le temps de me voir et cru que j'étais un flic! Tout au long de ma vie, j'ai fait mienne la lutte des hommes pour leur dignité et leur mieux- être. »[2]

En 1980, pour la sortie de son livre, Sur le fil du hasard[3], Willy Ronis parcourt ses vieux clichés. Il tombe sur la photo de l'usine Citroën et décide de la publier dans son ouvrage. Une cousine de Rose découvre la photographie et en parle à sa cousine qui se met en contact avec Willy Ronis[4].

Les « retrouvailles » entre ces deux protagonistes des grèves de 1938, l'une, militante, communiste, ouvrière, l'autre, photographe, travaillant pour le journal communiste Regards à quarante années de distance sera fixée sur la pellicule par le cinéaste Patrick Barberis dans son film: Un voyage de Rose (1983). Rose est entourée de Henri Alekan, Francis Lemarque, Guy Le Querrec et deux de ses camarades syndicalistes de l'époque : Léon Bérody et Jean Roger[5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Courban, Roger Gauvrit, Allain Malherbe, Jean-Yves Masson, Citroën par ceux qui l'ont fait: un siècle de travail et de luttes, Éditions de l'Atelier, 2013, en ligne.
  • Didier Daeninckx, La mémoire longue, Le Cherche Midi, 2012, en ligne.
  • Françoise Denoyelle, François Cuel, Jean-Louis Vibert-Guigue, Le Front populaire des photographes, Éditions Terre bleue, 2006, en ligne.
  • Anne Hidalgo, Mon combat pour Paris: Quand la ville ose…, Flammarion, 2013, en ligne.
  • Claude Willard, La France ouvrière: De 1920 à 1968, Éditions de l'Atelier, 1995, en ligne.
  • Daniel Grason, René Mouriaux, Éclats du Front populaire, Syllepse, 2006, en ligne.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Maitron, Éditions de l'Atelier, Paris, notice.
  2. Laurence Debril, Willy Ronis: "Ce sont les petites gens qui m'intéressent", l'Express, publié le 20 octobre 2005 consulté le 19 octobre 2013
  3. Willy Ronis, Sur le fil du hasard, Paris, Contrejour, 1980.
  4. Virginie Chardin, Paris et la photographie : cent histoires extraordinaires de 1839 à nos jours, Parigramme, 2003, 221p. 
  5. Alexandre Courban, Roger Gauvrit, Allain Malherbe, Jean-Yves Masson, Citroën par ceux qui l'ont fait: un siècle de travail et de luttes, Éditions de l'Atelier, 12 septembre 2013, 224 p.