Rosa ×damascena

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Rosier de Damas

Le Rosier de Damas, Rosa ×damascena, est un rosier hybride, considéré comme l'un des types importants des roses anciennes. Il tient une place de choix dans le pédigrée de nombreux autres types de rosiers.

Il serait issu du croisement de Rosa gallica et d'une espèce de Synstylae, Rosa phoenicia ou Rosa moschata (Huxley 1992). Des analyses d'ADN réalisées en 2000 au Japon ont montré que Rosa fedtschenkoana Regel était l'un des trois parents des rosiers de Damas[1].

Il se subdivise en deux variétés (Huxley 1992) :

  • Damas d'été (Rosa ×damascena nothovar. damascena), à courte période de floraison, seulement l'été.
  • Damas d'automne (Rosa ×damascena nothovar. semperflorens (Duhamel) Rowley), à période de floraison prolongée jusqu'en automne ; les deux variétés ne sont pas différentiables autrement.

L'hybride Rosa ×centifolia serait dérivé en partie de Rosa ×damascena.

On attribue au chevalier Robert de Brie le mérite d'avoir rapporté cette plante de Perse en Europe à son retour de croisade vers 1254 à Provins, restée capitale de la rose d'où elle se répandit en Occident. Son nom se réfère à la ville de Damas, importante ville de la région et de nos jours ce rosier vit toujours de façon spontanée en Syrie et au Caucase.

Description[modifier | modifier le code]

C'est un arbrisseau à feuilles caduques atteignant 2,2 m de haut. Les tiges sont armées de robustes aiguillons courbés, implantés en nombre et accompagnés de poils raides. Les feuilles sont imparipennées et composées de cinq (rarement sept) folioles.

Rosa ×damascena fleurit en juin et les fleurs sont roses, semi-doubles, et présentent une odeur sucrée. Rosa ×damascena 'Semperflorens' a des fleurs très doubles, il est remontant à l'automne.

Taxonomie et classification[modifier | modifier le code]

La plante a été validement décrite par Philipp Miller dans la 8e édition de son ouvrage The gardeners dictionary, publié en 1768[2].

La description originale est la suivante[3] :

Illustration botanique de la Rose de Damas, gravure en noir et blanc
Rosa damascena, par M. de l'Obel, 1591

15. Rosa (Damaſcena) caule aculeato, pedunculis hiſpidis, calycibus pinatifidis hirſutis. Roſe with a prickly ſtalk, briſtly foot-ſtalks to the flowers, and wing-pointed hairy empalements. Roſa damaſcena. Lob. Icon. 206. Damaſk Roſe.

Auparavant, cette espèce avait été décrite :

  • Illustration botanique (gravure coloriée) de la Rose de Damas
    Rosa damascena, par E. Blackwell, 1750
    dans l'ouvrage d'Elisabeth Blackwell publié en 1750 : "Herbarium Blackwellianum emendatum et auctum, id est, Elisabethae Blackwell collectio stirpium..."[4], illustrée par la planche nº82 :

Tab. 82. Lat Roſa Damaſcena vel pallida. (...)

1 Frutex bujus roſæ minor deprehenditur quam albarum, elatior tamen quam rubrarum: folis colore dilato gramineo tinguntur, flores ſubrubri apparent.

2 Colitur in hortis, ibique per aliquot æſtatis menſes floret.

3. Hoc genus roſarum leniter alvum laxat excernendo balioſos atque aquoſos humores, unde etiaen infantibus aliisque debilioris naturae hominibus, paulo tamen fortioribus permiſtæ purgantibus, ſæpius dari ſolent.

Variétés[modifier | modifier le code]

Remontantes dites « Damas d'automne »[modifier | modifier le code]

  • Rosa ×damascena ‘Bifera’ appelé aussi Rose de Tous les Mois, Rosier des Quatre Saisons, Rose de Castille ou Rosa ×damascena ‘Semperflorens’ aux fleurs roses très doubles en juin juillet. Cette variété fut la première variété connue en Europe pour ses remontées régulières. Les Français et les Portugais l'utilisèrent beaucoup dans leurs colonies comme plante de haies pour séparer les propriétés. Elle fut largement utilisée dans les programmes de sélection notamment pour créer les hybrides remontants et les rosiers de Portland. Selon certaines sources, elle pourrait être originaire d'Italie et non de Syrie[5].
  • Rosa ×damascena ‘Trigintipetala’, ou rose de Kazanlak, a une odeur très persistante et c'est lui qui a été importé de Turquie en Bulgarie pour la culture destinée à la fabrication de l'essence de rose, particulièrement dans la Vallée des roses[6].
  • Rosa ×damascena ‘Versicolor’, ‘York et Lancaster’ qui pour certains est une Rosa ×alba

Non remontantes dites « Damas d'été »[modifier | modifier le code]

Hybrides[modifier | modifier le code]

En 1800, la duchesse de Portland découvre en Italie, au sud de Naples, un hybride spontané remontant nommé 'Duchesse de Portland' et il y a eu jusqu'à 150 rosiers de Portland tous doubles ou semi-doubles, odorants et plus ou moins remontants. Parmi eux les rosiers historiques ou encore cultivés sont :

  • 'Duchesse de Portland', aux fleurs semi-doubles rouges,
  • 'Rose du Roi', aux petites fleurs rouge violacé qui a une grande descendance de mutations et d'hybrides,
  • 'Bernard' ou 'Pompon Perpétuel', rosier nain à fleurs doubles, petites, roses, très remontant, sport de 'Rose du Roi',
  • 'Roi des Pourpres', autre sport de 'Rose du Roi',
  • 'Jacques Cartier', aux fleurs rose vif doubles et à quartiers,
  • 'Comte de Chambord' ('Duchesse de Portland' × 'Baronne Prévost'), à floraison continue parfumée de fleurs roses, plates, aux pétales enroulés ou en quartiers,
  • 'Blanc de Vibert',
  • 'Arthur de Sansal', violet cramoisi,
  • 'Pergolèse', à fleurs plates pourpre,
  • 'Rembrandt', à fleurs écarlates rayées de vermillon[7].

Culture et utilisation[modifier | modifier le code]

Les pratiques et l'artisanat associés à la rose damascène à Al-Mrah *
Pays * Drapeau de la Syrie Syrie
Liste Liste représentative
Année d’inscription 2019
* Descriptif officiel UNESCO

Les rosiers de Damas sont réputés pour leur fragrance délicate. On les cultive pour la production commerciale d'essence de rose utilisée en parfumerie. L'industrie du parfum se réfère souvent à cette note comme « rose de Damas ».

Les pratiques et l'artisanat associés à la rose damascène à Al-Mrah sont inscrits sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité en [8].

Une revue systématique a suggéré un effet significatif de l'aromathérapie à la rose de Damas sur la réduction de la gravité de la douleur aiguë chez les adultes[9]. Elle pourrait aussi avoir des effets bénéfiques sur les troubles mentaux[10], les états anxieux, le stress et la dépression[11].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) Hikaru Iwata, Tsuneo Kato et Susumu Ohno, « Triparental origin of Damask roses », Gene, vol. 259, nos 1-2,‎ , p. 53–59 (DOI 10.1016/S0378-1119(00)00487-X, lire en ligne, consulté le )
  2. « Rosa damascena | International Plant Names Index », sur ipni.org (consulté le )
  3. Philip Miller, J. Miller, Philip Miller et John and Francis Rivington, The gardeners dictionary : containing the best and newest methods of cultivating and improving the kitchen, fruit, flower garden, and nursery, as also for performing the practical parts of agriculture, including the management of vineyards, with the methods of making and preserving wine, according to the present practice of the most skilful vignerons in the several wine countries in Europe, together with directions for propagating and improving, from real practice and experience, all sorts of timber trees, Printed for the author and sold by John and Francis Rivington ... [and 23 others], (lire en ligne)
  4. Elizabeth Blackwell, Nicolaus Friedrich Eisenberger, Christoph Jacob Trew et Christiani de Launoy, Herbarium Blackwellianum emendatum et auctum, id est, Elisabethae Blackwell collectio stirpium : quae in pharmacopoliis ad medicum usum asseruantur, quarum descriptio et vires ex Anglico idiomate in Latinum conversae sistuntur figurae maximam partem ad naturale exemplar emendantur floris fructusque partium repraesentatione augentur et probatis botanicorum nominibus illustrentur. Cum praefatione Tit. Pl. D.D. Christophori Iacobi Trew ; excudit figuras pinxit atque in aes incidit Nicolaus Fridericus Eisenbergerus ..., vol. 1, Typis Io. Iosephi Fleischmanni, (lire en ligne)
  5. (en) QUATRE SAISONS, A Rose of Many Names by Julie A. Matlin
  6. « Bulgarie: des roses à profusion mais les producteurs broient du noir », sur lepoint.fr, (consulté le ).
  7. Charlotte Testu, Les roses anciennes, Paris, La Maison rustique - Flammarion, (ISBN 2-7066-0139-6), p. 61 à 70.
  8. « Trente cinq nouveaux éléments inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité », sur UNESCO, (consulté le )
  9. (en) Morteza Nasiri, Mahya Torkaman, Shahoo Feizi et Marzieh Beigom Bigdeli Shamloo, « Effect of aromatherapy with Damask rose on alleviating adults’ acute pain severity: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials », Complementary Therapies in Medicine, vol. 56,‎ , p. 102596 (DOI 10.1016/j.ctim.2020.102596, lire en ligne, consulté le )
  10. Neda Mohamadi, Mohammad Hossein Sotoudeh Pourkorrani, Mohammad Amin Langarizadeh et Marziye Ranjbartavakoli, « Evidence for Rosa damascena efficacy in mental disorders in preclinical animal studies and clinical trials: A systematic review », Phytotherapy research: PTR, vol. 36, no 8,‎ , p. 3016–3031 (ISSN 1099-1573, PMID 35653142, DOI 10.1002/ptr.7496, lire en ligne, consulté le )
  11. Taravat Rasooli, Morteza Nasiri, Zeynab Kargarzadeh Aliabadi et Mohammad Reza Rajabi, « Rosa Damascena mill for treating adults' anxiety, depression, and stress: A systematic review and dose-response meta-analysis of randomized controlled trials », Phytotherapy research: PTR, vol. 35, no 12,‎ , p. 6585–6606 (ISSN 1099-1573, PMID 34405933, DOI 10.1002/ptr.7243, lire en ligne, consulté le )

Références[modifier | modifier le code]

  • (en) Huxley, A., ed. (1992). New RHS Dictionary of Gardening. Macmillan.
  • (en) Damask Rose

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Voir aussi[modifier | modifier le code]