Roman-fleuve

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Un roman-fleuve est un vaste roman en plusieurs tomes (souvent plus d'une dizaine)[1]. Ils forment un tout, dans lequel se retrouvent les mêmes personnages d'un tome à l'autre, mais peuvent néanmoins se lire séparément. Ils constituent souvent la fresque d'une famille bourgeoise sur un fond d'histoire contemporaine. En France, l'un des premiers romans à présenter cette structure est L'Astrée, l'œuvre de Honoré d'Urfé.

Ce sont les années 1905-années 1930 qui marquent, par la suite, la faveur du roman-fleuve en France[2], avec notamment :

L'Astrée est considéré comme l'un des premiers roman-fleuve. Ce roman pastoral publié de 1607 à 1627, par Honoré d'Urfé est une œuvre littéraire majeure du XVIIe siècle ; il est parfois appelé « le Roman des romans » (6 parties, 40 histoires, 60 livres, 5 399 pages).

Artamène ou le Grand Cyrus, publié pour la première fois en 1649, est le roman français le plus long. Il ne compte pas moins de 2 100 000 mots (13 095 pages). Ce roman-fleuve ne fut plus publié après 1653 en raison de sa longueur.

La Comédie humaine de Balzac ou, de façon plus évidente, Les Rougon-Macquart de Zola peuvent être vus comme des sortes de roman-fleuve. Ils en possèdent en effet la forme, mais se définiraient plutôt comme des sagas familiales, qui offrent des points de vue sur la société. Balzac dépeint plutôt la classe bourgeoise à la différence de Zola qui s'attache à décrire le monde ouvrier (L'Assommoir, Germinal, etc.).

Les Hommes de bonne volonté, de Jules Romains, montre des points de vue de la société à partir de personnages totalement différents socialement, du fait notamment de l'unanimisme, mouvement duquel l'auteur se revendique. Cette œuvre gigantesque est la plus importante somme romanesque de la littérature française du XXe siècle, avec 27 volumes et 779 chapitres. Le récit passe ainsi d'un abbé à un professeur, à un ouvrier, à un député, à un marquis... et même à de grands personnages de l'époque, tels Clemenceau, Jaurès, Joffre ou Briand.

Une grande diversité des points de vue, certes moins marquée mais existant tout de même, est retrouvée dans Les Thibault de Roger Martin du Gard. Jacques, le frère d'Antoine Thibault (le protagoniste), possède une vision de la société totalement opposée à celle de son frère et de sa famille, rejetant l'ordre bourgeois. De manière similaire, une opposition semblable des points de vue apparaît dans Chronique des Pasquier, avec la lutte indirecte entre les frères Laurent, le scientifique idéaliste, et Joseph, le spéculateur ambitieux. Ce roman montre également une assez grande diversité des milieux sociaux d'une catégorie aisée de la population (milieu des affaires, du théâtre, de la médecine, de la science...).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Leblond, 2010, p. 19.
  2. Leblond, 2010, p. 8.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Aude Leblond. Poétique du roman-fleuve, de Jean-Christophe à Maumort. Littératures. Université de la Sorbonne nouvelle - Paris III, 2010, 766 pages <NNT : 2010PA030138>. lire en ligne.

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