Romain Zaleski

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Romain Zaleski, né le (86 ans) dans le 17e arrondissement de Paris[1], est un haut fonctionnaire français, puis homme d'affaires, un temps parmi les premières fortunes de France. Il est également champion de France et d'Italie de bridge.

Biographie[modifier | modifier le code]

Para Mamluk carpet, early 16th C., collection de Romain Zaleski

Famille[modifier | modifier le code]

Romain Zaleski est né en 1933, dans une famille de l'aristocratie polonaise, troisième de quatre enfants. Son père, Zygmunt, est écrivain et professeur de lettres polonaises à la Sorbonne[2], délégué du ministre des Cultes et de l'Instruction polonais[3]. Sa mère est propriétaire terrienne, médecin et capitaine dans l'armée de l'intérieur polonaise Armia Krajowa[4]. Résistants, en 1943, pendant que son frère ainé André succombe de maladie à Villard-de-Lans, son père est arrêté en France, torturé à Paris et déporté à Buchenwald d'où il sera libéré par les Américains et décoré par Charles de Gaulle. Sa mère est arrêtée par la Gestapo à Varsovie en 1944 et déportée à Ravensbruck[2] tandis que son frère Pierre résistant ayant pris le maquis avec l'AK, sera arrêté par l'armée soviétique et n'a la vie sauve qu'en raison de son jeune âge. Libéré il est rapatrié en France où, devenu ingénieur au CEA[2] il participe à l'invention de la pile à neutrons rapides[5]. Romain lui a servi comme d'autres enfants pour la résistance polonaise, d'agent de liaison portant des documents[6].

Il est marié avec Hélène de Prittwitz, Vice-Présidente de la Fondation Milano per la Scala [7]

Il a une fille Hélène Zaleski, née d'un premier mariage le 8 novembre 1965.

Études et débuts professionnels[modifier | modifier le code]

Élève au Lycée Janson-de-Sailly, il obtient l'accessit en maths et en physique au concours général de 1951 et une mention très bien au bac[2]. Il entre à l'École polytechnique (X1953) dont il sort classé 14e. Le corps des mines a incorporé les 8 élèves les mieux classés de cette promotion de Polytechnique, mais Zaleski peut y entrer néanmoins avec un engagement de servir l'Administration coloniale. Malgré une longue maladie pendant ses études à l'École nationale supérieure des mines de Paris, il reçoit le diplôme en 1958. Son engagement colonial est annulé en octobre 1958 à la suite de la perte des colonies françaises.

Il entre dans la haute fonction publique, où il est notamment secrétaire général adjoint du SGCI et participe à la fin des années 1960 à plusieurs cabinets ministériels, dont celui de François-Xavier Ortoli, ministre de l'Industrie. Après plusieurs périodes de mise en disponibilité, il démissionne définitivement du corps des Ingénieurs des mines en juillet 1986.

En 1972, il quitte le service de l'État, pour intégrer, puis diriger, le groupe financier (Compagnie internationale de banque) et de luxe (fourrures) Révillon. À la fin des années 1970, il devient trésorier de l'UDF.

Un financier à la tête de Carlo Tassara[modifier | modifier le code]

Contraint de quitter Révillon en 1979, il devient consultant de la Comilog[2], pour le compte de laquelle il entre en contact avec le sidérurgiste italien Carlo Tassara, créancier de l'exploitant minier franco-gabonais, au bord du dépôt de bilan[8]. Après lui avoir évité le dépôt de bilan, il entre au capital de la société italienne et en prend le contrôle en 1984[8]. Il en fait une holding de droit luxembourgeois et se spécialise à partir de 1994 dans le secteur de l'exploitation et de la transformation des métaux, ainsi que dans la banque.

Il commence par investir les bénéfices de Carlo Tassara dans le capital du troisième producteur italien d'électricité, Falck-Sondel. Il en détient 38,7 % quand il s'oppose en 1996 à l'OPA de Compart, cédant finalement trois ans plus tard ses parts avec une plus-value de 300 millions d'euros, qu'il investit aussitôt dans le nouveau groupe énergétique. En 2001, il s'associe à EDF et Fiat dans l'OPA hostile sur l'italien Montedison[2]. En 2005, il cède ses 20 % du capital d'ItalEnergiaBis à l'entreprise française pour un milliard d'euros[8]. Selon Le Figaro Economie du 21 juin 2006, dans cette opération R. Zaleski aura touché 1,4 milliard d'euros.

En achetant 7,4 % du capital d'Arcelor[9], il est devenu le premier actionnaire du sidérurgiste européen, et l'homme clé dans l'OPA de Mittal Steel sur Arcelor donnant sa préférence à l'indien contre le russe Severstal[10].

Vice-président du holding italien Mittel, il détient à travers sa holding 13 % du groupe Eramet[11], 11 % d'Edison[2], et plus de 3 % de VINCI[12]. Deuxième actionnaire de la banque Intesa-San Paolo, à hauteur de 6 %, il a acquis en novembre 2007 plus de 2 % de Mediobanca et Generali[13]. Actionnaire de poids et administrateur du groupe Arcelor-Mittal[14], il revend 25 millions de ses actions au groupe pour 1,165 milliard d'euros, et démissionne du conseil d'administration[12].

Malgré son patrimoine, il reste discret, résidant principalement en Italie à partir de 1991 dans une villa de la banlieue de Milan[8] ou à Borno.

Crise boursière et affaire Eramet : l'affaiblissement[modifier | modifier le code]

En 2007, Challenges le classe 4e plus grosse fortune française en évaluant son capital familial financier à 9,173 milliards d'euros, et 13e milliardaire français de par sa fortune personnelle (environ 2 milliards d'euros)[15]. Mais, alors que les estimations de Challenges portent sa fortune début 2008 à plus de 11 milliards d'euros, les actifs de sa holding valent dans l'année presque autant que sa dette, environ 5,5 milliards d'euros[16], sous l'effet la chute des valeurs boursières. Il est obligé de contracter en novembre un prêt auprès des banques italiennes dont il est actionnaire et créancier, pour qu'il puisse rembourser 1,3 milliard d'euros à BNP Paribas et la Royal Bank of Scotland[17]. Il descend de la 4e à la 7e place des plus grosses fortunes françaises, et, classé 488e milliardaire mondial par Forbes en 2007, et 428e l'année suivante, il sort du classement en 2009[18].

Le 17 novembre 2008, en pleine crise financière, il lance Alior Bank en Pologne, à la tête du Conseil de surveillance de laquelle il place sa fille Hélène[19].

Pour rassurer ses créanciers, il attaque en justice la famille Duval, principal actionnaire du groupe Eramet dans lequel il a des participations, en contestant dix ans après l'opération, les valorisations retenues lors du rapprochement entre la famille Duval et le groupe minier[20],[21]. Cette revalorisation lui permettrait de vendre ses actions d'Eramet autour de 400 millions d’euros[22]. Il est débouté, et condamné le 2 décembre 2011 par le tribunal de commerce à payer 750 000 euros, sanction portée à 880 000 euros le 19 mars 2013 par la cour d’appel de Paris[23].

Endettée à hauteur de 2,56 milliards d’euros en 2013, soit plus du double de sa valorisation, la holding de Zaleski, désormais dirigée par l'ancien banquier Pietro Modiano, est menacée de liquidation[24]. Elle détient alors dans le milieu bancaire 15 % dans la banque d'investissement Mittel, 34 % dans la banque polonaise Alior, 1,7 % dans Intesa San paolo, 2,5 % dans Banca Popolare di Milano, 1,4 % de UBI Banca, 1,14 % de Monte dei Paschi di Siena, et 1,4 % de l'assureur Cattolica[25].

Il descend à la 57e position du classement des fortunes professionnelles françaises en 2012 avec 745 M €[26], puis à la 117e place en 2013, avec un patrimoine de 440 M€[27], puis à la 170e place en 2016 avec 420 M€.

Sponsoring et bridge[modifier | modifier le code]

Champion de France de bridge dans sa jeunesse, il joue régulièrement avec Antoine Bernheim. Il sponsorise une équipe française au SPINGOLD 2009 à Washington DC, composée, outre son partenaire Franck Multon, de Bompis, Quantin, Faigenbaum et Pilon[28]. Le 19 mars 2010, l'équipe Zaleski arrive en quart de finale de la coupe Vanderbilt (Championnat du monde de bridge).

Il sponsorise également une équipe italienne[29]. Celle-ci comprenait en 2010, outre lui-même, Alfredo Versace, Lorenzo Lauria, Valerio Giubilo, Mario d'Avossa et Ricardo Intonti ; c'est ainsi qu'il devient champion d'Italie de bridge fin 2010[30]. Il rédige même de petits articles de bridge[31].

En janvier 2014, l'équipe française de Zaleski arrive en finale de la division nationale Open de France, mais doit s'incliner devant l'équipe Zimmermann[32]. La même année, l'équipe menée par Zaleski est retenue dans la sélection nationale de bridge italienne 2014, avec une composition différente[33].

Romain Zaleski a toujours joué lui-même dans les équipes qu'il a sponsorisé. C'est ainsi que dans les grands tournois internationaux il a joué avec les partenaires suivants :

  • Albert Faigenbaum (Cavendish 2008, Championnat d'Europe 2009, Spingold 2010, Vanderbilt 2010)
  • Michel Bessis (Championnat d'Europe 2009)
  • Dominique Pilon (Vanderbilt 2010)
  • Franck Multon (Spingold 2009)
  • Philippe Cronier (Championnat d'Europe 2014)

En l'honneur de son père, il crée la fondation néerlandaise Zygmunt Zaleski, présidée par sa fille Hélène, qui soutient notamment la Bibliothèque polonaise de Paris, ainsi que des bourses pour étudiants étrangers vivant en France.

Il a participé à la création en 2012 et au financement de Aleteia, un réseau social mondial d'informations catholiques, à côté de Olivier Bonnassies, Claude Bébéar, Henri de Castries, Jean-François Hénin.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rapport annuel, Arcelor, 2006. p. 11
  2. a b c d e f et g Bruno Delessard, Énigmatique - Romain Zaleski, financier, Magazine Challenges, 22 novembre 2007. [lire en ligne]
  3. [PDF] Historique de la section de Langue, littérature et civilisation polonaises, Université Lille III
  4. Kawalerowie Virtuti Militari 1792-1945. Słownik biograficzny, tom II, część 2, Koszalin 1993
  5. (fr) Georges Vendryes, « Cinquantième anniversaire du Centre de Marcoule - Exposé de Georges Vendryes sur la filière française des réacteurs à neutrons rapides et Phénix », (consulté le 6 février 2008)
  6. (en) Gail Edmondson, « Romain Zaleski: The Frenchman Who Is Shaking Up Italy Inc. », BusinessWeek, 18 juin 2001. [lire en ligne]
  7. http://www.milanoperlascala.it/body.php?idliv1=7&idliv2=13&temp=1
  8. a b c et d Benoit July, « Romain Zaleski », Le Soir, 10 mai 2006
  9. Natacha Tatu, « Arcelor-Mittal : l'étrange Monsieur Z », Le Nouvel observateur no 2173, 29 juin 2006 [lire en ligne]
  10. (en) Notice sur Romain Zaleski sur Forbes.com
  11. Eramet : le titre continue de battre des records, Boursier.com, 13 décembre 2007
  12. a et b « Zaleski grimpe à plus de 3 % du capital de Vinci », Challenges.fr, avril 2008
  13. « Romain Zaleski détient 2,2 % de Mediobanca », La Tribune, 13 novembre 2007
  14. Conseil d'administration du groupe Arcelor-Mittal
  15. Voir Liste des milliardaires de France en 2007
  16. Les Échos n° 20312 du 2 décembre 2008 page 39 / lire en ligne : https://www.lesechos.fr/02/12/2008/LesEchos/20312-188-ECH_le-financier-romain-zaleski-va-ceder-une-partie-de-son-portefeuille.htm
  17. « Les banques italiennes au secours de Zaleski », Challenges.fr, 17 novembre 2008
  18. « La fortune des milliardaires a fondu en 2008, Bill Gates redevient numéro un », AFP, 11 mars 2009
  19. « En pleine crise bancaire, un riche Français lance une banque en Pologne », AFP, 29 octobre 2008
  20. Les Échos n° 20603 du 28 janvier 2010 page 9 / lire en ligne : https://www.lesechos.fr/28/01/2010/LesEchos/20603-50-ECH_l-impenetrable-monsieur-zaleski.htm
  21. Le Figaro / Lire en ligne : http://www.lefigaro.fr/societes/2013/03/19/20005-20130319ARTFIG00593-eramet-les-duval-gagnent-leur-proces-contre-zaleski.php
  22. Le Journal du Dimanche dimanche 13 janvier 2013 / lire en ligne : http://www.lejdd.fr/Economie/Entreprises/Actualite/Le-duel-des-actionnaires-milliardaires-585783
  23. le revenu / lire en ligne :http://www.lerevenu.com/bourse/actualites/201303195148a5374a25d/eramet-romain-zaleski-perd-en-appel-contre-les-duval.html
  24. Challenges du 28/03/2013 page26
  25. La galaxie de Romain Zaleski négocie sa remise à flot, Les Echos n° 21470 du 3 juillet 2013, page 34
  26. Challenges, n°309, 12 juillet 2012. Sa holding possède encore 12,8 % d'Eramet et 10 % d'Edison
  27. Romain Zaleski , Les plus grandes fortunes - Challenges, 2013.
  28. The Bridge World, February 2010, p.4 ; Zaleski bat Fleisher au premier tour (incluant Martel et Stansby) et est battue par Diamond (avec Gitelman) au deuxième tour.
  29. A partir de 2010, les trois principaux sponsors de bridge en Italie sont Francesco Angelini, Maria Teresa Lavazza et Romain Zaleski. Voir par exemple Angelini Lavazza and Zaleski in Poznan. Une très forte rivalité agite ces équipes, voir : Maria-Teresa Lavazza: Angelini hates me
  30. La donne suivante de la finale du Championnat d'Italie 2010 a été publiée dans Le Bridgeur, no 846, 15 janvier 2011 :
    8 5 4
    9 2
    R D 10 9 8 7 6 3
    A R 10 9 7

    N

    W         E

    S

    D V 6 3
    5 A D
    A D 7 6 R V 9 5 3
    V 5 4 A 2
    2
    R V 10 8 7 6 4 3
    10 8 4 2

    Personne vulnérable. Les enchères sont ultra-rapides : Versace ouvre de 1 ♠ en Ouest, Uggeri annonce 4 ♣ en Nord et Zaleski conclut directement à 6 ♠ en Est. Craignant une chicane à trèfle au mort, Nord entame du 9 ♥ et Versace réussit le contrat. Dans l'autre salle, les adversaires déclarent 7 ♠ contrés et chutent de 3 levées sur l'entame du 3 ♣. Cette donne rapporte 16 imp à l'équipe Zaleski qui totalisera 99 imp à 16 donnes avant la fin de la finale, provoquant l'abandon de l'équipe adverse.

  31. Le Bridgeur n°864, 15 septembre 2012, pp. 8 et 9
  32. Composition des équipes de la finale nationale Open France 2014 : ZALESKI (Zaleski-Cronier, Thomas Bessis-Michel Bessis, Pilon-Toffier) / ZIMMERMANN (Zimmermann-Multon, Helgemo-Helness, Fantoni-Nunes)
  33. Composition de l'équipe Zaleski pour la Sélection nationale italienne 2014 : d'Avossa, Intonti, Lanzarotti,Manno
  34. Décret du 13 juillet 2005, Journal officiel no 163 du 14 juillet 2005

Lien externe[modifier | modifier le code]