Roland de Jouvenel

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Roland de Jouvenel
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Biographie
Naissance

Boulogne-Billancourt
Décès
(à 14 ans)
Paris 1er
Père
Bertrand de Jouvenel
Mère
Marcelle Prat

Roland Guillaume Robert Henri René Byron de Jouvenel des Ursins, né le 9 juillet 1931 à Boulogne-Billancourt et décédé, à 14 ans, le 2 mai 1946 à Paris, 1er arrondissement.

Après sa mort, il aurait dicté à sa mère, par le biais de l'écriture automatique, des textes philosophiques et scientifiques qui étonneront de grands esprits contemporains.

Biographie[modifier | modifier le code]

Roland est le fils de l'écrivain, journaliste, économiste et philosophe Bertrand de Jouvenel et de l'écrivaine et journaliste Marcelle Prat[1]. Par son père, il est le neveu de Renaud de Jouvenel écrivain, éditeur et polémiste et le petit-fils du journaliste et homme politique Henry de Jouvenel qui fut marié à la femme de lettres Sidonie-Gabrielle Colette[2]. Par sa mère il est le petit-neveu du romancier Maurice Leblanc, créateur du personnage d'Arsène Lupin.

Le 5 décembre 1925, le mariage de ses parents, rejetons de familles de la grande bourgeoisie, est un événement mondain. Les témoins sont, pour l'époux : Edouard Bénès et Philippe Berthelot ; pour l'épouse : René Renoult et Maurice Leblanc. Pas de bénédiction nuptiale mais une réception fastueuse au Pavillon des Muses[3].

Roland naît tardivement en 1931, l'accouchement est difficile, sa mère est victime d'une hémorragie suivie d'une perte de conscience pendant laquelle elle fait l'expérience du dédoublement. Elle se voit flotter dans la chambre et, à son réveil, regrette presque que les médecins l'aient fait revenir à elle.

Marcelle ne souhaite pas se laisser enfermer dans son rôle de mère. En 1933 elle débute une carrière de grand-reporter[4] qui l'éloigne périodiquement de son fils.

A quatre ans, Roland semble manifester, pour la première fois, un don de précognition pendant un séjour familiale en Belgique. Il déclare brusquement à sa mère : "Maman la Reine est morte", elle le rabroue mais il insiste "Je te dis que la Reine est morte". Lendemain 28 août 1935, la presse annonce l'accident mortel de la Reine Astrid.

En juillet de la même année, Roland reproche à sa mère de l'abandonner de nouveau en la voyant faire ses préparatifs de départ pour un reportage en Éthiopie. Un mois plus tard, en août, lors du mariage sa tante Colette dite Bel Gazou[5], il déclare "C'est déjà la guerre !". Propos curieux en cette année 1935 ou l'on ne pense pas encore au pire mais, en octobre de la même année, l’Italie fasciste attaque l'Empire Ethiopien.

En 1939, Roland et sa mère sont à Hendaye, l'actrice et cantatrice Georgette Leblanc[6] les rejoint et, à la grande surprise de Marcelle, elle qui n'aime pas les enfants se prend de passion pour son fils. Elle dit de lui "Celui-là ne ressemble pas aux autres, c'est une réincarnation, sa mère d’ailleurs ne le comprend pas !".

Pendant toute l'occupation, Roland et ses parents résident à Saint-Pardoux-la-Croisilles en zone libre. Roland déclare un jour : "Pourquoi se battre contre les allemands, puisque de toute façon il y aura une alliance entre eux et nous ?" ; On lui intime de se taire, il insiste "Puisque nous deviendrons leurs amis !".

A la libération la famille regagne l'appartement de la rue de Rivoli. Roland a 13 ans, il découvre Paris et écrit avec un certain talent. En quelques ligne il brosse le portait d'un zazou rencontré en chemin ou parle de ses balades avec Lux, son chien berger allemand.

A sa mère qui lui demande un jour "ou étais-tu encore" , il répond "A Saint-Roch", "Vois-tu, quand je te demande quelque chose, tu me le refuses assez souvent. Mais si je le demande à Dieu, il me l'accorde toujours, Lui !". Élevé dans une famille peu concernée par la religion, il se convertit lui-même et, en juin 1944, il fait sa communion.

Éminemment intelligent, il ne s'applique pourtant guère à son travail scolaire. Un jour, sa mère, parlant de ses études lui dit "pense à ton avenir" il répond "es-tu sur que j'aurais un avenir ?"

Marguerite Maze, comédienne et amie Georgette Leblanc, raconte qu'elle présente un jour à Roland une grande feuille de papier ou est inscrit l'alphabet et lui demande de placer sa main sur un verre. Celui-ci s'anime et forme les mots Liaison Spirituelle.

Plus tard, Marguerite qui fut présente à son décès, tracera de lui ce portait "Charmant enfant, Roland de Jouvenel avait un caractère grave et profond, proche de tout ce qui l'unissait au beau ; les couleurs l'exaltaient particulièrement. Les fleurs, la musique, les jolies conversations, plus que les jeux des garçons, le retenaient au-delà de toute expression. Il grimpait dans les rêves comme sur une colline chargée d'abondance et je le retrouvais, lui si grave, avec un gai sourire. Je devinais dans ses yeux la joie du vert paradis."

C'est au cours d'une représentation de l'Aiglon, qu'il a peut-être le pressentiment de sa mort prochaine, à la scène finale, il prend la main de sa mère et dit « Pauvre Maman qui va rester seule. »

Sa maladie commence par un mal de gorge, une paratyphoïde est diagnostiquée puis infirmée. Son état s'aggravant, il est hospitalisé à Claude Bernard, "il n'en a plus que pour quatre jours !" déclare un Professeur. Un jour, il se dresse sur son lit d’hôpital et s’écrie "je vois ma grand-mère... Elle est là... Nous sommes tous les trois ensemble... Maman, regarde-la". Il parlait de Jehanne Leblanc, mère de Marcelle, décédée deux ans auparavant. Un autre jour il demanda "Vite Man, va chercher un prêtre, je veux communier". Au bout d'un mois, son état étant à l’évidence désespéré, sa mère le ramène à la maison. Il résiste encore 10 jours et s'éteint au matin du 2 mai 1946[7].

Quelque temps après sa mort, sa mère tente de mettre fin à ses jours en se jetant par la fenêtre[8] mais une main invisible la retient par l’épaule. Des phénomènes inexpliqués se succédant, elle ressent une présence autour d'elle. Sur les conseils d’une amie, elle expérimente l'écriture automatique (psychographie).

Pendant des années, de 1946 à 1969[9] Marcelle de Jouvenel écrit, sous la dictée de son fils, des messages philosophiques et scientifiques qui intéresseront de grands esprits contemporains. Elle organise chez elle des tables rondes, autour des messages de Roland réunissant des scientifiques comme Jean Piveteau, Charles-Noël Martin, Gérard Cordonnier, Rémy Chauvin[10] et bien d'autres. Elle rencontre Robert Oppenheimer, Joseph Banks Rhine, Pierre-Paul Grassé, correspond avec Jean Rostand. Elle est l'amie d'Emmanuel Berl et de Gabriel Marcel. Quelques textes touchant au psychisme et à la biologie ont été soumis par elle au père Teilhard de Chardin qui lui a répondu "Je suis pleinement d'accord avec l'auteur"[11].

Ces messages sont d'abord publiés de 1948 à 1954 en trois volumes trois aux éditions de la Colombe. A partir de 1980, soit près de dix ans après le décès de Marcelle de Jouvenel, les trois premiers volumes seront réédités et trois autres suivront aux éditions Fernand Lanore[12]. Ils sont préfacés par Jean Prieur[13] auteur de nombreuses études sur l'histoire, l’au-delà, la vie après la mort et le paranormal quand ces sujet côtoient le mysticisme. Il fit la connaissance de Marcelle de Jouvenel en 1963 et sera chargé par elle, dans une lettre posthume, de continuer la publication des messages de Roland[14].

Roland de Jouvenel reposa pendant 25 ans dans une chapelle de l’église Saint-Roch. A la mort de sa mère, en 1971, ils furent inhumés tous deux au cimetière parisien du Père-Lachaise[15].

Conformément aux dernières volontés de sa mère, un prix Roland de Jouvenel[16] a été fondé en 1974 à sa mémoire, il est décerné annuellement par l’Académie Française à des ouvrages de littérature et de philosophie.

Sources[modifier | modifier le code]

Jean Prieur :

  • Les tablettes d'or autour de Roland de Jouvenel et ses messages (source principale de cet article), Fernand Lanore, 1979
  • Les morts ont donnés signe de vie, Fayard, 1976
  • Qui est Roland de Jouvenel

Marcelle de Jouvenel :

  • Au diapason du ciel, de 1946 à 1947
  • Quand les sources chantent, messages de 1947 à 1948
  • Au seuil du Royaume, messages de 1949 à 1952
  • En absolue fidélité, La Colombe, 1952 à 1956
  • Comme un secret, comme une flamme
  • La seconde Vie

Louis Pauwels et Guy Breton, Les histoires magiques de l'histoire de France - Tome 2

Tom Novembre raconte, Roland de Jouvenel celui qui parle du ciel

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Liste des ouvrages[1]
  2. Colette, seconde épouse de son père, aura avec son beau-fils de 17 ans, Bertrand de Jouvenel, une relation amoureuse avec qui durera cinq ans et dont elle s'inspirera pour écrire Le Blé en herbe
  3. Hôtel particulier de Robert de Montesquiou
  4. Le journal Le Matin la charge d'une série de reportages au Mexique, Texas et Floride puis en Ethiopie, Érythrée, Soudan et Égypte.
  5. La fille de Henry de Jouvenel et de Colette
  6. Elle est la sœur de l’écrivain Maurice Leblanc et la tante de Marcelle.
  7. Son acte de décès indique 19h45mn
  8. Roland et sa mère habitaient au 194 rue Rivoli, un grand appartement, au 4e étage, dont les fenêtres donnent sur le jardin des Tuileries.
  9. Les messages sont nombreux jusqu'en 1960 puis se raréfient, presque aucun de 1965 à 1968 ou il y en a quatre, l'ultime message est reçu le 16 février 1969.
  10. Il a co-dirigé avec Marcelle de Jouvenel la collection Aux frontières de la science aux éditions nrf
  11. Louis Pauwels et Guy Breton, Histoires magiques de l'histoire de France - tome 2, Éditions J'ai Lu, 4e trimestre 1980, page 355
  12. « Editons Fernand Lanore »
  13. « Qui est Roland de Jouvenel »
  14. Elle lui écrit " Vous êtes le seul à pouvoir faire ce travail, vous seul connaissez bien Roland "
  15. Chapelle Hautoy, 58e division. Ce monument fut édifié pour Charles Hautoy, un arrière grand-père dans la lignée maternelle de Marcelle Prat. Il est l'œuvre de l'architecte Pierre Manguin et des sculpteurs Émile Legrain et Pierre Loison.
  16. « Prix Roland de Jouvenel »