Roland Sénéor

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Roland Sénéor
Portrait de Roland Sénéor
Roland Sénéor
Biographie
Naissance
à Paris 14e
Décès (à 77 ans)
à Paris 16e
Nationalité Drapeau de la France France
Conjoint Catherine Sénéor
Enfants Pierre et Jane Judith Sénéor
Thématique
Études Scientifiques et politiques
Formation Lycée Henri-IV
École polytechnique
Science Po
Titres Polytechnicien X58
Directeur de recherche au CNRS
Profession Directeur de recherche (CNRS), chercheur invité (Zentrum für interdisziplinäre Forschung|ZIF), CERN, Harvard...)
Directeur des études doctorales(X)
Directeur des relations extérieures (X)
Responsable coopération internationale
Travaux recherches en Physique mathématique, théorie des champs, Physique des matériaux, Physique quantique, dynamique des fluides
Approche recherches en dynamique des fluides
Intérêts Curieux de tout
Distinctions Prix Paul-Langevin avec Jacques Magnen
Directeur de recherche
Chevalier de la Légion d'Honneur
Membre de Légion d'honneur
Auteurs associés
Influencé par Louis Michel

Roland Sénéor est un physicien français né le à Paris et mort le à Paris.

Il obtient en 1980 le Prix Paul-Langevin avec Jacques Magnen[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Diplômé de l'École polytechnique (Paris) en 1958, il est chargé de recherche au CNRS d'octobre 1962 à juillet 1975 puis devient Directeur de Recherche du CNRS au Centre de Physique Théorique de l’École Polytechnique (septembre 1977-juin 2003), année de sa retraite. Il est alors nommé Directeur de Recherche émérite.

À la fin des années 1970 le duo qu'il forme avec Jacques Magnen introduit en France une branche nouvelle et prometteuse de la physique mathématique, la théorie constructive des champs. Ils avaient démontré déjà des résultats spectaculaires, tels que la sommabilité de Borel de la théorie phi4 à deux dimensions avec Jean-Pierre Eckmann (en), et maîtrisé le difficile développement dit en espace de phase de phi4 à trois dimensions.

Attiré par leur présence et par l'enthousiasme communicatif de Jean Lascoux, Vincent Rivasseau (en) entame en 1977 un stage dans leur laboratoire en espérant pouvoir se joindre un jour à leur équipe. Quelques années plus tard, et pendant la visite à l’École Polytechnique de Joel Feldman, il se joint à lui et Jacques Magnen. En deux ou trois ans ils ont développé ensemble une technique d'analyse constructive dite multi-échelles qui leur a permis de passer de théories des champs superrenormalisables au contrôle de théories juste renormalisables. Ils étaient certains de pouvoir construire leur premier modèle de ce type, un modèle de fermions dit de Gross-Neveu à deux dimensions. Et ont réussi.

Roland Sénéor, dans la deuxième moitié de sa carrière scientifique, se passionne avec Jona-Lasinio pour l'approche stochastique à la Parisi-Wu en théorie des champs, pour le calcul d'Ito et l'équation de Girsanov, pour la mécanique des fluides et bien d'autres sujets.

Sillages[modifier | modifier le code]

Secrétaire de l'association Sillages (2011-2015), il est responsable de la coopération internationale pour SILLAGES en 2015-2016.

Aristote[modifier | modifier le code]

Au sein d'Aristote, il contribue aux travaux du Comité de Programme de l'association Aristote[2],[3].

Etudes doctorales de l'École polytechnique[modifier | modifier le code]

De 1985 à 1995 Roland Sénéor a supervisé la création puis dirigé le 3ème cycle de l'École polytechnique.


1994 Le grand tournant de l'Internationalisation de l’École polytechnique confiée à Roland Sénéor [4].[modifier | modifier le code]

En 1993 une nouvelle équipe s'est vue confier la Direction de l'Ecole avec Pierre FAURRE comme président et le Général Henri MARESCAUX comme directeur général. Les défis sont importants : depuis plusieurs années des groupes de travail réfléchissent à la modernisation de l'Ecole mais le travail n'est pas finalisé alors que se profile le bicentenaire de l'Ecole créée en 1794, en pleine tourmente révolutionnaire. Il est urgent de pouvoir afficher son avenir dans les domaines de l'enseignement, de la recherche, de l'internationalisation et de la formation humaine des étudiants.

Pour l'internationalisation l'Ecole Polytechnique a beaucoup de retard par rapport à d'autres écoles et il convient de mettre les bouchées doubles car l'enjeu est important. Le schéma directeur pour l'évolution de l'Ecole dans les 10 prochaines années est bouclé en deux mois, il fait l'objet d'un large consensus.

On recherche alors qui va conduire le projet prioritaire de l'internationalisation et le nom de Roland Sénéor apparaît immédiatement compte tenu de l'intérêt qu'il porte aux étudiants et surtout de ses relations avec un grand nombre de grandes universités étrangères. Roland Sénéor accepte immédiatement ce défi mais il voudrait conserver aussi la supervision des études doctorales auxquelles il est très attaché. Il faut beaucoup de persuasion pour le convaincre de se consacrer totalement à l'internationalisation.

Très rapidement il organise des partenariats avec une trentaine d'universités. Puis il faut penser au recrutement des étudiants étrangers ; la tâche est difficile car ces universités connaissent tel ou tel laboratoire de Polytechnique (laboratoires communs à l'Ecole et au CNRS ou au CEA), mais l'Ecole elle-même est peu connue ; or il s'agit d'y attirer d'excellents étudiants faute de quoi ils ne pourront pas suivre, ce qui serait un échec pour l'Ecole, pour son enseignement et pour son corps professoral. Roland Sénéor prend son bâton de pèlerin pour aller vanter ... et "vendre" l'originalité quasi unique au monde de la formation polytechnicienne qui est polyscientifique.

Ensuite il faut organiser un concours car on n'entre à Polytechnique que par concours ; donc ce sera le même jury que pour le concours traditionnel qui prononcera les admissions. Mais il y a peu de points communs dans les programmes d'études d'une étudiante en biologie à Novosibirsk et d'un étudiant en mathématiques en Californie. On décide donc qu'on s'inspirera de ce qui a été fait en 1794 pour le premier concours où il n'y avait ni programme ni préparation : une admissibilité sur dossiers (CV, lettre de motivation, avis sous pli cacheté de 2 professeurs connaissant l'étudiant) suivie d'un oral passé sur le continent de l'étudiant et conduit par des enseignants ou anciens enseignants de l'Ecole capables de jauger si les candidats seront aptes à suivre l'enseignement. Roland Sénéor est sur tous les fronts , il est à la fois innovant et méticuleux. Il règle tout dans les détails pour que ce premier recrutement et l'arrivée à l'Ecole de ces étudiants d'un nouveau type se passe pour le mieux. Qu'on pense par exemple aux frais de scolarité élevés ou à l'argent de poche des étudiants originaires de pays pauvres pour lesquels il sollicite la Fondation de Polytechnique, des sponsors et les étudiants français eux-mêmes.

Le premier recrutement en 1996 est un succès, sinon par le nombre (une trentaine d'étudiants) mais surtout par la capacité de ces étudiants à suivre le rythme polytechnicien dans 3 disciplines scientifiques et à s'intégrer dans la vie de l'école. Par la suite les effectifs augmentent régulièrement. L'objectif initial de 100 étudiants étrangers par promotion est atteinte en 2002.

Simultanément Roland Sénéor supervise les stages et formations complémentaires à l'étranger qui sont devenus la règle pour les étudiants français . Il signe de nombreux partenariats organisant les double diplômes.

Roland Sénéor a ainsi été un acteur clé de l'internationalisation de l'Ecole Polytechnique. Il l'a conduite de bout en bout avec succès. L'Ecole Polytechnique lui doit beaucoup.

Pour ses travaux dans ce domaine, ensemble avec son collègue Tran Nguyen Truong du CPHT (Centre de PHysique Théorique)[Quoi ?], Roland Sénéor a notamment reçu la Médaille pour la Cause de l’Éducation du Ministère de l’Éducation et de la Formation du Vietnam en 2002[réf. nécessaire].

Saphir[modifier | modifier le code]

Roland Sénéor est le créateur en 2006 de Saphir[5] (dont il est le directeur), le réseau informatique de haut débit du plateau de Saclay qui assure l’interface avec le réseau RENATER pour réaliser un réseau numérique à très haut débit consacré à l'enseignement supérieur et à la recherche (CNRS/Laboratoires de Gif sur Yvette, CNRS/IN2P3, ENSTA, CEA/Saclay, Institut Telecom, Universud, Fondation de cooperation Scientifique Saclay, HEC/CCIP, INRIA-Saclay, IOGS, École Polytechnique, Université Paris-Sud XI.

Publications[modifier | modifier le code]

Blanchard, P.  Sénéor, R., Green's functions for theories with massless particles (in perturbation-theory) Annales de l'Institut Henri Poincaré section A Physique théorique Vol 23, p147 (1975)

J.-P. Eckmann, J. Magnen et R. Sénéor, Decay properties and Borel summability for the Schwinger functions in P(phi)_2 theories, Comm. in Math. Phys. 39, 251-271 (1975)

J. Magnen et R. Sénéor, The infinite volume limit of the phi^4_{3} model, Annales de l'I.H.P. XXIV, 95-159 (1976)

K. Osterwalder et R. Sénéor, Scattering matrix is non trivial for weakly coupled P(phi)2 models, Helvetica Physica Acta, 49,525-535,(1976)

J. Magnen et R. Sénéor, The Wightman axioms for the weakly coupled Yukawa model in two dimensions, Comm. in Math. Phys. 51, 297-313 (1976).

J. Magnen et R. Sénéor, Phase space cell expansion and Borel summability for the Euclidean phi^4_3 theory, Comm. Math. Phys. 56, 237-276 (1977).

J. Magnen et R. Sénéor, Yukawa quantum field theory in three dimension in third International Conference on Collective phenomena (1978), J. Lebowitz, S. Langer and W. Glaberson Eds., Annal. of the N.Y. Ac. of Sc. Vol. 337, 13 - 43 (1980).

J. Magnen et R. Sénéor, The Infrared behaviour of (nabla phi)_3^4,Ann. Physics, 152 (1984)

J. Feldman, J. Magnen, V. Rivasseau et R. Sénéor, Bounds on completely convergent Euclidean Feynman graphs, Comm. Math. Phys. 98, 273 (1985).

J. Feldman, J. Magnen, V. Rivasseau et R. Sénéor, Bounds on renormalized graphs, Comm. Math. Phys. 98, 273 (1985).

J. Magnen, F. Nicolo, V. Rivasseau et R. Sénéor, A lipatov bound for convergent graphs of phi_4^4, Comm. Math. Phys. 108 (1986).

J. Feldman, J. Magnen, V. Rivasseau et R. Sénéor, A renormalizable field theory : the massive Gross-Neveu model in two dimensions, Comm. Math. Phys. 109, 437 (1987).

J. Feldman, J. Magnen, V. Rivasseau et R. Sénéor, Construction of infrared phi_4^4 by a phase space expansion, Comm. Math. Phys. 109, 437 (1987).

J. Magnen, V. Rivasseau et R. Sénéor, Construction of Yang Mills theory in four dimensions with an infrared cut-off, Commun. Math. Phys., 155, 415 (1993)

G. Jona-Lasinio et R. Sénéor, Study of stochastic differential equations by constructive methods .1., Journal of Statistical Physics, 83, 1109-1148 (1996)

Science et Arts[modifier | modifier le code]

« Faire se rencontrer artistes et scientifiques est de longue date une action pour laquelle, avec d'autres , je milite ardemment.... De cet enrichissement mutuel, des réflexions esthétiques et des contraintes techniques qu'ils ont vécu, est née cette œuvre dont mon vœu le plus sincère est qu'elle soit vue, par tous ceux qui après nous fréquenteront ces lieux, non comme une tentative puérile mais comme une part essentielle de ce qui fait notre humanité. »

— Roland Sénéor, directeur des relations extérieures de l’École polytechnique, « Polytechnique :: gilles roussi », sur www.gilles-roussi.fr (consulté le 18 mai 2016)

Connexions, Association Culturelle et Scientifique du Sud de Paris[modifier | modifier le code]

  • Co-fondateur avec son épouse et Président de Connexions : Association Culturelle et Scientifique du Sud de Paris[6] depuis 1994, notamment a l'initiative des Arts & Sciences qui se développeront par la suite au niveau national.
  • Organisateur du Buzz Danse Festival consacré aux Danses Urbaines du niveau amateur au niveau International à l'Amphi Poincaré de l'École polytechnique depuis 2005.

IFM[modifier | modifier le code]

Il a fait partie du conseil d’administration de l'Institut français de la mode pour « sa grande connaissance des enjeux académiques, sa connaissance des relations internationales  et aussi sa grande culture pluridisciplinaire » à la demande de son directeur de l'époque, Pascal Morand, avant de rejoindre son conseil des affaires académiques[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « SFP : Prix depuis la création jusque 1998 », sur sfp.in2p3.fr (consulté le 19 mai 2016)
  2. « À la croisée des révolutions numériques Aristote », sur www.association-aristote.fr (consulté le 17 mai 2016)
  3. « MOOC : évolutions, innovations & perspectives », sur www.association-aristote.fr,
  4. Roland Sénéor, « L'internationalisation de l'École », La Jaune et La Rouge, no 559,‎ (lire en ligne, consulté le 24 juillet 2017)
  5. JRES 2013 - 10e Journées Réseaux Montpellier, « Réseau de l'Université Paris-Saclay » [PDF], sur 2013.jres.org/,
  6. http://www.journal-officiel.gouv.fr/association/index.php?ACTION=Rechercher&HI_PAGE=1&HI_COMPTEUR=0&original_method=get&WHAT=connexions&JTH_ID=&JAN_BD_CP=91440&JRE_ID=&JAN_LIEU_DECL=&JTY_ID=&JTY_WALDEC=&JTY_SIREN=&JPA_D_D=&JPA_D_F=&rechercher.x=36&rechercher.y=9&rechercher=Rechercher
  7. « IFM rapport d'activité 2011 », sur Issuu (consulté le 19 mai 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]