Roger du Plessis, duc de Liancourt

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Roger du Plessis, duc de Liancourt (1609[1]-) fut officier sous le règne de Louis XIII. Ayant adopté le parti de la Fronde, il tomba en disgrâce et se convertit au jansénisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Charles du Plessis-Liancourt (seigneur de Liancourt, † 1620, premier écuyer d'Henri III, gouverneur de Metz), et d'Antoinette de Pons († 1632, marquise de Guercheville, dame de La Roche-Guyon en succession de son premier mari Henri de Silly, † vers 1589, et de leur fils François de Silly premier duc de La Roche-Guyon, † 1628 ; Antoinette s'était remariée avec Charles en 1594). Tallemant des Réaux raconte la fière réponse de cette femme aux assiduités d'Henri IV : "je ne suis pas d'assez bonne maison pour être votre femme, mais de trop bonne maison pour être sa maîtresse."
Le duc de Liancourt était l'oncle du La Rochefoucauld des Maximes. Il a épousé, en février 1620, Jeanne de Schomberg, 1601-1674, ce qui en fait le beau-frère du maréchal de Schomberg (1600-1656). Les deux époux firent reconstruire leur hôtel par Lemercier, à l'emplacement approximatif de l'actuelle école des Beaux-Arts. selon Jacques Hillairet (Dictionnaire historique des rues de Paris). On y reçut : « La Fontaine, Corneille qui y fit la lecture de Pulchérie, Molière, celle des Femmes Savantes, Mme Scarron, Madame de La Fayette et Gourville ». Il est Menin de Louis XIII, puis Premier gentilhomme de la chambre du Roi, en 1620 ou 1624, enfin Duc de La Rocheguyon en 1643. Les duchés de La Roche-Guyon et de Liancourt iront à la maison de La Rochefoucauld.
En tant que colonel du Régiment de Picardie, il prit part au siège de Montpellier et se distingua à la prise de Sommières le 17 août 1622.

Pendant la Fronde, il prit le parti du cardinal de Retz contre Mazarin et la reine Anne. Une fois l'insurrection mâtée, Louis XIV refusa de le gracier et il dut se retirer sur ses terres de Liancourt. Sa femme y aménagea une galerie de tableaux et pensionnait une cour d'artistes. Mais peu à peu les deux époux se tournaient vers la religion et devinrent adeptes du jansénisme. Leur retraite a fait prendre la plume au Grand Arnauld : Lettre à une personne de condition, puis sa Seconde Lettre à un duc et pair. Il était notamment ami du P. de Chevigny, Oratorien, qu'il abritait à Liancourt. Liancourt et sa femme « passaient presque toute leur vie à Liancourt dans les exercices de piété les plus édifiants et les plus continuels et ne paraissaient plus à la cour, et, comme ils y avaient vécu dans la plus excellente et brillante compagnie, ils avaient la meilleure à Liancourt, mais la moins à la mode. Ce lieu était le réduit à tout ce qui tenait à Port-Royal et la retraite des persécutés de ce genre. »[2] Liancourt avait un pied-à-terre à Port-Royal des Champs.

Le nom de Roger du Plessis, duc de Liancourt, est associé à la fondation de Ville-Marie (ancien nom de Montréal), puisqu'il apparait sur l'obélisque de la Place d'Youville (Montréal) derrière le musée Pointe-à-Callière.

Obélisque Place d'Youville
Aux fondateurs de Montréal
Louis XIII, Roi de France: Donation des biens confisqués au Sieur de Liancourt, premier Gentilhomme de la Chambre du Roi. Paris, 28 février 1625.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Argenson donne 1598, René Ier Voyer, comte d’Argenson, Annales de la Compagnie du Saint-Sacrement, Marseille, Saint-Léon, 1900, BN numérisé, p. 116.
  2. Saint-Simon, Mémoires (1711-1714), Tome IV, Éditions de la Pléiade-Gallimard, 1985, p. 724.