Roger Soyer

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Biographie[modifier | modifier le code]

Roger [Julien Jacques] Soyer, né le à Thiais, est une basse française. Il est réputé pour la qualité de son timbre, sa diction exemplaire et son style impeccable.

Dès l'âge de onze ans il fut soprano à la Manécanterie des "Petits chanteurs de la Nativité". Ce furent là les prémices de sa carrière lyrique.

Il travailla le chant avec Georges Daum avant son entrée au Conservatoire de Paris, dès l'âge de 19 ans, dans les classes de Georges Jouatte pour le chant et de Louis Musy pour la mise en scène. Après son service militaire il obtint un premier prix de chant et d'Opéra-Comique et l'année suivante son premier prix d'Opéra avec l'air de Philippe II de "Don Carlos".

Cette même année, il participe le 25 octobre à la création au Théâtre des Champs-Elysées de "L'Opéra d'Aran" de Gilbert Bécaud.

En 1963 il est engagé dans la troupe de la R.T.L.N (réunion de l’Opéra et de l’Opéra-Comique) jusqu’en 1968. Il y chanta de nombreux rôles, parmi lesquels, à l’Opéra-Comique : Colline (La Bohème), Basilio (Il barbiere di Siviglia), Arkel (Pelléas et Mélisande), et à l’Opéra : Méphisto (Faust).

Pendant cette période il se produit aussi en province et à l'étranger: on citera entre autres rôles, dès 1963 "les Mamelles de Tirésias" de Poulenc à La Piccola Scala, puis en 1965 une première apparition au Festival d'Aix-en-Provence dans le rôle de Pluton, (L'Orfeo de Monteverdi), en 1966 au Festival de Salzbourg (Moralès, "Carmen"), et en 1967 au Festival de Musique Sacrée de Perugia (Hérode, L'Enfance du Christ).

En 1968 il est en Irlande pour participer au  Festival de Wexford ("La jolie fille Perth" de Bizet) et il débute aux Etats-Unis, à Miami (Frère Laurent, "Romeo et Juliette" de Berlioz) en concert.

En 1969, il se fait remarquer à Aix-en-Provence pour son interprétation du rôle-titre de "Don Giovanni" (aux côtés de Teresa Stich-Randall et Elizabeth Harwood).

Don Giovanni sera par la suite son rôle de référence: on citera quelques productions prestigieuses comme celle d'Edimbourg en 1973 (sous la direction de Daniel Barenboim), de Paris en mars 1975 (avec Margaret Price, Kiri Te Kanawa, Jane Berbié et José Van Dam, sous la direction de Georges Solti), de Genève en novembre 1975 (avec Gabriel Bacquier, Rachel Yakar, Anna Tomowa-Sintow et Matti Salminen); de Cologne toujours en 1975 (avec Margaret Price et Lucia Popp), ou encore de Vienne en avril 1976 (avec Margaret Price, Leonie Rysanek, et Giuseppe Taddei). C'est aussi le seul rôle, avec Méphisto (Faust), qu'il a interprété au Metropolitan Opéra de New York (en 1972).

Il restera très fidèle au Festival d'Aix-en-Provence depuis sa première apparition en 1965, et s'y produira notamment en Basilio de "Il barbiere di Siviglia" (1967), Arkel de "Pelléas et Mélisande" (1968), Don Giovanni (1969 et 1972), Léandre et Pluton du "Carnaval de Venise" de Campra (1975) et Le Roi Jupiter en "Psychè" de Lully (1987).

Après une création en 1972 ("Sud" de Kenton Coe), il est engagé pour les premiers rôles au Palais Garnier dès 1973, sous l'ère Liebermann. On citera dans ses principales apparitions au Grand Opéra: Procida dans "I Vespri Siciliani" en 1974 (aux côtés de Placido Domingo qui dira de lui : "… Peut-être plus belle encore du fait de la présence de Roger Soyer qui est vraiment un chanteur magnifique."), Méphisto dans "Faust" en 1976 (avec Nicolai Gedda, Mirella Freni et Tom Krause), Alidoro en "La Cenerentola" (avec Teresa Berganza ou Frederica von Stade, 1977), Don Alfonso en "Così fan tutte" (1979), Rangoni dans "Boris Godounov" en 1980 (avec Ruggero Raimondi, Viorica Cortez et Ernest Blanc), ou toujours en 1980 Colline dans "La Bohème" (avec Kiri Te Kanawa, Placido Domingo, et Tom Krause).

Comme au cours de son premier engagement à Paris, il mène en parallèle à ses prestations au Palais Garnier une intense carrière internationale (Munich, Stuttgart, Cologne, Bruxelles, Copenhague, Monte-Carlo, Venise, Florence, Rome, Turin, Prague, Lisbonne, San Antonio, Chicago, San Francisco, Buenos Aires...), qui se termine en 1982 sur un Conte Rodolfo de "La Sonnambula" à Genève, puis en 1983 à l'Opéra de Dallas comme Sulpice dans "La fille du régiment". 

Il refera à l'Opéra-Comique une apparition saluée par la presse en 1995, en Nilakhanta de "Lakmé" (avec Natalie Dessay) et sa dernière présentation sera dans ce même théâtre, celui de ses débuts,  dans le rôle de Ramon ("Mireille", 1995).

Roger Soyer est Chevalier de l'Ordre National du Mérite, une décoration qu'il a reçue du gouvernement français le 13 décembre 1972.

Sa tessiture, relativement élevée, l’aura autorisé à panacher d'authentiques rôles de basse (Arkel, Colline, Méphisto, Ferrando dans "Il trovatore"...) avec des rôles plus barytonnants (Don Giovanni, Don Alfonso de "Cosí fan tutte", Alidoro de "La Cenerentola", Méphisto de "La damnation de Faust"), ou encore Albert dans "Werther" ou Claudio dans "Beatrice et Benedict" de Berlioz.

Il compléta sa carrière théâtrale  en participant à de nombreux concerts spirituels et profanes, ainsi qu’à des récitals de mélodies et de lieder avec son frère Jean-Louis au piano.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Roland Mancini & Jean-Jacques Rouveroux, Le guide de l'opéra, Paris, Fayard, 1986 (ISBN 9782213595672)

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Don Giovanni 1975