Roger Milla

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Roger Milla
Image illustrative de l’article Roger Milla
Roger Milla, au Village olympique de Pékin, en août 2008.
Biographie
Nom Albert Roger Miller
Nationalité Drapeau du Cameroun Camerounais
Drapeau de la France Français
Nat. sportive Drapeau du Cameroun Camerounais
Naissance (70 ans)
Yaoundé (Cameroun)
Taille 1,76 m (5 9)
Période pro. 1970 - 1996
Poste Avant-centre
Parcours junior
Années Club
1965-1970 Éclair Douala
Parcours professionnel1
AnnéesClub 0M.0(B.)
1970-1974 Léopards Douala116 (89)
1974-1977 Tonnerre Yaoundé087 (69)
1977-1979 Valenciennes FC028 0(6)
1979-1980 AS Monaco017 (15)
1980-1984 SC Bastia137 (50)
1984-1986 AS Saint-Étienne062 (33)
1986-1989 Montpellier HSC102 (41)
1989-1990 JS Saint-Pierroise032 0(8)
1990-1994 Tonnerre Yaoundé116 (89)
1994-1995 Pelita Jaya FC023 (23)
1995-1996 Putra Samarinda012 (18)
1970-1996Total708 (451)
Sélections en équipe nationale2
AnnéesÉquipe 0M.0(B.)
1973-1994 Cameroun102 (36)
1 Compétitions officielles nationales et internationales.
2 Matchs officiels (amicaux validés par la FIFA compris).

Albert Roger Miller dit Roger Milla (né le à Yaoundé au Cameroun) est un joueur international camerounais de football qui évoluait au poste d'avant-centre.

Considéré comme l'un des meilleurs attaquants de l'histoire du football africain[1],[2],[3], il marque toute une génération grâce à une prolifique carrière effectuée principalement en France pour les matchs de club et avec l’équipe nationale du Cameroun, il est surnommé « le vieux lion ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière de joueur[modifier | modifier le code]

À treize ans, il signe sa première licence à l'Éclair de Douala. Sa technique et son sens du but font déjà merveille. Il lui faut attendre encore cinq ans avant de découvrir le championnat national avec les Léopards Douala. Deux titres de champion du Cameroun et une demi-finale de Coupe d'Afrique des clubs champions plus tard, Milla pose ses valises au Tonnerre Yaoundé. La sélection nationale ne tarde alors pas à l'accueillir.

Si sa carrière internationale débute sous les meilleurs auspices à l'image du Ballon d'or africain qu'il reçoit en 1976, son parcours en club est loin d'être aussi prestigieux. Fin dribbleur et fougueux attaquant, Valenciennes lui propose un contrat, à la suite d'une souscription des supporters du club. Hélas, à la suite du transfert avorté du Polonais Zygmunt Marscyk, le club compte un étranger de trop, et l'attaquant Camerounais doit passer ses six premiers mois avec les jeunes évoluant en division d'Honneur[4].

Transféré à l'AS Monaco, son passage sur la Côte d'Azur est sans saveur, alors qu'il est souvent remplaçant ou blessé. Départ pour Bastia où ses séjours impromptus au Cameroun lassent les dirigeants : « On m'a jugé sur les apparences... les grands clubs n'ont pas cru en moi » explique-t-il avec un soupçon de rancœur. Appelé à la rescousse de Saint-Étienne, rétrogradé en deuxième division, Roger Milla retrouve le chemin du but : 22 buts en 31 rencontres. Son périple s'achève à Montpellier, club où il se sent enfin bien (il y intègre même l’encadrement technique après sa carrière professionnelle). Après avoir inscrit 62 buts en Championnat de France de première division, il le quitte le .

Parallèlement à cette réussite mitigée en club, la sélection camerounaise assiste à l'éclosion du génie. Première sélection et premier but en  : les Camerounais décrochent leur billet pour la Coupe du monde 1982. Malgré un bon parcours et après avoir fait trembler l'Italie, futur vainqueur, les Africains sont éliminés en terminant invaincus. Milla raccroche les crampons internationaux en et son Jubilé Roger Milla rassemble près de 150 000 spectateurs. Dès lors, la Coupe du monde apparaît comme un lointain souvenir. Pourtant, le tranquille retraité de l'île de La Réunion (il a entretemps accepté d'être avant-centre à la St‑Pierroise, club de division d'honneur régionale de la Réunion), qui décroche ainsi le titre de champion de la Réunion 1990, est rappelé au chevet de son équipe par le président camerounais et Roger Milla reprend alors du service.

Âgé de 38 ans, il réalise sa plus belle performance de footballeur lors de la Coupe du Monde 1990 en Italie. Il inscrit quatre buts (deux contre la Roumanie au premier tour, deux contre la Colombie en huitièmes de finale) et bien que n'entrant en jeu qu'au cours de la deuxième mi-temps, il contribue au parcours des Lions Indomptables jusqu'en quarts de finale. Il s'agit alors de la meilleure performance d'une sélection africaine en Coupe du Monde. Roger Milla célèbre ses buts en exécutant une Makossa (danse) devant le poteau de corner, une image qui reste dans les mémoires.

Il s'agit de la seule Coupe du Monde où le Cameroun passe le premier tour. Dans sa chanson Saga Africa, Yannick Noah fait référence aux Lions Indomptables et à Roger Milla.

Roger Milla est de nouveau appelé pour disputer la Coupe du monde 1994. Le Cameroun ne passe pas le premier tour mais le vétéran des Lions Indomptables se distingue en marquant un but contre la Russie (défaite 6-1). Entré à la mi-temps du match, il devient à 42 ans et 1 mois le joueur le plus âgé de l'histoire de la Coupe du Monde (il sera battu par le Colombien Faryd Mondragon en 2014), et aussi le plus vieux des buteurs de l'épreuve.

Roger Milla réside aujourd'hui à Ornex mais ses fonctions d'ambassadeur itinérant l'amènent à parcourir la planète.

Carrière musicale[modifier | modifier le code]

Roger Milla s'est également essayé à la musique avec plus ou moins de succès. En 1991, il sort un single intitulé Sandy en hommage à la naissance de sa fille quelques semaines plus tôt. Une ballade, chantée en duo, qui connaît un certain succès, Roger Milla surfant sur la vague de son excellent mondial de 1990.

En 2006, il sort un nouveau morceau, Un enfant, c'est la vie, qui passe presque inaperçu.

Propos polémiques[modifier | modifier le code]

Le , lors d'un entretien auprès de TV5 Monde[5], il crée la polémique en affirmant :

« Les pays maghrébins, ce sont eux qui mettent toujours le bordel. C'est eux qui mettent toujours le désordre, je suis désolé. Je vais leur dire ceci en tant que frère, que ce soit le Maroc, l’Égypte ou les autres, ce n’est pas normal. S’ils ne sont pas Africains, qu’ils aillent jouer pour l’Europe, pour l’Asie ou bien pour d'autres, mais qu’ils ne viennent pas mettre le bordel dans le continent africain[6]. »

Ces propos créent une controverse à quelques jours de la Coupe d'Afrique des Nations se jouant au Cameroun. Le , il revient sur ses propos et s'excuse auprès des pays incriminés.[7]

Bilan sportif[modifier | modifier le code]

Palmarès[modifier | modifier le code]

Palmarès en club[modifier | modifier le code]

Léopards Douala
 
Tonnerre Yaoundé
 
AS Monaco
SC Bastia
 
La Paillade Montpellier
 
JS Saint-Pierroise

Palmarès en sélection[modifier | modifier le code]


Cameroun

Distinctions individuelles[modifier | modifier le code]

Statistiques[modifier | modifier le code]

Statistiques individuelles[8],[9]
Saison Équipe Division Matches de ligue Buts
1968-69 Eclair de Douala Drapeau du Cameroun Cameroun 25 20
1969-70 Eclair de Douala Drapeau du Cameroun Cameroun 27 25
1970-71 Léopard de Douala Drapeau du Cameroun Cameroun 29 25
1971-72 Léopard de Douala Drapeau du Cameroun Cameroun 30 20
1972-73 Léopard de Douala Drapeau du Cameroun Cameroun 28 19
1973-74 Léopard de Douala Drapeau du Cameroun Cameroun 30 25
1974-75 Tonnerre Yaoundé Drapeau du Cameroun Cameroun 29 23
1975-76 Tonnerre Yaoundé Drapeau du Cameroun Cameroun 28 26
1976-77 Tonnerre Yaoundé Drapeau du Cameroun Cameroun 30 20
1977-78 Valenciennes FC Division 1 Drapeau de la France France 0 0
1978-79 Valenciennes FC Division 1 Drapeau de la France France 27 6
1979-80 AS Monaco Division 1 Drapeau de la France France 16 2
1980-81 SC Bastia Division 1 Drapeau de la France France 30 9
1981-82 SC Bastia Division 1 Drapeau de la France France 23 8
1982-83 SC Bastia Division 1 Drapeau de la France France 29 13
1983-84 SC Bastia Division 1 Drapeau de la France France 31 5
1984-85 AS Saint-Étienne Division 2 Drapeau de la France France 31 22
1985-86 AS Saint-Étienne Division 2 Drapeau de la France France 28 9
1986-87 Montpellier HSC Division 2 Drapeau de la France France 33 18
1987-88 Montpellier HSC Division 1 Drapeau de la France France 33 12
1988-89 Montpellier HSC Division 1 Drapeau de la France France 29 7
1989-90 JS Saint-Pierroise D1P 19 5
1990-91 Tonnerre Yaoundé Drapeau du Cameroun Cameroun 29 22
1991-92 Tonnerre Yaoundé Drapeau du Cameroun Cameroun 30 19
1992-93 Tonnerre Yaoundé Drapeau du Cameroun Cameroun 27 23
1993-94 Tonnerre Yaoundé Drapeau du Cameroun Cameroun 30 25
1993-94 Pelita Jaya Drapeau de l'Indonésie Indonésie 23 23
1994-95 Putra Samarinda Drapeau de l'Indonésie Indonésie 12 18

Hommage et postérité[modifier | modifier le code]

Jubilé Roger Milla[modifier | modifier le code]

Roger Milla organisa son jubilé en et au Cameroun. Un troisieme match eut lieu à Douala le devant 45 000 spectateurs.

Le match final du jubilé a eu lieu au stade omnisports de Yaoundé le devant près de 110 000 spectateurs.

La sélection Jubilé Roger Milla était composée de ses amis professionnels de toutes nationalités, le match opposa la sélection du Jubilé à l'équipe nationale du Cameroun. Roger Milla entamera une première période avec sa sélection avant de finir avec les Lions Indomptables du Cameroun et clôturant sur un but et un tour d'honneur.

Sélection Jubilé Roger Milla[10] :

Hommages musicaux[modifier | modifier le code]

Le rappeur MHD, dans son titre "Roger Milla" fait référence à l'illustre footballeur ainsi qu'au Makossa que le joueur dansait pour célébrer comme le montre le vidéo clip reprenant une image tournée lors de la coupe du monde 1990.

En 1992, le chanteur de rumba congolaise Pepe Kalle compose le titre « Roger Milla » en hommage au joueur.

Décorations[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Schwob, Roger Milla, sur les traces d'un lion, Éditions Mango, .
  • Roger Milla & Charles Onana, Une vie de Lion, Éditions Duboiris, .
  • « Les 50 personnalités qui font le Cameroun : Roger Milla », Jeune Afrique, no 2520-2521, du au , p. 41

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]