Roger Marion

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Roger Marion
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Fonction
Commissaire de police
-
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (74 ans)
CastresVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Roger Léon MarionVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Haut fonctionnaire de policeVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Distinctions

Roger Marion est un haut fonctionnaire de la police française, né le [1] à Castres (Tarn).

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de cheminot et d’une employée de commerce, il est reçu, après le service militaire et des études en droit, second au concours d’officier de police adjoint de la police nationale[2] et affecté, à compter du au Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Bordeaux[3].

En 1976, il est reçu au concours de commissaire de police[4]. Le , il sort vice-major de la 22e promotion de l'École nationale supérieure de la Police et est affecté au SRPJ de Toulouse[5], au groupe criminel puis à celui de répression du banditisme.

Le , il est nommé commissaire principal[6] et affecté le comme chef de la section criminelle au SRPJ de Marseille[7] puis promu commissaire divisionnaire à la tête de la division criminelle et de répression du banditisme de ce même service.

Le , il est nommé chef de la « 6e division » à la direction centrale de la Police judiciaire[8] qui deviendra le , la « division nationale anti-terroriste »[9] (DNAT).

Promu contrôleur général[10], puis inspecteur général des services actifs de la police nationale[11], il est directeur central-adjoint de la police judiciaire chargé des affaires criminelles[12], du au .

Le , il est nommé préfet délégué pour la sécurité et la défense (PDSD) auprès du préfet de la zone Sud à Marseille[13] puis à Lille[14] le auprès du préfet de la zone Nord.

Le , il est nommé préfet hors-cadre[15] et chargé de mission à l'inspection générale de l'administration[16].

Depuis le , Roger Marion est préfet honoraire[17].

Débats et discussions[modifier | modifier le code]

Mise en cause de la DNAT dans l'« opération Chrysanthème »[modifier | modifier le code]

Dans l’enquête préliminaire diligentée sur le plan national par la direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ) contre les milieux islamistes, à la suite d'assassinats et d’enlèvements de personnes en Algérie (Opération « Chrysanthème » du ), le Service régional de police judiciaire de Versailles a opéré une perquisition au domicile de Moussa Kraouche à Taverny (Val-d'Oise) et saisi des documents à caractère subversif. L’inspecteur Patrick Robert de la 6e Division de la DCPJ, en sa qualité d’observateur, a dénoncé « une manipulation des services de renseignements » qui participaient, eux-aussi, à cette perquisition, ce qui conduira le juge d’instruction Roger Le Loire à rendre une ordonnance de non-lieu au bénéfice de Moussa Kraouche « en raison d’une construction de preuves pure et simple des services de police ».

Roger Marion n’a jamais été mis en cause sur le plan judiciaire dans cette affaire, ni même entendu en qualité de témoin.

Complaisance personnelle alléguée au cours de l'affaire Érignac[modifier | modifier le code]

L'enquête consécutive à l’assassinat le à Ajaccio du préfet de Corse Claude Érignac, a abouti à l’identification d’un groupe terroriste composé de deux commandos (sud et nord). Six activistes du commando du sud ont été arrêtés les 21 et et condamnés définitivement pour leur participation à l’assassinat par arrêt no 03/0011 du de la cour d’assises de Paris spécialement composée. Deux des complices présumés (commando du nord) dont Jean Castela et Vincent Andriuzzi ont été acquittés en appel mais toutefois condamnés par arrêt no 03/140 du de la cour d'assises de Paris spécialement composée, le premier à dix ans de réclusion criminelle, le second à huit ans de la même peine, pour leurs activités terroristes, notamment des attentats à l’explosif commis en 1994 à Paris et à Mende (Lozère).

Lors des commissions d'enquête parlementaire sur le fonctionnement des forces de sécurité en Corse[Note 1], il a été interrogé sur la « non-arrestation » d'Yvan Colonna le , ce à quoi il a répondu que « celui-ci avait été prévenu par l'ex-directeur de la Police judiciaire d'Ajaccio des surveillances dont il était l’objet par les Renseignements Généraux en  »[18]. Malgré la plainte déposée contre lui pour dénonciation calomnieuse par l’ex-directeur du SRPJ de Corse, il a été relaxé par l'arrêt no 3 (dossier no 9/01437) en date du de la 7e chambre de la Cour d’appel de Paris.

Yvan Colonna, en fuite entre le et le date de son arrestation à Porto Pollo (Corse du sud) est condamné, pour sa participation à l'assassinat du préfet Claude Érignac, à la réclusion criminelle à perpétuité, par arrêt en date du de la cour d'assises d'appel de Paris spécialement et autrement composée. Le pourvoi qu'il a formé contre cette décision a été rejeté par un arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation en date du .

Selon les auteurs du livre « Place Beauvau »[19], les « méthodes d’interrogatoire » de la division nationale anti-terroriste (DNAT) ont été mises en cause. Après enquête de l’Inspection générale de la police nationale, diligentée par le ministre de l'Intérieur, aucun fait allégué n’a été avéré, ce qui a conduit le procureur de la République de Paris, auquel cette enquête administrative sur les allégations de tortures et de violence, avait été transmise le , à prendre une décision de classement sans suite le (référence parquet 06.081.0801.4).

Emploi illégitime allégué de la force publique par la DNAT[modifier | modifier le code]

Les auteurs de la campagne d’attentats terroristes commis en France en 1995 ont été identifiés et appréhendés cinq mois plus tard. Le chef de ce réseau du Groupe islamique armé (GIA) a été quant à lui arrêté le , rue Félicien-David à Paris 16e arrondissement, par des effectifs du RAID requis par la DNAT, qui n’ont fait usage que de la force strictement nécessaire pour le maîtriser.

Les avocats des activistes bretons, ceux du GIA et des membres du commando ayant assassiné le préfet Claude Érignac, ont fait état, lors des audiences en Cour d’assises, de violences illégitimes mais ni le chef de la DNAT, ni aucun de ses subordonnés, n’ont jamais été poursuivis, ni a fortiori condamnés pour violences illégitimes.

Personnage de fiction télévisuelle[modifier | modifier le code]

Le réalisateur Pierre Schoeller a réalisé un téléfilm titré « Les Anonymes - Ùn' pienghjite micca » retraçant pour la première fois l'enquête de la DNAT qui a conduit en à l'arrestation et aux aveux des membres du commando qui a assassiné le à Ajaccio le préfet de Corse Claude Érignac : c'est le comédien Mathieu Amalric qui joue le rôle du commissaire Marion, patron de la DNAT.

Roger Marion auteur[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Distinctions françaises[modifier | modifier le code]

Distinctions espagnoles[modifier | modifier le code]

  • Ordre du mérite avec distinction blanche du Royaume d'Espagne par arrêté du du ministre de l'Intérieur.
  • Ordre du mérite avec distinction rouge du Royaume d'Espagne par arrêté du du ministre de l'Intérieur.

Éléments bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Chevènement, Défis républicains, éditions Fayard, Paris, , p. 356 et suivantes.
  • Eric Pelletier et Jean-Marie Pontaut, Colonna peut-il être acquitté ?, L'Express, .

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette enquête parlementaire entre en contradiction avec les dispositions de l'Ordonnance no 58-1100 du , relative au fonctionnement des Assemblées parlementaires, qui prohibe expressément la création d’une commission d’enquête lorsque les faits ont donné lieu à des poursuites judiciaires.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Roger Marion, terreur de l'antiterrorisme. Plus de la moitié de ses policiers se rebiffent et demandent leur mutation » (consulté le 29 septembre 2016)
  2. Journal officiel no 12285 du .
  3. Arrêté no 419 du signé pour le ministre de l'Intérieur par l'administrateur civil chargé de la sous-direction des personnels, Marcel Bonnecarrère.
  4. Journal officiel du page C2787 23/36.
  5. Arrêté no 783 du signé pour le ministre de l'Intérieur par l'administrateur civil chargé de la sous-direction des personnels, Marcel Bonnecarrère.
  6. Arrêté no 424 du signé pour le ministre de l'Intérieur par le directeur du personnel de la police, Jean-Jacques Pascal.
  7. Arrêté no 293 du signé de Pierre Verbrugghe directeur général de la police nationale.
  8. Arrêté no 4425 du du directeur général de la police nationale, François Roussely.
  9. Note de service PN/DCPJ/SDLE no 186/1663 du du directeur central de la police judiciaire.
  10. Arrêté du du ministre de l'Intérieur, journal officiel du , p. 7764.
  11. Décret du , journal officiel du , p. 11863.
  12. Arrêté DAPN/RH/CR no 473 du du ministre de l'Intérieur, Jean-Pierre Chevènement.
  13. Décret du du président de la République, Jacques Chirac, procès-verbal d'installation le .
  14. Décret du du président de la République. Procès-verbal d'installation du .
  15. Décret du du président de la République, journal officiel du , texte no 43.
  16. Décision du .
  17. Décret du portant admission à la retraite du préfet Roger Marion.
  18. Extrait du procès-verbal de séance du du rapport no 1918 de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale).
  19. Place Beauvau, la face cachée de la police, op. cit..
  20. Décret du 13 juillet 1999 portant promotion et nomination.
  21. Décret du 24 juin 1993 portant promotion et nomination.

Liens externes[modifier | modifier le code]