Roger Marion

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Roger mafion
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Fonction
Préfet
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (73 ans)
CastresVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Haut fonctionnaire de policeVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Distinctions

Roger Marion est un haut fonctionnaire de la police française, né le [1]à Castres (Tarn).

Carrière professionnelle et éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Fils de cheminot et d’une employée de commerce, il est reçu, après le service militaire et des études en droit, second au concours d’officier de police adjoint de la police nationale[2] et affecté, à compter du au Service régional de police judiciaire de Bordeaux[3].

En 1976, il est reçu au concours de commissaire de police[4]. Le , il sort vice-major de la 22e promotion de l’École nationale supérieure de police et est affecté au Service régional de police judiciaire de Toulouse[5], au groupe criminel puis à celui de répression du banditisme.

Le , il est nommé commissaire principal[6] et affecté le comme chef de la section criminelle au Service régional de police judiciaire de Marseille[7] puis promu commissaire divisionnaire à la tête de la division criminelle et de répression du banditisme de ce même service.

Le , il est nommé chef de la 6e Division à la direction centrale de la Police judiciaire[8] qui deviendra le , Division Nationale Anti-Terroriste de la Direction centrale de la police judiciaire[9].

Promu contrôleur général[10], puis inspecteur général des services actifs de la police nationale[11], il est directeur central-adjoint de la police judiciaire chargé des affaires criminelles[12], du au .

Le , il est nommé préfet délégué pour la sécurité et la défense (PDSD) auprès du préfet de la zone sud à Marseille[13] puis à Lille[14] le auprès du préfet de la zone nord.

Le , il est nommé préfet hors-cadre[15] et chargé de mission à l’Inspection Générale de l’Administration[16].

Depuis le , Roger Marion est préfet honoraire[17].

Décorations[modifier | modifier le code]

  • Médaille d'honneur de la police française par arrêté de [réf. nécessaire] du ministre de l'Intérieur, M. Pierre Joxe.
  • Ordre du mérite de la police avec distinction blanche du Royaume d'Espagne par arrêté du du ministre de l'Intérieur.
  • Chevalier de l'ordre national du mérite, Journal officiel 8957 du .
  • Médaille de bronze pour actes de courage et de dévouement par arrêté du du ministre de l'Intérieur.
  • Ordre du mérite de la police avec distinction rouge du Royaume d'Espagne par arrêté du du ministre de l'Intérieur.
  • Chevalier de la Légion d'honneur, Journal officiel 10486 du .
  • Médaille d'honneur de l'administration pénitentiaire échelon de bronze par arrêté du NOR JUSE 04 400 22 A du Garde des Sceaux, ministre de la Justice.

Débats et discussions[modifier | modifier le code]

Dans l’enquête préliminaire diligentée sur le plan national par la direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ) contre les milieux islamistes, à la suite d'assassinats et d’enlèvements de personnes en Algérie (Opération « Chrysanthème » du ), le Service régional de police judiciaire de Versailles a opéré une perquisition au domicile de Moussa Kraouche à Taverny (Val-d'Oise) et saisi des documents à caractère subversif. L’inspecteur Patrick Robert de la 6e Division de la DCPJ, en sa qualité d’observateur, a dénoncé « une manipulation des services de renseignements » qui participaient, eux-aussi, à cette perquisition, ce qui conduira le juge d’instruction Roger Le Loire à rendre une ordonnance de non-lieu au bénéfice de Moussa Kraouche « en raison d’une construction de preuves pure et simple des services de police ». Roger Marion n’a jamais été mis en cause sur le plan judiciaire dans cette affaire, ni même entendu en qualité de témoin.

L'enquête consécutive à l’assassinat le à Ajaccio du préfet de Corse Claude Érignac, a abouti à l’identification d’un groupe terroriste composé de deux commandos (sud et nord). Six activistes du commando du sud ont été arrêtés les 21 et et condamnés définitivement pour leur participation à l’assassinat par arrêt n°03/0011 du de la Cour d’assises de Paris spécialement composée. Deux des complices présumés (commando du nord) dont Jean Castela et Vincent Andriuzzi ont été acquittés en appel mais toutefois condamnés par arrêt n°03/140 du de la cour d'assises de Paris spécialement composée, le premier à dix ans de réclusion criminelle, le second à huit ans de la même peine, pour leurs activités terroristes, notamment des attentats à l’explosif commis en 1994 à Paris et à Mende (Lozère).

Lors des commissions d’enquête parlementaire sur le fonctionnement des forces de sécurité en Corse – en contradiction avec les dispositions de l’Ordonnance n° 58-1100 du , relative au fonctionnement des Assemblées parlementaires qui prohibe expressément la création d’une commission d’enquête lorsque les faits ont donné lieu à des poursuites judiciaires – il a été interrogé sur la « non-arrestation » d'Yvan Colonna le , ce à quoi il a répondu que celui-ci avait été prévenu par l’ex-directeur de la Police judiciaire d'Ajaccio, des surveillances dont il était l’objet par les Renseignements Généraux en (c.f. extrait du procès-verbal de séance du du rapport n° 1918 de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale). Malgré la plainte déposée contre lui pour dénonciation calomnieuse par l’ex-directeur du SRPJ de Corse, il a été relaxé par l'arrêt n°3 (dossier n°9/01437) en date du de la 7e chambre de la Cour d’appel de Paris.

Yvan Colonna, en fuite depuis le , a été arrêté le à Porto Pollo (Corse du sud) et condamné pour sa participation à l’assassinat du préfet Claude Érignac, à la réclusion criminelle à perpétuité, par arrêt en date du de la Cour d’assises d'appel de Paris spécialement et autrement composée. Le pourvoi qu'il avait formé contre cette décision a été rejeté par arrêt en date du de la chambre criminelle de la Cour de cassation.

Dans le livre « Place Beauvau », les « méthodes d’interrogatoire » de la Division nationale anti-terroriste (DNAT) ont été mises en cause. Après enquête de l’Inspection générale de la police nationale, diligentée par le ministre de l'Intérieur, aucun fait allégué n’a été avéré, ce qui a conduit le procureur de la République de Paris, auquel cette enquête administrative sur les allégations de tortures et de violence, avait été transmise le , à prendre une décision de classement sans suite le (référence parquet 06.081.0801.4).

Les auteurs de la campagne d’attentats terroristes commis en France en 1995 ont été identifiés et appréhendés cinq mois plus tard. Le chef de ce réseau du Groupe islamique armé (GIA) a été quant à lui arrêté le , rue Félicien-David à Paris 16e arrondissement, par des effectifs du RAID requis par la DNAT, qui n’ont fait usage que de la force strictement nécessaire pour le maîtriser.

Les avocats des activistes bretons, ceux du GIA et des membres du commando ayant assassiné le préfet Claude Érignac, ont fait état, lors des audiences en Cour d’assises, de violences illégitimes mais ni le chef de la DNAT, ni aucun de ses subordonnés, n’ont jamais été poursuivis, ni a fortiori condamnés pour violences illégitimes.

Le réalisateur Pierre Schoeller a réalisé un téléfilm titré « Les Anonymes - Ùn' pienghjite micca » retraçant pour la première fois l'enquête de la DNAT qui a conduit en à l'arrestation et aux aveux des membres du commando qui a assassiné le à Ajaccio le préfet de Corse Claude Érignac. C'est le comédien Mathieu Amalric qui joue le rôle du commissaire Marion, patron de la DNAT.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Éléments bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Chevènement, Défis républicains, éditions Fayard, Paris, , pages 356 et suivantes.
  • Eric Pelletier et Jean-Marie Pontaut, "Colonna peut-il être acquitté ?", L'Express, .

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Roger Marion, terreur de l'antiterrorisme. Plus de la moitié de ses policiers se rebiffent et demandent leur mutation. » (consulté le 29 septembre 2016)
  2. Journal officiel n° 12285 du 19 juillet 1969.
  3. Arrêté n°419 du 30 avril 1970 signé pour le ministre de l'Intérieur par l'administrateur civil chargé de la sous-direction des personnels, Marcel Bonnecarrère.
  4. Journal officiel du 15 juin 1976 page C2787 23/36.
  5. Arrêté n°783 du 13 décembre 1978 signé pour le ministre de l'Intérieur par l'administrateur civil chargé de la sous-direction des personnels, Marcel Bonnecarrère.
  6. Arrêté n°424 du 21 août 1985 signé pour le ministre de l'Intérieur par le directeur du personnel de la police, Jean-Jacques Pascal.
  7. Arrêté n°293 du 23 mai 1986 signé par Pierre Verbrugghe directeur général de la police nationale.
  8. Arrêté n°4425 du 4 octobre 1990 du directeur général de la police nationale, François Roussely.
  9. Note de service PN/DCPJ/SDLE n°186/1663 du 23 février 1998 du directeur central de la police judiciaire.
  10. Arrêté du 4 mai 1995 du ministre de l'Intérieur, Journal officiel du 10 mai 1995, page. 7764.
  11. Décret du 3 août 1999, Journal officiel du 5 août 1999 p. 11863
  12. Arrêté DAPN/RH/CR n°473 du 27 septembre 1999 du ministre de l'intérieur, Jean-Pierre Chevènement.
  13. Décret du 10 octobre 2002 du Président de la République, Jacques Chirac, procès-verbal d'installation le 30 octobre 2002.
  14. Décret du 26 février 2004 signé du Président de la République, Jacques Chirac. Procès-verbal d'installation du 29 mars 2004.
  15. Décret du 1er juin 2006 signé du Président de la République, Jacques Chirac, Journal officiel du 2 juin 2006, texte n°43.
  16. Décision du 11 juillet 2006.
  17. JORF, décret du 25 février 2013 portant admission à la retraite du Préfet Roger Marion.

Liens externes[modifier | modifier le code]