Roger Marion

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les personnes ayant le même patronyme, voir Marion.

Roger Marion est un haut fonctionnaire de la police française, né le [1]à Castres (Tarn).

Carrière professionnelle et éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Fils de cheminot et d’une employée de commerce, il est reçu, après le service militaire et des études en droit, second au concours d’officier de police adjoint de la police nationale[2] et affecté, à compter du 11 avril 1970 au Service régional de police judiciaire de Bordeaux[3].

En 1976, il est reçu au concours de commissaire de police[4]. Le 8 juillet 1978, il sort vice-major de la 22e promotion de l’École nationale supérieure de police et est affecté au Service régional de police judiciaire de Toulouse[5], au groupe criminel puis à celui de répression du banditisme.

Le 1er juillet 1985, il est nommé commissaire principal[6] et affecté le 2 juin 1986 comme chef de la section criminelle au Service régional de police judiciaire de Marseille[7] puis promu commissaire divisionnaire à la tête de la division criminelle et de répression du banditisme de ce même service.

Le 1er octobre 1990, il est nommé chef de la 6e Division à la direction centrale de la Police judiciaire[8] qui deviendra le 23 février 1998, Division Nationale Anti-Terroriste de la Direction centrale de la police judiciaire[9].

Promu contrôleur général[10], puis inspecteur général des services actifs de la police nationale[11], il est directeur central-adjoint de la police judiciaire chargé des affaires criminelles[12], du 1er octobre 1999 au 29 octobre 2002.

Le 30 octobre 2002, il est nommé préfet délégué pour la sécurité et la défense (PDSD) auprès du préfet de la zone sud à Marseille[13] puis à Lille[14] le 29 mars 2004 auprès du préfet de la zone nord.

Le 12 juin 2006, il est nommé préfet hors-cadre[15] et chargé de mission à l’Inspection Générale de l’Administration[16].

Depuis le 25 février 2013, Roger Marion est préfet honoraire[17].

Décorations[modifier | modifier le code]

  • Médaille d'honneur de la police française par arrêté du 29 février 1990 du ministre de l'Intérieur, M. Pierre Joxe.
  • Ordre du mérite de la police avec distinction blanche du Royaume d'Espagne par arrêté du 28 septembre 1992 du ministre de l'Intérieur.
  • Chevalier de l'ordre national du mérite, Journal officiel 8957 du 25 juin 1993.
  • Médaille de bronze pour actes de courage et de dévouement par arrêté du 12 juin 1996 du ministre de l'Intérieur.
  • Ordre du mérite de la police avec distinction rouge du Royaume d'Espagne par arrêté du 24 septembre 1996 du ministre de l'Intérieur.
  • Chevalier de la Légion d'honneur, Journal officiel 10486 du 14 juillet 1999.
  • Médaille d'honneur de l'administration pénitentiaire échelon de bronze par arrêté du 21 janvier 2004 NOR JUSE 04 400 22 A du Garde des Sceaux, ministre de la Justice.

Débats et discussions[modifier | modifier le code]

Dans l’enquête préliminaire diligentée au plan national par la direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ) contre les milieux islamistes, à la suite d'assassinats et d’enlèvements de personnes en Algérie (Opération « Chrysanthème » du 9 novembre 1993), le Service régional de police judiciaire de Versailles a opéré une perquisition au domicile de Moussa Kraouche à Taverny (Val-d'Oise) et saisi des documents à caractère subversif. L’inspecteur Patrick Robert de la 6e Division de la DCPJ, en sa qualité d’observateur, a dénoncé « une manipulation des services de renseignements » qui participaient, eux-aussi, à cette perquisition, ce qui conduira le juge d’instruction Roger Le Loire à rendre une ordonnance de non-lieu au bénéfice de Moussa Kraouche « en raison d’une construction de preuves pure et simple des services de police ». Roger Marion n’a jamais été mis en cause au plan judiciaire dans cette affaire, ni même entendu en qualité de témoin.

L'enquête consécutive à l’assassinat le 6 février 1998 à Ajaccio du préfet de Corse Claude Érignac, a abouti à l’identification d’un groupe terroriste composé de deux commandos (sud et nord). Six activistes du commando du sud ont été arrêtés les 21 et 23 mai 1999 et condamnés définitivement pour leur participation à l’assassinat par arrêt n°03/0011 du 11 juillet 2003 de la Cour d’assises de Paris spécialement composée. Deux des complices présumés (commando du nord) dont Jean Castela et Vincent Andriuzzi ont été acquittés en appel mais toutefois condamnés par arrêt n°03/140 du 22 février 2006 de la cour d'assises de Paris spécialement composée, le premier à dix ans de réclusion criminelle, le second à huit ans de la même peine, pour leurs activités terroristes, notamment des attentats à l’explosif commis en 1994 à Paris et à Mende (Lozère).

Lors des commissions d’enquête parlementaire sur le fonctionnement des forces de sécurité en Corse – en contradiction avec les dispositions de l’Ordonnance n° 58-1100 du 17 novembre 1958, relative au fonctionnement des Assemblées parlementaires qui prohibe expressément la création d’une commission d’enquête lorsque les faits ont donné lieu à des poursuites judiciaires – il a été interrogé sur la « non-arrestation » d'Yvan Colonna le 23 mai 1999, ce à quoi il a répondu que celui-ci avait été prévenu par l’ex-directeur de la Police judiciaire d'Ajaccio, des surveillances dont il était l’objet par les Renseignements Généraux en janvier 1999 (c.f. extrait du procès-verbal de séance du 12 juillet 1999 du rapport n° 1918 de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale). Malgré la plainte déposée contre lui pour dénonciation calomnieuse par l’ex-directeur du SRPJ de Corse, il a été relaxé par l'arrêt n°3 (dossier n°9/01437) en date du 28 janvier 2010 de la 7e chambre de la Cour d’appel de Paris.

Yvan Colonna, en fuite depuis le 23 mai 1999, a été arrêté le 4 juillet 2003 à Porto Pollo (Corse du sud) et condamné pour sa participation à l’assassinat du préfet Claude Érignac, à la réclusion criminelle à perpétuité, par arrêt en date du 20 juin 2011 de la Cour d’assises d'appel de Paris spécialement et autrement composée. Le pourvoi qu'il avait formé contre cette décision a été rejeté par arrêt en date du 11 juillet 2012 de la chambre criminelle de la Cour de cassation.

Dans le livre « Place Beauvau », les « méthodes d’interrogatoire » de la Division nationale anti-terroriste (DNAT) ont été mises en cause. Après enquête de l’Inspection générale de la police nationale, diligentée par le ministre de l'Intérieur, aucun fait allégué n’a été avéré, ce qui a conduit le procureur de la République de Paris, auquel cette enquête administrative sur les allégations de tortures et de violence, avait été transmise le 21 mars 2006, à prendre une décision de classement sans suite le 23 mai 2006 (référence parquet 06.081.0801.4).

Les auteurs de la campagne d’attentats terroristes commis en France en 1995 ont été identifiés et appréhendés cinq mois plus tard. Le chef de ce réseau du Groupe islamique armé (GIA) a été quant à lui arrêté le 1er novembre 1995, rue Félicien-David à Paris 16e arrondissement, par des effectifs du RAID requis par la DNAT, qui n’ont fait usage que de la force strictement nécessaire pour le maîtriser.

Les avocats des activistes bretons, ceux du GIA et des membres du commando ayant assassiné le préfet Claude Érignac, ont fait état, lors des audiences en Cour d’assises, de violences illégitimes mais ni le chef de la DNAT, ni aucun de ses subordonnés, n’ont jamais été poursuivis, ni a fortiori condamnés pour violences illégitimes.

Le réalisateur Pierre Schoeller a réalisé un téléfilm titré « Les Anonymes - Ùn' pienghjite micca » retraçant pour la première fois l'enquête de la DNAT qui a conduit en mai 1999 à l'arrestation et aux aveux des membres du commando qui a assassiné le 6 février 1998 à Ajaccio le préfet de Corse Claude Érignac. C'est le comédien Mathieu Amalric qui joue le rôle du commissaire Marion, patron de la DNAT.

Éléments bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Chevènement, Défis républicains, éditions Fayard, Paris, septembre 2004, pages 356 et suivantes.
  • Eric Pelletier et Jean-Marie Pontaut, "Colonna peut-il être acquitté ?", L'Express, 30 mars 2006.
  • Roger Marion et Francis Zamponi, On m’appelle Eagle Four, éditions du Seuil, Paris, novembre 2007.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Roger Marion, terreur de l'antiterrorisme. Plus de la moitié de ses policiers se rebiffent et demandent leur mutation. » (consulté le 29 septembre 2016)
  2. Journal officiel n° 12285 du 19 juillet 1969.
  3. Arrêté n°419 du 30 avril 1970 signé pour le ministre de l'Intérieur par l'administrateur civil chargé de la sous-direction des personnels, Marcel Bonnecarrère.
  4. Journal officiel du 15 juin 1976 page C2787 23/36.
  5. Arrêté n°783 du 13 décembre 1978 signé pour le ministre de l'Intérieur par l'administrateur civil chargé de la sous-direction des personnels, Marcel Bonnecarrère.
  6. Arrêté n°424 du 21 août 1985 signé pour le ministre de l'Intérieur par le directeur du personnel de la police, Jean-Jacques Pascal.
  7. Arrêté n°293 du 23 mai 1986 signé par Pierre Verbrugghe directeur général de la police nationale.
  8. Arrêté n°4425 du 4 octobre 1990 du directeur général de la police nationale, François Roussely.
  9. Note de service PN/DCPJ/SDLE n°186/1663 du 23 février 1998 du directeur central de la police judiciaire.
  10. Arrêté du 4 mai 1995 du ministre de l'Intérieur, Journal officiel du 10 mai 1995, page. 7764.
  11. Décret du 3 août 1999, Journal officiel du 5 août 1999 p. 11863
  12. Arrêté DAPN/RH/CR n°473 du 27 septembre 1999 du ministre de l'intérieur, Jean-Pierre Chevènement.
  13. Décret du 10 octobre 2002 du Président de la République, Jacques Chirac, procès-verbal d'installation le 30 octobre 2002.
  14. Décret du 26 février 2004 signé du Président de la République, Jacques Chirac. Procès-verbal d'installation du 29 mars 2004.
  15. Décret du 1er juin 2006 signé du Président de la République, Jacques Chirac, Journal officiel du 2 juin 2006, texte n°43.
  16. Décision du 11 juillet 2006.
  17. JORF, décret du 25 février 2013 portant admission à la retraite du Préfet Roger Marion.

Liens externes[modifier | modifier le code]