Roger Belbéoch

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Belbéoch.
Ne doit pas être confondu avec Roger Belbéoch (physicien).

Roger Belbéoch, né à Joinville-le-Pont[1] le , et mort le , est un militant du Parti communiste français et résistant français ; il a été maire-adjoint de Joinville-le-Pont. Il est reconnu Juste parmi les nations.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un résistant communiste de la première heure[modifier | modifier le code]

Roger Belbéoch est le fils de Joseph Belbéoch. Il participe aux manifestations contre l’extrême droite de février 1934 et adhère à l’Union des étudiants communistes[2].

Employé à la poste, il tente vainement de passer en Angleterre dès l’armistice de , puis rejoint la Résistance. Albert Ouzoulias, commissaire militaire national des francs-tireurs et partisans (FTP), et Robert Deloche, résistant de la première heure qui deviendra maire de Joinville-le-Pont à la Libération, le poussent à infiltrer la police.

En 1942, Roger Belbéoch occupe un poste stratégique au commissariat du XIIe arrondissement de Paris puis à celui de Nogent-sur-Marne : employé aux écritures, il fournit des faux papiers d’identité, des certificats de travail et d’hébergement. Il prévient ceux qui sont recherchés et ceux qui risquent d’être perquisitionnés. Dénoncé, arrêté et torturé, il est libéré par la Résistance. Il reprend son poste à Nogent-sur-Marne et a des contacts avec le Front national de la police et le parti communiste[2].

Sa fiancée, Claudine Kaufmann, est arrêtée le , lors de la rafle du Vél' d'Hiv. Comme 13 152 autres Juifs de Paris et de la région, elle est déportée en Allemagne où elle meurt[3].

Joseph Belbéoch, père de Roger, ancien combattant de 1914-1918, est tombé au combat, à la Libération, le , sous les balles allemandes sur le pont de Joinville-le-Pont. Le carrefour qui marque l’entrée du pont de Joinville, côté rive droite, ainsi qu’une avenue de Saint-Maurice portent son nom.

Adjoint au maire à Joinville-le-Pont[modifier | modifier le code]

Après la guerre, Roger Belbéoch poursuit une carrière dans la police, malgré des difficultés liées à son engagement au sein du parti communiste français. Remarqué comme très bon tireur, il intègre au début des années 1970, la brigade anti-commando dirigée un temps par le commissaire Robert Broussard. La brigade anti-commando intervient lors de prises d'otages[2].

Roger Belbéoch est élu conseiller municipal de Joinville-le-Pont en 1977, puis réélu lors d’un scrutin partiel en 1978 après l'annulation du précédent vote. Il porte l'étiquette PCF. Il devient le premier adjoint du maire Guy Gibout (PCF). Roger Belbéoch ne se représente pas aux élections municipales de 1983.

Il s’installe à Saint-Maurice en 1996 et y réside jusqu’à son décès[4] qui se produit le [5].

Hommage[modifier | modifier le code]

Roger Belbéoch est nommé « Juste parmi les nations » en 1984 par le musée-mémorial de Yad Vashem à Jérusalem (Israël)[6],[7]. Son nom figure dans l'allée des Justes qui borde le Mémorial de la Shoah à Paris.

Il a également été fait chevalier de la Légion d’honneur en 2000.

Une esplanade de la ville de Nogent-sur-Marne a été baptisée du nom de Parvis Roger Belbéoch en 2013. Elle se situe à l’emplacement de l’ancienne entrée du commissariat[8].

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger Belbéoch : Je n’ai fait que mon devoir, 1940-1944 : un juste dans les rangs de la police, éditions Robert Laffont, Paris, 2006
  • Roger Belbéoch, Jeanne Bohec, Alfred Frisch (édité par Pierrette Rieublandou) : J'ai vécu la Résistance, Bayard jeunesse, Paris, 2005 (ISBN 978-2-7470-1503-5)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Rose Lallier et Elisabeth Logak, Figures humaines, film documentaire, les Films de l’Amandier, 2005.
  • Jean-Marc Berlière, René Lévy et Emmanuel Blanchard (dir.) : Les récits de vie de policiers à l'IHESI-INHES : quatorze ans de recherches, Cesdip, Guyancourt, 2005
  • Le Maitron, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Éditions de l'Atelier, notice BELBÉOCH Roger, octobre 2009.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alors dans la Seine, aujourd’hui dans le Val-de-Marne.
  2. a b et c Entretiens avec F. Liaigre à l'hiver 2002-2003 et au printemps 2003 au domicile de R. Belbéoch in Jean-Marc Berlière, René Lévy et Emmanuel Blanchard (dir.) : Les Récits de vie de policiers à l'IHESI-INHES : quatorze ans de recherches, Cesdip, Guyancourt, 2005.
  3. Roger Belbéoch, Je n’ai fait que mon devoir. 1940-1944 : un juste dans les rangs de la police, éditions Robert Laffont, 2006.
  4. Nécrologie de Roger Belbéoch in Saint-Maurice Info, Ville de Saint-Maurice, décembre 2010
  5. Compte-rendu du Conseil municipal de Joinville-le-Pont, séance du 30 novembre 2010
  6. L'Humanité, « Roger Belbéoch, un juste dans la gueule du loup », 18 janvier 2007.
  7. Roger Belbéoch sur le site Yad Vashem (en)
  8. Magazine de Nogent, juillet-août 2013.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]