Rodrigue de Villandrando

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Rodrigue de Villandrando[1] (Rodrigo de Villandrando en espagnol, également écrit Villa-Andrando dans les textes anciens[2] et dans sa signature[3]), comte de Ribadeo et de Valladolid, seigneur d'Ussel, est un guerrier espagnol noble du Moyen Âge avec des origines françaises par sa grand-mère Thérèse de Villaines. Il fut un cruel chef de bande de mercenaires pendant la guerre de Cent Ans, célèbre tant en Espagne qu'en France où il commit de nombreuses exactions. Ses dates de naissance et de mort sont débattues, en l'absence de documents clairs.

Armoiries de Rodrigue de Villandrando : au 1 et 4 d’argent au croissant échiqueté d’or et de sable, au 2 et 3 fascé d’azur et d’or.

Biographie[modifier | modifier le code]

Rodrigue de Villandrando serait né, selon Jules Quicherat, vers 1378[4]. D'autres sources donnent sa naissance vers 1386. Selon Jules Quicherat, il nait en Espagne en Castille. Selon Jules Quicherat encore, il serait mort vers 1457 ou 1458[4]. Mais selon une étude plus précise d'Antonio María Fabié (es) qui s'appuie sur le testament et deux codicilles dictés par Rodrigo lui-même le , le et le , il serait mort entre le et le .

Il fut comte de Ribadeo et de Valladolid, et seigneur d'Ussel. On le surnommait « L'Empereur des brigands » ou « L'Écorcheur ».

Ascendance de Rodrigue de Villandrando[modifier | modifier le code]

Selon Jules Quicherat, la famille Villandrando est originaire de Villa-Andrando, un village de Castille situé entre Burgos et Valladolid. Mais ce village n'existe pas aujourd'hui, et aucun autre document n'en atteste l'existence.

Le grand-père de Rodrigue de Villandrando, Juan García Gutiérrez de Villandrando, caballero de la Orden de la Banda, se lia avec Bertrand Du Guesclin comme partisan du prince Henri de Trastamarre. Il épousa la sœur de Pierre le Besgue, originaire de Villaines, qui avait obtenu pour prix de ses services le comté de Ribadeo en Galice. Le couple eut deux fils : Ruy Garcia de Villandrando, regidor de Valladolid, et Pedro de Villandrando, seigneur de Bambiella, marié à Aldonza Diaz de Corral et mort en 1400.

Sa vie[modifier | modifier le code]

Rodrigue est l’aîné des enfants de Pedro de Villandrando et de Aldonza Díaz de Corral. Le frère de Rodrigue, Pedro de Coral, qui prit le nom de sa mère, est l'auteur de Crónica del Rey Don Rodrigo également connue sous le nom de Crónica sarracina, un des textes majeurs du Moyen Âge espagnol.

Le 24 mai 1433, il épouse en premières noces Marguerite de Bourbon, demi-sœur du duc Charles Ier de Bourbon et fille illégitime du duc Jean Ier de Bourbon.

Il épouse en secondes noces Beatriz de Zuniga (ou Beatriz de Estuñiga[4]) dont il aura un fils, Pedro, qui lui succèdera comme comte de Ribadeo, après quoi le titre passera à son neveu, Don Gomez de Sarmiento, fils de sa sœur Marina, également née du second lit.

Grâce à sa grand-mère française, il aurait d’abord servi comme page puis dans une compagnie de Jean de Villiers de L'Isle-Adam pendant la guerre entre Armagnacs et Bourguignons et notamment le lors de la prise de Paris.

Vers 1420, il constitue une compagnie de brigandage qui s’intègre à la compagnie d'Amaury de Séverac en 1422. Il participe à la Bataille de Verneuil (1424). Puis se livre aux pillages à partir de 1427 dans le Languedoc, les régions de Carcassonne et Nîmes montant jusqu’à Lyon en octobre 1428.

Il est rejoint vers 1428 par Jean Salazar qui devient son lieutenant.

Le , il participe à la bataille d’Anthon avec environ 400 hommes armés de vouges, de masses, de piques du côté dauphinois contre Louis II de Chalon-Arlay, prince d’Orange et vassal franc-comtois de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, qui s’était lié par une convention secrète avec le duc de Savoie, Amédée VIII, en vue de dépecer le Dauphiné. Il fait prisonnier François de La Palud, seigneur de Varembon et le sire de Bussy, Guillaume de Vienne pour lesquels il perçut de fortes rançons. Les troupes se portèrent aussitôt contre Orange.

Il reçoit alors le titre d’écuyer. Incorporé dans l’armée royale, il est chargé avec Imbert de Groslée de la défense de la frontière bourbonnaise contre la Bourgogne.

En 1431, il est fait comte de Ribadeo en raison des services rendus à Jean II d'Aragon qui l’invite une fois par an à sa table. La même année, il est utilisé pour rétablir l'ordre et réprimer une révolte populaire en Forez et extermine les rebelles réfugiés à Saint-Romain-le-Puy.

En septembre 1432, ses routiers à la solde de Georges de la Trémoille tiennent Les Ponts-de-Cé et sont attaqués par Jean de Bueil.

Vers 1433, il est à l’apogée de sa puissance. Ses 10 000 mercenaires sanguinaires (la plupart d’origine anglaise) terrorisent et rançonnent les populations et les seigneurs des régions qu'ils traversent, principalement dans le Médoc. Lui et ses écorcheurs saccagent et pillent de nombreuses bastides.

En 1433, à la tête de sa bande, les "Rodrigoys", il prend d'assaut le château de Lagarde-Viaur, qu’il restitue après le paiement d’une forte rançon.

En échange d'un prêt de 6 000 écus à son beau-frère Charles Ier de Bourbon, il acquiert le château d'Ussel[5] puis le château de Châteldon. Il s'installe ensuite au château de Montgilbert, de 1434 à 1439[6].

En 1437, les fourriers du roi Charles VII sont détroussés à Hérisson par ses hommes.

En 1438 l’armée du lieutenant général Charles d’Albret suivie par les hommes de Villandrando va attaquer Bordeaux et pille le Médoc, mais échoue contre l’enceinte de la ville.

En 1443, une partie des bandes de Rodrigue sous le commandement de Jean Salazar refluent d'Espagne, dévastent le Haut Languedoc et mettent au pillage le Lauragais.

Banni du royaume, il acheva sa vie comme maréchal de Castille, au service de l'Espagne, après avoir légué ses biens à l'Église de son pays natal. Réfugié dans une vie pieuse, il meurt vers 1457.

Quelques villes pillées ou rançonnées par Rodrigue de Villandrando[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il existe un autre Rodrigue de Villandrando, élève d'Antonio Moro, qui fut nommé peintre du roi en 1628 et qui est l’auteur du portrait de Philippe IV d'Espagne avec son nain Soplillo conservé au Musée du Prado.
  2. Jean de Ferreras, et M. D'Hermilly, « Histoire générale d'Espagne », sur books.google.fr, Gissey, Lebreton, Ganeau,‎ , p. 452
  3. Jules-Etienne Quicherat, « Rodrigue de Villandrando, l'un des combattants pour l'indépendance française au quinzième siècle », Quittance d'une somme votée pour Rodrigue de Villandrando par les États d'Auvergne en présence du roi, Hachette (Paris),‎ , p. 323
  4. a, b et c Antonio María Fabié, « Biographie de Don Rodrigo Villandrando », Madrid,‎ (consulté le 1er octobre 2016), p. 372 à 376 (page 373)
  5. Jules Quicherat, « Histoire de Rodrigue de Vallandrando », sur persee.fr, Bibliothèque de l'école des chartes,‎ , p. 119 à 168, page 158, bas de page
  6. André Leguai, « Rodrigue de Villandrando, seigneur de Montgilbert », Courrier de la Montagne bourbonnaise, n° 19, 1984, p. 3-9.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jules Quicherat, Rodrigue de Villandrando, l'un des combattants pour l'indépendance française au quinzième siècle, Paris, Librairie Hachette & Cie, , V-356 p. (lire en ligne).
  • Jules Quicherat, « Rodrigue de Villandrando (premier article) », Bibliothèque de l'école des chartes, 1845, p. 119-168, lire en ligne.
  • Jules Quicherat, « Rodrigue de Villandrando (deuxième article) », Bibliothèque de l'école des chartes, 1845, p. 197-238, lire en ligne.
  • Fernand Monatte, Rodrigue de Villandrando : l'oublié de la guerre de Cent Ans, 1388-1448, L'Harmattan, (ISBN 9782336290638)
  • (es) Antonio María Fabié (es), Don Rodrigo de Villandrando, Conde de Ribadeo, M. Tello, (lire en ligne)
  • (es) Alonso Fernández de Palencia (es), Crónica de Enrique IV, s.l., s.n., (lire en ligne)
  • Philippe Lauer, « Un nouveau document sur Rodrigue de Villandrando. Le meurtre de Giraud de Goulart, bailli de Berry (1437) », Bibliothèque de l'école des chartes, 1919, p. 145-151, lire en ligne.

Articles connexes[modifier | modifier le code]