Rodolphe Kasser

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Rodolphe Kasser
RodolpheKasser.jpg

Rodolphe Kasser février 2008

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Rodolphe Kasser, né à Yverdon-les-Bains le 14 janvier 1927, décédé le 8 octobre 2013[1], est un philologue, archéologue suisse et Professeur ordinaire puis émérite de langue et littérature coptes à la Faculté des Lettres de l'Université de Genève.

Biographie[modifier | modifier le code]

Rodolphe Kasser fait ses études de théologie protestante à Lausanne (1946-1948) et Paris (1948-1950, licence en théologie sur un sujet de littérature copte). Prolongeant son séjour à Paris, il perfectionne sa connaissance de la langue égyptienne d'époque romaine, formation qui aboutit à l'obtention d'un diplôme de l'École Pratique des Hautes Études (Paris) en 1964. Puis, professionnellement, il exerce ensuite le ministère pastoral en Suisse, Église évangélique libre du canton de Vaud (1953-1956), puis en France (Gard), Église réformée de France (1956-1959).

En 1963, il est nommé privat-docent, puis professeur extraordinaire, sur financement du Fonds national suisse de la recherche scientifique, puis il sera de 1976 à 1998 professeur ordinaire à la Faculté des Lettres de l'Université de Genève pour l'enseignement de la langue et de la littérature coptes.

Philologue, coptologue, archéologue, il est l'un des chefs de file de la coptologie internationale. Sa traduction anglaise et française de l'Évangile de Judas (2006) du Codex Tchacos (en langue copte) a été un évènement majeur, qui a révélé au grand public du monde entier la richesse et la complexité des textes coptes issus du début du christianisme.

Par ailleurs, il s'est constamment et opiniâtrement investi dans la promotion d'activités bénévoles encadrées par des professionnels en archéologie, destinées d'abord à permettre à un public large de s'approprier les aspects historiques du pays où il vit.

Activités archéologiques[modifier | modifier le code]

Le site archeologique des Kellia (Egypte)
Une inscription en langue copte sur le site des Kellia (Egypte)

Dès les années 60, Kasser a manifesté son intérêt pour l'archéologie, d'abord européenne, puis égyptienne. En 1964, il a organisé l'expédition de prospection archéologique ayant abouti à la redécouverte (par A. Guillaumont) du site paléomonastique chrétien des Kellia (Égypte). À partir de 1965, avec l'appui financier du Fonds national suisse de la recherche scientifique, il a été nommé directeur des fouilles de la Mission suisse d'archéologie copte sur ce site (Université de Genève), frais et dépenses auxquels s'est bientôt (dès 1986) associée généreusement la Fondation pour la recherche archéologique aux Kellia (présidée par Mme E. Carnot).

Par ailleurs il a développé, à titre bénévole et avec l'appui de collaborateurs bénévoles qu'il a strictement formés et encadrés à cet effet, une activité d'archéologie à Yverdon-les-Bains, Suisse, ayant abouti au sauvetage d'objets importants du patrimoine proto-historique et historique européen. Fondateur et directeur de l'Institut d'archéologie yverdonnoise créé en 1974, président de la Société du Castrum romain d'Yverdon-les-Bains dès 1986 (Société qu'il a créée en 1978), cette activité auxiliaire lui a permis de sauver de la destruction des objets notoires, la seconde embarcation romaine yverdonnoise, spécimen unique à ce jour pratiquement complet, bâti à partir de deux pirogues étroitement liées ainsi qu'une statue celtique en bois de chêne, statue humaine, figurative et expressive. En outre, de 1980 à 1998, il a été le conservateur de la section proto-historique et historique du Musée d'Yverdon.

Vase tonnelet quadrichrome (IIe siècle av. J.-C.) découvert en 1945 par R. Kasser à Yverdon-les-Bains
Statue celtique découverte à Yverdon-les-Bains, grâce aux activités bénévoles du Groupe d'archéologie yverdonnoise

Activités de recherche[modifier | modifier le code]

Dès 1963, Kasser a effectué d'importants travaux de recherche dans le champ de la philologie copte et entrepris la préparation d'un nouveau Dictionnaire copte, rédaction qui fut menée de front avec de profondes réformes de la classification dialectale copte. De nombreuses publications (1964-2005) ont illustré cette activité de recherche. Il a ainsi édité plusieurs importants codices grecs, coptes et bilingues de la Bibliothèque Bodmérienne (P. Bodmer).

Associé à la préparation de la publication des textes gnostiques coptes découverts à Nag Hammadi, il est devenu membre du Comité d'édition, et surtout du Comité technique quadripartite de l'édition photographique de base (S. Giversen, R. Kasser, M. Krause, J. Robinson). Il a aussi assuré l'édition et la traduction d'autres importants textes gnostiques coptes, comme le Codex Jung, et de textes manichéens coptes.

Responsabilités exercées[modifier | modifier le code]

Dès 1976, Kasser a été nommé membre du comité directeur de l'International Association for Coptic Studies, dont il a été le président de 1984 à 1988, puis président d'honneur dès 2000.

Il est également l'un des vice-présidents de la Société d'Égyptologie de Genève.

De 1980 à 1991, il a dirigé, en tant que rédacteur responsable, la section "Linguistics" de la Coptic Encyclopedia.

En 1986, il a participé à la création du projet international (dano-germano-suisse) d'édition des manuscrits manichéens coptes de Médinet-Madi appartenant à la Bibliothèque Chester Beatty (Dublin, Irlande), en tant que membre suisse de son comité tripartite.

Principales publications[modifier | modifier le code]

Dès 1956, Kasser a été chargé par M. Martin Bodmer de la publication de ses manuscrits coptes, et de la publication de plusieurs de ses manuscrits grecs. Ainsi, de 1958 à 1965, les Papyrus Bodmer III, VI, XVI, XVII, XVIII, XIX, XXI, XXII, XXIII, tous bibliques; et dans le domaine grec, de 1961 à 1969, le P. Bodmer XIV-XV (avec V. Martin), le P. Bodmer XXIV (avec M. Testuz), enfin les P. Bodmer XXV et XXVI (avec C. Austin), tous bibliques, à l'exception des deux derniers, comédies de Ménandre. Après la création (1971) de la Fondation Martin Bodmer, il a été responsable de la section des manuscrits coptes de cette Fondation, dont il a continué à préparer la publication. En 2004 (avec P. Luisier), il a publié le P. Bodmer XLI (dans Le Muséon, 17, 281-384).

Dès 2001, il a organisé la restauration et préparé l'édition princeps du Codex Tchacos, contenant l'Évangile de Judas et trois autres textes apocryphes coptes.

"En juillet 2001, la Fondation Maecenas pour l’art ancien lui montre un codex acquis l’année précédente, découvert dans le désert égyptien. Son titre L’Evangile de Judas - Judas l’Iscariote suscite l’émerveillement de Rodolphe Kasser qui en entreprend la traduction et les commentaires avec Marwin Meyer et Gregor Wurst. Avec son équipe, Rodolphe Kasser publie pour la première fois, en juin 2006, la traduction intégrale de cette révélation par Jésus à Judas l’Iscariote."[2]

  • L'Évangile selon Thomas : présentation et commentaire théologique, Neuchâtel, Delachaux et Niestlé, coll. « Bibliothèque théologique », , 170 p. (texte en français et rétroversion en grec)
  • L’Evangile de Judas, Traduction intégrale et commentaires des professeurs Rodolphe Kasser, Marwin Meyer, Gregor Wurst, Flammarion, juin 2006.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Annonce sur la liste électronique des papyrologues, Papy.
  2. http://www.canalacademie.fr/spip.php?article1105&var_recherche=Kasser présentation de la communication de de Rodolphe Kasser, professeur honoraire de langue et littérature coptes à l’université de Genève, prononcée le 13 octobre 2006, à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, sous le patronage de Jean Leclant, Secrétaire perpétuel.

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]