Rochejean

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Rochejean
Rochejean Panorama 2.jpg
Rochejean Mairie.jpg Rochejean Place de la fontaine.jpg
Rochejean Eglise 19.jpg Rochejean Fontaine.jpg Rochejean Monument 1.jpg
Rochejean, la Grande Échelle - img 41610.jpg Rochejean21.jpg
De haut en bas et de gauche à droite: panorama du village depuis la route des Longevilles; la mairie; la place de la fontaine-Marianne; l'église; le monument aux morts; la Grande Echelle; fontaine-lavoir.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Doubs
Arrondissement Pontarlier
Intercommunalité Communauté de communes des Lacs et Montagnes du Haut-Doubs
Maire
Mandat
Éric Penzès
2020-2026
Code postal 25370
Code commune 25494
Démographie
Gentilé Brigands
Population
municipale
692 hab. (2018 en augmentation de 5,49 % par rapport à 2013)
Densité 28 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 44′ 47″ nord, 6° 17′ 39″ est
Altitude Min. 870 m
Max. 1 381 m
Superficie 24,32 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Commune hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Frasne
Législatives Cinquième circonscription
Localisation
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Rochejean
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Rochejean

Rochejean est une commune française située dans le département du Doubs en région Bourgogne-Franche-Comté. Les habitants se nomment les Brigands.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Alpes en 792 et 1184 ; Roche de Alpe en 1250 ; Jures inhabitatas en 1266 ; Rocha Joannis en 1336 ; Rochejean depuis 1630[1].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Rochejean est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[2],[3],[4]. La commune est en outre hors attraction des villes[5],[6].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (80,7 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (81,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (54,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (26,1 %), zones agricoles hétérogènes (16,1 %), zones urbanisées (2,6 %), prairies (0,4 %)[7].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[8].

Histoire[modifier | modifier le code]

Jusqu'au XIIIe siècle[modifier | modifier le code]

De 900 à 500 avant Jésus-Christ, les premiers hommes arrivent dans les grandes forêts du Haut-Doubs. Ce sont des cavaliers celtes qui apportent leur connaissance du fer. Grâce à l'importante quantité de minerai de fer présent dans le sous-sol et aux forêts qui fournissent le bois nécessaire, apparaissent dès l'Antiquité les premiers bas-fourneaux dans les forêts au pied du Mont d'Or.

Vers l'an 1000, période où la région connaît une « renaissance monacale », plusieurs ermites et religieux veulent revenir aux règles originales, c'est-à-dire pauvreté, prière, travail, ascèse, etc. Ils partent donc à la recherche de déserts humains. Les montagnes du Mont d'Or leur apparaissent idéales pour leurs méditations. Ainsi, la tradition populaire raconte-t-elle que l'Ermite Jean choisit le creux de la Roche, sous l'église actuelle du futur Rochejean pour habitat.

Du Xe au XIIIe siècle, le secteur voit la naissance de plusieurs abbayes, autour du lac de Joux, à Mouthe, à Labergement-Sainte-Marie, à Saint-Point-Lac, près de Bonnevaux. C’est la période de la déforestation. Des moines et de la main d'œuvre suisse et française arrivent dans les forêts du Haut-Doubs et du Haut-Jura pour y travailler. De nouveaux terrains cultivables apparaissent et sont distribués à des seigneurs de Suisse et de France.

En 1267, Rochejean est fondé par Jean Ier de Chalon (1190-1267), comte de Chalon et sire de Salins qui s'inspire de la légende de l’Ermite pour nommer son nouveau village. Il élabore aussi les futurs plans du château sur la Roche d'Alpe.

XIVe siècle[modifier | modifier le code]

Vers 1300, les seigneurs de Rochejean, les Chalon-Arlay mettent en valeur la route entre Rochejean et Jougne. Ils se raccordent ainsi aux Hôpitaux et touchent des avantages, terres, impôts, etc. Les « colons » défricheurs de cette route créeront par la suite le village des Longevilles-Mont-d'Or.

Les moines, les seigneurs de Rochejean et de Salins-les-Bains ont des intérêts communs durant le XIIIe siècle. Grâce à l'accroissement de la population en Europe, les besoins en fer croissent. Le bois devient donc très important pour alimenter les hauts-fourneaux. De plus, la construction de nombreuses cathédrales exige énormément d'échafaudages en bois.

Vers 1314, le nombre insuffisant de cultivateurs oblige les seigneurs de Rochejean à louer les terres contre redevances et corvées, en « lotisant » c'est-à-dire en « abergeant des colons » pour relancer l'économie des villages. Les avantages fiscaux sont ainsi augmentés pour attirer encore plus de colons à Rochejean notamment.

À cette époque, la route du sel entre Salins-les-Bains et Vallorbe passe par Pontarlier et la cluse de Joux. Les marchands passent donc sur les terres des seigneurs de Pontarlier et doivent payer des taxes pour passer en Suisse. Ceci ne plaisant pas aux seigneurs de Salins, ils envisagent un nouveau tracé de la route qui passerait non plus à Pontarlier mais à Rochejean, sur leurs propres terres. Dans les années qui suivent 1315, la création de deux autres ermitages dans la région du Mont d’Or (Vaux et Mont-du-Fourg, la future abbaye de Mont-Sainte-Marie) permet la réalisation de la nouvelle route. Les seigneurs de Salins favorisent ainsi les implantations de ces abbayes en veillant à gagner du terrain sur celui du comté de Pontarlier. La route qui passait jusqu’à lors de Pontarlier à Jougne est remplacée par celle reliant Bonnevaux, les alentours de Rochejean, les Hôpitaux-Neufs, puis Jougne. Le château de Joux est ainsi contourné.

De 1349 à 1361, Rochejean est durement touché par la peste noire.

XVe siècle-XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1494, les premières forges sont créées à l'emplacement des actuelles rues des Forges et du Haut-Fourneau. Le minerai extrait du Mont d'Or est acheminé dans les hauts-fourneaux pour en extraire la fonte. Celle-ci est travaillée par les maîtres de forges. Les outils nécessaires à la vie quotidienne et au travail agricole et forestier y sont ainsi fabriqués. Le haut-fourneau de Rochejean est particulièrement important et appartient à l'abbaye de Mont-Sainte-Marie.

Le XVIIe siècle est particulièrement dur. Rochejean et les villages voisins connaissent épidémies, famines et guerres. La période de la guerre de Dix Ans y est spécialement difficile, la région étant alors ravagée par les troupes des Suédois, nom donné à l'époque aux mercenaires mi-allemands mi-suédois de Bernard de Saxe-Weimar qui rasent le château. Le , le traité de Nimègue est signé. La Franche-Comté devient française, les Francs-Comtois deviennent Français contre leur volonté, mais la paix est rétablie.

En 1843, le haut-fourneau de Rochejean ferme à cause d'un important incendie. Il traitait alors chaque année près de 2 500 tonnes[9] de minerai de fer. Beaucoup de personnes se retrouvent sans emploi. Le haut-fourneau de Pontarlier ferme aussi et entraîne la fin de la mine dans tout le Haut-Doubs en 1848. Du fait de l'importation de plus en plus importante de fonte de Belgique et d'Écosse, l'industrie du fer en Franche-Comté décline ensuite tout au long de la seconde moitié du XIXe siècle.

En 1898, le syndicat intercommunal, créateur de la turbine dans les gorges du Fourpéret, sur le Doubs entre Rochejean et Labergement-Sainte-Marie, sur le territoire de cette dernière commune, installe le premier réseau électrique. De nos jours, l'installation du Fourperet n’est plus capable de produire seule l'électricité suffisante pour toutes les nouvelles habitations principales et touristiques que voient naître Rochejean et les villages voisins.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Rochejean est aujourd’hui un village typique de moyenne montagne franc-comtoise. Il est équipé d’une station de ski, « les Meix Loisirs », qui propose l’hiver quatre pistes de ski de descente (baby, verte, bleue, rouge) et l’été du Dévalkart. Les Granges-Raguin et le restaurant de la Boissaude, à quelques kilomètres au-dessus du village, proposent durant l’hiver plus de 50 km de pistes de ski de fond sur les pentes du Mont d’Or, et notamment la Grande Traversée du Jura. L’été, ces pistes deviennent des circuits de randonnée pédestre et de VTT.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Rochejean.svg

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

Écartelé au 1) et 4) de gueules au 2) et 3) d’argent ; sur le tout d’or au cor virolé et enguiché d’azur.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
vers 1845   Raguin    
1977 mars 1983 Hubert Trouttet    
mars 1983 mars 1989 Joël Saillard    
mars 1989 décembre 1991 Fernand Doussot    
décembre 1991 juin 1995 Renée Saillard    
juin 1995 mars 2008 Claude Thomet    
mars 2008 mai 2020 Lionel Chevassu[10] DVD Chef d'entreprise
mai 2020 En cours Eric Penzès [11]    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[12]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[13].

En 2018, la commune comptait 692 habitants[Note 2], en augmentation de 5,49 % par rapport à 2013 (Doubs : +1,53 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
408445417453512584577560537
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
535473461449433401403407378
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
367377356337306317307275266
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
262261246286389430497622680
2018 - - - - - - - -
692--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le Château de Rochejean
  • L'Église, bâtie au XIVe siècle peu après la fondation du village, fut reconstruite ensuite au XVe. Elle est dédiée à saint Jean-Baptiste.
  • Une croix de mission tridimensionnelle en fer forgé remontant à la seconde moitié du XVIIIe siècle est installée à côté de l’église. Elle comporte de remarquables décors. Le piédestal a été reconstitué après l’incendie de l’église, en 1962.

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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • L’abbé Georges Ignace Boillon (1720-1800), originaire de Bonnétage, curé de Rochejean à partir de 1774. Il devient le premier maire de la commune en 1790 pendant la Révolution, mais doit s'exiler en Suisse de 1794 à 1800. Féru d'éducation pour la jeunesse, il avait transformé son presbytère en véritable musée d’histoire naturelle. Une rue du village porte son nom, et sa tombe se trouve dans le chœur de l'église.
  • Claude Alexandre Loye, né et mort à Rochejean (1786-1865). Il y fut instituteur, et est l'auteur d’une histoire du village[16].
  • Laurent Raguin (1871- 1950), élève de l'École nationale d'industrie laitière de Mamirolle près de Besançon. Mobilisé durant la Première Guerre mondiale, il reçoit sa cancoillotte moisie à cause de la durée du transport. De retour, il révolutionne sa fabrication dans les années 1920 en la conditionnant en boites métalliques stérilisées, ce qui lui permet l'industrialisation de cette spécialité franc-comtoise dans la fromagerie qu'il crée à Baume-les-Dames.
  • Charles Belle, peintre, né à Rochejean en 1956.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean COURTIEU, Dictionnaire des communes du département du Doubs, t. 5, BESANÇON, CÊTRE, .
  2. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 26 mars 2021).
  3. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le 26 mars 2021).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 26 mars 2021).
  5. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le 26 mars 2021).
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le 26 mars 2021).
  7. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statitiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le 14 mai 2021)
  8. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le 14 mai 2021). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  9. Commission des Annales des mines, Annales des mines, Volume 1985, Paris, (lire en ligne), p. 129.
  10. Site officiel de la préfecture du Doubs - liste des maires (doc pdf)
  11. « Répertoire national des élus (RNE) - version du 24 juillet 2020 », sur le portail des données publiques de l'État (consulté le 10 septembre 2020).
  12. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  13. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  16. Souvenirs historiques, suivis d'annales sur le village et la seigneurie de Rochejean, ancien Bourg-à-Château, au pied du Mont-d'Or (Doubs), Laithier éditeur, 1835, 289 pages

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Ignace Joseph Bourgon, Recherches historiques sur la ville et l'arrondissement de Pontarlier, (lire en ligne), p. 255
  • Les Deux Bourgognes : études provinciales, Volume 1, Dijon, (lire en ligne), p. 130