Roche pyroclastique

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Membre du USGS examinant des blocs de ponce en bordure d'une des coulées pyroclastiques du Mont Saint Helens.

Les roches pyroclastiques ou pyroclastites[1](du grec : πῦρ, feu, et κλαστός, brisé, "brisé par le feu"[2]) sont des roches composées principalement ou uniquement de matériaux volcaniques. Lorsque les matériaux volcaniques ont été déplacés et remaniés par action mécanique, comme celle du vent ou de l'eau, ces roches sont appelées volcanoclastiques[3]. Communément associées aux activités volcaniques de type plinien ou  phréato-magmatique[note 1] les dépôts pyroclastiques sont généralement formés de cendres, lapillis et bombes volcaniques, associés à des blocs issus du sous-sol local originel.

Classification[modifier | modifier le code]

Les roches pyroclastiques peuvent être classées selon leur taille, des plus gros blocs aux cendres les plus fines et aux tufs. Les plus grosses pyroclastites sont appelés bombes ; plus petites, elles portent le nom de lapillis. Les cendres volcaniques sont rattachées aux pyroclastites parce que leur fine poussière est issue des roches volcaniques. L'une des formes les plus spectaculaires des dépôts pyroclastiques est représentée par les ignimbrites, formées dans le mélange à haute température gaz-cendres des coulées pyroclastiques.

Tuf volcanique.
taille désignation[4] peu aggloméré : Tephra fortement aggloméré : Pyroclaste
> 64 mm claste, bombe brèche volcanique brèche volcanique, brèches pyroclastiques
< 64 mm Lapillis strate, lapilli tephra Lapilli (tufs), roche pyroclastique consolidée[5]
< 2 mm cendres cendres épaisses cinérites, tuf
< 0.063 mm cendres fines cendres fines tuf volcanique
Rendu 3D de la tomographie ci-dessus, en partie transparente. Les particules les plus grosses sont en rouge.

On distingue trois modes de mise en place, par nuée ardente, par déferlante (surge) et par retombées volcaniques. Lors d'une éruption plinienne, les ponces et les cendres apparaissent quand le magma siliceux se fragmente dans la cheminée, sous l'effet de la décompression et du dégazage. Les pyroclastites sont alors entraînées dans la formation d'une colonne éruptive pouvant atteindre plusieurs kilomètres de hauteur, et susceptible d'interférer avec la circulation aérienne. Les tephra compris dans le panache éruptif retombent sur le sol en couches successives, dont l'épaisseur décroit avec la distance[6]. Les écoulements pyroclastiques, dénommés « nuées » ou « surge » selon leur concentration en éléments solides en suspension et leur niveau de turbulence, sont parfois appelés « nuées ardente en avalanche »[7] (glowing avalanches). Les dépôts pyroclastiques riches en ponce portent le nom d'ignimbrites.

Une éruption pyroclastique offre aussi des effusions de lave en jets ou en fontaines, envoyée dans les airs avec des cendres, des éléments pyroclastiques et autres sous-produits volcaniques. Les éruptions de type hawaïen, comme celles du Kīlauea peuvent éjecter des lambeaux de magma en suspension dans les gaz émis ; le nom donné est celui de « fontaine de lave ». Les lambeaux de magma, s'ils sont encore suffisamment chauds en retombant, peuvent s'agréger et former une coulée de lave.

Les dépôts pyroclastiques sont composés d'éléments qui ne sont pas consolidés ; les roches pyroclastiques, comme les tufs, sont des dépôts pyroclastiques consolidés.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Pyroclastic rock » (voir la liste des auteurs).
  • Les ouvrages utilisés comme source pour cet article sont indiqués dans la section ci-dessous par le symbole Document utilisé pour la rédaction de l’article

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En français 
  • Alain Foucault, Jean-François Raoult, Fabrizio Cecca et Bernard Platevoet, Dictionnaire de Géologie, Dunod, , 416 p. (ISBN 9782100597352)
  • Jean-Pierre Michel, Michael S.N. Carpenter et Rhodes W. Fairbridge, Dictionnaire bilingue des Sciences de la Terre, Dunod, , 5e éd., 510 p. (ISBN 978-2-10-059291-3) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jacques-Marie Bardintzeff, Volcanologie, Dunod, , 4e éd. (1re éd. 1991), 313 p. (ISBN 978-2-10-055402-7) Document utilisé pour la rédaction de l’article
En anglais 
  • (en) Harvey Blatt et Robert J. Tracy, Petrology: Igneous, Sedimentary, and Metamorphic, W.H.W. Freeman & Company, , 2e éd. (ISBN 0-7167-2438-3), p. 26–29

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Du type de celle du Krakatoa (1883).
  2. Lieu de collecte de l'échantillon : plage à proximité de Vik au bout de la route 215. Tomographie réalisée avec un "CT Alpha" par "Procon X-Ray GmbH", Garbsen, Allemagne. Résolution 11,2 µm/Voxel, largeur approx. 24 mm.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Foucault et al. 2014, p. 288-289
  2. Bardintzeff 2011, p. 80
  3. Michel, Carpenter et Fairbridge 2013, p. 290
  4. (en) G. Heiken et K. Wohletz, Volcanic Ash, University of California Press, , p. 246.
  5. Michel, Carpenter et Fairbridge 2013, p. 149
  6. Bardintzeff 2011, p. 116.
  7. Michel, Carpenter et Fairbridge 2013, p. 113.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]