Christophe Rocancourt

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Christophe Rocancourt
Description de l'image defaut.svg.
Nom de naissance Christophe Thierry Daniel Rocancourt
Alias
(utilisés pour ses escroqueries)
Christopher Rocancourt
Christopher Rockefeller
Christopher Reyes
Christopher De Laurentiis
Christopher de la Renta
Christopher Loren
Christopher Lloyd
Fabien Ortuna
Prince Galitzine Christo
Michael van Hoven
Naissance (52 ans)
Honfleur (Calvados), France
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession
Activité principale
Auteur de diverses escroqueries
Autres activités
Auteur, présentateur de télévision

Christophe Rocancourt, né le à Honfleur (Calvados), est un escroc français.

En 2000, il accède à la notoriété lors de son incarcération aux États-Unis, pays où il avait extorqué de l'argent à diverses personnalités, certaines célèbres (comme Mickey Rourke ou Michel Polnareff), en utilisant une douzaine de fausses identités, notamment en se faisant passer pour un producteur de cinéma.

Auteur d'un livre autobiographique à succès, il rentre en France après sa libération en octobre 2005 et bénéficie d'un statut de célébrité médiatique.

En 2012, il est condamné pour abus de faiblesse sur la cinéaste Catherine Breillat ; en 2014, il est écroué dans le cadre d'une nouvelle affaire. En février 2015, il est mis en examen dans le cadre de l'affaire du vol de cocaïne au siège de la police judiciaire de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et adolescence[modifier | modifier le code]

Note : Les éléments de vie donnés ci-après proviennent en partie des écrits autobiographiques de Christophe Rocancourt ; on les prendra donc avec précaution.

Christophe Rocancourt naît à Honfleur en Normandie. Selon lui, son père, Daniel Rocancourt, initialement peintre en bâtiment, est chômeur et alcoolique chronique : boxeur raté, il fait des combats dans les bars pour se faire payer à boire. Il a rencontré Annick Villers, une jeune prostituée de 17 ans, et l'a épousée un mois avant la naissance de leur fils Christophe[1]. Avec sa sœur Angelina, il vit une enfance malheureuse, assistant régulièrement à des séparations et des scènes de violence entre ses parents[1]. La famille vit dans une caravane sur la place de l'église du Bec-Hellouin, ce qui lui fait dire qu'il est issu d'une lignée de gitans.

Deux ans après sa naissance, le couple se sépare après la mort de sa deuxième sœur survenue durant l'accouchement. Selon ses oncles, son père, ayant découvert que sa mère le trompait, décide de partir chercher du travail en Belgique. Sa mère aurait abandonné Christophe et sa petite sœur lorsqu'il avait 5 ans, les laissant à ses parents. Elle serait même partie en claquant la porte de la voiture sur son doigt d'enfant, le sectionnant sans même se retourner[1].

À 5 ans, son père revient de Belgique et reprend son fils. Mais sa nouvelle concubine, la sœur d'Annick, l'abandonne également deux ans plus tard. Lorsque la compagne suivante de son père le rejette également, Daniel prend la décision de le placer à l'orphelinat de Saint-Germain-Village en octobre 1976, à 9 ans. Une étude psychologique de l'époque montre que Christophe veut à tout prix rejoindre son père mais que cela est impossible[1]. Attiré par Dieu, il devient enfant de chœur mais dérobe l'argent de la quête pour la redistribuer en bonbons à ses copains de la Ddass[2].

À 12 ans, il est placé dans une famille d'accueil habitant le Neubourg. Son père adoptif est un militaire qui tente en vain de le discipliner. Son oncle Joël se souvient que Christophe fugue deux ou trois fois et qu'à 17 ans il monte sur Paris, lui annonçant : « Mon oncle, je vais devenir quelqu'un d'important »[1]. Fréquentant des étudiants parisiens de bonne famille, le sans-le-sou « pique des bouquins de Nietzsche et de Kant à la librairie, entre le Flore et les Deux Magots » à Saint-Germain-des-Prés, et rattrape un peu sa scolarité faiblarde[2].

Sans relation, ni argent, le jeune homme erre des semaines entières dans les rues de Paris, fréquentant des prostituées qui lui offrent parfois un repas. Il se nourrit en mangeant directement dans les magasins, et chaparde des livres dans les librairies pour s'occuper. Sa plus grande crainte de l'époque est d'être agressé pendant son sommeil[1]. Un jour, à la station de métro Châtelet - Les Halles, il fait la rencontre de Gérard Siad, aujourd'hui président du SNEG (Syndicat national des entreprises gaies & co), et se lie d'amitié avec lui[3]. Celui-ci l’hébergera et l'aidera dans ses premiers pas parisiens, lui faisant également découvrir le monde de la nuit.

En , dans un article de Voici, Joël Rocancourt, l'oncle de Christophe, affirme que sa sœur n'a jamais été prostituée, que le père de Christophe n'était pas alcoolique. Il ajoute également que Christophe a inventé cette histoire de doigt coupé lors d'un abandon, et que tout ce qu'il raconte sur sa vie n'est que mensonge[4].

En , au cours d'une émission qui lui est consacrée par la chaîne W9, un éducateur qui l'avait côtoyé lors de ses passages en foyer explique que Rocancourt a usé très tôt de sa facilité à mentir pour se sortir de situations compromettantes, mais qu'il lui semble clair que cela ne s'apparente pas à de la mythomanie car « il ne croyait pas lui-même aux mensonges qu'il racontait ». Il ajoute qu'il était souvent impliqué dans de petites affaires de vol et de recel avec les autres pensionnaires des foyers d'accueil.[réf. souhaitée]

Vie à Paris[modifier | modifier le code]

Son ami Gérard l'emmène dans des soirées mondaines, Rocancourt est alors, comme il dit, « son animal de compagnie ». Il ne paie jamais rien, mais veut gagner son propre argent. Comme l'argent obtenu facilement se dépense encore plus facilement, il commence à extorquer des sommes de plus en plus importantes à son entourage en montant divers types d'escroquerie, en commençant par émettre des chèques sans provisions.

En 1987, il monte sa première arnaque en vendant un immeuble qui appartient au père de sa petite amie Marie-Estelle, préfet de Guyane française, pour plus d'un million de francs[2].

Le , il est condamné à 2 ans de prison ferme pour un trafic de fausse monnaie. À sa sortie de prison, au début de l'année 1991, il escroque une riche commerçante en lui « empruntant » 1,2 million de francs français pour dit-il, éponger des dettes de jeux qui mettent sa vie en danger. Elle tombe dans le piège lorsqu'il lui présente comme garantie un acte de propriété d'un immeuble d'une valeur de 43 millions de francs français qu'il a fabriqué lui-même, en modifiant des documents trouvés dans la poubelle du père notaire d'un de ses amis[2].

La supercherie sera découverte et le jeune homme, en état de récidive légale d'escroquerie, est condamné à un an de prison ferme quelques mois plus tard. Pour ne pas retourner une sixième fois en prison, Rocancourt prend la fuite pour Los Angeles. Il effectuera cette peine en 1994.

Exil aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Californie[modifier | modifier le code]

Arrivé en 1991 aux États-Unis sur la Côte Ouest, Christophe Rocancourt se fait passer tour à tour pour un ex-champion de boxe[2], un producteur de film, le fils de Dino De Laurentiis[2] ou de Sophia Loren[5] ou le neveu d'Oscar de la Renta.

Il ne choisit pas ces personnes au hasard, se documentant sur leur vie, dévorant les biographies. Il remarque par exemple que la vie de De Laurentiis comporte plusieurs périodes mal connues du public, et qui sont donc propices à ses mensonges[2]. Il enchaîne ce qu'il appelle « les affaires », ce qui lui fait gagner énormément d'argent.

Rencontre avec Charles Glenn[modifier | modifier le code]

Arrivé aux États-Unis en jean et baskets, sans connaître un mot d'anglais, Rocancourt vit d'abord seul dans un petit motel à Los Angeles. « Je prends deux Bibles, en français et en anglais, et je commence à apprendre »[2].

Puis, il repère le point de rencontre de nombreux Français installés à Los Angeles : le Café Maurice. Là, il fait la connaissance de Charles Glenn, ex-couturier français au carnet d'adresses bien rempli et qui attise la convoitise de Rocancourt. Le jour de leur rencontre, Rocancourt se présente comme un boxeur venu faire un combat à Los Angeles le soir même. C. Rocancourt lui demande de le conduire à la salle où doit avoir lieu la rencontre. Mais une fois descendu de voiture, C. Rocancourt fait mine de recevoir un appel sur son téléphone portable, et simule une conversation. Après avoir « raccroché », il revient vers Glenn, qui l'attend, en lui annonçant que son challenger a déclaré forfait. De retour au Café Maurice, et avant de pénétrer dans l'établissement, Rocancourt demande à C. Glenn d'annoncer à leur table d'amis qu'il a gagné le combat par KO au premier round. Surpris, Glenn croit qu'il s'agit d'une plaisanterie. Mais C. Rocancourt lui propose 500 $ pour faire cette annonce, ce que Glenn accepte.

Charles Glenn décrit par la suite Christophe Rocancourt comme un homme « d'une rare inintelligence. Il n'était rien. Je l'ai éduqué, présenté au Tout-Hollywood par amitié. Aujourd'hui, il prétend que je l'ai trahi. C'est lui qui a trahi ma confiance. C'est le roi du mensonge. L'honneur, il ne connaît pas. Il aurait vendu père et mère pour arriver à ses fins. »

Glenn déclare également : « Dès qu'il y avait un photographe, Christopher jetait des liasses de billets à la vue de tout le monde. Mais il ne donnait pas un dollar pour garer la voiture s'il n'y avait personne pour le voir. Il n'est pas Robin des Bois. Il abusait tout le monde. C'est un type malsain »[6].

Escroquerie sur Pierre Lange[modifier | modifier le code]

À cette époque, Rocancourt « emprunte la villa » d'un ami pendant un mois, en lui faisant croire qu'il va l'acheter. Par l'intermédiaire de Charles Glenn, il rencontre Pierre Lange, un décorateur français installé à Los Angeles.

Il lui demande tout d'abord s'il peut venir s'entraîner chez lui afin de préparer ses prochains combats de boxe. Au cours d'une interview, Lange explique l'avoir aidé à acheter du matériel de musculation qu'ils ont installé à proximité de la piscine. Puis, Lange confie à Rocancourt que des ennuis financiers le contraignent à vendre les maisons qu'il possède à Los Angeles et au Portugal. Rocancourt lui répond qu'il est intéressé par l'achat de celles-ci. Lange accepte de les lui vendre. Pour cela, C. Rocancourt lui demande de se rendre en Suisse (par un vol en première classe payé par C. Rocancourt) afin d'ouvrir un compte en banque sur lequel l'argent lui serait versé.

Au bout de deux semaines sans recevoir les fonds, Lange recontacte C. Rocancourt qui lui demande, cette fois-ci, de se rendre au Portugal et de procéder aux mêmes formalités bancaires. Au bout d'un mois et demi, Lange réalise la supercherie et rentre à Los Angeles. À son retour, Rocancourt, dont la stratégie n'avait pour but que d'éloigner le propriétaire des lieux pour mieux s'installer chez lui et profiter de cette vitrine, avait disparu. Pendant ce temps, ayant fait croire à tous qu'il est champion de boxe, il s'entraîne, et organise des soirées au cours desquelles le champagne coule à flots.

Poursuite dans l'escroquerie[modifier | modifier le code]

Rocancourt loge ensuite dans de somptueuses villas de Bel Air (quartier le plus huppé situé dans les hauteurs de la ville) et vit un temps chez Mickey Rourke, pour finalement s'installer au tout dernier étage du Beverly Wilshire Hotel (le plus prestigieux palace de Los Angeles, où a été tourné le film Pretty Woman), pour mieux appâter ses victimes. Il profite du chantier de rénovation de cet étage de l'hôtel pour négocier avec son directeur une location à moindre frais. Le premier objet visible dans ses appartements était un portrait de Michael Jackson dédicacé à C. Rocancourt (authenticité non vérifiée). À cette époque, il fait croire à Jean-Claude Van Damme qu'il va produire son prochain film.

Dépensant sans compter dans des soirées, des voyages en jet privé, des véhicules de prestige, du champagne grand cru accompagné de très belles femmes, il bluffe alors tout le monde. Mickey Rourke est son meilleur ami durant cette période. Ils vont jusqu'à s'embrasser sur la bouche devant les photographes afin de faire la une d'un grand magazine homosexuel. Il a un fils, nommé Zeus, avec Pia Reyes (en), playmate de novembre 1988[7]. Selon la presse, il vit en même temps pendant six mois avec le modèle Playboy Rhonda Rydell. Rocancourt a aussi prétendu être le fils d'une comtesse française.

Escroquerie sur Buddy Ochoa[modifier | modifier le code]

Mais Rocancourt n'exerce pas ses talents d'escroc qu'auprès des personnes fortunées. Il rencontre un acteur américain modeste, Buddy Ochoa, qu'il convainc d'aider à se sortir de sa situation financière précaire en lui faisant profiter d'investissements financiers qui, selon lui, seraient très rapidement fructueux. Il lui demande pour cela une mise de fonds de 20 000 $.

L'acteur lui verse 10 000 $, qui représentent toute son épargne à ce moment-là et demande les 10 000 $ restants à ses parents, qui les lui confient immédiatement. Rocancourt récupère l'intégralité de la somme sans autres formalités, prétextant que ces investissements seront réalisés au Japon. Bien évidemment, Buddy Ochoa ne reverra ni Rocancourt, ni ses 20 000 $.

Du fait de l'absence de preuves du transfert d'argent, l'acteur américain n'a jamais pu porter plainte et donc obtenir réparation. En février 2010, Rocancourt déclare dans le magazine Teknikart : « Ochoa a refusé que je le rembourse pour médiatiser son affaire ».

Escroquerie sur des trafiquants de drogue[modifier | modifier le code]

Au bout d'un moment, Rocancourt est surveillé par la police californienne, cette fois-ci pour son train de vie somptueux qui intrigue. C'est à ce moment qu'il décide de gagner de l'argent auprès du milieu californien (les trafiquants de drogue).

Un soir, il repère un véhicule qui le suit et qui s'immobilise à sa hauteur, à un feu rouge sur Santa Monica Boulevard. Il prend peur, saisit son arme et tire six coups de feu en direction du véhicule avant de fuir pour se réfugier au commissariat. Une personne est blessée. Selon le journaliste E. L. Woody, ceux sur qui il a tiré sont des trafiquants de drogue notoires, que Rocancourt a essayé d'escroquer. Craignant pour sa vie, il décide alors de quitter Los Angeles en 1998 et, pendant deux ans, se fait oublier.

Départ pour la Côte Est[modifier | modifier le code]

On retrouve Rocancourt en 2000 à New York où, pendant six mois il va tenter de se faire passer pour un héritier de la famille Rockefeller[5].

Il escroque 14 000 $ à une masseuse du nom de Corine Eeltink. C'est d'ailleurs par l'intermédiaire de cette dernière qu'il rencontre celui qui va le démasquer : le peintre Gines Serran Pagan. Ce dernier commence à avoir de sérieux doutes lorsque Rocancourt confond un simple vin de table californien avec un grand cru bordelais. Pour amuser ses propres amis, Serran Pagan décide de monter un piège, en organisant un dîner avec de soi-disant riches héritiers. Une de ses amies d'origine japonaise doit jouer le rôle de la fille du président de Sony.

Lors du dîner, Rocancourt passe son temps à essayer de leur en mettre plein la vue, en mentant éhontément. Il raconte par exemple qu'il connaît bien les Clinton, ou qu'il possède des hélicoptères ainsi que des yachts à Saint-Tropez. Mais les amis de Serran Pagan remarquent surtout ses mauvaises manières (« Il avait sans cesse les coudes sur la table » dira Sophia Eftimiades). À la fin du dîner, les invités n'ont plus aucun doute : Rocancourt est un affabulateur. Pourtant, personne ne prévient la police : s'il leur paraît évident qu'il ment et s'invente des vies, les convives n'imaginent pas une seule seconde que des gens puissent le croire et lui donner de l'argent. Pour Sophia Eftimiades, « il a sans doute cru que les gens goberaient facilement ses histoires, mais ici les gens sont beaucoup moins crédules qu'en Californie ».

En 2000, il est arrêté dans les Hamptons pour une note d'hôtel de près de 6 000 $ impayée. Il est libéré sous caution, avec interdiction de quitter East Hampton pendant deux semaines. Mais, à peine remis en liberté, il prend la fuite vers le Canada.

Dans un reportage de Thomas Johnson, Charles Glenn, son ex-ami, se remémore le jour où il l'a vu appeler Georges Mueller, le policier californien qui s'occupait de son dossier : « Quand je l'ai entendu menacer le policier, sa femme et ses enfants — parce que c'est ça que ça voulait dire —, j'ai compris que Rocancourt était fou, fou furieux. »

Rocancourt finit par être démasqué et doit s'enfuir, le FBI et Interpol le surveillant de près. Cette cavale dure près de deux ans. Il finit quand même par être arrêté, le au Canada.

La prison[modifier | modifier le code]

Entre 18 et 24 ans, Christophe Rocancourt passe 3 ans et 6 mois derrière les barreaux en France, le tout étalé sur cinq condamnations (la plus grosse peine étant de 2 ans le pour trafic de fausse monnaie), puis purge une peine de 18 mois à Los Angeles en 1994.

En 1998, il est emprisonné six mois dans cette même ville pour possession d'arme, avant d'être extradé vers la Suisse où il effectue une peine de six mois d'emprisonnement dans l'affaire du braquage d'une bijouterie, avant que les autorités ne concluent sur un non-lieu. La Suisse le remet ensuite aux autorités françaises, qui le condamnent dans l'affaire de la fausse vente d'un immeuble ; il passe à nouveau un an en prison.

Une fois sa peine purgée, il retourne aux États-Unis après deux ans d'absence. Il finit par se retrouver à Vancouver au Canada où il se fait passer pour « Michael Van Hoven », un ancien pilote de Formule 1 et homme d'affaires suisse.

Sa principale victime canadienne est Robert Baldock, un homme d'affaires et inventeur, qui le fait vivre pendant un mois dans un palace d'une station de ski huppée, lui offre une montre suisse et un ordinateur portable en attendant une prétendue transaction qui, évidemment, n'arrivera jamais. L'homme d'affaires porte plainte et Rocancourt est identifié. La police canadienne l'appréhende finalement en Colombie-Britannique le en compagnie de sa femme Pia Reyes (en)[8]. Cette dernière est finalement relâchée lorsqu'elle parvient à prouver son innocence dans les activités frauduleuses de son mari.

En 2000, Rocancourt est condamné à cinq ans de prison ferme[9].

Après un séjour d'un an et demi dans une prison canadienne pour usurpation d'identité, il est extradé aux États-Unis en mars 2002 où il effectue le reste de sa peine pour vol, contrebande, parjure, fraude, faux et usage de faux passeport, détention illégale d'arme à feu et délit de fuite. Il est aussi interdit de séjour en Suisse jusqu'en 2016, du fait de son implication supposée dans un braquage d'une bijouterie.

Il doit encore plus d'un million de dollars aux différentes personnes qui ont porté plainte contre lui aux États-Unis et, notamment le chanteur Michel Polnareff[10], la seule célébrité victime de Rocancourt, qui déclare : « Les médias sont très responsables d'avoir représenté ce personnage comme un romantique Robin des Bois moderne qui aurait soi-disant remboursé ses victimes. Il n'en est évidemment rien. Il n'est qu'un minable profitant des moments de faiblesse de ses proies. What's next? Voler les sacs des vieilles dames dans le métro ? »

Dans une interview pour TV Mag, Rocancourt déclare : « J'ai le regret d'avoir passé autant de temps derrière les barreaux. Je ne conseille à personne de suivre mon parcours. Parfois, des jeunes viennent me dire : je suis comme toi. Je leur réponds : très bien, prends-toi le mur d'en face, ça ira plus vite. »[réf. nécessaire]

Retour en France[modifier | modifier le code]

Après sa libération en octobre 2005, Christophe Rocancourt rentre en France. En 2002 et 2006, il fait paraître deux livres autobiographiques. Les droits de son premier livre sont achetés pour un million d'euros.

Par la suite, quelques personnes portent plainte contre lui et obtiennent gain de cause, dont Michel Polnareff, qui déclare s'être fait extorquer 250 000 dollars par Rocancourt. Ce dernier dit à son sujet : « Pour qu'on vous vole 250 000 , il faut les avoir », avant de déclarer dans une autre interview : « Lui oui, je l’ai arnaqué et je ne le regrette pas ! […] J’ai craqué 300 000  en jetons. Il m’en a donné pour 250 000  et je ne les lui ai jamais rendus »[11].

Entre 2005 et 2008, il vit à Paris avec l'actrice et ex-miss France, Sonia Rolland. De leur union naît une petite fille, Tess. Le couple annonce sa séparation le [12]. Sonia Rolland parle de leur passion dans un ouvrage, Les Gazelles n'ont pas peur du noir publié aux éditions Michel Lafon.

Par la suite, Rocancourt se reconvertit en entrepreneur tout en exploitant son image d'ancien escroc. Interviewé à la télévision, il assure « L'arnaque, c'est fini ». En 2008, il présente sur la chaîne National Geographic la version francophone de Lockdown (en), une série télévisée consacrée aux prisons américaines.

En avril 2006, il est inscrit au SIREN en qualité d'artiste, profession libérale[13].

En 2008, il fait une apparition dans le clip de Tunisiano Je porte plainte et en 2000 dans celui de La swija.

Affaire Catherine Breillat[modifier | modifier le code]

Christophe Rocancourt prépare ensuite un film avec la réalisatrice Catherine Breillat, qui devait s'intituler Bad love, et dont il devait tenir la vedette aux côtés de Naomi Campbell mais, en juillet 2009, la presse relaie l'information selon laquelle la réalisatrice, à moitié paralysée à la suite d'un accident vasculaire cérébral en 2005 et prenant beaucoup de médicaments, accuse Christophe Rocancourt d'avoir profité de sa faiblesse psychologique et physique pour lui soutirer plus de 650 000 [14].

Le , la réalisatrice publie son livre, Abus de faiblesse, dans lequel elle relate les menaces de mort qu'il lui aurait adressées, ainsi qu'à son fils, en cas de dépôt de plainte : « Ton fils changera d'avis quand je l'aurai mis à sécher une semaine dans un coffre de voiture », rapporte-t-elle dans ces pages.

Quoi qu'il en soit, à la suite de la plainte de la réalisatrice en avril 2009 et d'une enquête de la BRDA (Brigade de répression de la délinquance astucieuse), Rocancourt est mis en examen le 19 décembre par le juge Muriel Josié pour abus de faiblesse. Pour sa défense, il évoque un prêt non remboursé[15].

Le 20 décembre 2011, Rocancourt est placé en détention provisoire à la prison de la Santé pour ne pas avoir versé la caution de 300 000 euros fixée par le juge dans le cadre de sa mise en examen pour abus de faiblesse[16].

Le procès se tient le . Il y est reconnu coupable d'abus de faiblesse sur Catherine Breillat et la cour le condamne à 16 mois d'emprisonnement dont huit mois fermes assortis d'un contrôle judiciaire, ainsi que d'une amende de 578 000 euros. Compte tenu de la détention provisoire déjà effectuée, il sort libre du tribunal[17]. Il déclare : « On donnera 20 euros par mois pendant 2000 ans »[18].

Nouvelle escroquerie[modifier | modifier le code]

En octobre 2014, Christophe Rocancourt est mis en examen et écroué pour « blanchiment de fraude fiscale », « corruption active et passive », « trafic d’influence » et « exercice illégal de la profession de banquier ». Sur la base d'une enquête de police, il est notamment accusé d'avoir joué de ses relations réelles ou supposées pour procurer des avantages à diverses personnes. Rocancourt aurait ainsi aidé, contre rémunération, des étrangers en situation irrégulière à obtenir des titres de séjour, et aurait également cherché à obtenir de l'argent de certaines personnes en échange de promesses de services, en se vantant de ses relations dans l'administration[19],[20].

Le Monde note à cette occasion que l'affaire « révèle une réalité sordide, celle d’un homme de 47 ans qui tente de profiter de sa petite notoriété pour gratter ici ou là un billet pour vivre ». Plusieurs autres personnalités, dont l'ancien préfet Christian Prouteau et l'avocat Marcel Ceccaldi, sont également mises en examen dans ce dossier. Les écoutes policières révèlent également que Christophe Rocancourt, qui ne déclare aucun revenu depuis 2012, détiendrait plusieurs comptes bancaires à l'étranger[19],[20].

Affaire du vol de cocaïne au siège de la PJ de Paris[modifier | modifier le code]

Le , Christophe Rocancourt est mis en examen dans le cadre de l'affaire du vol de cocaïne au siège de la Police judiciaire de Paris (36, quai des Orfèvres)[21].

Publications[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

  • En 2000, Christophe Rocancourt apparait dans le clip de La swija.[réf. souhaitée]
  • En 2008, il fait une apparition dans le clip Je porte plainte de Tunisiano.[réf. souhaitée]
  • En 2017, le rappeur parisien Kekra sort dans son album VRéel 2, un titre intitulé UZI, où il compare Christophe Rocancourt à Jerome Kerviel : « On mélange pas les torchons et les serviettes, les Rocancourt et les Kerviel »[23].

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

  • « Christophe Rocancourt : orphelin, escroc et playboy », Secrets d'actualité, 31 octobre 2004. (M6)
  • « Christophe Rocancourt : l'arnaqueur des stars », Enquêtes criminelles : le magazine des faits divers, 3 février 2010. (W9)
  • « Rocancourt : l'arnaqueur des stars », Scandales, 12 juin 2014. (NRJ 12)
  • « Christophe Rocancourt : bientôt derrière les barreaux ? » (troisième reportage), 90' faits divers, 20 et 31 janvier 2010. (TMC)
  • « Christophe Rocancourt », Imposture(s) : La Genèse (épisode 1), [24]. (Canal+)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Christophe Rocancourt, Moi, Christophe Rocancourt, orphelin, play-boy et taulard, Michel Lafon, , p. 11-27
  2. a b c d e f g et h Patricia Tourancheau, « Plus fort qu'au cinéma », sur Libération.fr,
  3. Dans l'émission Imposture(s) - La genèse diffusée le sur Canal+, Gérard Siad racontera : « Nos regards se sont croisés, je crois qu'il me demande une clope, la discussion s'enclenche et une amitié est née presque spontanément ».
  4. « Christophe Rocancourt, l'escroc qu'on aimait trop », sur L'Obs.com, .
  5. a et b « Christophe Rocancourt en garde à vue après une plainte de Catherine Breillat », sur La Dépêche du Midi.fr, (consulté le 9 mai 2016)
  6. « L'ex-couturier des stars trahi par le "menteur d'Hollywood" », Le Parisien.fr, 13 mars 2003.
  7. « Sonia Rolland : poursuivie en justice par Christophe Rocancourt », Voici.fr, 27 novembre 2009.
  8. « Site officiel », sur rocancourt.com (consulté le 31 août 2010) (Avis de recherche)
  9. « "L'arnaqueur des stars" Christophe Rocancourt est en garde à vue », sur L'Obs.com (consulté le 31 août 2010)
  10. « Michel Polnareff, victime de Christophe Rocancourt : "Il n’est qu’un minable qui profite de la faiblesse" », sur France-Soir.fr (consulté le 31 août 2010)
  11. « J’assume ce que je suis », Paris-normandie.fr.
  12. « Un coup de foudre improbable, une petite fille moins de deux ans plus tard… L'ex-Miss et le bad boy se séparent. Leur amour n'aura pas duré trois ans. », sur Gala.fr (consulté le 31 août 2010)
  13. « ROCANCOURT CHRISTOPHE à PARIS 16 (489837245), CA, bilan, KBIS - Infogreffe », sur www.infogreffe.fr (consulté le 13 juillet 2019)
  14. « Christophe Rocancourt mis en examen », sur www.20minutes.fr (consulté le 31 août 2010)
  15. « Mauvaise séquence pour Christophe Rocancourt », sur France Soir.fr (consulté le 31 août 2010)
  16. « Christophe Rocancourt placé en détention à la prison de la Santé », sur Voici.fr (consulté le 21 décembre 2011)
  17. « Rocancourt condamné à 8 mois ferme », sur Le Figaro.fr (consulté le 17 février 2012)
  18. « Catherine Breillat : "L’infirmité vous donne le choix entre pleurnicher et rigoler" », Gala.fr, 20 février 2014.
  19. a et b « Rocancourt, l'escroc des stars» mis en examen et écroué », Le Figaro.fr, 10 octobre 2014.
  20. a et b Fin de partie pour l’« escroc des stars », Le Monde, 13 octobre 2014
  21. « Christophe Rocancourt mis en examen dans l'affaire du vol de cocaïne du 36, quai des Orfèvres », sur Le Monde.fr, (consulté le 6 février 2015)
  22. Voir sur michel-lafon.fr.
  23. https://www.youtube.com/watch?v=GVEIx-7-yAY
  24. « Imposture(s) - La genèse », Télé-Loisirs.fr (consulté le 26 octobre 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]