Robin Philpot

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Robin Philpot
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Robin Philpot (Thunder Bay (Ontario), 1948- ) est un journaliste et un essayiste québécois d'origine ontarienne. Auteur de plusieurs ouvrages controversés, il a notamment publié Ça ne s'est pas passé comme ça à Kigali en 2003 et Les secrets d'Option Canada, en collaboration avec Normand Lester. Il a été le candidat du Parti québécois dans la circonscription de Saint-Henri—Sainte-Anne lors de l'élection générale québécoise de 2007.

Biographie[modifier | modifier le code]

Philpot est né à Thunder Bay (Ontario) où son père Roderick Philpot, agent immobilier et assureur, fut conseiller municipal de la ville de Fort William.

Il est le frère de l'avocat John Philpot, qui a entre autres assuré la défense du capitaine Ildephonse Nizeyimana[1], et de Jean-Paul Akayesu[2] tous les deux condamnés pour crimes de génocide et crimes contre l'humanité par le Tribunal pénal international pour le Rwanda.

Après avoir complété des études en lettres et en histoire à l'Université de Toronto, Philpot enseigne l'anglais et l'histoire en Afrique durant près de trois ans (dont deux au Burkina Faso). En 1974, s'établit au Québec où il travaille comme traducteur et rédacteur pour diverses organisations publiques et privées dans le domaine des communications.

En 1991, Philpot publie un premier essai polémique sur la crise amérindienne d'Oka. L'objectif central de l'ouvrage est de montrer comment la crise d'Oka aurait servi à reconstituer l'unité canadienne à la suite de l'échec des accords du Lac Meech. Il suggère que les médias canadiens anglais auraient tiré profit du conflit pour renforcer l'hostilité du Canada anglais envers les Québécois, accusés de refuser aux autochtones l'autonomie de leur territoire.

Un souverainiste d'origine ontarienne[modifier | modifier le code]

Cet ouvrage marque clairement les positions politiques de Philpot qui, malgré ses origines ontariennes, est devenu un militant souverainiste convaincu. En 1999, il devient le directeur des communications de la société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Il renouvelle son engagement avec la publication en 2005 d'un essai intitulé Le Référendum volé, ouvrage polémique lié au scandale des commandites qui s'inscrit dans la lignée des travaux de Normand Lester.

Ses publications font régulièrement la manchette au Canada. En 2004, il a remis en question la vérité du témoignage de Roméo Dallaire au Rwanda[3].

En plus des controverses suscités par Ça ne s'est pas passé comme cela à Kigali, Philpot a également mis au jour un scandale politique lié aux agissements d'Option Canada, un organisme privé financé par le gouvernement du Canada qui est intervenu contre le projet souverainiste durant la campagne référendaire de 1995. Les révélations de Lester et Philpot ont mené à la création d'une commission d'enquête, menée par le juge à la retraite Bernard Grenier. Dans son rapport, publié le , le juge Grenier conclut qu'« Option Canada et le Conseil pour l’unité canadienne ont dépensé illégalement environ 539 000 $ durant la période référendaire d’octobre 1995[4] ».

Publications et prises de position sur le Rwanda et mise en cause pour négationnisme[modifier | modifier le code]

En 2003 Robin Philpot publie Ca ne s'est pas passé comme cela à Kigali. Dans ce livre, il affirme que la  "version généralement acceptée est archi-fausse", la qualifie de "fable", de "légende", et entend la remettre en cause au cours de chapitres consacrés à des essayistes ou journalistes qui ont écrit sur les événements, et dont il critique les propos,  comme Colette Braeckman, Gil Courtemanche, Philip Gourevitch, Carole Off[5] .... Le livre comprend également un chapitre consacré à Jean-Paul Akayesu, condamné par le TPIR pour crime de génocide, notamment pour avoir supervisé directement l'assassinat de 2000 tutsis. Dans un des chapitres du livre, il pose la question « Y a-t-il eu un génocide? » et cite une série d'interlocuteurs qui tous mettent en doute le génocide.

Le livre, qui a été traduit en anglais et en allemand,  a suscité dès sa parution de nombreuses réactions au Canada et ailleurs, aussi bien de spécialistes du Rwanda que de victimes du génocides[6] et de journalistes, notamment lors de la candidature de M. Philpot aux élections législatives.

Selon l'historien Jean-Pierre Chrétien, spécialiste du Rwanda, l'auteur ne cache pas son « orientation négationniste »,  et adopte une « ligne qui consiste à nier la dimension raciste anti-tutsi qui est le nerf du génocide »[7]

L'anthropologue québécois Pierre Trudel indique quant à lui:  « Philpot se contente d'évoquer le fait qu'une armée étrangère, soit des Tutsis intégrés à l'armée ougandaise, a commis le «pire crime», soit envahir un pays indépendant et assassiner son président. C'est ce qui aurait entraîné le génocide. Il ne dit cependant pas mot de ce qui est essentiel pour comprendre le génocide et le contexte rwandais: après avoir été erronément définis comme constituant une race par les colonisateurs belges, les Tutsis seront qualifiés par les idéologues rwandais du génocide de race étrangère qu'il faut éliminer pour qu'ils ne reviennent plus. »[réf. nécessaire]

Le 6 avril 2004 (dixième anniversaire du génocide),  Philpot participe à une rencontre organisée à Paris par la  Fédération européenne des associations rwandaises, dirigée par des responsables politiques hutus, associée à Africa International, en compagnie de Charles Onana, journaliste indépendant, lui aussi auteur d'ouvrages controversés sur le Rwanda, et responsable des éditions Duboiris qui ont publié le livre. Commentant cet événement, le journaliste Christophe Ayad écrit dans Libération que des auteurs négationnistes ont participé au colloque[8].

Onana et Philpot portent plainte pour diffamation[9]. Ils sont déboutés en première instance puis en appel.8

En 2007 il a publié un deuxième ouvrage sur le sujet, Rwanda. Crimes, mensonges et étouffement de la vérité[10]. Si le livre ne nie aucunement qu'un nombre très important de Tutsis ont été massacrés au Rwanda, il soutient que l’utilisation abusive du terme « génocide rwandais » a servi à masquer les crimes commis par le FPR de Paul Kagame[11].

Affaire Philpot[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Philpot.

Au cours de la campagne électorale de mars 2007, l'ouvrage de Philpot sur le génocide au Rwanda (Ça ne s'est pas passé comme ça à Kigali) est à nouveau évoqué par les médias québécois, notamment par La Presse, qui a publié des manchettes[12],[13] et des éditoriaux[14] assimilant la position de l'essayiste à du négationnisme. Les articles ont embarrassé le chef péquiste André Boisclair, qui s'est d'abord dissocié des propos de son candidat[15], pour ensuite le défendre[16].

Certains intellectuels québécois, dont le chroniqueur littéraire du Devoir, Louis Cornellier ont condamné « la chasse aux sorcières, orchestrée par le journal La Presse, dont a été victime le candidat péquiste », ajoutant qu'elle était « disgracieuse et injustifiée[17] ».

Le , Philpot termine deuxième dans la circonscription de Saint-Henri—Sainte-Anne, derrière la candidate libérale Marguerite Blais, qui l'emporte avec une majorité de 2 753 voix[18].

Autres allégations[modifier | modifier le code]

Philpot a par ailleurs porté des accusations contre les Canadiens William Schabas, Hélène Pinske, André Paradis et Louise Arbour pour avoir pris part dans la rivalité entre USAFRICOM et la Françafrique[réf. nécessaire]. Il allègue aussi que la personne de Michaëlle Jean a servi à légitimer l'évacuation du président Jean-Bertrand Aristide[réf. nécessaire].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Robin Philpot s'est vu décerner le titre de Patriote de l'année 2015-2016 par la SSJB[19].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Zone Nouvelles - ICI.Radio-Canada.ca, « Début du procès du « boucher de Butare » | ICI.Radio-Canada.ca », sur Radio-Canada.ca (consulté le 14 février 2016)
  2. « Première condamnation pour génocide à Arusha. Un ancien maire rwandais reconnu coupable du massacre de 2000 Tutsis par le TPR. », sur Libération.fr (consulté le 9 février 2016)
  3. Philpot, Robin. Le drame rwandais - Roméo Dallaire veut-il brouiller les pistes?, dans Le Devoir, le 1er juin 2004. Page consultée le 31 juillet 2007.
  4. Grenier, Bernard (2007). Rapport d'enquête au sujet des activités d'Option Canada à l'occasion du référendum tenu au Québec en octobre 1995.[PDF] Directeur général des élections du Québec. 170 pages (ISBN 978-2-550-49800-1)
  5. PMB Group, « Catalogue en ligne Centre de documentation du GRIP », sur biblio.grip.be (consulté le 14 février 2016).
  6. Zone Regions - ICI.Radio-Canada.ca, « Boisclair prête main-forte à Philpot | ICI.Radio-Canada.ca », sur Radio-Canada.ca (consulté le 14 février 2016)
  7. Jean-Pierre Chrétien, « Dix ans après le génocide des Tutsis au Rwanda », Le Temps des médias, vol. n° 5,‎ , p. 59–75 (ISSN 1764-2507, lire en ligne)
  8. « Commémoration du génocide: les Tutsis privés de Trocadéro », sur Libération.fr (consulté le 14 février 2016)
  9. « Grioo.com : Le journaliste Charles Onana attaque le quotidien "Libération" », sur www.grioo.com (consulté le 14 février 2016)
  10. « Rwanda: Crimes, mensonges et étouffement de la vérité », sur lesintouchables.com (consulté le 14 février 2016)
  11. Accommodements linguistiques, lautjournal.info N° 264 - novembre 2007
  12. Noël, André. Un candidat du PQ nie le génocide rwandais, dans La Presse, le 8 mars 2007.
  13. Trudel, Pierre Qu’en pense Boisclair ?, dans La Presse, le 8 mars 2007.
  14. Pratte, André. Éditorial : Désavouer Philpot, dans La Presse, le 12 mars 2007.
  15. LCN. Un candidat du PQ nie le génocide au Rwanda, le 8 mars 2007. Page consultée le 31 juillet 2007.
  16. Radio-Canada. Boisclair prête main-forte à Philpot, le 9 mars 2007. Page consultée le 31 juillet 2007.
  17. Cornellier, Louis. Robin Philpot, chercheur de vérité, dans Le Devoir, le 16 mars 2007. Page consultée le 31 juillet 2007.
  18. Directeur général des élections du Québec. Élections générales 2007, 26 mars : Saint-Henri-Sainte-Anne. mis à jour le 19 juin 2007. Page consultée le 31 juillet 2007.
  19. « Soirée de remise du titre Patriote de l'année 2015-2016 | Société Saint-Jean-Baptiste », sur ssjb.com (consulté le 15 février 2016)
  20. inshuti.org. Ça ne s’est pas passé comme ça à Kigali. Communiqué de presse. s.d. Page consultée le 31 juillet 2007.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]