Robert le Bougre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Robert le Petit, plus connu sous le nom de Robert le Bougre, est un inquisiteur dominicain du XIIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ancien « parfait » cathare dans le Milanais, il y gagne son surnom de « Bougre », c'est-à-dire « bulgare » : on supposait alors une parenté entre le catharisme et le bogomilisme bulgare. Revenu dans les rangs de l'orthodoxie, il rejoint l'ordre des dominicains.

En 1233, Grégoire IX le nomme inquisiteur en Bourgogne. Son zèle et son efficacité, nourrie de son expérience, le mènent à des vagues d'exécutions. Il se distingue notamment à la Charité-sur-Loire, où il fait brûler 50 hérétiques. Il se heurte alors aux archevêques de Reims et de Sens, choqués par ce qu'ils considèrent comme une atteinte à leurs droits.

Suspendu en 1234 par Grégoire IX, il peut reprendre son activité dès l'année suivante, cette fois avec le titre d'inquisiteur général du royaume de France. Il se montra impitoyable, non seulement contre les hérétiques, mais également contre ceux qui ne les dénonçaient pas. Son activité brutale lui vaut le surnom de malleus haereticorum, le « marteau des hérétiques[1] ». Il reprend ses tournées : de 1236 à 1239, il mène l'Inquisition à Châlons-en-Champagne, Cambrai, Péronne, Douai et Lille, totalisant une cinquantaine d'hérétiques brûlés. En 1239, il se tourne de nouveau vers la Champagne. Profitant de la foire de Provins pour organiser une vaste rafle, il fait brûler 187 personnes au Mont Wimer, selon le chiffre fourni par le chroniqueur cistercien Aubry de Trois-Fontaines, témoin oculaire[2].

Sa fin est mal connue : son zèle est tel qu'il entre en conflit avec les tribunaux ordinaires : à l'instigation de plusieurs évêques, il est relevé de ses fonctions. Il est probablement démis à partir de 1236[réf. nécessaire]. Après enquête pontificale confiée au bénédictin Mathieu Paris, il aurait été condamné pour ses mesures abusivement brutales et illégales à la prison perpétuelle. Ce sont ses abus (et l'hostilité populaire qu'ils suscitèrent) qui amèneront Grégoire IX et ses successeurs à codifier l'intervention des inquisiteurs[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ce surnom sera également donné à Vincent Ferrier, Torquemada et Antoine de Padoue.
  2. Article Universalis
  3. D'après Laurent Albaret, L'inquisition

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Dossat, « Le bûcher de Montségur », Le Credo, la Morale et l'Inquisition, Cahiers de Fanjeaux 6 (1971), Privat, Toulouse, p. 371 ;
  • Régine Pernoud, Pour en finir avec le Moyen Âge, Seuil, coll. « Points », 1977 (ISBN 2-02-005074-9), p. 99-129.
  • Jules Frederichs,"Robert le bougre, premier inquisiteur général", université de Gand, 1802

Articles connexes[modifier | modifier le code]