Robert de Roquebrune

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Robert de Roquebrune (1889-1976)
Description de cette image, également commentée ci-après

Robert Laroque de Roquebrune, vers 1918

Nom de naissance Joseph Robert Hertel La Rocque
Naissance
L'Assomption
Décès (à 88 ans)
Cowansville
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français

Robert de Roquebrune, de son vrai nom Robert Larocque[1], né à L'Assomption au Canada le [2] et décédé le à Cowansville[3], fils de Louis-René Hertel La Rocque et de Louise-Sophie Salaberry, est un écrivain, essayiste et journaliste québécois, chercheur aux Archives publiques du Canada, qui deviendra directeur des Archives publiques en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il quitte le manoir familial où il est né à l'âge de neuf mois. [réf. nécessaire]. Après avoir suivi des études au Mont-Saint-Louis, il aurait étudié au Collège de France et à la Sorbonne[4]. En 1911, il épouse Josée Angers. Il s'établit alors à Belœil où il publie son premier récit. Il quitte la ville en 1919 pour s'installer à Paris[5].

Dans la perspective des Canadiens français, le premier lien important menant à la constitution d'un réseau « latin » des Québécois en France entre 1923 et 1939 apparaît comme celui entre Robert de Roquebrune et Gustave-Louis Tautain[6] .

La position de Roquebrune à l'égard de Charles Maurras et de l'Action française n'est pas facile à trancher. Comme l'a souligné Dominique Garand, qui fut le premier à mettre cet aspect en évidence — dans « Par delà le régionalisme et l'exotisme » (2000) — Roquebrune a fréquenté des cercles maurrassiens à Paris, dont celui de Lesca, allant même jusqu'à rencontrer Léon Daudet et Charles Maurras lui-même. Son roman Les Habits rouges fut d'ailleurs publié en feuilleton dans Action française. Si ces faits témoignent d'une relative proximité, en revanche, Roquebrune note lui-même dans ses mémoires qu'il a fréquenté des salons et groupes affichant des positions politiques hostiles au mouvement de Maurras. Le seul endroit connu où il s'exprime clairement sur le maurrassisme est un article publié dans La Revue moderne en janvier 1922. Roquebrune concède que les « théories de Charles Maurras [...] ne manquent pas d'allures [sic] », mais juge que « le système de Maurras est fort discutable », entre autres parce que « la république est bien meilleure dans la réalité qu'elle ne l'est dans l'opinion de Maurras et des royalistes »[7].

Les Sept aux Archives nationales, Ottawa, décembre 1944
Deuxième rangée au centre : Robert de Roquebrune

Par la suite, chercheur au bureau des Archives canadiennes à Paris, Robert de Roquebrune passe la plus grande partie de sa vie à dépouiller des archives françaises pour y découvrir les sources de l'histoire canadienne. En 1939, il rentre au pays. Après la Seconde Guerre mondiale, il retourne à Paris comme directeur aux Archives publiques du Canada deviendra directeur des Archives publiques en France. Il prend sa retraite en 1958[5].

Tous les romans, les études historiques et les mémoires de Robert de Roquebrune évoquent le charme d'une époque révolue. Le souvenir et le document socio-historique sont à l'origine de ses récits. Qu'il s'agisse des romans à psychologie très simple (Les Habits rouges, Dames Le Marchand, D'un océan à l'autre), ou des mémoires présentés sous forme de saynètes (Testament de mon enfance, Quartier Saint-Louis, Cherchant mes souvenirs), tout un passé se reconstitue sous la plume de Roquebrune, plein de voix anciennes et de poésie exquise. Romancier, mémorialiste, conteur, l'auteur l'est toujours dans ses écrits dont l'action renvoie le lecteur au monde de ses ancêtres.

Le fonds d’archives de Robert De Roquebrune (MSS45) est conservé au centre d’archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[8].

Controverse[modifier | modifier le code]

Comme l'ont démontré plusieurs, Roquebrune est mythomane. Il invente ainsi de longs pans de sa propre vie au profit du récit[9],[10],[11].

Ouvrages publiés[modifier | modifier le code]

  • Hommage à Charles-Michel de Salaberry, héros de Châteauguay, 1913
  • L'Invitation à la vie, 1913
  • Les habits rouges, 1923
  • D'un océan à l'autre, 1924
  • Les Dames, Le Marchand, 1927
  • Les habits rouges, 1930
  • Contes du soir et de la nuit, 1942
  • La Guerre et l'amour au Canada d'autrefois, 1945
  • Les Habits rouges, 1948
  • Faussaires et faussetés en histoire canadienne, 1948
  • Testament de mon enfance, 1951
  • Les Habits rouges, 1955
  • Testament de mon enfance, 1958
  • D'un océan à l'autre, 1958
  • La Seigneuresse, 1960
  • Les Habits rouges, 1960
  • Quartier Saint-Louis, 1966
  • Les Canadiens d'autrefois, 1966
  • Cherchant mes souvenirs, 1911-1940, 1968

Citations[modifier | modifier le code]

  • «Le mensonge a souvent plus de force que la vérité, surtout auprès des femmes.» - Quartier Saint-Louis
  • «L'art culinaire est plus important que l'art littéraire. Et on peut très bien vivre sans savoir lire tandis qu'il faut manger.» - Quartier Saint-Louis
  • «Certains hommes sont ainsi. Une seule femme existe pour eux. Et si cette femme devient inaccessible, ils sont incapables de la chasser de leur souvenir. Elle demeure en eux, ne changeant pas, ne vieillissant pas.» - La seigneuresse
  • «Quand on aime on est toujours malheureux.» - Les habits rouges
  • «Les Anglais sont un peuple d'une ténacité presque surhumaine. Ils ne s'avouent jamais vaincus. Et ils finissent toujours par ne pas l'être.» - La seigneuresse
  • «Jamais une haute civilisation n'est si proche de son terme que lorsqu'elle a atteint son apogée.» - La seigneuresse
  • «On devient rebelle quand les siens sont en cause.» - Les habits rouges
  • «Quand un homme amuse une femme, il est bien près d'en être aimé.» - Les habits rouges
  • «Les histoires qui sont arrivées ne finissent jamais comme dans les romans, par le bonheur. Car les humains ne connaissent pas le bonheur» - La Seigneuresse
  • «L'homme est un animal conservateur.» - Quartier Saint-Louis

Revues et journaux[modifier | modifier le code]

Honneurs[modifier | modifier le code]

Source externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son extrait de naissance et de baptême indique "Joseph Robert Hertel" fils de "Louis Rémi Hertel La Rocque". Selon les époques, on retrouve les graphies La Roque, LaRoque, La Rocque, Laroque, LaRocque. Il signe son passeport émis en 1974 "Robert Hertel La Roque de Roquebrune". Normand Cazelais, Robert de Roquebrune : l’art de la fabulation, éditions XYZ, 2011
  2. Acte de baptême de Joseph Robert Hertel Laroque no B54 du feuillet 18v de l'année 1889 de la ville de l'Assomption. Baptisé le 31 juillet et né la surveille, donc le 29. Sur le site de généalogie Ancestry.
  3. Avis de décès paru dans La Presse du 12 juillet 1978 en page 19 de Robert Laroque de Roquebrune. Il est décédé à Cowansville le 4 juillet. Sur le site de la BAnQ.
  4. L'historien Normand Cazelais n'a trouvé aucune trace d'inscription à son nom à la Sorbonne. En fait, rien n'indique qu'il aurait terminé son secondaire. http://www.lapresse.ca/la-voix-de-lest/arts-spectacles/201111/21/01-4470187-un-premier-recit-biographique-pour-normand-cazelais.php
  5. a et b Pierre Gadbois, Robert de Rocquebrune de Beloeil, http://www.shbmsh.org/capsules.php?capsule=150
  6. Michel Lacroix, « Lien social, idéologie et cercles d'appartenance : le réseau "latin" des Québécois en France, 1923-1939 », Études littéraires, Volume 36, numéro 2, 2004, p. 51-70, « Réseaux littéraires France-Québec (1900-1940) », sous la direction de Denis Saint-Jacques et Anne-Marie Fortier, Éditions du Département des littératures de l'Université Laval, (ISSN 0014-214X) (imprimé) 1708-9069 (numérique)
  7. André Gaucher, L'honorable Léon Daudet, 1922, p. 33.
  8. Fonds Robert De Roquebrune (MSS45) (MSS77) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ)
  9. Normand Cazelais, Robert de Roquebrune. L'art de la fabulation, Montréal, 2011, 152 p.
  10. Pierre Gadbois, En cherchant les souvenirs de Robert de Roquebrune, Cahier no.69, Société d'histoire Beloeil-Mont-Saint-Hilaire, 2002
  11. Société d'histoire Beloeil-Mont-Saint-Hilaire : Robert de Rocquebrune à Belœil