Robert Williams Wood

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Robert Williams Wood est un physicien américain né le à Concord dans le Massachusetts et mort le à Amityville dans l'État de New York. Il est surtout connu pour avoir inventé un écran filtrant (filtre de Wood) laissant passer principalement les rayons ultra-violets (longueurs d'onde inférieures à 366 nanomètres) appelés communément lumière de Wood ou encore lumière noire ; son invention est aujourd'hui commercialisée sous la forme de tube fluorescent utilisant un principe de phosphorescence, ou lumière froide.

Biographie[modifier | modifier le code]

Destiné à la prêtrise, Wood fit ses études secondaires dans une école privée de Boston (la Roxbury Latin School) mais l'observation d'une aurore boréale stimula son intérêt pour l'optique. C'est ainsi qu'il étudia les sciences physiques à l'université Harvard, au Massachusetts Institute of Technology et à l'université de Chicago[1],[2]. De 1894 à 1896, il fut préparateur de Heinrich Rubens à l'université Humboldt de Berlin.

Pour l'étude de la fluorescence, il mit au point en 1903 un filtre ultraviolet (appelé « verre de Wood ») obtenu par cuisson d'une pâte de dimethyl-nitrosoaniline à laquelle étaient incorporés des pigments de fluorescéine. Il réalisa ainsi un filtre coupe-bande, qui écrante tout le spectre visible d'un rayonnement électromagnétique. Ce composant est à l'origine des lampes dites à lumière noire[1]. Wood découvrit que ce filtre laissait passer une partie du rayonnement infrarouge, mais le flux était si faible qu'il fallait de longs temps de pause pour obtenir des clichés avec cette lumière non-visible.

Il découvrit en 1905 la résonance optique et travailla sur la spectroscopie, la photographie en couleurs, l'émission de lumière à l'aide de vapeurs métalliques, la fluorescence en rayons X et l'effet biologique des radiations.

Il a mis au jour le caractère erroné des rayons N du professeur Blondlot à Nancy. Incapable de reproduire les resultats de Blondlot, Wood s'était rendu à Nancy en 1904 pour assister à une démonstration de l'inventeur lui-même. Profitant d'un moment d'inattention de Blondlot, Wood subtilisa entre deux essais consécutifs un prisme de l'optique du spectrographe, mais Blondlot prétendit observer malgré cela des « rayons N ». Wood relata l'incident dans une lettre à l'éditeur de la revue Nature[1],[3].

Il a démontré en 1909 le caractère erroné de l'explication de l'effet de serre par le piégeage des rayons infra-rouge par le verre, simplement en remplaçant le verre ordinaire par de l'halite transparente à ces rayons (l'explication réside presque exclusivement dans le blocage de la convection)[4].

Il fut lauréat de la médaille Rumford en 1938.

Il est également l'auteur, avec Arthur Train, de deux romans de science-fiction, The Man Who Rocked the Earth (1915) et The Moon Maker (1916), la première fiction où apparaisse le thème devenu classique de la modification de la trajectoire d'un astéroïde dangereux pour la Terre.

Il a également composé un livre pour enfants illustré par ses soins, Flornithology, ou Comment distinguer les fleurs des oiseaux (How to Tell the Birds from the Flowers).

Depuis 1975, l'Optical Society of America décerne un prix en l'honneur de Robert Wood récompensant des découvertes ou des inventions dans le domaine de l'optique[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Alaina G. Levine, « October 1910: First infrared photographs published », APS News, vol. 26, no 9,‎ (lire en ligne)
  2. Barry R. Masters, « Robert W. Wood: The Scientist who Played with Optics », Optics and Photonics,‎
  3. (en) Robert W. Wood, « The n-Rays », Nature, vol. 70, no 1822,‎ , p. 530–531 (DOI 10.1038/070530a0, lire en ligne).
  4. http://planet-terre.ens-lyon.fr/planetterre/XML/db/planetterre/metadata/LOM-effet-de-serre-wood.xml
  5. « R. W. Wood Prize » (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]