Robert Verdier

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Robert Verdier, né le 28 novembre 1910 à Saint-Girons (Ariège) et mort le 27 février 2009 à Meyrueis (Lozère), est un homme politique et résistant français, membre notable de la SFIO et du Parti socialiste, un des fondateurs du PSA et du PSU vers 1960.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales et jeunesse[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille protestante des Cévennes, Robert Verdier est le fils d'un d'enseignant laïque et dreyfusard.

L'entre-deux-guerres

Après ses études secondaires, il prépare le concours de l'École normale supérieure dans la khâgne de Louis-le-Grand, mais échoue de peu : il est le « premier collé » en 1929 ; il est reçu à l'agrégation de lettres (26ème sur 28) en 1932, avec, entre autres, Henri Van Effenterre et Maurice Bardèche[1].

Robert Verdier entre en politique après les émeutes du 6 février 1934. Il adhère à la SFIO et est membre de la Ve section socialiste de Paris.

La Résistance[modifier | modifier le code]

Militant pacifiste et antifasciste, c'est aussi un résistant de la première heure : dès le début de l'Occupation, il reprend contact avec des militants pour reconstruire des structures socialistes clandestines. Le cercle de discussion du départ devient une structure clandestine de propagande, publiant le bulletin Socialisme et liberté, puis le journal Le Populaire. Il participe au développement du mouvement Libération-Nord de Christian Pineau et Henri Ribière, organisé à la fin de l'année 1941 autour d'un autre journal clandestin, Libération.

Il est nommé secrétaire-adjoint du Comité d'action socialiste de la zone Nord (CAS-Nord) et devient secrétaire général du comité central de la zone occupée[réf. nécessaire] ; après la création du CAS unifié (zones Nord et Sud), il remplace Amédée Dunois, déporté, à son exécutif. Il remplace Jean Biondi en tant que responsable des liaisons avec les départements de l'est et du nord de la zone occupée après son arrestation et sa déportation. Lorsqu'en 1943, le CAS unifié se transforme en Parti socialiste clandestin, il est désigné comme adjoint du secrétaire général Daniel Mayer.

La Quatrième République[modifier | modifier le code]

Proche collaborateur de Léon Blum, il est élu député de la Seine dans les assemblées constituantes de 1945-1946.

Il est ensuite nommé directeur-adjoint puis directeur du Populaire jusqu'à la fin de 1954.

Il retrouve un siège de député en 1951. Durant cette législature, il s'oppose, avec Alain Savary, au projet de Communauté européenne de défense (CED), préconisant en revanche l'élargissement de l'Europe à Six. Il est réélu en 1956 et devient président du groupe parlementaire, mais appartient comme son ami Daniel Mayer à la minorité du parti et s'oppose à la politique algérienne de Guy Mollet, Président du conseil, et de Robert Lacoste, ministre de l'Algérie.

En mai 1958 a lieu le retour du général de Gaulle au pouvoir, avec le soutien de la SFIO : Guy Mollet devient ministre dans le gouvernement De Gaulle qui met en place la Cinquième République. Robert Verdier est élu secrétaire adjoint du cartel de l'Union des forces démocratiques (UFD), mis sur pied en juillet 1958 pour les législatives.

La Cinquième République[modifier | modifier le code]

Le PSU

Robert Verdier quitte la SFIO à la fin de cette année 1958 en participant à la fondation du Parti socialiste autonome (PSA). N'ayant pas pu être réélu, il reprend son poste de professeur au lycée Buffon (1959). L'année suivante, il est cofondateur du Parti socialiste unifié (PSU) avec Édouard Depreux et le premier directeur de son hebdomadaire, Tribune du socialisme.

La FGDS et le Nouveau Parti socialiste

Il s'en écarte ensuite et participe avec Alain Savary et Pierre Bérégovoy à l'Union des clubs pour le renouveau de la gauche, qui s'intègre à la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (1965-1968)[2]. La FGDS fusionne avec la SFIO en 1969, lors du congrès d'Alfortville, donnant naissance au Nouveau Parti socialiste. Il soutient Alain Savary, premier secrétaire de 1969 à 1971 ; lui-même est secrétaire national aux relations internationales.

Le Parti socialiste

Dans le Parti Socialiste, créé en 1971 lors du congrès d'Épinay, il suit Alain Savary dans la minorité, puis rejoint avec lui le courant majoritaire conduit par François Mitterrand. Réputé pour sa courtoisie et son ouverture d'esprit, également sa modestie et son intégrité, il en préside le comité directeur jusqu'au congrès de Metz (1979)[3].

Autres activités[modifier | modifier le code]

Il a milité à la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen, dont il a été nommé président d'honneur, et à la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH). Il est fréquemment intervenu, notamment pour la défense de la laïcité et dans les affaires internationales.

Après Alexandre-Marie Desrousseaux, Vincent Auriol et Julien Cain, il a présidé l'Association des Amis de Léon Blum et a animé les Cahiers Léon Blum depuis leur fondation (1977).

Auteur de plusieurs ouvrages historiques, il a activement collaboré avec Robert Blum à l'édition de L'Œuvre de Léon Blum chez Albin Michel, travail auquel ont participé les jeunes Pierre Vidal-Naquet et François Furet.

Retiré dans le pays de ses ancêtres, Robert Verdier est mort à l'âge de 98 ans et a été inhumé dans la sépulture familiale, au cimetière communal de Meyrueis (Lozère).

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • PS-PC, une lutte pour l'entente 1920-1976, Seghers, 1976
  • Bilan d'une scission, le congrès de Tours, Gallimard, 1981
  • Les Socialistes en Résistance (codirection avec Pierre Guidoni), Seli Arslan, 1999
  • Mémoires, préface de Pascal Ory, L'Harmattan, 2005

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1950 », sur Ressources numériques en histoire de l'éducation (consulté le 19 juin 2014).
  2. « Pour Robert Verdier », L'Hebdo des Socialistes, n° 522, 14 mars 2009
  3. Hommes & Libertés, revue de la LDH, n° 133, page 2.