Robert Verdier

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Robert Verdier, né le à Saint-Girons (Ariège) et décédé le à Meyrueis (Lozère), est une personnalité politique et un résistant français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'enseignant, laïque et dreyfusard, issu d'une famille protestante cévenole, ancien khâgneux de Louis-le-Grand préparant l'École normale supérieure (1er "collé" en 1929), agrégé de lettres en 1932, Robert Verdier est entré en politique après les émeutes du 6 février 1934.

Militant pacifiste, antifasciste, résistant de la première heure, il reprend contact au début de l'Occupation avec ses camarades de la Ve section socialiste pour reconstruire des structures socialistes clandestines. De simple cercle de discussion au début, ils deviennent une structure de propagande qui publie des bulletins clandestins Socialisme et liberté puis le Populaire clandestin. Il participe au développement du réseau Libération-Nord.

Il est nommé secrétaire-adjoint du Comité d'action socialiste (CAS-Nord) et devient secrétaire général du comité central de la zone occupée, puis, après la création du CAS unifié (Nord et Sud), remplace Amédée Dunois, déporté, à son exécutif. Il remplace Jean Biondi en tant que responsable des liaisons avec les départements de l'est et du nord de la zone occupée après son arrestation et sa déportation. Lorsqu'en 1943, le CAS unifié se transforme en Parti socialiste clandestin, il est désigné secrétaire général adjoint de l'organisation dirigée par Daniel Mayer[1].

Proche collaborateur de Léon Blum, directeur-adjoint puis directeur du Populaire jusqu'à la fin de 1954, député de la Seine aux assemblées constituantes de 1945-1946 et à l'Assemblée nationale (1951-1958; il s'oppose alors, avec Alain Savary, au projet de communauté européenne de défense, préconisant la création d'une Europe plus grande que l'Europe à Six), président du groupe parlementaire socialiste en 1956-1957, il appartient à la minorité du parti comme son ami Daniel Mayer et s'oppose à la politique algérienne de la SFIO, qu'il quitte fin 1958 en devenant cofondateur du Parti socialiste autonome (PSA). Il est alors élu secrétaire adjoint du cartel de l'Union des forces démocratiques (UFD), mis sur pied en juillet 1958 pour les législatives.

Non élu, il reprend alors son poste de professeur au lycée Buffon (1959). L'année suivante, il est cofondateur du Parti socialiste unifié (PSU) avec Édouard Depreux et le premier directeur de son hebdomadaire, Tribune du socialisme. Il s'en écarte et participe avec Alain Savary et Pierre Bérégovoy à l'Union des clubs pour le renouveau de la gauche qui s'intègre à la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (1965-1968)[2].

La FGDS fusionne avec la SFIO en 1969. Dans le nouveau Parti Socialiste, il soutient Alain Savary, premier secrétaire de 1969 à 1971 (lui-même est secrétaire national aux relations internationales), le suit dans la minorité après le congrès d'Épinay (1971) puis rejoint avec lui le courant majoritaire du Parti socialiste conduit par François Mitterrand. Réputé pour sa courtoisie et son ouverture d'esprit, également sa modestie et son intégrité, il en préside pendant plusieurs années le comité directeur jusqu'au congrès de Metz (1979)[3].

Il est par ailleurs un militant de la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen, dont il sera nommé président d'honneur, et de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH). Il est fréquemment intervenu notamment pour la défense de la laïcité et dans les affaires internationales. Il préside l'Association des Amis de Léon Blum après Alexandre-Marie Desrousseaux, Vincent Auriol et Julien Cain, et anime les Cahiers Léon Blum depuis leur fondation (1977). Il est l'auteur de plusieurs ouvrages historiques et a activement collaboré à l'édition de L'Œuvre de Léon Blum en 7 tomes (9 volumes) chez Albin Michel.

Retiré dans le pays de ses ancêtres cévenols, Robert Verdier décède le , à l'âge de 98 ans. Il repose dans la sépulture familiale, au cimetière communal de Meyrueis (Lozère).

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • PS-PC, une lutte pour l'entente 1920-1976, Seghers, 1976
  • Bilan d'une scission, le congrès de Tours, Gallimard, 1981
  • Les Socialistes en Résistance (codirection avec Pierre Guidoni), Seli Arslan, 1999
  • Mémoires, préface de Pascal Ory, L'Harmattan, 2005

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Robert Jean Verdier », Assemblée nationale (consulté le 25 juillet 2009)
  2. Pour Robert Verdier, L'Hebdo des Socialistes, n° 522, 14 mars 2009
  3. Hommes & Libertés, revue de la LDH, n° 133, page 2
  • Gilles Morin, De l'opposition socialiste à la guerre d'Algérie au Parti socialiste autonome, thèse de l'université Paris I, 1992