Robert I. Moore

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Robert Ian Moore
Naissance (76 ans)
Irlande du Nord (Drapeau de l'Irlande Irlande)
Nationalité Britannique
Domaines Histoire
Site rimoore.net

Robert Ian Moore, né le (76 ans), est un historien britannique, spécialiste de l'histoire sociale, politique et religieuse du Moyen Âge, et en particulier des hérésies[1]. Il est aussi spécialiste d'histoire globale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Enniskillen en Irlande du Nord, il a fait ses études à l'Université d'Oxford, où il a été l'élève de Vivian H. Galbraith et de Ralph H. C. Davis, avant de rejoindre l'Université de Sheffield, où il a enseigné l'histoire médiévale jusqu'en 1994. Il a ensuite été Professeur d'histoire médiévale à l'Université de Newcastle jusqu'à sa retraite en 2003. Il a aussi été Professeur invité aux universités de Chicago et de Berkeley.

Œuvre[modifier | modifier le code]

L'œuvre de Robert I. Moore est d'abord célèbre pour sa thèse, lancée en 1987, selon laquelle les sociétés occidentales sont devenues des sociétés structurellement persécutrices, intolérantes et souvent violentes envers toutes les minorités (juifs, homosexuels, lépreux, hérétiques, infidèles...), en relation avec la formation et le développement de pouvoirs centralisés dotés d'appareils bureaucratiques, qu'il s'agisse de l'Église catholique ou des états royaux et princiers. En 2012, son livre The War on Heresy propose une relecture complète de l'histoire des mouvements hérétiques du Moyen Âge central. Selon Moore, dont les positions sont proches de celles de Mark G. Pegg et rejoignent celles développées en France depuis les années 1990 par Monique Zerner, Jean-Louis Biget ou encore Uwe Brunn, les hérétiques n'appartenaient pas à une ou des Églises bien structurées et hiérarchisées ; ils étaient des chrétiens opposés aux transformations connues par l'Église romaine depuis la réforme grégorienne, attachés à la pauvreté évangélique et opposés aux privilèges du clergé. C'est seulement pour mieux les persécuter et ainsi s'assurer une domination incontestée que l'Église romaine et les princes séculiers les ont qualifiés d'hérétiques.

Publications[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • (en) The Birth of Popular Heresy, 1975 [traductions anglaises de sources latines].
  • (en) The Origins of European Dissent, Allen Lane, 1977, 2e éd. Toronto, 1985.
  • (en) (fr) The Formation of a Persecuting Society: Power and Deviance in Western Europe, 950–1250, Blackwell, 1987 ; traduction française Catherine Malamoud, La persécution. Sa formation en Europe, 950-1250, Paris, Les Belles Lettres, 1991 ; seconde édition augmentée, The Formation of a Persecuting Society: Authority and Deviance in Western Europe, 950–1250, Blackwell, 2007.
  • (en) (fr) The First European Revolution, c. 970–1215, 2000, traduction française Jean-Pierre Bardos, La première révolution européenne, Le Seuil, 2001.
  • (en) R. C. H. Davis, A History of Medieval Europe : from Constantine to Saint Louis, 3e édition révisée par R. I. Moore, Pearson Longman, 2005, (ISBN 0-582-78462-X)
  • (en) (fr) The War on Heresy : Faith and Power in Medieval Europe, Profile Books, 2012 : traduction française Hérétiques. Résistances et répression dans l’Occident médiéval, Belin, 2017. Présentation dans le magazine Books.

Articles[modifier | modifier le code]

  • (en) Family, Community and Cult on the Eve of the Gregorian Reform', Transactions of the Royal Historical Society, 5th series, 30 (1980), p. 49-69.
  • (en) 'Antisemitism and the Birth of Europe', Studies in Church History éd. Diana Wood, 29, Christianity and Judaism, (Oxford, 1992), p. 33-57.
  • (en) 'Heresy and the Making of Literacy, c. 1000 - 1150', dans Peter Biller, Anne Hudson, Heresy and Literacy in the Middle Ages, Cambridge University Press, 1994, p. 19–37, repris dans Lester K. Little, Barbara H. Rosenwein, éd., Debating the Middle Ages Oxford, 1998, p. 363-375.
  • (en) 'Heresy, Repression and Social Change in the Age of Gregorian Reform', dans Medieval Christendom and Its Discontents, éd. Scott J. Waugh, Cambridge University Press, 1996, p. 19–46.
  • 'A la naissance d'une société persécutrice: les clercs, les Cathares et la formation de l'Europe', dans Le Catharisme : un ordre condamné. Centre nationale d'études cathares, 6e session d'histoire médiévale, septembre 1993, Carcassonne, 1996, p. 11-37.
  • (en) 'Between Sanctity and Superstition: Saints and their Miracles in the Age of Revolution', dans The Work of Jacques Le Goff, and the Challenges of Medieval History éd. Miri Rubin, Boydell Press, Woodbridge, 1997, p. 63-75.
  • (en) 'World History', dans Michael Bentley, éd., Companion to Historiography, London, Routledge, 1997, p. 941–959.
  • (en) 'The Birth of Europe as a Eurasian Phenomenon', Modern Asian Studies 31/3, 1997, p. 583–601, repris dans V. Lieberman, éd., Beyond Binary Histories: Re-imagining Eurasia to c. 1830, Ann Arbor, 1999, p. 139-159.

Entretien[modifier | modifier le code]

"Comment l'Eglise a fabriqué des hérétiques", entretien avec Robert I. Moore, L'Histoire, 430, 2016, p. 40-47.

Distinctions universitaires[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Heresy and the persecuting society in the Middle Age: Essays on the work of R. I. Moore, Brill, (ISBN 9789004150980, ISSN 1573-5664, lire en ligne).
  2. (en) http://www.royalhistoricalsociety.org/rhsfellows.php.
  3. (en) http://www.indiana.edu/~ias/?q=node/159.
  4. (en) http://www.medievalacademy.org/fellows/Fellows.html#Fellows.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]