Robert Comtesse

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Robert Comtesse
Robert Comtesse
Robert Comtesse
Fonctions
conseiller fédéral
Élection
Prédécesseur Adrien Lachenal
Successeur Louis Perrier
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Valangin
Date de décès (à 75 ans)
Lieu de décès La Tour-de-Peilz
Parti politique Parti radical-démocratique

Robert Comtesse
Liste des conseillers fédéraux de Suisse

Robert Comtesse, né à Valangin le et décédé à La Tour-de-Peilz le , est un homme politique, un avocat et un juge suisse. Il est originaire de La Sagne et bourgeois d'honneur de Cernier et de Neuchâtel. Il fut conseiller fédéral de 1900 à 1912. Durant son mandat, il joua un rôle important dans la création de la Banque nationale suisse.

Juriste et politicien[modifier | modifier le code]

Robert Comtesse a fait des études de droit à Neuchâtel ainsi qu'à Leipzig, Paris et Heidelberg. En 1869, il devient avocat à Neuchâtel puis s'associe à Jules Breitmeyer à La Chaux-de-Fonds. Il est membre du Parti radical-démocratique après avoir quitté le Parti libéral suisse en 1874. Il est élu juge d'instruction et député au Grand Conseil neuchâtelois la même année[1].

En 1876, il est élu Conseiller d'État à la suite de l'élection de Numa Droz au Conseil fédéral[2], poste qu'il conservera jusqu'à sa propre élection au Conseil fédéral en 1900. Durant son mandat de conseiller d'État, il occupera les postes de chef du département de police, puis de l'intérieur. Il contribue à créer le département de l'agriculture et de l'industrie, qu'il dirige dès 1884[3]. Il est chancelier d'État en 1876-1877 (jusqu'en 1898, ce poste est occupé par un conseiller d'État)[4] et président du Conseil d'État entre 1880 et 1881[5]. Durant son mandat, il joue un rôle important dans la création de la Caisse cantonale d'assurance populaire en 1898[6]. En 1891, le canton de Neuchâtel est, après Genève et le Tessin, le troisième canton à introduire l'élection au système proportionnel pour le Grand Conseil. Comtesse défendra ce projet, mais le refusera lorsque certains voudront l'étendre à la Confédération[3].

Entre 1883 et 1899, Robert Comtesse cumule les postes de Conseiller national et de Conseiller d'État. Il préside le Conseil national en 1893-1894[7]. Ses positions progressistes font dire à certains qu'il est « socialiste », notamment sur la question des syndicats obligatoires, projet du genevois Georges Favon qu'il soutient[3].

En 1881, il crée avec, parmi d'autres, Charles Borel, Jules Boissier, Antoine Martin et Louis Micheli, la Fédération des sociétés d'agriculture de la Suisse romande, qu'il présidera pendant deux ans[8]. Il est également un des fondateurs de la Chambre cantonale de commerce, de l'industrie et du travail[3].

Conseil fédéral[modifier | modifier le code]

À la suite de la démission de Adrien Lachenal, Comtesse est porté candidat par son parti pour sa succession. Son élection se fait sans heurts puisqu'il est élu au premier tour en obtenant 148 voix sur 177 valables le [9]. En 1900, il prend la charge du Département des finances et des douanes (dont il aura également la charge en 1903, de 1905 à 1909 ainsi qu'en 1911). En 1901, il prend en charge le Département de justice et police. L'année suivante, il passe à celui des postes et des chemins de fer qu'il reprendra en 1912. En 1904, il a la charge du Département politique, charge qu'il aura également en 1910[10]. Il fut Président de la Confédération à deux reprises, en 1904 et en 1910[10]. À ce poste, il rencontre en 1910 le Président français Armand Fallières pour discuter des relations parfois tendues qu'entretiennent les deux pays à cette époque[3].

Comtesse fut un architecte de la Banque nationale suisse. À la mort de son collègue Walter Hauser, en 1902, Comtesse reprend les finances. À l'inverse de Hauser, Comtesse privilégie la recherche du consensus. Les conflits politiques entre les promoteurs d'une institution totalement privée et ceux désirant une banque étatique empêchèrent en effet sa mise en place en 1897 ainsi qu'en 1901[3]. Dans ce climat tendu, Comtesse - persuadé de l'utilité d'une banque centrale - réussit à construire un compromis entre cantons, banques cantonales et personnes privées. La mise en place légale eut lieu en 1906 et la phase opérationnelle put démarrer en 1907[11]. Lors de l'assemblée générale constitutive de la banque, qu'il préside, Comtesse déclare le , à propos de la banque : « Elle devra toujours avoir l’intérêt public du pays comme le premier mobile de ses déterminations et ne jamais oublier que le monopole qui lui a été concédé l’a été non pas dans le but d’arriver à réaliser de très grands bénéfices, mais avant tout dans le but supérieur de faire profiter le public tout entier de la création de la Banque, des bienfaits d’une bonne circulation fiduciaire et de tout ce qui pourra favoriser le développement de l’escompte commercial. Qu’elle fasse du mécanisme puissant dont elle va disposer un emploi toujours judicieux ! »[12].

Les problèmes financiers que rencontre la Confédération au début du XXe siècle, dus en particulier à l'augmentation des dépenses militaires, fragilisent Comtesse, alors à la tête du département des finances. Certains n'hésitent pas à le qualifier de dilettante. À la suite d'une prise de position musclée de la commission des finances du Conseil des États, Comtesse quitte les finances à fin 1911[3].

Il démissionne du Conseil fédéral en mars 1912.

L'après Conseil fédéral[modifier | modifier le code]

À la suite de son retrait, Comtesse rejoint les Bureaux internationaux réunis pour la protection de la propriété intellectuelle (BIRPI), organisme qui deviendra plus tard l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, qu'il quittera une année avant sa mort, en 1921[1].

Politiquement parlant, Comtesse est également resté très actif après son retrait du Conseil fédéral. Durant la Première Guerre mondiale, il a montré de la sympathie pour les adversaires militaires des forces des empires centraux et appela à protester contre l'invasion de la Belgique en 1914. Les résultats de la guerre contribuent à renforcer ses convictions pacifistes, ce qui le poussa à militer pour l'adhésion de la Suisse à la Société des Nations dès 1917[3].

Le Quai Robert Comtesse à Neuchâtel et la Rue Robert Comtesse à Cernier ont été nommés en son nom.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Eric-André Klauser, « Comtesse, Robert » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  2. « Membres du gouvernement depuis 1848 », sur Site officiel de la République et canton de Neuchâtel (consulté en 10/07/2009)
  3. a, b, c, d, e, f, g et h Urs Altermatt, Le Conseil fédéral - Dictionnaire biographique des cent premiers conseillers fédéraux, Yens-sur-Morges, Cabedita,‎ 1993 (lire en ligne), p. 280-284 [détail des éditions]
  4. « Chanceliers d'État depuis 1849 », sur Site officiel de la République et canton de Neuchâtel (consulté en 10/07/2009)
  5. « Présidences du Conseil d'État depuis 1848 », sur Site officiel de la République et canton de Neuchâtel (consulté en 24/07/2009)
  6. « Rapport du Conseil d'Etat au Grand Conseil à l'appui d'un projet de loi sur la Caisse cantonale d'assurance populaire », sur Site officiel de la République et canton de Neuchâtel (consulté en 27/07/2009)
  7. « Liste chronologique des présidents du Conseil national depuis 1848 », sur L'Assemblée fédérale - Le Parlement suisse (consulté en 10/07/2009)
  8. H.M., « Robert Comtesse », Journal de Genève, vol. 93, no 318,‎ 19 novembre 1922, p. 1-2 (lire en ligne)
  9. « Robert Comtesse, élection », sur Site officiel de l'administration fédérale (consulté en 21/07/2009)
  10. a et b « Robert Comtesse, détails », sur Site officiel de l'administration fédérale (consulté en 10/07/2009)
  11. Hermann Schneebeli, La Banque Nationale Suisse 1907-1932,‎ 1932 (lire en ligne)
  12. « Centenaire de la banque nationale », sur Site officiel de la BNS (consulté en 27/07/2009)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]