Rkiya Talbensirt
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| Nom de naissance |
Rkiya Chaoual |
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Raïssa Rkiya Talbensirt ou Rkiya Demsiriya (en amazigh : ⵜⴰⵕⵕⴰⵢⵚⵜ ⵕⵇⵇⵉⵢⵢⴰ ⵜⴰⵍⴱⵏⵙⵉⵔⵜ, en arabe : الرايسة رقية تلبنسيرت الدمسيرية), est une poétesse et chanteuse chleuhe de musique traditionnelle berbère (Raïssa). Elle tire son nom de son village natal à Ilbensiren (Demsira) dans la province de Chichaoua[1].
Elle chante notamment de l'amarg, poésie lyrique du Souss.
Biographie
[modifier | modifier le code]Origines et enfance
[modifier | modifier le code]Rkiya Talbensirt, de son vrai nom Rkiya Chaoual, est née en 1948 au douar Idighis, dans la région de Tamarwout-Irouhalen, relevant administrativement du cercle d’Imi-n-Tanout, province de Chichaoua. Elle appartient à la tribu de Demsira-Ilbensiren.
Son enfance est marquée par la séparation de ses parents et par le décès précoce de sa mère alors qu’elle n’a que 2 ans ou 4 ans. Devenue orpheline, elle grandit dans des conditions difficiles au sein du foyer familial. Encore mineure, elle subit des pressions en vue d’un mariage précoce, ce qui la conduit à quitter sa région natale et à s’installer à Casablanca alors qu’elle n’a pas encore 14 ans. Ces expériences influencent profondément son œuvre artistique, notamment dans les thèmes liés à la souffrance, à l’errance et à la condition humaine.
Débuts artistiques
[modifier | modifier le code]À la fin des années 1960, Rkiya Talbensirt s’installe à Casablanca, où elle traverse une période d’errance artistique et de précarité. Elle fréquente les milieux amazighs et cherche à intégrer des groupes de Rways.
Sa rencontre avec le musicien Rays Mohamed Demsiri constitue un tournant décisif. Avec son aide, elle enregistre sa première chanson en 1967 sur disque phonographique, marquant son entrée dans le milieu professionnel de la chanson amazighe.
Parcours artistique
[modifier | modifier le code]Rkiya Talbensirt fait partie des artistes vétérans de la génération des Raïssas. Autodidacte, elle construit un vaste répertoire de chansons et de poèmes abordant des thèmes tels que l’amour, la douleur, la souffrance, l’abandon et l’espoir.
Au cours de sa carrière, elle collabore avec plusieurs figures majeures de la musique amazighe, notamment Rais Abdallah ben Dris Lamazoudi, Mohamed Bounsir, Saïd Achtouk et Mohamed Demsiri[2],[3],[4].
Tournées et diffusion internationale
[modifier | modifier le code]À la fin de l’année 1967, alors qu’elle est encore adolescente, elle effectue un premier voyage artistique en France en accompagnant le groupe de Rais Abdallah ben Dris. Elle participe ensuite à une tournée auprès de la diaspora amazighe.
Son rayonnement artistique s’étend par la suite à plusieurs pays, notamment la France, la Belgique, le Canada et les États-Unis, où elle se produit auprès des communautés amazighes[2].
Œuvre et style artistique
[modifier | modifier le code]Poésie et thématiques
[modifier | modifier le code]L’œuvre de Rkiya Talbensirt se caractérise par une poésie lyrique et romantique, inspirée du milieu montagnard du Haut Atlas occidental. Ses chansons, interprétées principalement en amarg, expriment des expériences personnelles et des sentiments intimes liés à son parcours de vie.
Les thèmes récurrents incluent l’amour, la solitude, la souffrance, la trahison, la condition féminine et la marginalisation sociale.
Langue et lexique amazigh
[modifier | modifier le code]Ayant grandi dans un environnement montagnard isolé, elle utilise un lexique amazigh authentique, issu des parlers des tribus Masmouda du Haut Atlas. Ce vocabulaire se distingue du tachelhit du Souss et du Haouz, conférant à ses chansons une identité linguistique spécifique.
Voix et mélodies
[modifier | modifier le code]Son art se distingue également par une voix puissante et des mélodies enracinées dans les traditions musicales amazighes, nourries par l’Ahouach, les chants rituels féminins et les pratiques musicales collectives liées aux fêtes et aux travaux agricoles[1].
Discographie et productions
[modifier | modifier le code]Enregistrements notables
[modifier | modifier le code]En 1995, Rkiya Talbensirt participe à l’enregistrement de l’album Amarg Lmaghrib, consacré aux chefs-d’œuvre de pionniers de la chanson amazighe, produit sous la supervision du ministère marocain des Affaires culturelles
Elle a inscrit à son répertoire plus de 400 chansons[1].
Distinctions et reconnaissances
[modifier | modifier le code]Elle reçoit le Prix Haj Belaid, décerné par le Syndicat marocain des professions musicales d’Agadir[1].
Retour au village natal
[modifier | modifier le code]En 2003, Rkiya Talbensirt retourne dans son village natal d’Idighis, où elle réalise un clip vidéo retraçant une partie de son ancien répertoire, accueilli favorablement par les habitants de la région[1].
Héritage et postérité
[modifier | modifier le code]Rkiya Talbensirt est aujourd’hui considérée comme une figure emblématique de la chanson amazighe et comme une pionnière féminine du genre raïssa. Son œuvre continue d’influencer plusieurs générations d’artistes amazighs, au Maroc et au sein de la diaspora[2].
Références
[modifier | modifier le code]- Rwais, « Biographie des Rways et Rayssates: Raïssa Rkiya Demsiriya », sur Biographie des Rways et Rayssates, (consulté le )
- (ar) « الفنانة الرايسة رقية الدمسيرية », sur موقع إموريك للفن الأمازيغي (consulté le )
- ↑ [vidéo] « في حق الفنانة المغمورة رقية تالبنسيرت,برنامج اذاعي /انمغورن نايت اومارك/ », القناة الرسمية لمحمد ولكاش Mohamed Walkach, , 52:51 min (consulté le )
- ↑ « Wayback Machine » [archive du ], sur marocatlantis.org (consulté le )
Liens externes
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