Riz de Camargue

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Riz de Camargue
Image illustrative de l’article Riz de Camargue
Variétés de riz de Camargue
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Lieu d’origine Camargue
Type de produit céréale
Classification IGP depuis 2000
Festivité Feria du riz[1] lors de la Feria d'Arles
Site web http://www.rizdecamargue.com/

Le riz de Camargue, dont les premières traces de culture datent du Moyen Âge, est protégé par une IGP dans ses différentes variétés.

Historique[modifier | modifier le code]

Du XIIIe au XVIe siècle la riziculture ne cesse d’augmenter en Provence et surtout en Camargue. C’est à Henri IV que l’on doit la culture de riz en Camargue dès la fin du XVIe siècle, où il ordonna sa production, ainsi que celle de la canne à sucre et de la garance[2].

Dans les années 1840, les rizières vont être très utiles pour absorber l'eau des grandes crues du Rhône qui est à proximité, ainsi que pour dessaler les terres[3]. Grâce à cela, les terres vont être utilisées pour la culture des vignes. Au début du XXe siècle, la riziculture couvrait en Camargue 800 hectares[2]. Les agronomes avaient mis en exergue que la terre et le climat lui étaient très favorables, en effet, ce dernier profite d'une amplitude thermique plutôt réduite. Entre 1840 et 1913, plusieurs centaines d'hectares de rizières sont enregistrés[3]. À cette époque, le riz n'est pas récolté, ou alors pour servir de nourriture aux cochons[3]. La dernière rizière de cette époque disparaît en 1939[3].

Le riz camarguais renaît en 1941 grâce à l'arrivée de travailleurs indochinois accueillis sous le régime de Vichy, par leurs connaissance ancestrales dans ce domaine, ont recréé une riziculture de qualité, qui transforme en profondeur l'économie et les paysages du delta du Rhône. Les Indochinois sont retirés de cette culture vers 1948. De 400 hectares en 1944, la Camargue passe à 3 000 hectares en 1945, puis 32 000 hectares en 1950 pour retomber 20 000 hectares au tournant du millénaire[4],[5].

Indication géographique protégée[modifier | modifier le code]

Carte de l'aire IGP « Riz de Camargue ».

En 2000, le riz de Camargue bénéficie d'une indication géographique protégée (IGP)[6], qui apporte des garanties au consommateur. Cette zone s'étend sur 15 communes des départements des Bouches-du-Rhône et du Gard, au cœur d'un triangle délimité par Aigues-Mortes à l'ouest, Port-Saint-Louis-du-Rhône à l'est et Tarascon au nord[7].

Obtenue dès 1998, l'IGP garantit au consommateur la provenance « Camargue » et le respect des procédures assurant la qualité de la production, la traçabilité des riz ainsi que les techniques de sélection variétale[7]. Elle est régie par un cahier des charges sous le contrôle de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO)[8], et placé sous la responsabilité du Syndicat des riziculteurs de France et Filière. L'homologation du cahier des charges de l'indication géographique protégée (IGP) « Riz de Camargue » a été confirmée par arrêté du [9].

Actuellement l'IGP concerne les différentes variétés de riz produites en Camargue[10] :

  • riz ronds,
  • riz demi-longs,
  • riz longs,
  • riz très longs.

Elle garantit de même leurs différentes présentations à la commercialisation[10] :

  • riz complets ou riz cargo, simplement décortiqués, triés et nettoyés, de couleur rouge ou brune,
  • riz blancs,
  • riz naturellement parfumés,
  • riz étuvés - rendus incollables par simple action de la vapeur d’eau sous pression sur l’amidon du grain.

Ces différentes variétés sont également proposées au consommateur en version[10] :

Culture[modifier | modifier le code]

Récolte du riz en Camargue

Pour voir apparaître une riziculture intensive, il a fallu attendre l'endiguement du Rhône, à la fin du XIXe siècle, qui permit l'apport d’eau douce dans les rizières camarguaises, puis le plan Marshall, qui finança d’importantes infrastructures hydrauliques. L'eau est pompée dans le Rhône puis envoyée dans de grands canaux, vers les propriétés qui partagent les frais d'entretien. Elle est ensuite distribuée par d'innombrables petits canaux - les porteaux - aux rizières. Il est nécessaire d'utiliser de 30 000 à 50 000 m3 d'eau par hectare afin d'éviter les remontées de sel[2].

Sans ce vaste réseau d’eau affecté à la riziculture, qui profite aussi aux étangs et aux marais, l'écosystème camarguais serait sans doute très différent en raison de la salinité importante des sols. En 1958, les rizières s'étendaient sur 30 000 hectares, produisaient 141 000 tonnes de riz pour un rendement moyen de 10 quintaux à l'hectare. Les riziculteurs, au nombre de 2 000, cultivaient des parcelles d'une moyenne de 25 hectares et pompaient, chaque année entre 900 000 et 1 200 000 m3 d'eau dans le Rhône[2].

Ce fut au cours des années 1960, que les riziculteurs commencèrent à mécaniser plantation et récolte. Sur 100 hectares cultivés, on comptabilisait une moyenne de 14 tracteurs et de 4 moissonneuses-lieuses[2]. Actuellement le maintien de la riziculture est due à la fois au dynamisme des riziculteurs locaux et à la technicité des différents centres de recherches et d’expérimentation[7].

Production[modifier | modifier le code]

Usine Sud-Céréales, pour le conditionnement du riz, à l'entrée d'Arles

En 2008, le riz était cultivé en Camargue sur 16 640 hectares avec une production de 98 176 tonnes de riz paddy (à l'état brut, non décortiqué). À titre de comparaison, toujours en 2008, en Europe 408 498 hectares sont cultivés pour une production de 2 583 133 tonnes de riz paddy, et la production mondiale atteint 661 millions de tonnes. En 2010, 200 riziculteurs cultivaient 21 200 hectares avec une production de 120 000 tonnes de riz paddy[11],[12].

Les riziculteurs camarguais, qui jusqu'à présent bénéficiaient d'importantes aides européennes, vont sans doute voir leurs subventions fortement baisser. À la décision de la Commission européenne s'ajoute celle de la France qui a décidé de supprimer une partie des aides aux riziculteurs au profit des éleveurs. Les subventions qui s'élevaient à 800 euros l'hectare, vont passer à 500 euros en 2014, puis à 300 en 2019. Seules sont en mesure de résister les quatre plus grandes exploitations camarguaises, dont celle du groupe italien Euricom, avec ses 1 200 hectares, deux autres (de 800 à 1 000 hectares) appartiennent à des sociétés de stockage, le Comptoir agricole du Languedoc et Biosud. Les surfaces consacrées au riz ont ainsi diminué de 5 000 hectares en 2014 pour tomber à 14 700 hectares, contre 24 500 dans les années 1990. Le groupe Soufflet qui possède une usine de transformation du riz d'une capacité de 80 000 tonnes à Arles étudierait sa fermeture. Pendant ce temps, l'Italie et l'Espagne continuent à percevoir des aides de près de 1 000 euros à l'hectare[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Féria du riz d'Arles
  2. a b c d et e François Cali, op. cit., p. 174.
  3. a b c et d Pierre Daum, « Quand la Camargue était vietnamienne », Geo Histoire,‎ , p. 118-126
  4. « Les travailleurs indochinois en France au cours de la Seconde Guerre mondiale », belleindochine.free.fr (consulté le 18 mai 2015)
  5. Pierre Daum, « 20 000 travailleurs forcés d'Indochine oubliés par la France », Rue 89, (consulté le 18 mai 2015)
  6. « Une qualité reconnue », Riz de camargue,‎ (lire en ligne)
  7. a b et c Riz de Camargue IGP sur le site signes-qualite-paca.com
  8. Cahier des charges IGP « Riz de Camargue », tel que déposé par le Syndicat des riziculteurs de France et Filière auprès de l'Institut national de l'origine et de la qualité
  9. arrêté du 14 septembre 2011 portant homologation du cahier des charges de l'indication géographique protégée (IGP) « Riz de Camargue », sur Légifrance
  10. a b et c Les différentes variétés de riz de Camargue
  11. Site du syndicat des riziculteurs - Chiffres clés en Camargue
  12. Le riz de Camargue sur le site europa.eu
  13. Le riz de Camargue menacé par une baisse des aides européennes

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Cali, Provence enchantée, Éd. B. Arthaud, Paris, 1963.
  • Jacques Marseille (sous la direction de), Dictionnaire de la Provence et de la Côte d'Azur, Éd. Larousse, Paris, 2002. (ISBN 2035751055)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Riz de camargue Site Officiel