Tone-gawa

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Rivière Tone)
Aller à : navigation, rechercher
Tone-gawa
(Bando Taro, japonais : 利根川)
Vue aérienne du Tone-gawa dans la plaine de Kantō au niveau de la ville de Narita.
Vue aérienne du Tone-gawa dans la plaine de Kantō au niveau de la ville de Narita.
Carte du bassin versant du fleuve Tone.
Carte du bassin versant du fleuve Tone.
Caractéristiques
Longueur 322 km
Bassin 16 840 km2
Bassin collecteur Océan Pacifique
Débit moyen 256 m3/s (Chōshi)
Cours
Source Mont Ōminakami
· Localisation Préfecture de Gunma
· Altitude 1 831 m
· Coordonnées 37° 03′ 21″ N 139° 05′ 42″ E / 37.055911, 139.095112 (Source - Tone-gawa)
Embouchure Océan Pacifique
· Localisation Préfectures de Chiba et d'Ibaraki
· Altitude 0 m
· Coordonnées 35° 44′ 56″ N 140° 51′ 11″ E / 35.7488, 140.8531 (Embouchure - Tone-gawa)
Géographie
Pays traversés Drapeau du Japon Japon
Région Kantō
Régions traversées Plaine de Kantō

Le fleuve Tone (利根川, Tone-gawa?), surnommé Bando Taro (坂東太郎, Bandō Tarō?), est un fleuve du Japon prenant sa source dans les Alpes japonaises sur l'île de Honshū, traversant la plaine de Kantō en direction de l'est et se jetant dans l'océan Pacifique au nord du cap Inubō.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'embouchure du fleuve Tone au nord du cap Inubō (à droite).

Le fleuve Tone, long de 322 km[1], prend sa source dans le centre de l'île de Honshū, dans les Alpes japonaises, au mont Ōminakami, à 1 831 m d'altitude. Il suit un cours orienté vers l'est-sud-est dans un bassin versant de 16 840 km2[1], traverse la plaine de Kantō au nord de l'agglomération de Tokyo et se jette dans l'océan Pacifique.

Le fleuve Edo qui se dirige vers le sud en direction de Tokyo naît d'une diffluence du fleuve Tone.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant l'époque d'Edo (1603–1868), le cours inférieur du fleuve Tone est orienté vers le sud et l'embouchure du fleuve se trouve en baie d'Edo au niveau de l'actuel port de Tokyo[2].

Au début de l'époque d'Edo, le shogun Tokugawa Ieyasu charge Ina Tadatsugu, qu'il a promu gouverneur du Kantō, de diriger les travaux d'aménagement du cours moyen du fleuve Tone[3]. Le projet, conçu à l'origine pour améliorer la sécurité du château d'Edo, vise à protéger Edo et ses environs des inondations, à récupérer des terres cultivables et à favoriser le transport fluvial de voyageurs et de marchandises en provenance notamment du nord-est via les cours d'eau du bassin du fleuve Kitakami[3],[2].

Les travaux, débutés en fait en 1594, s'étalent sur une période de 60 ans et, réalisés en plusieurs étapes, aboutissent au détournement du cours du fleuve Tone vers l'est[2]. Les branches du fleuve qui forment son cours inférieur vers la baie d'Edo sont fermées et, par le creusement de plusieurs canaux, le fleuve est connecté au fleuve Hitachi dont le bassin est situé au nord de la péninsule de Bōsō et l'embouchure au nord du cap Inubō[2]. À la fin des travaux, en 1654, les rivières Watarase, Kinu et Kokai constituent des affluents du fleuve Tone.

En 1783, l'éruption du mont Asama fait augmenter par endroits l'élevation du lit du fleuve par accumulation de cendres et, par conséquent, le risque d'inondation[2]. Afin de diminuer ce dernier, de nouveaux travaux d'aménagement du fleuve sont entrepris. Ceux-ci sont poursuivis pendant les ères Meiji (1868-1912) et Taishō (1912-1926) à la suite de nouvelles vagues d'inondations provoquées par des typhons [4].

Carte géographique en couleur montrant des zones inondées.
Zones inondées de la plaine de Kantō après le passage du typhon Kathleen.

Le , le passage du typhon Kathleen sur la péninsule de Bōsō entraîne des pluies torrentielles qui font sortir le fleuve Tone de son lit. Dans la région de Kantō, les préfectures de Saitama, de Gunma et de Tochigi sont en partie sinistrées. Fin septembre, 1 100 personnes sont mortes ou portées disparues, 2 420 blessés sont recensés et plus de 300 000 maisons sont inondées[5].

Cours du fleuve Tone au XVIe siècle.
Cours du fleuve Tone au XXe siècle.

Écosystème[modifier | modifier le code]

Photo couleur d'un étang entouré de verdure.
Étang artificiel du bassin de la Watarase-gawa.

Tout au long de son cours, le fleuve Tone présente divers paysages typiques des plaines de basse altitude. Le bassin de drainage de son affluent la rivière Watarase, dans le nord-est de la préfecture de Saitama, par exemple, constitue une vaste zone humide comprenant une roselière et des étangs artificiels de rétentions d'eau[6]. Celle-ci héberge plus de 700 espèces de plantes dont des espèces rares de fougères et de campanules, 150 espèces d'oiseaux dont le rossignol des rivières, la cisticole des joncs et le busard d'Orient[7].

Dans la région du bourg de Kawachi, s'étendent des pâtures à vaches. Et la zone de plaine, où la rivière Kokai rejoint le fleuve Tone, est un lieu réputé d'observation ornithologique[6].

D'autre part, les eaux du fleuve sont peuplées de carpes argentées importées de la Chine voisine à l'ère Meiji. Chaque année, de juin à juillet, la carpe argentée peut être aperçue sautant hors de l'eau à Kurihashi dans le nord de la ville de Kuki lorsqu'elle remonte le cours du fleuve des environs du lac Kasumigaura pour aller pondre plus en amont[6].

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Le fleuve Tone a été immortalisé au milieu du XIXe siècle par le peintre Utagawa Hiroshige dans sa série d'estampes Cent vues d'Edo.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (ja) 国土交通省, « 利根川 », sur www.mlit.go.jp,‎ (consulté le 11 août 2015).
  2. a, b, c, d et e De Graaf et Hooimeijer 2008, p. 104-106.
  3. a et b (ja) 国土交通省中部地方整備局, « 利根川の歴史 » [« Histoire du fleuve Tone »],‎ (consulté le 23 août 2015).
  4. De Graaf et Hooimeijer 2008, p. 107-112.
  5. (ja) 国土交通省中部地方整備局, « 利根川の主な災害 » [« Catastrophe majeure du Tone-gawa »],‎ (consulté le 14 août 2015).
  6. a, b et c (ja) 国土交通省, « 利根川の自然環境 » [« Environnement naturel du fleuve Tone »], sur www.mlit.go.jp,‎ (consulté le 23 août 2015).
  7. (en) Ministère de l'Environnement du Japon, « Watarase-yusuichi » [PDF] (consulté le 23 août 2015).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Rutger de Graaf et Fransje Hooimeijer, Urban Water in Japan, vol. 11, CRC Press, coll. « Urban water series »,‎ , 242 p. (ISBN 0415453607)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :