Rivalité entre Antoine et Johnny Hallyday

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La rivalité entre Antoine et Johnny Hallyday correspond à un épisode de l'histoire de la chanson française, dans les années 1960, durant lequel les deux idoles françaises de l'époque se sont apostrophés par chansons interposées.

En 1966, Antoine, nouveau venu dans le paysage de la chanson en France, connaît un succès fulgurant avec le titre Les Élucubrations d'Antoine, où au détour d'un couplet, il s'en prend à Johnny Hallyday, déjà confirmé vedette depuis 1960, qu'il juge dépassé. Johnny Hallyday réplique avec la chanson Cheveux longs et idées courtes, et retrouve les sommets des hit parade. L'un devra beaucoup à l'autre dans cette guerre en chansons et réciproquement.

Historique[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Antoine (chanteur) et Johnny Hallyday.

Depuis son retour du service militaire, durant l'été 1965, Johnny Hallyday peine à retrouver le succès de ses débuts, ses nouvelles chansons ne s'imposent pas comme des hits, musicalement il se cherche et sa popularité à ce moment de sa carrière décline quelque peu.

C'est dans ce contexte qu'arrive sur les ondes Les Élucubrations d'Antoine, une chanson du nouveau poulain de la firme Vogue Antoine. Son manager n'est autre que le premier imprésario de Johnny Hallyday (du temps de sa période Vogue, 1960-1961), Georges Leroux[1]. Pour le chanteur aux chemises à fleurs et aux cheveux longs, Hallyday incarne déjà le passé, et il le chante :

« Tout devrait changer tout le temps / Le monde serait plus amusant / On verrait des avions dans les couloirs du métro / Et Johnny Hallyday en cage à Medrano. »

La chanson est un succès, devient numéro un et reste dix-neuf semaines au top 100[2]. Johnny relève le défi avec Cheveux longs et idées courtes et répond :

« Si les mots suffisaient pour tout réaliser / Assis sur son derrière avec les bras croisés / Je sais que dans une cage je serais enfermé / Mais c'est une autre histoire que de m'y faire entrer / Car il ne suffit pas d'avoir les cheveux longs. »

Le titre, librement adapté par Hallyday et Gilles Thibaut de My crucified Jesus de Ferre Grignard — que lui-même est allé chercher dans le folklore[3] —, fait jeu égal avec celui d'Antoine, et reste classé vingt-quatre semaines au top 100, dont cinq en première place[4].

Cette rivalité par chansons interposées permet à la carrière d'Antoine de décoller avec fulgurance, et celle de Johnny renoue avec le succès. Tandis qu'Antoine en rajoute avec Je dis ce que je pense et je vis comme je veux (chanson de son nouvel EP, où il persiste à vouloir mettre Hallyday en cage), France Gall dénonce en musique cette querelle avec le titre La guerre des chansons ; tandis qu'Eddy Mitchell, avec le titre Chronique de l'an 2000, se pose en arbitre et imagine en conclusion de sa chanson à l'humour caustique, ce que pourrait être la réponse des deux intéressés :

« Laisse-nous profiter de cette publicité ! »

La promotion est en effet bien orchestrée ; ainsi Albert Raisner, animateur de l'émission télévisée Âge tendre et têtes de bois, invite les deux idoles en même temps sur une scène aménagée en ring[réf. nécessaire]. L'émission est en direct, et Antoine modifie au vol les paroles de sa chanson Une autre autoroute, dont le dernier vers est :

« Chante, chante, car tu sais bien, que les gens n'entendent rien ! »

, pour en faire :

« Qu'Hallyday ne comprend rien ! »

Toujours à la télévision, sous la caméra d'Abel Gance[Note 1] et sur l'air de la Carmagnole, qu'il parodie, c'est cette fois Johnny Hallyday qui se moque d'Antoine :

« Antoine est arrivé résolu à nous faire tomber sur le cul - ... - Mais son coup a manqué et l'a le nez cassé - Dansons la Carmagnole vive le[5]... »

En 1978, Antoine récidive avec Les Élucubrations revisited, où il chante :

« Oh, Yeah ! Il est passé là dessus près de quinze ans - Et Johnny Hallyday est aussi beau qu'avant - Faudrait l'exposer mais y a plus de Medrano - D'ailleurs c'est pas une cage qu'il lui faudrait, c'est tout un zoo. »

Cette fois, Johnny Hallyday ne répond pas.

Au début des années 2000, les deux chanteurs sont à nouveau concurrents, cette fois par publicités interposées, à la télévision, pour des chaînes de magasins d'opticiens[6].

Discographies correspondantes[modifier | modifier le code]

  • Antoine
    • Les Élucubrations d'Antoine - EP Référence : Vogue EPL 8417 - sorti 1966[7]
    • Je dis ce que je pense et je vis comme je veux - EP Référence : Vogue EPL 8445 - sorti mai 1966[8]
    • Les élucubrations revisited - 45 tours Référence : Barclay 62586 - sorti 1978[9]
  • Johnny Hallyday
  • France Gall
    • La guerre des chansons - 45 tours Référence : Philips B.373875F - sorti 1966[10]
  • Eddy Mitchell
    • Chronique pour l'an 2000 - EP Référence : Barclay 71053 - sorti juillet 1966[11]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans le cadre de l'émission Présence du passé, diffusée le 27 mars 1967 - la chanson fut enregistré par Johnny, pour les besoins de l'émission en juin 1966 - Source : Lesueur 2003, p. 225

Références[modifier | modifier le code]