Aller au contenu

Richard Martineau

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Richard Martineau
Image illustrative de l’article Richard Martineau

Naissance (64 ans)
Verdun, (Québec, Canada)
Nationalité canadienne
Profession journaliste chroniqueur
Médias actuels
Pays Canada
Fonction principale Chroniqueur, animateur
Historique
Presse écrite Le Journal de Montréal
Radio QUB radio
Télévision LCN

Richard Martineau (né le à Verdun) est un chroniqueur et animateur québécois de radio et de télévision.

Richard Martineau s'est fait connaître à partir des années 1990 comme chroniqueur de l'hebdomadaire montréalais Voir où il a publié ses Ondes de choc jusqu'en .

Il publie actuellement ses chroniques dans Le Journal de Montréal, où il tient également un blogue[1]. Il collabore aussi à des magazines, tels que InfoPresse et Elle Québec.

En 1998, il coanime l'émission Les Francs-tireurs sur les ondes de Télé-Québec, d'abord avec Benoît Dutrizac et Laurent Saulnier, puis avec le journaliste Patrick Lagacé de 2006 à 2013, puis de nouveau avec Dutrizac, jusqu'à ce que l'émission cesse sa diffusion en 2020[2].

En 2003, il est l'un des invités spéciaux de la parade gaie de Montréal[3]. Il a participé aussi aux débats de fin de soirée sur les ondes de TQS, avant d'assurer l'animation de ces débats entre mai et .

Il partage sa vie avec Sophie Durocher, avec qui il a eu un garçon. Auparavant, il a vécu avec la journaliste Nathalie Collard, avec qui il a eu deux filles[4].

Il anime jusqu'en une émission de radio, puis, par la suite une émission à l'antenne de LCN. De 2015 à 2018, il coanime, à l'antenne de CHOI-FM à Québec, une émission de radio quotidienne[5],[6].

Entre le milieu des années 1980 et le début des années 2000, Richard Martineau écrit pour des revues telles que Voir et Séquences. Ses propos penchent alors généralement vers un certain progressisme social[7],[8],[9],[10],[11]. Avec le temps, ses positions évoluent de plus en plus vers une certaine droite[12],[9],[13],[14]. Dans un article intitulé « Les faux jeunes », publié dans Le Journal de Montréal, il explique ce changement de cap en ces termes : « J'ai travaillé, j'ai eu des enfants, j'ai vécu toutes sortes d'expériences, j'ai payé des impôts - j'ai vu pleuvoir, comme dirait l'autre. Si à 53 ans, tu penses comme tu pensais à 23 ans, tu as perdu 30 ans de ta vie. »[9]

Durant la décennie 1990, il fait paraître trois essais aux Éditions du Boréal. La Chasse à l'éléphant : sur la piste des babyboomers (1990) se veut notamment une diatribe à l'endroit des Baby-boomers, alors que Pour en finir avec les ennemis de la télévision (1993) cible les soi-disant intellectuels pour qui la télévision serait à l'origine de tous les maux mais qui n'hésiteraient pas à utiliser ce même médium pour véhiculer leur message[15]. Enfin, en 1998, il se joint à l'homme de lettres Jacques Godbout pour faire paraître Le Buffet : dialogue sur le Québec à l'an 2000. Selon le critique du Devoir Robert Saletti, cet essai laisse transparaître une américanophilie, suggérant notamment que le succès de la culture américaine serait dû à sa capacité d'ouverture ainsi que sa propension à absorber et digérer, tel une éponge. Richard Martineau écorcherait aussi un « fétichisme linguistique » dont serait victime le Québec. La langue ne serait ainsi qu'« un outil, une monnaie d'échange, une clé pour sortir du ghetto »[16].

Dans ses chroniques au Journal de Montréal et au Journal de Québec, il pratique abondamment l'auto-référence et la personnalisation de ses interventions, avec des propos tels que « J'aime les partis qui sont au fond du baril », « Parfois, j'ai le goût de monter sur un pont et de crier ! », « Chaque fois que je pense à ça, je me dis: un jour, ça va finir par sauter ». En effet, Martineau se sert souvent de ses sentiments, sa perception des choses et de ses avis personnels comme des axiomes à partir desquels il fonde le reste de son intervention[17]. Pour le professeur de journalisme Gilles Gauthier, Richard Martineau n'est d'ailleurs pas le seul chroniqueur populaire à agir de la sorte au Québec, citant notamment Patrick Lagacé[18].

Blâmes du Conseil de presse du Québec

[modifier | modifier le code]
  • En , le Conseil de presse du Québec blâme M. Martineau ainsi que Le Journal de Montréal pour information incomplète, pouvant conduire à une interprétation abusive, relativement à un texte portant sur une manifestation tenue en l’honneur de Fredy Villanueva. La décision a été confirmée par la Commission d’appel du Conseil de presse[19].
  • En , le Conseil de presse du Québec blâme de nouveau M. Martineau ainsi que Le Journal de Montréal pour information inexacte, propos discriminatoires et préjugés tenus à l'égard de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante[20],[21],[22].
  • En , le Conseil de presse du Québec blâme M. Martineau pour propos discriminatoires et expression de préjugés[23].
  • En , le Conseil de presse du Québec blâme M. Martineau pour les griefs d’information inexacte, manque de respect et absence de rectification[24].
  • En , le Conseil de presse du Québec blâme le chroniqueur Richard Martineau et les quotidiens Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec pour le grief de propos entretenant les préjugés envers les femmes et les musulmans[25].
  • En , le Conseil de Presse du Québec adresse un blâme sévère à M. Richard Martineau et le site journaldemontreal.com pour le grief d’informations inexactes[26].
  • En , le Conseil de presse du Québec blâme Richard Martineau et le quotidien Le Journal de Montréal pour le grief de manque de rigueur de raisonnement[27].
  • En , le Conseil de presse du Québec blâme Richard Martineau et le quotidien Le Journal de Montréal pour le grief de manque d'information incomplète et de manque de rigueur de raisonnement[28].
  • En , le Conseil de presse du Québec blâme Richard Martineau et le quotidien Le Journal de Montréal pour les griefs d’information inexacte et de sensationnalisme[29].

Controverses

[modifier | modifier le code]

Au fil des années, Richard Martineau se retrouve au cœur de l'actualité en raison de son approche polémique. Plusieurs de ses chroniques sont à la base de controverses, tel qu'en témoignent les exemples suivants :

  • Lors du lock-out des employés du Journal de Montréal, Martineau décide de continuer sa rédaction de chroniques et se fait critiquer par des employés du Journal et notamment le président du syndicat des employés du journal, Raynald Leblanc[30],[31]. Il soutient alors qu'il n'est pas un briseur de grève.
  • En 2013, il ouvre son émission Franchement Martineau vêtu d'une burqa[32].
  • Il poursuit pour diffamation le média web Ricochet qui a publié en une parodie de notice nécrologique le concernant[33],[34] et ce quelques mois à peine après avoir été un des plus ardents défenseurs de la liberté d'expression en intitulant 45 de ses chroniques Je suis Charlie dans le Journal de Montréal (chacune étant numérotée de 1 à 45). Une entente à l’amiable a lieu en [35].
  • En 2017, après que Radio-Canada[36] eut révélé l'existence d'un mémoire de maîtrise en sociologie[37] concernant les chroniques de Richard Martineau, qui soutenait que ce dernier participait à l'islamophobie, Martineau réagit par une chronique[38] au Journal de Montréal et par une entrevue[39] à LCN où il affirme que ce mémoire aurait comme grande faiblesse de ne pas définir le terme « islamophobie ». Ce qui était faux, le mémoire en question s'attardant longuement sur les différentes définitions données au terme « islamophobie ». Cette affirmation de Martineau fit rapidement réagir sur les réseaux sociaux[40] et dans les médias écrits[41].
  • En 2019, après une chronique le sur l'exposition des minorités dans les médias[42], Richard Martineau est la cible d'un mouvement demandant sa démission. Le mouvement est qualifié de malhonnête et est accusé de mener une «surenchère de la victimisation» par une collègue du Journal de Montréal[43].
  • En lors d'une entrevue à QUB Radio[44] avec l'ex ministre Daniel Paillé qui proposait de faire payer tous les frais médicaux aux non-vaccinés covid 19 Richard Martineau qui adhérait à cette proposition déclarait ;Je suis tout à fait d'accord c'est une excellente idée elle ne sera pas appliquée parce qu'elle est trop bonne[44]. Le , le premier ministre du Québec François Legault voulait imposer une taxe santé aux non-vaccinés[45] mieux connu à l'international comme la vax-tax ou la anti-vax-tax[46].

Grève étudiante de 2012

[modifier | modifier le code]

Les prises de position de Martineau contre le mouvement de grève étudiante québécoise de 2012 soulèvent la controverse.

Dans le cadre d'une manifestation étudiante nocturne tenue le , des étudiants scandant des slogans anti-Martineau ont voulu manifester devant la résidence personnelle de Richard Martineau, mais se sont trompés de maison[47].

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. « Richard Martineau », Le Journal de Montréal (consulté le ).
  2. « Après 22 ans à l'antenne, Les francs-tireurs tireront leur révérence en décembre », sur Radio-Canada, (consulté le ).
  3. « Défilé de la fierté gaie et lesbienne Divers/Cité 2003 »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur Gai-ecoute, .
  4. Jean-François Codère, « Richard Martineau et son ex. Chicane publique à propos des enfants », Le Journal de Montréal, (version du sur Internet Archive).
  5. Sophie Côté, « La Toile réagit à l'union CHOI-Martineau », Le Journal de Québec,‎ (lire en ligne).
  6. Normand Provencher, « Richard Martineau et Jonathan Trudeau quittent CHOI Radio X », Le Soleil,‎ (lire en ligne).
  7. Richard Martineau, « Fight the Power », Voir,‎ (lire en ligne).
  8. « Index des auteurs - Revue Séquences », sur Érudit.
  9. a b et c Richard Martineau, « Les faux jeunes », Le Journal de Québec,‎ (lire en ligne).
  10. Richard Martineau, « La gauche peut-elle aimer le caviar? », Voir,‎ (lire en ligne).
  11. Richard Martineau, « J'ai toujours rêvé d'aimer le cinéma québécois… », Séquences, no 120,‎ , p. 177-178 (lire en ligne).
  12. Richard Martineau, « L’ABC de l’ASSÉ », Le Journal de Montréal,‎ (lire en ligne).
  13. Richard Therrien, « De nouveaux décors et un panel à droite à LCN », Le Soleil, vol. 116, no 228,‎ , p. 29 (lire en ligne).
  14. Éric Beaudry, « Richard Martineau qui parle d'économie, quossa donne? », HuffPost Québec,‎ (lire en ligne).
  15. Jean-Pierre Lamoureux, « Essais québécois », Nuit blanche, périodique littéraire, no 56,‎ , p. 70-71 (lire en ligne).
  16. Robert Saletti, « Le royaume de l'obésité », Le Devoir, vol. LXXXIX, no 108,‎ , p. D7 (lire en ligne).
  17. Gilles Gauthier, « Le journalisme de communication : expression de conviction et moralisme », Les Cahiers du journalisme, no 21,‎ , p. 265 (lire en ligne).
  18. Gilles Gauthier, « Le journalisme de communication : expression de conviction et moralisme : Note de bas de page no. 26 », Les Cahiers du journalisme, no 21,‎ , p. 270 (lire en ligne).
  19. « D2009-08-014 (2) », sur Conseil de presse du Québec, .
  20. « D2012-04-090 », sur Conseil de presse du Québec, .
  21. Richard Martineau, « La stupidité du conseil de presse », Le Journal de Montréal,‎ (lire en ligne).
  22. Paraclet, « Comprendre Martineau (1) », sur mauvaiseherbe.ca, .
  23. « D2013-10-044 », sur Conseil de presse du Québec, (consulté le ).
  24. « D2014-09-016 », sur Conseil de presse du Québec, (consulté le ).
  25. « D2016-02-093 », sur Conseil de presse du Québec, (consulté le ).
  26. « D2016-04-129 », sur Conseil de presse du Québec, (consulté le ).
  27. « D2017-07-095 », sur Conseil de presse du Québec, (consulté le ).
  28. « D2019-02-030 : Guillaume St-Laurent c. Richard Martineau et Le Journal de Montréal », sur Conseil de presse du Québec, (consulté le ).
  29. « D2020-02-027 : Sébastien Saint-Jean Plante, François Gosselin et un plaignant en appui c. Richard Martineau et Le Journal de Montréal », sur Conseil de presse du Québec, (consulté le ).
  30. Caroline Roy, « Prise de bec à Tout le monde en parle », Rue Frontenac, (version du sur Internet Archive).
  31. Hugo Dumas, « Convergence, convergences et divergences à Tout le monde en parle », La Presse,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  32. « Richard Martineau en burqa à LCN », HuffPost Québec,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  33. Marc-André Cyr, « Notice nécrologique : Richard Martineau (1961-2016) », sur ricochet.media, (consulté le ).
  34. La Presse canadienne, « Richard Martineau poursuit un média indépendant pour 350 000 $ », sur Radio-Canada, .
  35. La Presse canadienne, « Le litige entre Richard Martineau et Ricochet est réglé », La Presse,‎ (lire en ligne).
  36. « Les chroniques de Richard Martineau alimentent l’islamophobie, selon une étude », sur Radio-Canada, (consulté le ).
  37. Mélanie Beauregard, « Le traitement discursif de l'islam et des musulmans dans les médias : analyse critique des chroniques de Richard Martineau », archipel.uqam.ca,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  38. Richard Martineau, « Qu'est-ce que l'islamophobie? », Le Journal de Montréal,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  39. «Qu'on étudie mes textes à l'université, c'est une aberration», sur TVA Nouvelles, (consulté le ).
  40. « Richard non plus n’a pas regardé l’étude???? », sur La Clique du Plateau, (consulté le ).
  41. Frédéric Bérard, « L'affaire Martineau ou la valeur de la science », Métro,‎ (lire en ligne).
  42. Richard Martineau, « L’amour du marginal », Le Journal de Montréal,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  43. Léolane Kemner, « Richard ou la poule et son œuf », Le Journal de Montréal,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  44. a et b « Vaccimpôt : faut-il faire payer les non-vaccinés? - Richard Martineau », sur omny.fm, (consulté le ).
  45. Anne Marie Lecomte, « Le Québec imposera « une contribution santé » aux non-vaccinés, dit François Legault », sur Radio-Canada, (consulté le ).
  46. (en) « No vax? Pay a tax, Quebec authorities say as Canadian health system struggles », ABC News,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  47. Gabrielle Duchaine, « Manifestation nocturne: les étudiants ont attaqué la mauvaise maison », La Presse,‎ (lire en ligne).

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]