Richard Chanfray

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Richard Chanfray
Description de l'image Richard Chanfray.jpg.
Alias
Le Comte de Saint-Germain
Saint-Germain
Richard Saint-Germain
Naissance
Lyon, Rhône, France
Décès (à 43 ans)
Saint-Tropez, Var, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Activité principale
Personnalité médiatique
Autres activités
Conjoint
Dalida
(compagne de 1971 à 1981)

Richard Chanfray, dit Saint-Germain ou Richard Saint-Germain — né à Lyon le , mort à Saint-Tropez le  — est une personnalité médiatique française, chanteur occasionnel. Il affirmait être le comte de Saint-Germain, aventurier prétendument alchimiste et immortel. Il est principalement connu pour avoir été, pendant neuf ans, le compagnon de la chanteuse Dalida.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un temps antiquaire, Richard Chanfray se fait ensuite connaître en prétendant être le comte de Saint-Germain, personnage qui avait notamment fréquenté la cour de Louis XV. En 1972, il est découvert par le grand public à l'occasion d'une émission de l'ORTF, intitulée Le Troisième oeil et consacrée à l'alchimie : dans un reportage qui lui est consacré, il déclare à l'antenne être le célèbre alchimiste « immortel » du XVIIIe siècle, affirme être âgé de « 17000 ans » et, en présence du magicien Gérard Majax, exécute un numéro de « transformation du plomb en or ».

Devenu une vedette médiatique, l'aventurier gagne encore en notoriété en devenant le compagnon de la chanteuse Dalida, à laquelle il a été présenté par Pascal Sevran[1]. La légende veut que le « comte » soit arrivé chez elle, le , vêtu d'une cape noire et d'une chemise à jabot[2]. À cette époque Dalida est dépressive : les suicides de Luigi Tenco et de Lucien Morisse, ainsi que le décès de sa mère, l'ont fragilisée. Leur liaison dure neuf ans, jusqu'en 1981. Pascal Sevran consacre en 1973 à l'« immortel » un livre intitulé Le Comte de Saint-Germain, aujourd'hui, dont il avoue par la suite qu'il s'agissait d'un ouvrage « bidon »[3]. Dalida ne se fait pas d'illusion sur la mythomanie de Richard Chanfray, qui vit à ses crochets mais dont elle apprécie la « folie douce »[1]. Outre sa personnalité haute en couleurs, le « comte de Saint-Germain » se fait également remarquer par son côté fantasque, mégalomane et caractériel. Pascal Sevran témoigne par la suite qu'avec lui, « deux dîners sur trois tournaient au drame »[4].

Durant sa relation avec Dalida, Richard Chanfray alimente les chroniques mondaines, ce qui lui permet d'envisager une carrière de chanteur. En 1975, sous la houlette d'Orlando, le frère de Dalida, il enregistre, en duo avec celle-ci, le titre Et de l'amour, de l'amour. En 1976, il sort Pour une femme chez Polydor puis, en 1977, Le frimeur chez Sonopresse et, en 1978, Gallaxie Express, titre énigmatique, symbole de cette époque psychédélique. Il s'occupe aussi, un temps, du courrier du cœur et de l'horoscope de revues pour adolescentes. En 1978, croyant voir un cambrioleur rentrer dans la propriété de Dalida — il s'agissait en fait de l'amant d'une employée de maison de la chanteuse —, Richard Chanfray tire au fusil sur l'homme et le blesse. Il est alors incarcéré en préventive pendant un mois, tandis que Dalida verse l'argent de sa caution. Ce fait divers médiatisé perturbe sérieusement sa relation avec la chanteuse, qui prend fin début 1981[3]. Il apparaît par ailleurs comme acteur dans le téléfilm Le Coffre et le Revenant, réalisé par Roger Hanin en 1980.

Le dans la soirée, sur un chemin isolé de Ramatuelle près de Saint-Tropez, Richard Chanfray est retrouvé mort à l'intérieur d'une voiture, en compagnie de sa nouvelle compagne, Paula Loos, née Guily, âgée de 51 ans[5]. Les amants auraient succombé par asphyxie aux gaz d'échappement raccordés par un tuyau à l'habitacle d'une Renault 5, après l'ingestion de barbituriques[6].

Richard Chanfray est incarné par Christophe Lambert dans le téléfilm Dalida, Le film de sa vie de Joyce Bunuel (2005) et par Nicolas Duvauchelle dans le biopic Dalida, de Lisa Azuelos (2017)

Singles[modifier | modifier le code]

  • 1975 : Et de l'amour, de l'amour, en duo avec Dalida (International shows / Sonopresse)
  • 1976 : Pour une femme (Polydor)
  • 1977 : Le Frimeur (GT / Sonopresse)
  • 1977 : Du gazon dans les soucis (Sonopresse)
  • 1978 : Gallaxie express (Sonopresse)
  • 1980 : La Déposition (Carrère)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Dalida : la douleur secrète , Paris Match, 14 janvier 2017
  2. Saline, Dalida, entre violon et amour, éditions Publibook, page 101.
  3. a et b Les plus folles histoires d'amour: Des romances hautes en couleurs, La Boîte à Pandore, 2018
  4. Aymeric Mantoux, Benoist Simmat, NRJ, l'empire des ondes: dans les coulisses de la première radio de France, Mille et une nuits, 2008, page 68
  5. Mortelles vanités, dans le n°12 de l'édition française du magazine Rolling Stone, dirigé par Lionel Rotcage, décembre 1988, une longue enquête de Pierre-François Moreau retrace le parcours chaotique des deux amants.
  6. « Richard Chanfray », sur jesuismort.com