Richard Chanfray

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Richard Chanfray
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Richard Chanfray, dit Saint-Germain ou Richard Saint-Germain – né à Lyon le , mort à Saint-Tropez le – est un chanteur français et surtout une personnalité médiatique et mondaine. Il affirmait être le Comte de Saint-Germain, aventurier prétendument alchimiste et immortel qui fréquenta la cour de Louis XV. L'imposteur parvint à séduire la chanteuse Dalida avec laquelle il eut une relation qui dura neuf ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un temps antiquaire, Richard Chanfray se fait ensuite passer pour le mystérieux Comte de Saint-Germain déjà connu au XVIIIe siècle. En 1972, lors d'une émission télévisée, il déclare être le célèbre alchimiste immortel et prétend pouvoir transformer le plomb en or en utilisant simplement un réchaud de camping. La notoriété de l'aventurier s’accroît encore quand on apprend que la chanteuse Dalida a succombé à ses charmes. La légende veut que le « comte » soit arrivé chez elle, le , vêtu d'une cape noire et d'une chemise à jabot[1]. À cette époque Dalida est dépressive ; les suicides de Luigi Tenco en 1967 et de Lucien Morisse en 1970, le décès de sa mère, la fragilisent. Elle se laisse subjuguer par le jeune et séduisant bonimenteur[2].

Leur liaison dure neuf ans, jusqu'en 1981. Pendant tout ce temps, l'usurpateur s'entend à alimenter les chroniques mondaines, ce qui lui permet d'envisager une carrière de chanteur. En 1972, sous la houlette d'Orlando, le frère de Dalida, il enregistre, en duo avec celle-ci, le titre Et de l'amour, de l'amour. En 1976, il sort Pour une femme chez Polydor puis, en 1977, Le frimeur chez Sonopresse et, en 1978, Galaxie Express.

En 1980, il est l'un des interprètes du téléfilm Le Coffre et le Revenant, de Roger Hanin, aux côtés de Robert Bazil, Jean-Christophe Bouvet, Gérard Darmon et Yves Favier. Il s'occupe aussi, un temps, du courrier du cœur et de l'horoscope de revues pour adolescentes.

Le dans la soirée, sur un chemin isolé de Ramatuelle près de Saint-Tropez, Richard Chanfray est retrouvé mort, suicidé au côté de sa nouvelle compagne Paula Loos, née Guilli, âgée de 51 ans, à l'intérieur d'une voiture. L'écrivain Pierre-François Moreau consacre une longue enquête publiée dans Rolling Stone[3] sur leurs deux dernières années de vie, entre escroqueries et excès. La carrière du prétendu immortel Comte de Saint-Geramin s'achève à 43 ans. Les amants ont succombé par asphyxie aux gaz d'échappement raccordé par un tuyau à l'habitacle d'une Renault 5, après l'ingestion de barbituriques[4].

Dalida et Saint-Germain.

Évocation cinématographique[modifier | modifier le code]

Un téléfilm diffusé sur France 2 en 2005, Dalida, Le film de sa vie, réalisé par Joyce Bunuel, évoque le compagnon de Dalida[5], incarné par Christophe Lambert. Dans un focus à propos de ce téléfilm[6], le comédien parle du personnage mythomane qu'il interprète, en ces termes :

« Richard Chanfray est issu d’un milieu modeste. Sa mère, femme de ménage, et son père, camionneur, il préfère les oublier. Tout comme il préfère enterrer l’adolescent délinquant qu’il a été. C’est un personnage paumé, excessif qui souhaite transformer sa vie misérable en un conte de fée. Ça, c’est admirable ! Tout le monde devrait cultiver ses propres rêves, même inatteignables ! Cet homme croit tellement en ses illusions qu’elles en deviennent réelles. Orlando m’a confié qu’il était doué en tout : capable d’apprendre le piano en un mois et d’en jouer comme un pro. Il passait aisément de la peinture à la sculpture… mais ne se donnait jamais vraiment à fond. Sauf lorsqu’il séduit Dalida, là il est à 1 000 %. On dit qu’il a été celui qu’elle a le plus aimé. Certainement celui qui lui a fait découvrir sa féminité. Il vendait la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Tout le temps ! C’était sa forme de mythomanie. Il inventait sa vie, entrait dans la peau d’un autre : le Comte de Saint-Germain, comme le ferait un comédien. Mais il souffrait d’un terrible manque de confiance qu’il masquait par un excès de vantardise et d’assurance. Ainsi, il pensait que tout lui était acquis. Il se mentait à lui-même. C’est un peu pathétique. Quand on veut jouer au play-boy, il faut en avoir l’humilité ! Cette insécurité l’angoissait tant qu’elle a fini par l’éloigner de tous et surtout de Dalida. »

En 2017, c'est Nicolas Duvauchelle qui tient le rôle de Richard Chanfray dans le biopic Dalida de Lisa Azuelos.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Saline, Dalida, entre violon et amour, editions Publibook, page 101.
  2. http://dalida-pour-toujours.skyrock.com/tags/6s05O6SGvCr-Richard-Chanfray.html
  3. Mortelles vanités, dans le n°12 de l'édition française du magazine Rolling Stone, dirigé par Lionel Rotcage, décembre 1988, une longue enquête de Pierre-François Moreau retrace le parcours chaotique des deux amants.
  4. « Richard Chanfray », sur jesuismort.com
  5. « Dalida, le film de sa vie » de Joyce Bunuel, avec Sabrina Ferilli, Christophe Lambert et Charles Berling Téléfilm en deux parties de 90 min, diffusé le 2 et le 3 mai 2005 sur France 2 à 20 h 55. Voir : Dalida, le film de sa vie.
  6. Publié dans newsmedias.fr le 25 avril 2005 (Focus no 2 - France 2 Dalida - Les comédiens