Ricardo Lumengo

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Ricardo Lumengo
Portrait de Ricardo Lumengo
Portrait de Ricardo Lumengo
Fonctions
Conseiller nationale
En fonction depuis le
Législature 48e (2007-2011)
Biographie
Date de naissance (53 ans)
Lieu de naissance Lussenga (Angola)
Nationalité suisse
Parti politique mouvement socio-libéral (MSL)

Ricardo Lumengo, né le 22 février 1962 à Lussenga, Uíge, Angola, est un homme politique suisse ancien membre du Parti socialiste (PS) et membre du Mouvement socio-libéral (MSL).

Biographie[modifier | modifier le code]

Ricardo Lumengo a grandi en Angola, il a fui son pays natal en 1982[1] à l’âge de 20 ans suite aux poursuites dont il a fait l’objet à cause de son engagement politique comme étudiant. Il est venu en Suisse où il a déposé une demande d’asile. Après quelques années, il a obtenu une autorisation de séjour et en 1997 il a acquis la nationalité suisse[2]. Il habite à Bienne depuis 1997[3]. Lumengo parle le français, l’allemand, le portugais, l’anglais, l’espagnol et des langues bantous tels que le kikongo, kikongo ya Leta et le lingala[4],[2]. Il a fait des études de droit à l’Université de Fribourg et il travaille comme conseiller juridique au centre de rencontre interculturel Multimondo à Bienne[5]. Il est célibataire et père de deux enfants qui vivent avec leur mère en Afrique centrale.

Politique[modifier | modifier le code]

Parti[modifier | modifier le code]

Ricardo Lumengo était de 1996 jusqu’à sa sortie en novembre 2010 membre du PS suisse. Après sept mois d’activité politique sans parti, le 16. juin 2011 Lumengo a rendu public son adhésion à la section cantonale de la jeune formation politique le mouvement socio-libéral (MSL)[6].

Entrée au parlement fédéral[modifier | modifier le code]

Ricardo Lumengo a été élu au Conseil de Ville (législatif) de sa ville de domicile Bienne en 2004. En 2006 il a réussi à se faire élire au Grand Conseil du canton de Berne où il a été membre de la députation, de la commission de la justice et des plusieurs assises financières[7].

Le 21 octobre 2007, il est élu au Conseil national où il devient le premier parlementaire noir[8]. Il est ainsi après Tilo Frey, la deuxième personne d’origine africaine à siéger au conseil national[2]. Son élection a largement attiré l’attention au niveau international[9],[10],[11]. Lumengo a siégé à la commission de politique de sécurité jusqu’en 2009 et siège aujourd’hui à la commission de politique extérieure[12].

Points forts[modifier | modifier le code]

L’enquête de smartmap en rapport avec les élections fédérales de 2007 classifie Ricardo Lumengo dans le camp de gauche-libéral[13].

Comme points forts de son engagement politique: la lutte contre le chômage, la lutte pour plus de justice sociale et l’engagement pour les droits des étrangers. Il est intervenu pour l’engagement des personnes d’origine étrangère dans l’administration publique en signe d’application de la convention de l’ONU contre la discrimination raciale à laquelle la Suisse a adhéré en 1994[7],[14],[15],[16].

Au Grand Conseil du canton de Berne il s’est notamment engagé pour le renouvellement du jeûne fédéral[7].

En matière de politique de santé et de la prévention lumengo est intervenu au moyen d’une motion exigeant la mise en place d’une campagne d’information et de prévention dirigée particulièrement aux jeunes, visant la consommation des boissons énergisantes contenant de la caféine[17]. De ce fait, Lumengo a souligné les effets néfastes liés à la santé suite à la consommation accrue du caféine tels que la nervosité et le trouble de sommeil. Par ailleurs Lumengo s’est engagé pour la suppression du payement de la taxe d’exemption du service militaire pour les personnes partiellement invalides[18].

Victime d’actes racistes[modifier | modifier le code]

En automne 2006, à travers le blog de son parti, le président du parti suisse de la liberté (PSL), chef de la direction de police de la ville de Bienne et membre du Grand conseil bernois, Jürg Scherrer, a revu les excuses qu’il a présentées aux Africains suite à une procédure judiciaire sur base d’une plainte pour injure portée contre lui par la communauté africaine de Bienne. Une caricature raciste a été publiée à côte de cet article du blog. Suite à cela Lumengo a introduit une dénonciation pénale[19],[9],[20],[21],[22],[23].

En juillet 2007, au début de la campagne pour les élections fédérales, Lumengo a fait l’objet de violentes insultes racistes de la part du candidat au Conseil national Patrick Lohri dans le blog du PSL[24],[9]. En outre Willy Frommenwiler (PSL) a fait usage de la Cybersquatting et s’est fait d’enregistrer pour son compte le Domaine lumengo.ch[2]. Ce Domaine dirige les visiteurs directement vers un autre blog de Lohri inscrit sur le site officiel du PSL avec comme titre «Lumengo ment». À côté de ces affirmations racistes, on a pu apprendre que le parti de la liberté «par le biais d’une source sûre -...- a pris connaissance de l’accident de Lumengo et de son délit de fuite, ce qui lui a permis de le rendre public -...-[25]. Après une décision du juge ce domaine est resté sous la possession et le pouvoir de Frommwiler, mais ne pouvait pas être dévié vers le site du PSL[26],[27]. Les visiteurs de ce site trouvent aujourd’hui une page complètement noire et vide[5],[28].

Selon la presse, pendant qu’il roulait en provenance de Berne en direction de Bienne durant une nuit du mois de juin 2007, Lumengo s’est retrouvé pris en tenaille entre deux automobilistes – Celui de derrière cherchait à se coller sur lui et celui de devant ne le laissait pas dépasser – Il a ainsi tenté de se débarrasser de cette situation au moyen d’une manœuvre de dépassement risquée. Il a par là touché la barre de sécurité, son véhicule a été endommagé et la barre l’a été très légèrement. L’ancien membre du Grand conseil bernois Jürg Scherrer (PSL), à l’époque directeur de la police de Bienne lui reprocha d’avoir commis un délit de fuite. Lumengo a omis d’informer la police immédiatement sur l’accident. Une procédure a été ouverte contre Lumengo, laquelle a débouché sur une peine conditionnelle et une amende[29],[30].

En fin d’été 2007 lors d’une séance du conseil de ville de Bienne Lumengo a été humilié par des délégués du parti suisse de la liberté, ceux-ci mangeaient des bananes et des chocolats tête de choco de façon spectaculaire en exhibant des cris de singes. Le parti suisse de la liberté a démenti un quelconque lien entre ces gestes et Lumengo[9].

Depuis son élection au Conseil national lumengo a plusieurs fois été victime d’attaques à caractère raciste tel est le cas en 2008 lors de son discours à l’occasion du 1er mai à Langenthal où on lui a jeté des bananes[31],[32]. En octobre de la même année, il a été outragé par un membre du PNOS (Partei National Orientierter Schweizer) dans le site de ce même parti par un texte méprisable et une caricature raciste[33].

Lumengo reçoit en général des lettres avec des insultes racistes après chaque apparition médiatique[34].

Fausses accusations et acquittement[modifier | modifier le code]

Le 19 février 2010, Lumengo a été accusé de fraude électorale pour les élections au Grand conseil bernois de 2006[35]. Il a cependant été mis hors de cause, concernant l’accusation de fraude électorale en rapport avec les élections fédérales de 2007. Le 11 novembre 2010, Lumengo devait comparaître devant le tribunal de Bienne soupçonné d’avoir rempli lui-même 44 bulletins de vote – parmi lesquels 42 étaient non-valables. Selon la presse, Lumengo a toujours contesté la fraude électorale, mais a accepté le soupçon de captage des suffrages. Il aurait aidé les nouveaux électeurs moins habitués avec le processus électoral à remplir leurs bulletins de vote. Son avocat a requis son acquittement. Cependant Lumengo a été condamné par le tribunal de district de Bienne de fraude électorale par dol indirect - cela a constitué une première dans l’histoire de la Suisse[36],[37]. Son avocat a fait appel. Le PS du canton de Berne ainsi que le PS suisse exigèrent sa démission du conseil national. Lumengo s’est déclaré déçu du manque de solidarité de la part de son parti et de la façon précipitée dont celui-ci a exigé sa démission et décida de quitter le PS[38]. Les parlementaires des autres partis considérèrent également une fraude électorale comme problématique, mais se sont abstenus d’exiger quelconque conséquence parlementaire directe. En deuxième instance, le 18 mai 2011 Lumengo a été acquitté par la Cour suprême du canton de Berne[39]. Avant son acquittement Lumengo avait déjà annoncé sa candidature pour sa réélection aux élections fédérales d’octobre 2011[40]. Par la suite, le Ministère public du canton de Berne a fait recours contre l'acquittement de Ricardo Lumengo à la Cour suprême du canton de Berne. En février 2012, le Tribunal fédéral, qui est l'autorité judiciaire suprême de la Confédération suisse, a rejeté le recours du Ministère public du canton de Berne, contre l'acquittement de Ricardo Lumengo, confirmant de ce fait, le jugement de la Cour suprême du canton de Berne, qui avait annulé un verdict du Tribunal de Bienne-Nidau. Ricardo Lumengo est ainsi définitivement acquitté de fraude électorale[41].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Conseil national: l'UDC cartonne, le PS boit la tasse », sur swissinfo,‎ 22. octobre 2007 (consulté le 21 juillet 2011)
  2. a, b, c et d « Un 'mouton noir' au Palais fédéral », sur swissinfo,‎ 03. décembre 2007 (consulté en 21. juillet 2011)
  3. Présence : Un africain à Berne. 23 octobre 2007, saisi le 14 juin 2011.
  4. (de) sda/wenn, « Lumengo will kein Anti-Blocher sein », sur SF Tagesschau,‎ 23. octobre 2007 (consulté en 21. juillet 2010)
  5. a et b Ricardo Lumengo, premier Noir élu à l’Assemblée suisse. afrik.com. 23 octobre 2007, saisi le 15 juin 2011.
  6. Ricardo Lumengo ou la politique autrement. le temps
  7. a, b et c Le Grand Conseil, « Membres & organes », sur Canton de Berne (consulté en 12. novembre 2010)
  8. Elections federales: Le socialiste Ricardo Lumengo devient le premier parlementaire suisse de couleur. 23 octobre 2007, saisi le 15 juin 2011.
  9. a, b, c et d (de) Heike Schaefer, « Die Schweiz und das Problem mit den schwarzen Schafen », sur Hamburger Abendblatt,‎ 20. octobre 2007 (consulté en 12. novembre 2010)
  10. (en) « Swiss rightist party won record share of votes, tally shows », sur The New York Times,‎ 22. octobre 2007 (consulté en 13. novembre 2010)
  11. « Le nouveau Parlement s'est constitué », sur swissinfo,‎ 03. décembre 2007 (consulté en 21. juillet 2011)
  12. Biographie de Ricardo Lumengo sur le site Web de l'Assemblée fédérale suisse.
  13. « smartmap », sur Polittools - Political Research Network (consulté en 13. novembre 2010)
  14. « 08.3598 – Motion: Engagement des personnes d'origine étrangère au sein du Corps des gardes-frontière », sur Curia Vista - Objets parlementaires,‎ 2. octobre 2008 (consulté en 18. novembre 2010)
  15. « 09.4114 – Postulat: Encourager la diversité ethnique dans l'administration publique (2) », sur Curia Vista - Objets parlementaires,‎ 9. decembre 2009 (consulté en 18. novembre 2010)
  16. « 09.4113 – Interpellation: Encourager la diversité ethnique dans l'administration publique (1) », sur Curia Vista - Objets parlementaires,‎ 9. decembre 2009 (consulté en 18. novembre 2010)
  17. « 09.3244 – Motion: Protection contre l'abus de boissons énergétiques », sur Curia Vista - Objets parlementaires,‎ 20. mars 2009 (consulté en 8. janvier 2011)
  18. « 09.4115 – Motion: Pas de taxe d'exemption de l'obligation de servir pour les personnes partiellement invalides », sur Curia Vista - Objets parlementaires,‎ 9. decembre 2009 (consulté en 18. novembre 2010)
  19. (de) Biel, 21 septembre 2006. Chronologie, Fondation contre le racisme et l’antisémitisme.
  20. Scherrer wird nicht angeklagt. Bieler Tagblatt, 9. mai 2007.
  21. Barbara Siegrist: Gegner müssen Taktik ändern. Bieler Tagblatt, 10. mai 2007
  22. Scherrer in Mohrenkopf-Affäre entlastet. Schweizer Fernsehen, 10. mai 2007
  23. Keine Strafanzeige gegen Scherrer. Tages-Anzeiger, 10. mai 2007
  24. (de) Biel/Bienne, 21. Juli 2007. Chronologie, Fondation contre le racisme et l’antisémitisme.
  25. (de) Patrick Lohri, « Lumengo lügt! », sur blog.freiheits-partei.ch,‎ 27. juni 2007 (consulté en 18. november 2010)
  26. sda: Lumengo will einem Gerichtsentscheid Nachachtung verschaffen. Bieler Tagblatt, 7. septembre 2007.
  27. epp: Strafantrag gegen Freiheitspartei. Bieler Tagblatt, 10. septembre 2007
  28. tul: Gericht gibt Lumengo Recht. Bieler Tagblatt, 1. novembre 2007.
  29. tar: Bieler Grossrat meldet Autounfall nicht. Bieler Tagblatt, 26. juin 2007.
  30. tar: Lumengo fuhr auf den Felgen. Bieler Tagblatt, 27. juin 2007
  31. (de) Langenthal BE, 1. Mai 2008. Chronologie, Fondation contre le racisme et l’antisémitisme.
  32. « Un acte raciste contre Ricardo Lumengo », sur Journal du Jura,‎ 04. mai 2008 (consulté en 21. juillet 2011)
  33. (de) Spiez BE, 12. November 2008. Chronologie, Fondation contre le racisme et l’antisémitisme.
  34. (de) Bienne, 21 février 2010. Chronologie, Fondation contre le racisme et l’antisémitisme.
  35. « Soupçons de manipulations contre un député », sur swissinfo,‎ 19. février 2010 (consulté en 21. juillet 2011)
  36. Ricardo Lumengo coupable de fraude électorale sur 44 bulletins
  37. « Un député coupable de fraude électorale », sur swissinfo,‎ 11. novembre 2010 (consulté en 21. juillet 2011)
  38. « Ricardo Lumengo quitte le Parti socialiste », sur tsr.ch (consulté le 17 novembre 2010)
  39. « Le conseiller national Ricardo Lumengo n'a pas commis de fraude », sur swissinfo,‎ 18. mai 2011 (consulté en 21. juillet 2011)
  40. « Ricardo Lumengo candidat à sa réélection au Conseil national », sur swissinfo,‎ 28. avril 2011 (consulté en 21. juillet 2011)
  41. http://www.tsr.ch/info/suisse/3773904-ricardo-lumengo-est-definitivement-acquitte.html

Lien externe[modifier | modifier le code]

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