Rièzes

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Rièzes
Rièzes
L’église Saint-Gorgon
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement Thuin
Commune Chimay
Code postal 6464
Zone téléphonique 060
Démographie
Gentilé Rièzois(e)
Géographie
Coordonnées 49° 57′ nord, 4° 22′ est
Localisation

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Rièzes (en wallon Rieze) est une section de la ville belge de Chimay située en Région wallonne dans la province de Hainaut. C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977. Le village, situé à l'extrême sud de la province de Hainaut, est bordé par la frontière française.

Lorsque les conditions météorologiques le permettent, les prairies du village et une partie de l'ancienne voie du tramway vicinal se transforment en pistes de ski de fond.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Une rièze est un terrain défriché servant de pâturage (en wallon rièze, de l'ancien français ries et du haut allemand riuti)

Histoire[modifier | modifier le code]

Monument aux morts des deux Guerres mondiales.

Situé dans la forêt de Thiérache appartenant aux princes de Chimay, Rièzes fut un hameau de la ville de Chimay jusqu'au 1er mars 1851, lorsqe le village devint une commune à part entière. Il lui fut également adjoint le hameau de Nimelette, qui dépendait jusque-là de Baileux.

L'Eau Noire délimite la France et la Lotharingie en 843 et entre la France et la Germanie en 925. Actuellement, elle marque la frontière entre la Belgique et la France.

En 1616, ce hameau perdu dans une clairière des grandes forêts au sud de Chimay comptait 14 maisons; quinze ans plus tard, elles sont 22. Comme tous les sujets du prince de Chimay, les habitants profitent de droits d’usage traditionnels (pâturage, ramassage de bois mort et de feuilles, cueillette de l’herbe).

Dès le milieu du XIXe siècle, les propriétaires princiers veulent mettre fin à ces usages et, devant la résistance des habitants, finissent par porter l’affaire devant les tribunaux. Un jugement général intervient en 1866 et en ce qui concerne la commune de Rièzes, elle est déboutée et condamnée le 21 avril 1871 à une amende de 5.160 F pour avoir défriché des bois et loué des parcelles aux habitants. *

En 1764, il y avait trois forges : le Pré Brulart, la forge Jean Petit et Nimelette (cette dernière, propriété des princes de Chimay de 1667 à 1682). En outre, une ardoisière située près de la forge Jean Petit, occupait une trentaine d’ouvriers

La première chapelle est érigée en 1697 et dédiée à saint Gorgon, soldat romain martyr au début du IVe siècle.

Avant cette date, les habitants devaient se faire enterrer à Chimay et depuis 1692, à Forges.

Le camp du maquis de Rièzes

En réalité, le camp se trouvait en France au lieu-dit le Gros Fau — le gros hêtre — à mi-parcours entre les villages de Rièzes et de Beaulieu (aujourd’hui La Neuville-lez-Beaulieu).

À la fin de 1942, on y a dressé des tentes pour accueillir des réfractaires, puis, en mai 1943, le Front de l’Indépendance y a aménagé trois baraquements en rondins, recouverts de bâches, de gazon et de fougères. À la fin de cette année, on y comptait 30 Russes, évadés des charbonnages du Pays Noir où ils avaient été réquisitionnés et une quinzaine d’aviateurs alliés.

Dès janvier 1944, le groupe D du Service Hotton assure la défense du camp du Gros Fau — ce groupe s’était fixé en octobre 1943, dans les bois de Bourlers (Haute Grange), puis à la Haute Nimelette, entre Rièzes et l’Escaillère, et enfin, au château Goffin, qui sera incendié par les Allemands. Après la rafle, il se cache dans la région jusqu’au 6 juillet 1944 où il s’établit à Brûly-de-Pesche[1].

La rafle du 25 février 1944

Tôt le matin, vers 7 h ½, les habitants sont réveillés par de grands coups donnés sur les portes d’entrée des maisons. Le village est cerné par des troupes allemandes nombreuses qui vont fouiller les maisons à la recherche de maquisards ou de toutes traces d’aide à ceux-ci.

N. Michaux, une jeune fille de La Gruerie, de l’autre côté de la frontière, qui se sauvait, est tuée d’une balle et Gaston Constant, 22 ans, blessé d’un coup de feu; ce dernier sera conduit à la clinique de Chimay où il est soigné.

Les hommes et les jeunes gens sont emmenés à l’école des garçons où sont vérifiées les cartes d’identité; par la suite, 45 habitants sont contraints de grimper dans deux camions qui les emmènent dans un camp à Casteau, entre Mons et Soignies, puis à la prison de Saint-Gilles (Bruxelles).

De là, quelques-uns sont libérés après 15 jours ou un mois, les autres après trois mois, mais cinq personnes sont transférées en Allemagne comme Esther et Valérie Fosset, deux herbagères, chez qui on arrête deux aviateurs américains, ainsi que trois hommes dont Léopold Vereecke, qui ne reviendra pas…

Il y eut aussi des arrestations dans les villages environnants[2].

Un monument a été élevé à Nimelette aux Maquisards du groupe Hotton, émanation des Milices patriotiques de Schaerbeek.

Personnalité[modifier | modifier le code]

Monument à Arthur Masson, œuvre de Robert Bronchart (2003).

Arthur Masson, père littéraire de Toine Culot est né à Rièzes. Toine Culot, Obèse ardennais, est un héros de littérature exprimant le bon sens et la joie de vivre ardennaise. Le village s'intitule lui-même Village de la bonne humeur. L’auteur s’est souvenu de son village natal dans une page d’anthologie intitulée : Le diable chez les « ma-chère-sœurs » de Rièzes-lez-Chimay; il s’agit d’un fait-divers qui s’est déroulé vers 1900 dans la maison locale des religieuses. En réalité, c’était un chat gourmand qui, la nuit, avait introduit sa tête dans une petite cruche de lait et qui n’avait pas pu s’en dépétrer, non sans faire un bruit terrible et répété, attribué par les sœurs apeurées à… Satan [3]!

Le souvenir d'Arthur Masson reste très présent à Rièzes: une rue porte son nom, dans laquelle se trouve sa maison natale (une plaque y est apposée).

Il y a également une statue de l'écrivain wallon à côté de l'école, sur la place du village. Une salle de fêtes porte son nom.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christian Constant, Un résistant parmi d’autres, revue En Fagne et Thiérache n° 88, , pp 35-37.
  2. Élie Magotteaux, La rafle de Rièzes du 25 février 1944, revue Au Pays des Rièzes et des Sarts n° 56, , pp 673-682.
  3. Arthur Masson, Le diable chez les "ma-chère-soeurs" de Rièzes-lez-Chimay, revue Au Pays des Rièzes et des Sarts, n° 14, , pp 337-338.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cécile Dumont Dictionnaire des Communes Crédit Communal 1982.)
  • Arthur Masson, Rièzes-lez-Chimay. Le diable chez les “machèressoeurs”, Revue « Au Pays des Rièzes et des Sarts » no 14 1963, p. 337-338.
  • Jean Lecomte, Anciens registres de baptêmes célébrés en la chapelle primitive des Rièzes de Chimay, Revue « Au Pays des Rièzes et des Sarts » no 31, no 32, 1967, et no 33, no 34, 1968.
  • Élie Magotteaux, La rafle de Rièzes du 25 février 1944, Revue Au Pays des Rièzes et des Sarts no 56, 1973, p. 673-682 et addendum sur Alexandre Maudoux, p. 683-684.
  • Paul Blocteur Quels furent les origines et le déroulement du Procès des bois entre les princes de Chimay et leurs « manants » ? revue Au Pays des Rièzes et des Sarts, no 8 1961.)
  • Rièzes — Liste des électeurs 1966 (avec St-Remy et Vaulx), cahier du Musée de Cerfontaine no 343, 37 pages, 2009.
  • André Lépine, Rièzes Notes d’histoire. L’état civil du 19e s. (1851-1899). Liste des électeurs de 1966, Cahier du Musée de Cerfontaine no 447, 66 pages, 2017.

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