Rhizodéposition

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Rhizodéposition : sécrétion de carbone dans la rhizosphère.
Influence des rhizodépôts sur les micro-organismes bénéfiques et pathogènes.

La rhizodéposition, terme inventé par le pédologue Saad Shamoot en 1968[1], est la sécrétion de composés organiques (cellules détachées de la racine, lysats, mucilages, exsudats, composés désignés sous le terme générique de rhizodépôts) directement dans le sol par les racines des plantes vivantes. Ces composés sont riches en carbone, et sont donc une source d'énergie essentielle pour les micro-organismes de la rhizosphère. Cette mince couche du sol qui colle aux racines contient en particulier des bactéries, protozoaires, nématodes, champignons[2].

Interaction sol-plantes et cycle du carbone[modifier | modifier le code]

La rhizodéposition correspond en moyenne de 5 à 15 % du carbone[3] fixé par la plante durant la photosynthèse et peut monter pour les cas extrêmes jusqu'à 40 %[4]. Les variations sont importantes suivant les espèces végétales et leur environnement[5]. Ce mécanisme est essentiel à la compréhension des interactions sol-plantes. Les activités et les structures des communautés microbiennes de la rhizosphère sont ainsi considérablement affectées par rapport au reste du sol, où le carbone organique disponible peut être beaucoup moins abondant[5].

Le carbone organique ainsi transféré se rencontre sous la forme de petites molécules, de sucres, d'acides organiques exsudés ou excrétés, de mucilages et de cellules mortes[6].

Au fil de l'histoire évolutive des végétaux, le phénomène de rhizodéposition s'est maintenu malgré son coût énergétique important, ce qui suggère que l'investissement lié à la libération des rhizodépôts favorables au microbiote rhizosphérique contribue à la valeur sélective de la plante[7].

Autres composés[modifier | modifier le code]

La rhizodéposition a lieu notamment à l’apex des racines. Elle contribue à injecter des composés carbonés sur l’ensemble du profil de sol colonisé par les racines. Le processus ne concerne pas seulement le cycle biogéochimique du carbone puisque les rhizodépôts peuvent contenir des nutriments (azote (N)), des signaux moléculaires ou stimuler la minéralisation de matières organiques du sol et des nutriments (N ou phosphore (P)). La rhizodéposition est un processus pour lequel il manque encore de données quantitatives compte tenu de la difficulté de l’estimer au champ[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Saad Shamoot, Lain McDonald & W. V. Bartholomew, « Rhizo-Deposition of Organic Debris in Soil », Soil Science Society of America Journal Abstract, vol. 32, no 6,‎ , p. 817-820 (DOI 10.2136/sssaj1968.03615995003200060031x).
  2. « Les flux d'énergie de la plante vers le sol », sur Jardinons Sol Vivant !, (consulté le 16 décembre 2018)
  3. Le flux de carbone est mesuré par traçage isotopique.
  4. (en) J. Swinnen, J.A. Van Veen, R. Merckx, « Rhizosphere carbon fluxes in field-grown spring wheat: Model calculations based on 14C partitioning after pulse-labelling », Soil Biology and Biochemistry, vol. 26, no 2,‎ , p. 171-182 (DOI 10.1016/0038-0717(94)90160-0).
  5. a b et c « Les racines au coeur du fonctionnement de la rhizosphère - A2C le site de l'agriculture de conservation », sur agriculture-de-conservation.com (consulté le 16 décembre 2018)
  6. « Rhizodéposition: définition et explications », sur AquaPortail (consulté le 16 décembre 2018)
  7. Philippe Lemanceau, Manuel Blouin, Les sols au cœur de la zone critique, ISTE Editions, (lire en ligne), p. 62-63.

Voir aussi[modifier | modifier le code]