Reyhaneh Jabbari

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Reyhaneh Jabbari
2014-10-05 International Committee Against Executions I.C.A.E, save Reyhaneh Jabbari, 021 Hannover Bahnhofstraße Ernst-August-Platz.JPG
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 26 ans)
TéhéranVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
ریحانه جباریVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Autres informations
Religion
Condamnée pour

Reyhaneh Jabbari (ریحانه جباری en persan), née en 1988 et exécutée le est une jeune femme condamnée à mort pour le meurtre de Morteza Abdolali Sarbandi, en Iran[1]. Elle est emprisonnée dès 2007 pour le meurtre de son assaillant présumé[2]. Mohammad Mostafaei, son premier avocat, raconte sur son blog les conditions de détention et l'isolement subis par la jeune femme[3]. Selon la loi iranienne, une fois que la culpabilité a été prouvée et que le motif de légitime défense n'a pas été retenu, seule la famille de la victime a la possibilité de suspendre une procédure d'exécution. Malgré les efforts du bureau du procureur, la famille de la victime a insisté pour que l'on procède à son exécution.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 2007, Reyhaneh Jabbari rencontre dans un café Morteza Abdolali Sarbandi, un décorateur d'intérieur, qui la convainc de visiter son bureau afin de discuter de ses affaires. Une fois au bureau, M.A. Sarbandi aurait tenté de violer la jeune fille. Elle attrapa un petit couteau et le poignarda, s'enfuyant du bureau en laissant l'homme agoniser[4].

Le rapporteur des droits de l'homme aux Nations unies en Iran, Ahmed Shaheed, indiqua lui que R. Jabbari avait été embauchée par M.A. Sarbandi pour redécorer son bureau puis qu'il l'avait emmenée dans un appartement où elle avait été agressée sexuellement. La famille de la victime insista sur la nature préméditée du meurtre puisque R. Jabbari avoua avoir acheté un couteau quelques jours auparavant[1].

Arrestation et procès[modifier | modifier le code]

Après son arrestation, R. Jabbari a été placée en cellule d'isolement pendant deux mois sans pouvoir avoir accès à un avocat ou recevoir de la visite de sa famille[5]. En 2009, elle a été condamnée à mort par un tribunal de Téhéran. Selon Amnesty International, R. Jabbari a avoué avoir poignardé M.A. Sarbandi mais elle a aussi affirmé qu'une autre personne présente dans la maison avait tué la victime[5].

Amnesty International[6], les Nations unies, l'Union européenne et le Gatestone Institute (en) ont mené une vaste campagne de lobbying pour lui éviter la peine de mort. Son exécution a finalement été reportée par rapport à la première date programmée en après qu'une pétition mondiale ait recueilli plus de 20 000 signatures[4].

Le , son exécution est annoncée comme étant imminente[7]. Le , une annonce informe de la suspension de son exécution[8]. De nombreuses campagnes ont été menées sur les réseaux sociaux mais l'avocat de la jeune fille avoua ne pas être parvenu à obtenir l'accord de la famille de la victime pour suspendre définitivement son exécution[5].

Mort et héritage[modifier | modifier le code]

Rihaneh Jabbari a été exécutée par pendaison le à la prison de Gohardasht, au nord de Karaj[1],[5].

Le site officiel de l'Organisation des moudjahidines du peuple iranien affirma plus tard dans un article ne donnant aucune source que Reyhaneh Jabbari a pu enregistrer un message à sa mère, l'implorant de faire don de ses organes de manière anonyme[9].

Réactions internationales[modifier | modifier le code]

Manifestation du Comité International Contre Les Exécutions en Allemagne en soutien à Reyhaneh Jabbari, octobre 2014.

Amnesty International dénonça les conditions de l'enquête menée, bâclée alors même que la jeune femme avait indiqué qu'une autre personne se trouvait dans la maison et avait tué la victime[1],[5].

Le prix Nobel italien de littérature Dario Fo a dédié à R. Jabbari une peinture intitulée Portrait de Reyhaneh Jabbari[10].

Déclaration du bureau du procureur de Téhéran[modifier | modifier le code]

Après l'exécution, en réponse aux réactions en Iran et dans le monde entier, le bureau du procureur de Téhéran a effectué une déclaration dans laquelle il clarifie certains points de l'affaire Jabbari[11].

Parmi ces points :

  • R. Jabbari a été considérée comme suspecte car elle est la dernière personne à laquelle la victime a téléphoné. La police a retrouvé une écharpe, un couteau ensanglantés ainsi que l'emballage du couteau dans la maison de la jeune fille.
  • R. Jabbari a avoué avoir acheté un couteau 2 jours auparavant.
  • Elle a envoyé un message à un de ses amis trois jours avant l'incident disant « Je pense que je vais le tuer ce soir ».
  • La jeune fille a d'abord indiqué l'implication dans l'incident d'un autre homme nommé Sheikhi. Après ne pas être parvenu à identifier cet homme, elle avoua avoir menti dans le but de retarder l'enquête.
  • Les informations que R. Jabbari a données dans le mois précédent l'exécution n'étaient que la répétition d'informations déjà données et qui ont été vérifiées au cas par cas par cinq juges du tribunal provincial et par un juge de la Cour Suprême Iranienne. Malgré cela, le bureau du procureur tenta à plusieurs reprises d'effectuer une conciliation entre les deux familles ; la famille de la victime a finalement refusé de pardonner à la jeune fille, ce qui confirma l'exécution.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d (en) « Iran hangs woman despite international uproar », sur Aljazeera, (consulté le 18 août 2015)
  2. (en) « Iran : a 26-year-old young woman about to be executed », sur Iran News Update, (consulté le 18 août 2015)
  3. (fa) Mohammad Mostafaei, « Article du blog de Mohammad Mostafaei » [archive du ] (consulté le 18 août 2015)
  4. a et b (en) « 'Please don't cry. I love you. I wish I could have hugged you until I died': Iranian woman's heartrending message to her mother before she was hanged for killing the man who 'tried to rape her' », sur DailyMail, (consulté le 18 août 2015)
  5. a b c d et e (en) « Iran's hanging of Reyhaneh Jabbari condemned », sur BBC News, (consulté le 18 août 2015)
  6. (en) Amnesty International, « Stop Reihaneh Jabbari Execution », sur Amnesty International UK, (consulté le 18 août 2015)
  7. (en) Houman Niyazi, « 2 women are scheduled to be executed tomorrow morning », sur HRA News, (consulté le 18 août 2015)
  8. (en) Heather Saul, « Reyhaneh Jabbari: Iran postpones execution of woman due to hang for murder of her alleged attempted rapist », sur The Independent, (consulté le 18 août 2015)
  9. Daniel Politi, « Hanged Iranian Woman Leaves Heartbreaking Last Message », sur Slate, (consulté le 18 août 2015)
  10. (it) Dario Fo, « Iran: Reyhaneh, un’inaccettabile violenza », sur Il Fatto Quotidiano, (consulté le 18 août 2015)
  11. (fa)« Déclaration du bureau du procureur de Téhéran »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) publiée le

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]