Reworld Media

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Reworld Media
logo de Reworld Media

Création 2012
Fondateurs Pascal Chevalier
Forme juridique Société anonyme
Siège social 8, rue Barthélémy Danjou
92100 Boulogne-Billancourt
Drapeau de France France
Direction Pascal Chevalier, Gautier Normand
Activité Médias, presse, hors-presse
Effectif 970 en 2020 (groupe)
Site web reworldmedia.com

Capitalisation 100 millions d'€ en mai 2020
Fonds propres 85,2 millions d'€ fin 2019 (consolidé)
Dette 42 millions d'€ fin 2019 (consolidé nette)
Chiffre d'affaires 462 millions d'€ en 2019 (consolidé)
Résultat net 25,4 millions d'€ en 2019 (consolidé)

Reworld Media est un groupe de média français, créé en 2012 par Pascal Chevalier.

Depuis le , Reworld Media est le premier groupe de presse magazine français en nombre de journaux détenus. En 2020, le groupe indique avoir 970 employés dans le monde, une présence dans 12 pays et un chiffre d'affaires de 462 millions d'euros[1].

Dans un secteur de la presse en crise, le groupe est très controversé pour ses acquisitions et ses méthodes, privilégiant au travail journalistique la publication de contenus jugés commerciaux et « faciles ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Pascal Chevalier rencontre Gautier Normand en 2012[2]. Le groupe, créé dans la foulée par les deux hommes, a été construit par une succession d’acquisitions dans le secteur des médias ; ce secteur en difficulté en France et qui n'a pas su s'adapter aux évolutions engendrées par internet, reste plein d'opportunités de rachats et regroupements[2].

Le groupe a notamment acquis en , Marie France auprès du groupe Marie Claire[3] pour un euro symbolique[2]. Ce titre va servir de laboratoire à Reworld pour tester le nouveau modèle économique : dès l'année suivante, Pascal Chevalier exprime ses pensées : « Je pense que régie publicitaire et rédaction doivent être fusionnées. »[4].

En , certains titres du groupe Lagardère Active, via le consortium 4B Media constitué avec le groupe Rossel[5],[6]. Le groupe Lagardère finance la reprise de ses titres[2].

La société est cotée depuis le au NYSE Euronext Paris[7].

Le , la société devient le premier actionnaire de Tradedoubler en prenant une participation de 19 % dans la société[8].

Après le rachat par Reworld Media, 90 % des équipes des magazines, dont Marie-France et Be, en sont parties en faisant jouer leur clause de cession[9]. Depuis de nombreux recrutements ont été réalisés dans des secteurs comme le numérique ou la production vidéo sous la marque Atelier b.

Mondadori[modifier | modifier le code]

En , le groupe entre en négociations exclusives avec Mondadori, pour la vente de plusieurs dizaines de titres dont Auto Plus, Grazia, Biba, Dr. Good !, Modes et Travaux, Closer, Télé Star ou Science et Vie, une quarantaine au total[10]. Le montant de 200 millions d'euros proposé préalablement avait été refusé par Mondadori[2]. Mais finalement, alors que toute la presse nationale est en crise, le , Reworld annonce avoir émis une offre de rachat d'actions sur Mondadori France pour la somme de 70 millions d'euros[11].

Le de la même année, le groupe rachète donc Mondadori France, faisant de Reworld, le premier groupe de presse magazine français en nombre de journaux détenus[2],[12],[13]. Mondadori France était pourtant une fois et demi plus gros que Reworld[2]. Le syndicat du journal dénonce « un passage en force » car une décision de justice était encore en cours du tribunal de grande instance de Nanterre, celui-ci avait jugé que le groupe Reworld n'avait pas consulté les salariés de Mondadori France, conformément à la loi française[14].

Début , le groupe se retrouve face à une situation inédite[15] : sur 330 journalistes en CDI, 194 démissionnent dans le cadre de leur clause de cession, un dispositif qui permet à un journaliste salarié en CDI de quitter son emploi en l'échange d'indemnités légales lorsqu'un changement d'actionnaire survient au sein de la direction du groupe pour lequel il travaille[16]. Au total, 60 % des journalistes quittent le groupe, laissant planer le doute sur la publication des prochains numéros de certains titres[17]. Le duo Chevalier et Normand qui va dépenser jusqu'à 20 millions d'euros dans cette clause, ne font rien pour les retenir, au contraire[4].

Par ces actions, les journalistes et salariés protestent contre la façon dont la vente a été actée et surtout contre la transformation de la ligne éditoriale des titres du groupe vers des contenus majoritairement publicitaires, via le recours à des fournisseurs de contenus publicitaires extérieurs[18].

Brand content[modifier | modifier le code]

Entre temps, le , Reworld annonce avoir signé une offre d'achat dans le but d'acquérir Sports.fr et Football.fr, deux sites internet traitant de la thématique sports et appartenant au groupe Lagardère[19],[20].

Reworld Media est mandant de la SRI, organisation professionnelle des régies publicitaires sur internet, qui déclare en 2019 à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique exercer des activités de représentation d'intérêts pour un montant annuel inférieur à 75 000 euros[21].

Le modèle économique de l'entreprise peut poser problème à long terme, « sachant la perte de valeur réputationnelle des titres qu'il rachète à tour de bras. Reworld Media s'engage ainsi dans une sorte de course contre la montre qui consiste, pour lui, à faire croître suffisamment vite ses revenus issus du « brand content » et du marketing numérique […] avant d'épuiser la valeur de leurs marques »[22].

Critiques[modifier | modifier le code]

Le groupe est critiqué par plusieurs journalistes, qui lui reprochent ses méthodes de travail et son désintérêt pour le journalisme[23],[24].

Selon Justine Brabant de l'émission Arrêt sur images, le groupe demande des quotas d'articles à écrire par jour et par mois ainsi que des contenus « junk news » (facile, piège à clic), privilégiant la quantité à la qualité[12]. La journaliste décrit le groupe comme « le cauchemar de l'avenir du journalisme ». Lorsqu'il rachète un média, il inciterait les journalistes avec une carte de presse à utiliser la clause de cession. Ainsi, six ans après son rachat, le titre Marie France est passé de 28 à 2 journalistes ; en parallèle Télé Magazine n'a aucun journaliste et Auto Moto a vu le nombre chuter de moitié[25]. D'après un ancien rédacteur en chef du groupe, ce dernier essayerait de s'en débarrasser car ils auraient trop de droits par rapport aux pigistes et aux stagiaires[13]. Ceux-ci seraient payés sous le statut d'auto-entrepreneurs et non de journalistes, forme de sous-traitance. Un modèle économique axé principalement sur des articles promotionnels financés par des marques (« brand content ») avec des articles commandés à la rédaction directement par la régie publicitaire[26]. L'Obs parle donc « de journaux sans journalistes » ou encore de la réputation du duo Pascal Chevalier et Gautier Normand « d'ubériser le journalisme » avec des « méthodes de cow-boy »[27].

Un ancien journaliste critique la rémunération sous ce statut dans Libération[10] : « on me rémunérait 800 euros pour faire vingt contenus dans le mois ».

Le groupe demanderait à ses journalistes de mettre de la publicité cachée dans leurs articles[12],[13].

Au début, seuls sont un peu épargnés de toutes ces méthodes les titres Science & Vie, très rentable car disposant d'un nombre important d'abonnés, et Grazia[25]. Mais finalement, la quasi totalité de la rédaction du magazine Science & Vie démissionne en mars 2021 puis lance le nouveau magazine Epsiloon dont le premier numéro parait en juillet 2021.

Actionnaires[modifier | modifier le code]

Liste de principaux actionnaires au [28].

Nom Part
Idinvest Partners 19,6 %
Pascal Chevalier 18,0 %
Rothschild Asset Management 12,2 %
Hera Capital Partners 3,86 %
Reworld Media (autocontrôle) 2,09 %

Marques[modifier | modifier le code]

E-commerce[modifier | modifier le code]

  • Eat your Box
  • Coffret Gourmand
  • Gourmand Market
  • Boutique Marie France

Événementiel[modifier | modifier le code]

  • Reworld Media Live

Reworld Media Télévisions[modifier | modifier le code]

  • Sport en France (via Media365)
  • Guerres & Histoire TV
  • Gourmand TV
  • Science & Vie TV (50% avec Mediawan Thematics)
  • Science & Vie Junior TV (50% avec Mediawan Thematics)
  • Nous Deux TV
  • Maison & Travaux TV
  • Télé Star Play
  • Top Santé TV
  • Le Chasseur Français TV
  • Auto Plus TV
  • Union TV

Autres activités[modifier | modifier le code]

  • Reworld Media Ventures[29]
  • Atelier b société de production vidéo[30]
  • Content Squad société de production de contenus[31]
  • Tradedoubler spécialiste du marketing à la performance[32]
  • Leads Lab
  • Emailling Network
  • Jungle Native
  • R advertising
  • Zoom On
  • Test de Produits
  • Try & Review

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Leading Media Group »,
  2. a b c d e f et g Grassin, p. 53.
  3. Philippe Larroque, « Marie Claire se déleste du mensuel Marie France », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  4. a et b Grassin, p. 54.
  5. Le Monde du 2 avril 2014.
  6. Reworldmedia.com, 2 avril 2014.
  7. Cotation en direct Euronext
  8. « [INFO FRENCHWEB] Reworld Media devient le premier actionnaire de Tradedoubler », sur FrenchWeb.fr, (consulté le )
  9. « Presse magazine : grande braderie, grande inquiétude », France Inter,‎ (lire en ligne)
  10. a et b « Reworld : «Un conseil : ne bossez jamais pour eux» », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. « Reworld Media confirme le rachat de Mondadori France », sur Investir (consulté le )
  12. a b et c « Chez Reworld Media, "le journalisme, c'est un prétexte pour gagner de l'argent" », sur LExpress.fr, (consulté le )
  13. a b et c « Reworld, ou le cauchemar de l'avenir du journalisme - Par Justine Brabant | Arrêt sur images », sur www.arretsurimages.net (consulté le )
  14. « Reworld Media finalise l'acquisition des magazines français de Mondadori », sur Stratégies, (consulté le )
  15. « 200 journalistes quittent Mondadori après le rachat par Reworld Media », sur ozap.com (consulté le )
  16. « 200 journalistes quittent Mondadori », sur www.lefigaro.fr, (consulté le )
  17. « Hémorragie de journalistes après l’acquisition de Mondadori par Reworld Media », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le )
  18. « A Mondadori France, « hémorragie sans précédent » dans les rédactions », Lemonde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  19. « Reworld souhaite racheter deux sites internet de sport à Lagardère », sur FIGARO, (consulté le )
  20. Zone Bourse, « Reworld Media : offre pour deux sites sportifs de Lagardère | Zone bourse », sur zonebourse.com (consulté le )
  21. « Fiche Sri », sur HATVP (consulté le )
  22. Quentin Soubranne, « Reworld media : La monétisation des contenus dope les marges de Reworld Media, le titre enregistre un sommet », sur BFM Bourse, (consulté le )
  23. « «Grazia» : lettre ouverte à Pascal Chevalier, président de Reworld Media Group », sur Libération.fr, (consulté le )
  24. « Reworld Media snobe la crise », sur Stratégies, (consulté le )
  25. a et b Grassin, p. 55.
  26. Sonia Devillers, « Hervé Poirier et Mathilde Fontez : quel avenir pour Science & Vie ? », sur www.franceinter.fr, (consulté le )
  27. Grassin, p. 52 à 53.
  28. Zone Bourse, « Reworld Medias : Actionnaires Dirigeants... », sur www.zonebourse.com (consulté le )
  29. Fonds doté d'un capacité de financement de 20 millions d'euros.
  30. « Reworld Media lance Atelier b, une entité dédiée à la production vidéo », dirigeant.com,‎ (lire en ligne).
  31. « Production de contenus : Reworld Media lance Content Squad », CB News,‎ (lire en ligne).
  32. « Production de contenus : Pascal Chevalier: Avec TradeDoubler, Reworld Media change de dimension », CB News,‎ (lire en ligne).

Source[modifier | modifier le code]

  • Sophie Grassin et Véronique Groussard, « Reworld Media, le modèle qui fait peur », L'Obs, no 2882,‎ , p. 52 à 55 (ISSN 0029-4713). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Lien externe[modifier | modifier le code]