L’Initiation (revue)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Revue L’Initiation)
Aller à : navigation, rechercher

L’Initiation est une revue trimestrielle française créée en octobre 1888 par Papus (Gérard Encausse), l’organe officiel du Groupe Indépendant d’Études Ésotériques.

Couverture du no 4 de 2006 de la revue L'Initiation

Historique[modifier | modifier le code]

La revue mensuelle L’Initiation est fondée en octobre 1888 par Papus (Gérard Encausse) qui en est le directeur. Le rédacteur en chef est George Montière, Charles Barlet et Julien Lejay, les secrétaires de rédaction. Elle est vendue au prix de 10 FF par an pour 10 numéros.

La rédaction est adressée au 14 rue de Strasbourg, où Papus habite cette année là dans une modeste chambre d'étudiant, et l’administration 54 rue Saint-André des Arts à Paris.

L’Initiation est définie par Papus comme une revue philosophique indépendante des Hautes Études : Hypnotisme, Théosophie, Franc-maçonnerie et Sciences Occultes.

On trouve au sommaire du n° 1 d’octobre 1888 des articles sur la Philosophie : « l’Initiation » de Charles Barlet, sur la Franc-maçonnerie avec « le symbolisme » par Papus, la Physiognomonie avec « La Théorie des Tempéraments » par Polti et Gary de Lacroze, « Louis-Claude de Saint-Martin » par Julien Lejay. « La légende de l’inceste » par Joséphin Peladan et de la poésie par Adélaïde Morin et Charles Dubourg.

Les illustrations et la première page sont significatives.

Ses sujets seront la Franc-maçonnerie, la Tradition Égyptienne, l’étoile flamboyante, les quatre évangélistes et le vénérable devant sa Loge brandissant le rameau d’acacia et l’épée flamboyante.

Gérard Encausse (Papus) refusé deux fois en maçonnerie en France (à la GLDF), a été initié en Angleterre.

Le Suprême Conseil de l’Ordre Martiniste[modifier | modifier le code]

C’est en 1891 que Papus, entouré de onze fidèles, créa le premier Suprême Conseil de l’Ordre Martiniste. Les noms de ces onze fidèles sont bien connus en raison du rôle éminent qu’ils ont, à divers titres, joué dans la renaissance initiatique et spirituelle de la fin du XIXe siècle dont Papus fut le grand coordinateur comme il en demeure à jamais l’incontestable figure de proue.

Stanislas de Guaita, Lucien Chamuel, Paul Sédir (Yvon Le Loup), Paul Adam, Julien Lejay, George Montière, Charles Barlet (Albert Faucheux), Burget, Augustin Chaboseau, Maurice Barrès et Joséphin Peladan furent onze fidèles et quand les deux derniers de cette nomenclature démissionnèrent, ils furent remplacés par Marc Haven (gendre de Monsieur Philippe) et par Victor-Émile Michelet, l’auteur des Compagnons de la Hiérophanie, grâce à qui nous connaissons mieux les personnalités citées plus haut.

Cependant, aucun de ces compagnons ne prit la relève à la tête du Suprême Conseil lorsque Papus se désincarna en 1916, soit vingt-cinq ans après la fondation de l’Ordre Martiniste.

Cette première revue L’Initiation est une revue très éclectique, ouverte à tous les courants occultistes : Franc-maçonnerie, Martinisme, Spiritisme, mais aussi à la vie sociale ; elle fait part de l’actualité, elle comporte un bulletin théosophique, et une partie littéraire et enfin fera une large part à la poésie.

Jacqueline Encausse dit : « Le récit qui précède n’est pas du roman. C’est un épisode peu connu de la période brillante de la vie de Papus ».

Le Groupe Indépendant d’Études Ésotériques[modifier | modifier le code]

Le Groupe Indépendant d’Études Ésotériques réussissait vraiment à réunir autour de Papus des chercheurs et occultistes de son temps : une élite intellectuelle. Il en était le créateur et le centre et s’il ne fut pas le plus grand, il eut le talent d’attirer et de grouper autour de lui tous ceux qui s’intéressaient à l’occultisme.

L’Initiation, créée en 1888, en fut l’organe. Cette publication permettait à de jeunes auteurs de s’exprimer, de s’affirmer, de se faire connaître. Papus était soutenu et aidé par ses amis qui se chargeaient des opérations matérielles et fastidieuses : groupement et sélections des articles, abonnements, relations avec l’imprimeur, etc.

L’étranger venait à lui. Ses livres étaient traduits en plusieurs langues.

À cette époque la puissance de travail de Papus était à son apogée. Il ne cessait d’écrire des ouvrages ayant tous un grand retentissement. Il regroupait avec talent plusieurs de ses brochures de jeunesse pour en faire des ouvrages aussi complets que le Traité Méthodique de Sciences Occultes.

Par ailleurs, il poursuivait ses études de médecine, brillamment d’ailleurs, protégé et estimé de ses maîtres. On relève le nom du Professeur Luys qui le guidait sur les possibilités curatives de l’hypnotisme dans des cas d’hystérie.

Ce n’était plus l’étudiant impétueux, mais l’homme mûri encouragé par ses succès, très connu de la vie parisienne, ayant un peu épaissi physiquement, mais ayant décanté son esprit capable d’aborder tous sujets allant dans le sens de la Connaissance.

Il est à noter que l’initiation était indépendante de l’Ordre Martiniste.

La première loge Martiniste date de 1887 où nous voyons Papus, Stanislas de Guaita, Joséphin Peladan se réunir à Montmartre.

Le dernier numéro de la revue l’Initiation sort en octobre 1912. Au sommaire, le lecteur trouve des articles de Papus sur « Le temple Egyptien et ses mystères », et de Saint-Yves d’Alveydre décédé en 1909 sur « La définition de l’Archéomètre » et « Le Mysticisme » de Sédir. Il est à noter que Papus reprend des articles anciens, peut être que les gens ne voulaient plus collaborer à la revue ?

L’Initiation en 1912 en est à sa 24e année et 96e volume.

La revue Mysteria[modifier | modifier le code]

La revue L’Initiation va être publiée jusqu’en octobre 1912 et c’est en décembre 1913 qu’apparaît la nouvelle revue Mysteria, revue mensuelle illustrée d’études initiatiques publiées sous la direction du Dr Papus dont le premier numéro sortira en janvier 1913 et comportait une partie philosophique : les articles portent sur une bibliographie du Martinisme, les plantes magiques, Louis-Claude de Saint-Martin, l’astrologie, Jésus et la Science, etc.

La rédaction, l’administration se situent 15 rue Séguier à Paris VI, le prix est le même : 10 F par an pour l’abonnement de 10 numéros.

Il est à noter que l’administration de la revue se situe au même endroit que le lieu de conférences « Les amis de Saint Yves » 15 rue Séguier, Paris VI (siège de l’association des « Amis de Saint-Yves d’Alveydre », créée en 1910).

Papus dit :

« Au bout de vingt-trois ans, une revue, comme un être humain vers la soixantaine, a besoin de transformations. Voilà pourquoi nous avons créé « Mysteria ». Le titre de cette revue, adapté aux idées actuelles, indique bien son nouveau caractère. Comme sa mère, Mysteria sera le complément de toutes les revues psychiques et sera destinée aux lecteurs déjà instruits dans ces études, aux initiés plutôt qu’aux commençants.

Mais Mysteria veut, dans sa forme nouvelle, insister tout spécialement sur les arts divinatoires et, dans quelques numéros, une section spéciale sera destinée à la physiognomonie, à la chiromancie, à la graphologie et à quelques données d’astrologie et d’hermétisme. »

La revue Mysteria comporte 96 pages format in octavo qui va paraître tous les mois comme la revue l’Initiation.

Nous lisons dans le sommaire du 1er numéro de janvier 1913 « Jésus et la science » par Susabo. « La Colère et le Pardon » par G. Wilfried, « la Réincarnation » par Franlac, « l’Occultisme scientifique » par G. Durville, « La France Chrétienne » par Émile Le Laboureur. On constate que les grands auteurs de l’ancienne revue n’existent plus, les articles sont signés de nomens.

Le dernier numéro de la revue Mysteria paraîtra en mai 1914 avec un numéro spécial consacré à l’Alchimie, signé Bodelot ; l’adresse de la revue est rue Rodier à Paris. C’est la déclaration de guerre 1914-1918. Tout s’arrête. La revue va s’arrêter définitivement à la mort physique de Papus, survenue en 1916.

De mai 1914 à janvier 1953, durant 39 années, rien.

Il faut noter qu’à la mort de Teder (Henri-Charles Détré) en 1918, Jean Bricaud va organiser à Lyon un Martinisme plus maçonnique, Victor Blanchard et Augustin Chaboseau fondent l’O.M.S., l’Ordre Martiniste et Synarchique qui va émigrer en Angleterre et en Amérique du Nord, c’est de là que viendra l’O.M.T., l’Ordre Martiniste Traditionnel.

La revue comporte 4 numéros trimestriels et un numéro spécial de 54 pages en fin d’année.

La nouvelle série de la revue L’Initiation[modifier | modifier le code]

C’est en 1953, soit une quarantaine d’années plus tard, que le Dr Philippe Encausse, fils de Papus, donne une nouvelle vie à la revue L’Initiation « Cahiers de documentation ésotérique traditionnelle », le no 1 de janvier/février 1953 indique qu’il y a 6 numéros par an de 48 pages.

Le titre en est : « L’Ordre Martiniste de Papus renaît… »

Dans le sommaire on peut noter « L’introduction au Martinisme » par Jean de Luquère, « Martinisme et Martinézisme » par Aurifer, «Les femmes et la Franc-maçonnerie » par Éliane Brault, et « Les marchands du Temple » par Philippe Encausse et un article sur la résurgence de l’Ordre Martiniste.

Philippe Encausse en est le directeur, le gérant, le propriétaire et le rédacteur en chef de janvier 1953 jusqu’en juillet 1984.

Les administrateurs successifs sont : Georges Crépin, Georges Cochet, Denise Pageaut, Jean Bretin, Jacqueline Encausse de 1987 jusqu’en 1995 et Annie Boisset de 1996 à 2012.

Michel Léger devient directeur de la revue en 1982.

Il faut noter que Philippe Encausse, qui remplit toutes les fonctions, veut arrêter la revue et Michel Léger lui propose de la continuer, car il considère que faute d’abonnés, il lui apparaît impossible de remettre en marche la revue dans quelques années. Philippe Encausse et Michel Léger effectuent de nombreuses démarches dans les administrations, car pour changer l’adresse de la revue il faut l’aval du Procureur de la République de Lyon, et pour le changement d’adresse du CCP, compte bancaire, et de la domiciliation de la revue, de nombreuses démarches sont également requises.

Yves-Fred Boisset est rédacteur en chef de la revue depuis septembre 1984. Il effectue un excellent travail et c’est grâce à lui que la revue continue aujourd’hui et s’est développée avec l’aide d’Annie Boisset l’administrateur.

C’est en 1962, sur le n° 2, qu’apparaît l’indication que L’Initiation est l’Organe Officiel de l’Ordre Martiniste ; cela signifie aussi que l’Ordre Martiniste subventionne la revue. Philippe Encausse donnait généreusement beaucoup d’abonnements et le nombre d’abonnés payant était tombé en 1982 à environ 120.

Afin d’ouvrir la revue et de revenir à son origine, en 1999 dans le numéro 2, L’Initiation redevient les Cahiers de Documentation Esotérique Traditionnelle, revue du Martinisme et des divers courants initiatiques.

Philippe Encausse a consacré son activité à la mémoire de son père. Il multipliera les rééditions des œuvres de Papus, avec l’aide de son ami Dangles et de Jordan (éditeur). Philippe Encausse ressuscita le Martinisme et dans la foulée la revue « L’Initiation ».

Dans une lettre que Robert Ambelain adresse à Michel Léger le 25 février 1986, on lit :

« Il est des faits que vos lecteurs et les membres de l’Ordre doivent connaître en effet ; il est bon de se souvenir que notre amitié, notre affection, à Philippe Encausse et moi-même, n’a cessé de s’amplifier au cours des années, et qu’elle demeure au-delà de la mort.

« J’ai été son initiateur au Martinisme, comme je le fus pour Robert Amadou et Jules Boucher, et j’ai initié tout son Suprême Conseil de 1952 : Bertrand de Maillard, Georges Crépin, Pierre Delpirou, Jean Carrega, Élyane Brault, Gisèle Faivre, etc.

« C’est pourquoi, hormis la S.: Maria Lorenzo, initiée je crois par son père : José de Via, à Barcelone, tous les membres de l’Ordre Martiniste actuel m’ont ainsi en leur filiation initiatique. Cela m’imposait et m’impose des devoirs, si eux trouvent bon de s’en affranchir ! »

En novembre 1952, Philippe Encausse nomme Robert Ambelain Inspecteur Général de l’Ordre. Robert Ambelain dit :

« Philippe Encausse avait tenté de revenir à L’Initiation à l’époque de son père. La page 4 de la couverture du numéro 3/4 de 1956 l’annonçait et en témoigne encore : Astrologie, Chiromancie, Théurgie, Alchimie, Gnose, Kabbale, y devaient doubler les chroniques Martinistes habituelles. Il n’en fut rien. Philippe Encausse fut contré par des gens que leur ignorance telle des connaissances ésotériques infériorisait et qui, de ce fait, y étaient fondamentalement hostiles ! »

L’orientation qui est donnée aujourd’hui à L’Initiation est une ouverture à un maximum de points de vue, et l’accueil de nouveaux auteurs. On a cherché des auteurs plus éclectiques, cette revue est ouverte à tous les Martinistes, pour tous les cherchants. En 2004, la revue comptait 300 abonnés, lorsque nous avons repris la revue en 1984, il y avait 130 abonnés. Depuis les années 1990, le nombre d’abonnés a augmenté grâce à l’action du rédacteur en chef Yves-Fred Boisset et des conférences qu’il a données dans tous les milieux initiatiques.

Éditions étrangères de la revue L'Initiation[modifier | modifier le code]

La revue « L’Initiation » s’est récemment enrichie de trois éditions étrangères : en 2000, une édition anglophone publiée à Plainsfield (Indiana – États-Unis) et codirigée par Onslow Wilson, en 2001, une édition lusophone publiée à Rio de Janeiro (Brésil) et codirigée par Mario Willmersdorf et, en 2002, une édition hispanophone publiée à Madrid (Espagne) et codirigée par Diego Cerrato Barragán.

La revue L’Initiation restera dans la tradition des grandes figures du Martinisme, Jacob Boehme le précurseur, Louis-Claude de Saint-Martin le régulateur et Papus, le diffuseur. Cette revue est celle de la maçonnerie, franc-maçonnerie rectifiée avec Martinès de Pasqually, Jean-Baptiste Willermoz et Louis-Claude de Saint-Martin, mais aussi le Régime Écossais Rectifié (RER), la Grande Loge de France (GLF), et le Grand Orient (GO) ; elle est aussi celle de tous les Ordres Martinistes.

Liens externes[modifier | modifier le code]