Retentum

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Dans la procédure criminelle de l'Ancien Régime, le retentum traduisait un geste d'humanité envers une personne promise à une peine capitale particulièrement douloureuse. Gardée secrète par le juge (d'où son nom), cette disposition n'en était pas moins exécutoire. En latin, ce participe passé à la forme neutre du verbe retineo (retines, retinere, retinui) signifie retenu (c'est-à-dire maintenu secret, donc tu). Attesté depuis le moyen-âge, le retentum n'a pas survécu à la Révolution.

Par une note manuscrite secrète, le juge ordonnait qu'on épargnât à un « criminel » qui avait expié ses « fautes » la souffrance atroce des supplices alors en usage (écartèlement, roue, bûcher...). Le condamné était mis à mort discrètement, par strangulation ou en lui transperçant le cœur d'un crochet de fer, avant que son cadavre subisse le châtiment prévu[1].

Il existe des exemples de cet usage en dehors de la procédure pénale. Ainsi le , en enregistrant l'ordonnance de Moulins, le Parlement de Paris y inséra secrètement une clause de retentum[2].

Condamnés à mort ayant bénéficié du retentum[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Antoine Merlin, Répertoire universel et raisonné de jurisprudence, vol. 27, H. Tarlier, 1828, p. 345 s. v. (en ligne).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Armand, Les bourreaux en France. Du Moyen Âge à l'abolition de la peine de mort, ED18, 2012 (en ligne).
  2. Sylvie Daubresse, Le parlement de Paris, ou La voix de la raison (1559-1589) (« Travaux d'Humanisme et Renaissance », 398), Genève, Droz, 2005, p. 259 (en ligne).