Renier Chalon

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Renier Chalon
Biographie
Naissance
Décès
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BruxellesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité

Renier-Hubert-Ghislain Chalon, né à Mons (Empire français) le et décédé le à Bruxelles, fut notamment un numismate, photographe et collectionneur belge.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Né dans une famille bourgeoise de Mons, Renier Chalon épousa une descendante directe du peintre David Teniers, Victoire Taintenier[réf. nécessaire] (1806-1840). Il eut deux filles, Elise et Sophie ; la fille de Sophie épousa Gustave Stinglhamber, Premier président de la cour d'appel de Bruxelles. Diplômé en 1824 de la faculté de droit de l'Université d'État de Louvain, il y a soutenu une thèse sur le mariage civil. Il embrassa la carrière des contributions et fut nommé receveur des impôts à Cuesmes (Hainaut), pour occuper, finalement, un bureau important de Bruxelles. Après avoir joui d'une mise en disponibilité de dix-sept mois, il prit sa retraite le . Malheureusement veuf dès 1840, il partageait ses temps libres entre ses deux filles et de nombreuses passions, nouvelles à l'époque : l'archéologie, la numismatique, la photographie notamment.

Un esprit lumineux[modifier | modifier le code]

Peu après le décès de son épouse Victoire, ses activités privées se multiplient à travers plusieurs sociétés savantes et quelques pastiches de sociétés secrètes, telle que la Société des agathopèdes, société érudite, burlesque et gastronomique.

Il participe à la fondation de la Société des sciences, des arts et des lettres du Hainaut (en 1833), à la Société des bibliophiles flamands (1839) ; il aide également à fonder la Société belge de numismatique, qui est définitivement constituée à Bruxelles, le  ; le premier, il en devient le président et sera réélu plusieurs fois. Il fut l'auteur de deux monographies sur la numismatique du Comté de Hainaut et du Comté de Namur, première étude de ce genre en Belgique. Au concours de 1851, l'Institut de France (Académie des inscriptions) lui décerne la mention très honorable. L'Académie royale des lettres, des sciences et des beaux-arts de Belgique le reçoit au nombre de ses membres effectifs le . En 1860, il publie son œuvre majeure, connue sous le titre de Recherches sur les monnaies des comtes de Namur. Enfin, il est élu président de l'Académie d'archéologie de Belgique en janvier 1874.

Épistolier[modifier | modifier le code]

Renier Chalon entretenait une relation épistolaire avec d'autres savant belges tels que les numismates le baron Jean de Witte (1808-1889),  le baron Kervyn de Lettenhove (1817- 1891) et le baron de Stassart (1780-1854)[1].

Maître ès canular[modifier | modifier le code]

Le Musée royal de Mariemont, en Belgique, consacra une exposition en 2008 à l'aspect facétieux de Chalon. Joyeux trouble-fête, il eut l'idée de se moquer des bibliophiles européens en réalisant une fausse vente de livres à tirage unique, tous fantaisistes[1]. Publié pendant l'été 1840, le Catalogue de la bibliothèque du comte de Fortsas[2] a suscité une émeute dans les cercles érudits européens, avant que la supercherie ne soit dévoilée par Chalon. Le gouvernement de l'époque aurait même envisagé de débloquer des fonds spéciaux pour l'acquisition de certains ouvrages. Il semble que seule la peur du ridicule convainquit ses victimes de ne pas mener d'action en justice contre lui ; on dit aussi que sa gentillesse et son humour eurent tôt fait d'éteindre le courroux des bibliophiles ainsi dupés. Sans doute, la décès de son épouse, quelques mois plus tôt, a-t-il joué un rôle important dans l'investissement de Chalon dans ce canular. Chalon s'est encore amusé à publier de fausses découvertes archéologiques, telles qu'un vase romain découvert à Onnezies, dans le Hainaut, ou un buste en pierre découvert à Spiennes - tous les deux faux, bien entendu.

Distinctions et hommages[modifier | modifier le code]

Il fut décoré et nommé successivement chevalier, officier et commandeur de l’ordre de Léopold.

Une rue et une plaine de jeux pour enfants portent son nom, à Ixelles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Dehérain, « La correspondance archéologique du Baron Jean de Witte, conservée a la bibliothèque de l'institut. (premier article) », Journal des savants, vol. 11,‎ , p. 362–370 (DOI 10.3406/jds.1913.5865, lire en ligne, consulté le 28 juin 2016)

Sources[modifier | modifier le code]

L'essentiel des informations biographiques est issu de l'article publié en 1889 en hommage à Renier Chalon, reproduit sous le lien suivant [3]

  • De CALLATAY Fr. et SORGELOOS Cl., Chalon-Fortsas. Le canular en Belgique. Catalogue d'exposition (Musée royal de Mariemont, 11/07/08 - 05/10/08), Mons, Musée royal de Mariemont, 2008
  • De SCHODT A. In memoriam, dans la Revue belge de numismatique, 45, Bruxelles, 1889, p. 452-464