Rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un à Singapour en 2018

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Rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un à Singapour en 2018
Poignée de main entreKim Jong-un et Donald Trump
Poignée de main entre
Kim Jong-un et Donald Trump

Pays Drapeau de Singapour Singapour
Coordonnées 1° 14′ 58″ nord, 103° 49′ 28″ est
Date
Participant(s) Donald Trump (président des États-Unis)
Kim Jong-un (dirigeant suprême de la Corée du Nord)

Géolocalisation sur la carte : Singapour

(Voir situation sur carte : Singapour)
Rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un à Singapour en 2018

La rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un (Corée du Nord: Hangeul: 조미 수뇌상봉, Hanja: 朝美 首腦相逢; Corée du Sud: Hangeul: 북미 정상회담, Hanja: 北美 頂上會談), respectivement président des États-Unis et dirigeant suprême de la Corée du Nord, est un sommet politique entre les deux chefs d’États qui a lieu à Singapour le .

Contexte[modifier | modifier le code]

Début mars 2018, plusieurs polémiques et escalades verbales dans les relations entre la Corée du Nord et les États-Unis font craindre un conflit nucléaire entre les deux pays. Cependant, à la surprise générale, le leader nord-coréen propose au président américain une rencontre où seraient notamment négociés les différends liés à la nucléarisation militaire nord-coréenne. Donald Trump accepte l'invitation[1]. La rencontre est prévue pour le 12 juin 2018 à Singapour[2], mais elle est annulée par Trump en mai en raison du retour de la rhétorique belliqueuse de la Corée du Nord et du rejet par le gouvernement nord-coréen des demandes de dénucléarisation formulées par l'administration américaine[3]. Quelques jours plus tard suite à une déclaration de conciliation de la Corée du Nord, la rencontre est maintenue comme prévu[4].

Le 26 mai, Kim Jong-un procède à un important remaniement à la tête de l’armée nord-coréenne dans la perspective de cette rencontre. Ce changement est présenté par le régime comme la manifestation de « la dynamique d’apaisement avec les États-Unis et de sa volonté de renoncer, à terme, à sa force de dissuasion nucléaire »[5]. Le 1er juin, Donald Trump reçoit dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, le général Kim Yong-chol qui lui remet une lettre du dirigeant nord-coréen. Cette rencontre fait suite aux deux entretiens à Pyongyang entre Kim Jong Un et le secrétaire d’État Mike Pompeo qui a reçu à son tour à New York le général Kim dans le cadre des préparations pour ce sommet[6].

Le 7 juin, lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe à Washington, le président Trump a annoncé être prêt « à inviter le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un aux États-Unis et même à la Maison-Blanche, si les négociations au sommet se déroulent bien », tout en précisant qu'il quittera les discussions « si nécessaire ». Il a également déclaré qu'il « s'attendait à une normalisation des relations avec la Corée du Nord, si le régime accepte un accord qui réponde aux attentes des États-Unis »[7].

Organisation du sommet[modifier | modifier le code]

Pièce américaine commémorative de la rencontre.
Carte de Singapour.

Le lieu retenu pour ce sommet est un hôtel de luxe, l'hôtel Capella, sur l'île de Sentosa[8].

Cependant, les délégations logeront chacune dans deux autres hôtels de luxe : le St Regis pour les Nord-coréens qui ne payent pas les frais et le Shangri-La pour les Américains[9].

L' Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) et la Federal Aviation Administration américaine (FAA), ont annoncé que « l'espace aérien au-dessus de Singapour sera temporairement interdit les 11, 12 et 13 juin » et que « tous les avions arrivant à l'aéroport Changi de Singapour devront réduire leur vitesse et faire face à certaines restrictions sur l'utilisation des pistes pour des raisons de sécurité nationale »[10].

Tenue et déroulement[modifier | modifier le code]

Avant le sommet[modifier | modifier le code]

Logo du sommet utilisé par Singapour
Logo du sommet utilisé par les États-Unis

Donald Trump[modifier | modifier le code]

La tenue de ce sommet se déroule trois jours après le sommet du G7 pour le président américain Donald Trump. Il atterrit à bord d'Air Force One sur la base aérienne de Paya Lebar le à 20 h 21 (UTC+08:00), 36 heures environ avant le début du sommet[11].

Kim Jong-un[modifier | modifier le code]

Kim Jong-un atterrit le premier à l'aéroport de Singapour-Changi le à bord d'un avion Boeing 747 d'Air China. S'ensuit une rencontre avec le Premier ministre de Singapour, Lee Hsien Loong, avant ladite rencontre avec le président américain deux jours plus tard[12]. Le lendemain, Kim se promène dans le centre de Singapour en compagnie de sa sœur Kim Yo-jong. Ils visitent le parc Gardens by the Bay, le complexe hôtelier Marina Bay Sands et l'Helix Bridge (en) en compagnie de la ministre des Affaires étrangères de Singapour, Vivian Balakrishnan et du ministre de l'Éducation, Ong Ye Kung[13],[14].

Pendant le sommet[modifier | modifier le code]

La rencontre entre les deux hauts dirigeants a lieu à 9 heures (UTC+08:00).

Délégations[modifier | modifier le code]

Ci-après les délégations en présence :

Drapeau de la Corée du Nord Corée du Nord

Conséquences[modifier | modifier le code]

Réactions[modifier | modifier le code]

Réactions de la presse[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, le Wall Street Journal considère que la rencontre apporte peu d'avancées concrètes[15].

En Chine, il faut attendre les résultats et le retrait, ou non, de la présence militaire des États-Unis (en particulier le parapluie antimissile THAAD), selon Chen Fengjun, professeur à l’Institut de relations internationales de l’université de Pékin[15].

Au Japon, Yoshihide Suga, secrétaire général du Cabinet du Premier ministre, considère que « le Japon est déterminé à régler la question des rapts [de citoyens japonais] par la Corée du Nord, lors de discussions entre le Premier ministre Shinzo Abe et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un » selon le Mainichi Shimbun[15]. Un professeur de l’université de Keio à Tokyo se demande si « la population américaine approuve le fait que tant d’argent ait été dépensé pour l’organisation d’une rencontre débouchant sur si peu de résultats »[15].

En Italie, le journal Il Sole-24 Ore considère que Trump confère une plus grande stature internationale à Kim qu'à ses alliés[15].

Au Royaume-Uni dans le Daily Telegraph, Tim Stanley considère que « Kim apparaît en vainqueur du sommet »[15].

En Russie, le journal Kommersant considère le résultat présenté comme faible et inconsistant[15].

Réactions des chefs d’État et des ministres[modifier | modifier le code]

Sergueï Lavrov, responsable de la diplomatie russe, qualifie cet événement de « positif »[16].

Le document signé par Donald Trump et Kim Jong-un est un « pas significatif », a salué Nathalie Loiseau, la ministre française des Affaires européennes, doutant cependant « que tout ait été atteint en quelques heures » et regrettant le double standard appliqué par Washington au détriment de l'accord sur le nucléaire iranien[16].

Shinzo Abe à Tokyo considère qu'il s'agit d'un premier pas[16].

Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU a considéré qu'il s'agit d'une « étape importante »[16].

En France, Benjamin Griveaux porte-parole du gouvernement considère qu'il s'agit d'un « événement significatif »[16].

Le dalaï-lama s'est réjoui de l'accord, déclarant : « Je suis fermement convaincu que le dialogue est le seul moyen de résoudre les problèmes, que ce soit entre des individus ou des nations », ajoutant qu'« en tant que défenseur déclaré de la démilitarisation à travers le monde et de l'élimination complète des armes nucléaires, je me félicite de ce sommet historique pour assurer une paix durable dans la péninsule coréenne »[17].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. Sébastien Falletti, « Le dictateur stratège de Pyongyang brise son isolement », Le Figaro, samedi 10 / dimanche 11 mars 2018, pages 2-3.
  2. « Trump-Kim summit plan draws positive reactions from key players », sur Fox News, .
  3. « Trump’s cancellation of summit with Kim raises fears of renewed tensions, destabilization », sur Washington Post, .
  4. « Top North Korean official Kim Yong Chol heading to US », sur CNN, .
  5. « Avant le sommet avec Donald Trump, Kim Jong-un purge son armée », sur Le Monde, .
  6. « Kim Yong Chol, le n°2 nord-coréen rencontre Trump pour lui remettre une "lettre scellée" de Kim Jong Un », sur Huffpost, .
  7. « Trump says he would invite Kim Jong Un to U.S. if negotiations go well », sur CBS News, .
  8. « Trump-Kim : rendez-vous sur l'île de Sentosa », sur Le Point, .
  9. BFMTV, « St Regis, Shangri-La, Capella: un sommet Trump-Kim Jong-un en trois hôtels », sur BFMTV (consulté le 12 juin 2018).
  10. « Singapore Airspace To Be Restricted During US-North Korea Summit », sur NDTV, .
  11. (en) Jeremy Diamond, « Trump arrives in Singapore ahead of historic North Korea summit », sur cnn.com, .
  12. (en) Jamie Tarabay, « Kim Jong Un arrives in Singapore for historic summit; meets Singapore PM », sur cnn.com, .
  13. (en) Lee Li Ying, « Kim Jong Un explores Singapore's Gardens by the Bay, Marina Bay Sands on night before summit », sur channelnewsasia.com, .
  14. (en) Kor Kian Beng & Linette Lai, « North Korean leader Kim Jong Un visits Singapore attractions on eve of Trump-Kim summit », sur straitstimes.com, .
  15. a, b, c, d, e, f et g https://www.courrierinternational.com/article/sommet-trump-kim-les-reactions-de-la-presse-internationale
  16. a, b, c, d et e http://www.lefigaro.fr/international/2018/06/12/01003-20180612LIVWWW00001-en-direct-sommet-donald-trump-kim-jong-un-singapour-rencontre-etats-unis-coree-nord.php#912517
  17. (en) Dalai Lama hails Trump-Kim summit, PTI, 13 juin 2018

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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