René Béhaine

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René Béhaine
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René Béhaine, de son vrai nom René Gaston Béhenne, né le à Vervins (Aisne) et mort le à Villefranche-sur-Mer[1], est un écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dès son premier roman, publié en 1899, il s’attaque avec véhémence à l’institution « bourgeoise » du mariage « arrangé ». Toute sa vie, il sera un individualiste forcené, refusant, par exemple le service militaire et passant la Première Guerre mondiale en Suisse.

Un peu comme Marcel Proust, auquel on l’a souvent comparé, il a voulu décrire la société de son temps, sur laquelle il portait un regard aiguisé et surtout un jugement implacable. Car, s’il réclamait, surtout en tant qu’écrivain, son indépendance personnelle, il fut très loin d’être, sur le plan social, tenté par l’anarchisme. Bien au contraire, il dénonçait le fait que plus aucun ordre ne régnât dans la société et en recherchait - c’est peut-être même l’objet principal de son œuvre - les causes. À l’instar de Balzac, il accusa la Révolution française, fruit et ferment d’un libéralisme effréné et destructeur.

L’œuvre de René Béhaine fut, entre les deux guerres mondiales, saluée par une partie de la critique. Ainsi Léon Daudet, codirecteur de l’Action française et grand découvreur de talents, le plaçait sur le même plan que Marcel Proust et écrivait après la parution d’Avec les Yeux de l’Esprit : « On dirait qu’il a déjà vécu une première vie, dont il se souvient dans une seconde existence... » À la fin des années 1930, il fit la connaissance de Pierre Guillain de Bénouville, alors camelot du roi, qui devait devenir l’un des chefs de la Résistance intérieure, puis celle de Jacques Guérin, l’un des plus grands mécènes du XXe siècle ; l’un et l’autre le soutinrent jusqu’à la fin de sa vie et l’aidèrent à publier ses trois derniers livres - sans doute les plus importants - qui parurent en Suisse.

Jugements[modifier | modifier le code]

« Sa critique de la bourgeoisie déchue s’est épanchée dans une suite de tableaux significatifs, vigoureusement brossés, à la composition desquels ont collaboré un observateur perspicace, un moraliste passionné et un humoriste narquois qui prend plaisir à montrer l’humanité toute nue, dans ses contradictions et ses ridicules - l’ensemble composant une vaste fresque qui complète celle que Proust nous a léguée de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie à la même époque[2]. »

  • Viviane Smith :

« Cet univers romanesque allie de façon déconcertante un personnage central d’une idéologie réactionnaire à des procédés romanesques divers, inventifs et précurseurs. Le climat du texte l’emporte sur le déroulement du récit, ralenti jusqu'à l’immobilisme. Les traces d’un humour corrosif donnent un relief plus aigu aux analyses cruelles. L’auteur s’est risqué à la phrase longue, difficile à lire, qui retient les uns et décourage les autres. Enfin, en creusant le particulier d’une âme, celle de Michel, le romancier rejoint le général, procédé romanesque également précurseur. Le lyrisme de Michel, antihéros qui se veut héroïque, retentit comme la complainte, proférée devant le tribunal du lecteur, de la condition humaine tout entière[3]. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • L’Histoire d’une Société, commencée en 1904 et achevée en 1959, comprend 16 volumes aux titres symboliques :
    • Les Nouveaux venus (Charpentier, 1908)
    • Les Survivants (Grasset, 1914)
    • Si jeunesse savait... (Grasset, 1919)
    • "La Conquête de la Vie" (Grasset, 1924)
    • L’Enchantement du Feu (Grasset, 1926)
    • Avec les yeux de l’Esprit (Grasset, collection « Les Cahiers Verts », 1928)
    • Au prix même du Bonheur (Grasset, 1930)
    • Dans la foule horrible des hommes (Grasset, 1932)
    • La Solitude et le Silence (Grasset, 1933)
    • Les Signes dans le ciel (Grasset, collection « Pour mon plaisir », 1935)
    • O Peuple infortuné (Grasset, 1936)
    • Le Jour de gloire (Mercure de France, 1939)
    • Sous le char de Kâli (Laffont, 1947)
    • La Moisson des Morts (Éditions du Milieu du Monde, 1957)
    • L’Aveugle devant son miroir (Éditions du Milieu du Monde, 1958)
    • Le Seul Amour (Éditions du Milieu du Monde, 1959)
  • La Conquête de la Vie (Chamuel, 1899)
  • Claude, illustré par Yvonne Préveraud de Sonneville (Laffont, 1947)

Traductions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de l'Aisne, commune de Vervins, acte de naissance no 92, année 1880 (avec mention marginale de décès) (page 237/281)
  2. Albert Feuillerat, « Un précurseur de Marcel Proust : René Béhaine » in Bulletin des études françaises, Montréal, mars 1942.
  3. Viviane Smith, La Première Manière de René Béhaine, Doctorat d’université, Paris-Sorbonne, 1978.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Viviane Smith "La première manière de René Béhaine" Doctorat d'Université Paris-Sorbonne, 1978.
  • Maximilien Vox, « Un romancier de génie, René Béhaine » in Carrefour, 24 août 1960.
  • Ginette Guitard-Auviste, « Histoire d’une Injustice » in Les Nouvelles littéraires, 13 janvier 1966.
  • Yves Gandon, « Explication de René Béhaine » in Écrits de Paris, mai 1960.
  • Jean Mabire, « René Béhaine, la « comédie humaine » d’un siècle tragique » in Que lire, National-Hebdo.
  • " Pièces à conviction, pages choisies par Sylvain Monod et présentées par Yves Gandon (Editions du Milieu du Monde, 1960)
  • Xavier Soleil " Pages choisies de l'Histoire d'une Société présentées par Xavier Soleil, avec une lettre de Michel Déon de l'Académie française " - Éditions Nivoit, 2006

Liens externes[modifier | modifier le code]