René la Canne

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René la Canne
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Biographie
Naissance
Décès
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ReimsVoir et modifier les données sur Wikidata
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René GirierVoir et modifier les données sur Wikidata
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René Girier, dit « René la Canne », né le à Oullins (banlieue lyonnaise) et mort le dans une maison de retraite à Reims, était un truand français.

Origine du surnom[modifier | modifier le code]

Le surnom René la Canne ou René le boiteux provient d'une balle reçue dans la jambe qui le fait boiter, la « canne » étant la jambe en argot.

Biographie[modifier | modifier le code]

René la Canne fut un malfaiteur spécialisé dans les attaques à main armée dans les années 1940 et surtout 1950. Il se rendit célèbre par ses nombreuses évasions.

Il s'évada 17 fois en huit ans de prison et fut libéré en 1956 grâce à sa visiteuse de prison, la princesse Charlotte de Monaco, qui l'installa près de son château de Marchais (Aisne). Il devint son chauffeur (sans permis), son intendant et son ami. René la Canne fut ainsi le chauffeur de la princesse Charlotte au mariage de son fils Rainier III de Monaco avec Grace Kelly en 1956.

Il s'installe comme libraire à Reims en 1957, puis s'occupe d'entreprises permettant la réinsertion d'anciens prisonniers : "Les ramoneurs de France", un atelier de polissage et une affaire de réparation de flippers[1].

Il est inhumé à Reims, au cimetière de la Neuvillette.

René la Canne a publié plusieurs fois son autobiographie, sous différents titres. En 1952 (Chienne de Vie), en 1977 (Je tire ma révérence) et en 1988 (Tu peux pas savoir).

Les arrestations[modifier | modifier le code]

Le 3 septembre 1949[modifier | modifier le code]

Le 22 juillet 1949, Réné Girier avec l'aide de trois complices de son propre gang des tractions avant prenait pour cible au 117 boulevard Jourdan à Paris un fourgon postal avant d'empocher un butin de 1 023 000 francs.

Après une traque de plus d'un mois qui connut son apogée dans la nuit du vendredi au samedi 3 septembre 1949[2], l'Inspecteur Principal Georges Morin et son équipe de la PJ du 36 Quai des Orfèvres, interpellent René Girier et son épouse Marinette dans un Hôtel de Montfermeil.

Au cours de l'opération de police, tous les membres du gang sont arrêtés : Auguste Vasseur (chauffeur de René Girier), Arsène Godard (alias Dédé de Deauville, complice présumé du braquage de 100 millions de francs dans la bijouterie Van Cleef et Arpels de Deauville), Jean-Gaston Debussigne, José Arellano et sa femme Rosa Cruel.

Soucieux de passer pour un Arsène Lupin élégant, il déclare à l'heure de la fouille : « Je suis millionnaire mais je n'ai pas d'argent », alors qu'on vient tout juste de trouver sur lui un miroir de poche, un peigne d'écaille et la somme modique de soixante et onze francs.

Le 26 janvier 1951[modifier | modifier le code]

La dernière arrestation de René Girier est intervenue le 26 janvier 1951 à Paris, place de l'Opéra. Dans ses mémoires[3], René la Canne raconte qu'il sortait d'une séance de cinéma, à 16h30, et que Roger Borniche, qui était en compagnie de l'inspecteur Leclerc, l'a reconnu :

« Soudain deux bras m'ont ceinturé.
— Fais pas le con, Girier ! T'es fait ! Touche pas à ton flingue !
— Comment veux-tu que je fasse pour le sortir ! Je ne peux pas bouger.
Un autre poulet me passe les menottes.
— C'est quoi ton nom ? J'aime bien connaître le blaze des types qui m'arrêtent
Roger Borniche.
— Ah c'est toi ! Figure-toi que je n'ai jamais pu te retapisser avant. C'est dommage, hein !
— J'en ai l'impression. »

— Tu peux pas savoir, page 376, Presses-Pocket.

L'avocat de René Girier lui expliquera plus tard[4] que : « les inspecteurs Borniche et Leclerc pensaient vous coincer au moment où vous contactiez Vincent... Mais ils étaient en avance au rendez-vous... Ils ont fait comme vous, ils se sont promenés à deux pas de là ; place de l'Opéra. C'est Borniche qui vous a vu sortir du cinéma... ils vous ont suivi quelques mètres puis ceinturé... (...) le commissaire Chenevier et l'inspecteur Borniche ont été décorés après votre arrestation. La médaille d'honneur de la police remise par Henri Queuille, le ministre de la police en personne ». Et René la Canne de répondre à son avocat : « Ils ne l'ont pas volée… ce sont de bons flics ! Enfin des flics tout de même… »

René la Canne relèvera, également, dans ses mémoires les relations qu'il nouera avec Roger Borniche qui passa le voir plusieurs fois en prison : « Depuis plusieurs mois je l'ai fréquemment rencontré en cellule. Nous avons des rapports courtois, voire amicaux. Depuis qu'il a eu connaissance de ma décision de tenter une réinsertion, il m'a encouragé »[5].

Postérité[modifier | modifier le code]

La vie de René Girier a été portée à l'écran dans le film René la Canne avec Gérard Depardieu dans le rôle principal, d'après le roman de Roger Borniche qui l'arrêta avec l'inspecteur Leclerc place de l'Opéra à Paris.

Le début du film Le Clan des Siciliens, d'Henri Verneuil, est inspiré par l'évasion de René la Canne d'un fourgon cellulaire, en novembre 1950.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « René La canne tire sa révérence », L'Alsace,‎ , "société"
  2. Marcel Lacoste, « Quand un "dur" s'attendrit », Qui Détective, no 167,‎ , p. 4 et 5
  3. Les mémoires de René Girier, dit René la Canne ont été publiées en 1988 dans son livre Tu peux pas savoir (éditeurs Presses Pocket 1988 : (ISBN 2-266-02921-5) et Londreys 1988 : (ISBN 2-904-184-82-1)). Les références des pages signalées sont celles de l'édition de Presse Pocket
  4. page 392 - Tu peux pas savoir, éditions Presse Pocket
  5. René la Canne, Tu peux pas savoir, éditions Presses-Pocket, page 466

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]