René Levrel

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René Levrel
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René Levrel est un peintre et graveur (eau-forte, pointe-sèche, lithographie) français né à Nantes le , mort à Pruillé-l'Éguillé dans la Sarthe le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est inscrit à l'École des Beaux-Arts de Nantes dès 1916. Il découvre les œuvres de Gustave Courbet (copie de La cribleuse), de Pierre Bonnard, de Laprade et de Valloton. À Paris il suit des cours à l'École nationale supérieure des beaux-arts dès 1920 et réalise de nombreuses copies au Musée du Louvre (Chardin et Rembrandt), le peintre fauviste Henri Ottmann lui achetant sa copie de la « Bethsabée » de Rembrandt. Il participe au Salon des indépendants en 1925 et fait sa première exposition (Galerie du poète et dramaturge Charles Vildrac) en 1927.

La première période algérienne[modifier | modifier le code]

La villa Abd El Tif

Il est lauréat du Prix Abd–ElTif en 1928. Il séjourne à Alger à la Villa Abd-el-Tif et se lie avec Étienne Bouchaud, Pierre-Eugène Clairin, Jean Launois et Lucien Mainssieux. La villa Abd-El-Tif, villa Médicis algérienne créée en 1907, accueillait deux artistes pendant deux ans avec leur famille. Il devient membre du comité de la Société des Artistes Orientalistes et également membre du jury Abd-El-Tif. Très attiré par le sud algérien il se rend à Touggourt et circule en Algérie.

Il revient en France en 1930. Il découvre la Vendée et Saint-Jean-de-Monts, où il retournera de nombreuses fois. Il réalise une fresque monumentale pour l'Exposition universelle de 1937 pour le pavillon des États Pontificaux.

Un peintre de Paris membre de l'école de Paris[modifier | modifier le code]

Pour des raisons professionnelles il suit son épouse, sœur de l’homme politique Pierre Abelin - ministre sous la IVe et la Ve Républiques - à Douai puis à Aix-en-Provence. Ce dernier séjour dans le midi inspire plusieurs de ses huiles et de ses aquarelles (Corse, Marseille, Provence, La Sainte Victoire). En 1942, il s’installe définitivement à Paris et habite 27 quai de la Tournelle derrière le chevet de Notre-Dame et face à l’île Saint-Louis. De son atelier il peint comme Albert Marquet de nombreux tableaux ayant pour objet la Seine et les ponts parisiens (Pont neuf, pont Marie, pont de la Tournelle, pont de l’Ile saint Louis). Il consacre également nombre de ses toiles au Louvre, à l’hôtel de la monnaie, à l’île saint Louis, à l’Institut, à Notre Dame, au jardin des plantes.

La Samaritaine

Le catalogue de l’exposition de son œuvre élaboré par les musées de Vendée en 1992 décrit ainsi le style de ses tableaux parisiens : » C’est dans son atelier parisien que Levrel réalisera à côté des aquarelles faites sur le vif lors de ses déplacements de grands formats à l’huile où il se sent particulièrement à l’aise. Il devient au fil des années l’un des artistes qui a su le mieux traduire la vie parisienne. Il affectionne les boulevards peuplés de multiples passants, les places et tous lieux caractéristiques de la capitale: c’est tantôt la grisaille morne du métro, qu’il présentera lors de l’exposition organisée pour le bi millénaire de la ville de Paris, la sortie nocturne de l’Opéra ou les vitrines illuminées de la Samaritaine, également les toiles du Jardin des plantes ou les bords de Seine plus particulièrement le quai de la Tournelle. »

Cette analyse rejoignait celle faite seize ans plus tôt par le conservateur du musée des beaux arts de Nantes, dans sa préface au catalogue de la rétrospective de l’œuvre de René Levrel : » Levrel est ainsi l’un des meilleurs peintres de la Seine et du Paris quotidien, un Paris qu’il traite avec toute la liberté du poète ( Il ne compte pas les fenêtres) et chaque fois le jeu du pinceau, la recherche de la pâte toujours variée montrent combien l’artiste aborde chaque toile avec un œil neuf. »

René Levrel se rattache au courant que l’on désigne sous le nom d’École de Paris, qui a rassemblé des artistes comme André Beauce, Georges Capon, Lucien Genin ou Gustave Madelain. Ce sont des peintres qui s’inscrivent dans le mouvement figuratif d’après guerre et le post-impressionnisme. Gérald Schurr, situant René Levrei « dans le courant de l'entre-deux-guerres dont la richesse a été longtemps occultée par une avant-garde tapageuse », le présente ainsi en 1983 : « René Levrel figure parmi ces artistes foncièrement indépendants, ces peintres inclassables dont l’expressionnisme naturel semble fortement marqué par la virulence des Fauves. Mais son attachement aux valeurs traditionnelles canalise sa fougue, la maîtrise dans une composition toujours bien cadencée »[1].

La seconde période algérienne[modifier | modifier le code]

Il retourne en Algérie en 1953 comme boursier du Gouvernement Général pour les territoires du Sud, il y rejoint, à Laghouat, Étienne Bouchaud. Il trouve son inspiration dans les paysages algériens, dans des scènes d’Alger et de villages, dans les ruines romaines de Ti-Paza. En 1957 il réalise avec Étienne Bouchaud deux panneaux décoratifs pour la salle de réception du commandant du Penthièvre II, pinardier reliant Oran à Nantes.

Un peintre de la mer et de la campagne[modifier | modifier le code]

Bretagne

Bien qu'ayant séjourné en Algérie et ayant voyagé dans le pourtour méditerranéen, sa palette est claire obscure. Mais c’est aussi un grand aquarelliste. En France, ses pas le mènent en Anjou (Champtoceaux), en Bretagne à la fin des années quarante et en 1954 (Bénodet, Douarnenez, Telgruc) ainsi qu’à l’Ile d’Yeu, en Charentes, dans le Dauphiné (La ville de Paris lui achète en 1934 sa toile « Printemps dans le Dauphiné »), dans les Alpes de Haute Provence, dans le Poitou, en Seine-et-Marne et en Vendée. Comme le relève le catalogue de l’exposition du Puy – du- Fou de 1992 dédiée à son œuvre: « On retrouve au travers de ces œuvres ses sujets de prédilection : ciels assombris d’orage, recherche d’effets nocturnes, eaux calmes des rivières et des fleuves, L’ensemble est emprunté de cette mélancolie qui transparaît souvent tout au long de l’œuvre de Levrel ». Il acquiert en 1962 un prieuré dans une petite commune sarthoise - Pruillé - l’Eguillé - dont il fera sa résidence secondaire jusqu’à sa disparition en 1981. Ses séjours sarthois nourrissent une partie de l’œuvre de la fin de sa vie, à travers la description de la campagne, au fil des saisons. Il retrace la vie rurale de cette époque dans des toiles fortes et colorées représentant des vergers, les moissons, la forêt, les travaux des champs, les animaux et des scènes de fêtes villageoises.

Des sujets européens[modifier | modifier le code]

C’est au cours des années cinquante et soixante qu’il est conduit aussi à voyager en Angleterre (Londres), en Écosse, en Espagne (Avila, Séville), en Italie (Florence et Toscane, Naples, Rome, Venise) et aux Pays–Bas (Amsterdam). Il ramène de ses voyages de nombreuses aquarelles et huiles : » Les œuvres réalisées lors de ces déplacements sont constituées par des pochades à l’aquarelle d’une grande virtuosité mais également par des grandes toiles réalisées en atelier à partir des notes prises. » (Catalogue de la rétrospective de son œuvre de 1992). Il ne délaisse pas le genre de la nature morte comme en témoignent ses bouquets de fleurs ou ses plats culinaires.

Un graveur[modifier | modifier le code]

À côté de nombreuses huiles et aquarelles, il lègue une œuvre de gravures puisant leur inspiration dans des sujets variés, tels que les quais de Seine, le jardin des plantes, le marais vendéen, les environs de Nantes ou des scènes de jardin. Il ne néglige pas non plus l’estampe et la lithographie. Il illustre ainsi de 34 lithographies l’ouvrage de Jean Giono Naissance de l’Odyssée édité en 1959 chez « Les amis du Livre moderne » et tiré à 180 exemplaires.

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Salon des indépendants, 1925.
  • Salon des Tuileries, 1926.
  • Galerie Charles Vildrac, 1926.
  • Exposition Artistique de l'Afrique française, Nantes, 1931.
  • Galerie Rodrigues-Henriques, Paris, 1932.
  • Galerie Mignon-Massart, Nantes 1930, 1936,1943,1947,1951,1953,1955, 1956 ,1959,1961, 1962, 1963,1964,1967, 1970,1971,1974 et 1981.
  • VIIe exposition de l'Afrique française - Émile Bouneau, André Hambourg, René Levrel, Albert Marquet, Roger Nivelt, Musée des arts décoratifs, Paris, 1935.
  • Galerie Marcel Bernheim, Paris, 1937, 1952.
  • Galerie Pelletan-Helleu, Paris, 1944.
  • Galerie André Maurice, Paris, 1949, 1958, 1959, 1960,1963.
  • Salon d’automne, Paris, 1950, 1954, 1969, 1971, 1980.
  • Galerie Charpentier, Paris, 1963.
  • Galerie Vendôme, Paris, 1964.
  • Peintres de la Bretagne de Gauguin à nos jours, Musée de Limur, Vannes, juillet-septembre 1964.
  • Galerie Katia Granoff, Paris, 1965, 1970 et 1973.
  • Galerie Durand-Ruel, Paris, 1969.
  • Musée des beaux-arts de Nantes, juillet 1970, juin-septembre 1978 (Rétrospective).
  • Salon du cercle des beaux-arts, Nantes, 1972.
  • Palais des congrès, Saint Jean-de-Monts, 1975, 1976, juillet-septembre 1977 (Rétrospective) et 1979.
  • Galerie Nathalie Norabat, Paris, 1977.
  • Peintres en liberté, Pruillé-l'Éguillé, avril 1981[2].
  • Solanet, Godeau et Audap, commissaires-priseurs, vente de l'atelier René Levrel, Hôtel Drouot, Paris, 19 décembre 1983[1]
  • Galerie Jacqueline Deshayes, Nantes, 1986.
  • Rétrospective René Levrel, château du Puy-du-Fou, Les Épesses, Vendée, mai-juin 1992.
  • De Bonnard à Baselitz, dix ans d'enrichissements du cabinet des estampes, Bibliothèque nationale de France, Paris, 1992[3].

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • « Dès 1928, la lumière d'Orient apporte à sa touche une liberté nouvelle, un chromatisme chaleureux. Toutes ses compositions s'animent désormais de personnages dont les silhouettes campées avec certitude s'intègrent parfaitement dans un paysage comme ramassé sur lui-même pour sauvegarder son unité : ses portraits, ses scènes d'intérieur, ses natures mortes, témoignent de ce même souci de concentration interne. Un autre visage de l'œuvre de Levrel : les quais. Une grande part de ses toiles se consacre à ceux d'Amsterdam, de Dordrecht, de Londres, de Paris surtout qu'il domine de son atelier du quai de la Tournelle : le peintre nuance alors sa palette de tons subtils qui transposent avec une acuité rare la lumière argentée des bords de Seine. » - Gérald Schurr[1]

Collections[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Gérald Schurr, René Levrel, catalogue de la vente de l'atelier René Levrel, Audap, Solanet et Godeau commissaires-priseurs, Hôtel Drouot, Paris, 19 décembre 1983 (texte également paru dans La Gazette de l'Hôtel Drouot, n°41, 2 décembre 1983, page 3).
  2. Actu.fr Peintres en liberté à Pruillé-l'Éguillé, hommage à René Levrel, 21 avril 1981
  3. a et b Françoise Woimant, Marie-Cécile Miessner et Anne Mœglin-Delcroix, Estampes et livres d'artistes, B.N.F., 1992.
  4. a et b Réunion des musées nationaux, René Levrel dans les collections, Rodez et Nantes

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Levrel, « Les cahiers d'art - Documents », Éditions Pierre Cailler, Genève, 1957.
  • Christophe Vital, Le groupe de Saint-Jean-de-Monts - Deux générations d'artistes dans le marais vendéen, 1892-1950, Somogy éditions d'art, 1960.
  • Pierre-Eugène Clairin et François Villatte, René Levrel, Ville de Saint-Jean-de-Monts : Imprimerie Sitol, Olonne-sur-Mer, 1977.
  • René Levrel, Éditions du Musée des beaux-arts de Nantes, 1978.
  • Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1981.
  • Gérald Schurr, Catalogue de l'atelier René Levrel, Solanet, Godeau et Audap, commissaires-priseurs à Paris, 19 décembre 1983.
  • Christophe Vital, René Levrel, Éditions du Conseil général de Vendée, 1992.
  • Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Arts et Images du Monde, 1992.
  • Françoise Woimant, Marie-Cécile Miessner et Anne Mœglin-Delcroix, De Bonnard à Baselitz, estampes et livres d'artistes, B.N.F., 1992.
  • AN : F21/4237. Elisabeth Cazenave la Villa Abd El Tif, un demi-siècle de vie artistique en Algérie, 1907-1962, 1998, Association Abd el Tif, Prix Algérianiste 1999, (ISBN 2-9509861-1-0).
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001 (lire en ligne).

Articles de presse[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]