René Levasseur

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Levasseur.

René Levasseur
Illustration.
Fonctions
Député de la Sarthe

(3 ans, 1 mois et 20 jours)
Gouvernement Convention nationale
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Mans (Sarthe)
Date de décès (à 87 ans)
Lieu de décès Mans (Sarthe)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Montagne
Profession Chirurgien
députés de la Sarthe

René Levasseur, né le à Sainte-Croix, intégrée depuis dans la commune du Mans, mort le au Mans, est un chirurgien et homme politique français, député de la Convention nationale.

Avant la Révolution[modifier | modifier le code]

Chirurgien-accoucheur au Mans sous l'Ancien Régime, il était très marqué par ses opinions révolutionnaires et déshérité pour cela par un de ses oncles.

Sous la Révolution[modifier | modifier le code]

René Levasseur fait partie de la municipalité du Mans en 1790 et de l'administration du district en 1791. Élu député de la Convention par le département de la Sarthe (1792), il vote la mort du roi "sans sursis et sans appel au peuple" lors du procès de Louis XVI (janvier 1793), puis, en mars, est à l'origine de la création du Tribunal révolutionnaire "'sans appel et sans recours au tribunal de cassation", et se montre un des ennemis les plus féroces des Girondins, notamment les 31 mai et 2 juin 1793, soutenant ce jour que la loi exigeait que tous les gens suspects soient mis en état d'arrestation, et que les Girondins étaient éminemment suspects en raison de leur hostilité à l'égard du peuple de Paris. En mission à l'armée du Nord, il assiste à la victoire d'Hondschoote (6-8 septembre 1793), et voit son cheval tué sous lui. Chargé de rétablir l'ordre à Beauvais et dans l'Oise, en octobre 1793, il est jugé trop modéré dans la répression et on lui adjoint André Dumont.

Quoique dévoué à Maximilien de Robespierre, René Levasseur semble avoir été estimé trop mou et insuffisamment révolutionnaire par ce dernier, qui lui fait substituer Clémence[1] pour réprimer les troubles dans le district de Gonesse, en Seine-et-Oise, au mois de novembre suivant. Il participe au vote de l'abolition de l'esclavage en février 1794. Il écrit dans ses mémoires au chapitre sur le décret du 16 pluviôse an II, que dix ans avant la Révolution, son opposition à la traite des Noirs l'avait brouillé avec un oncle planteur à Saint-Domingue qui l'aurait déshérité. Levasseur fut à l'origine de la mise en accusation de son collègue Philippeaux -qui fut guillotiné- et de l'envoi, au tribunal révoluionnaires, des dix "comploteurs bazinistes" qui eux, furent acquittés. Un des "tombeurs" des Dantonistes ou Indulgents, René Levasseur est envoyé en avril 1794 rétablir l'ordre dans les Ardennes. Il s'y fera remarquer par sa férocité, envoyant 28 conseillers municipaux au tribunal révolutionnaire à Paris, tous ayant été guillotinés, y trouvant son surnom de "boucher de Sedan". De retour à Paris, lors de la chute de Robespierre le 9 thermidor an II (), ce "montagnard", pourtant proche de l"'Incorruptible" vote avec les Thermidoriens, ce qui lui permettra d'éviter d'être arrêté. Puis, siégeant sur la "petite montagne", il s'en prend aux « successeurs du tyran ». Ce "prédicateur de révoltes" est impliqué dans l'insurrection de germinal et, après d'être caché pendant quinze jours, est arrêté, emprisonné à Besançon, jusqu'à l'amnistie votée par la Convention à sa séparation (octobre 1795).

Sous le Directoire, le Consulat, et le Premier Empire[modifier | modifier le code]

Revenu dans la Sarthe, rendu à ses activités médicales, nommé médecin-chef des hospices et de la prison du Mans, et cessant toute activité politique, René Levasseur est contraint à l'exil en 1816, en application de la loi du 12 janvier 1816 excluant de l'amnistie les régicides, rallié pendant les Cent-Jours à l'acte additionnel aux constitutions de l'Empire. Profitant de la loi d'amnistie du 11 septembre 1830, il revient au Mans où il décède, le 17 septembre 1834, en ne reniant rien de ses engagements passés. En 1829 et 1831, il publia ses mémoires en grande partie rédigées par Achille Roche et son fils François Levasseur.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Un boulevard du Mans porte son nom, depuis 1889..
  • Sa tombe, surmontée d'un obélisque évoquant les symboles maçonniques, est au cimetière de l'Ouest (dit grand cimetière) au Mans[4]. Vandalisé en 1852,, l'ouvrage sera reconstruit.,En visite au Mans, l'écrivain allemand Ernst Jünger évoque ce monument dans son journal[5]à la date du 15 août 1943.
  • En 2015, les Archives départementales de la Sarthe ont organisé une exposition sur René Levasseur à l'occasion du 220e anniversaire de l'abolition de l'esclavage[6].

Mémoires[modifier | modifier le code]

R. Levasseur a publié ses Mémoires en quatre volumes (Paris, 1829-1831). Karl Marx les a lus et commentés en vue d'écrire une histoire de la Convention nationale.

Sources[modifier | modifier le code]

  • « René Levasseur », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
  • " Histoire de la Province du Maine", par Almire Lepelletier de la Sarthe (Le Mans, 1861)
  • " Le conventionnel René Levasseur", par Linus Lavier (Le Mans, impr. Champion, 1876)
  • " La conjuration des Bazinistes et René Levasseur", par Paul Piolin (Le Mans, 1867)
  • " René Levasseur, le boucher de Sedan", par Léon Deschamps (dans la revue "La Révolution française", juillet 1900, pages 25 à 35)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « René Levasseur », Jean Tulard, Jean-François Fayard et Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de la Révolution française. 1789-1799, Paris, éd. Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1987, 1998 [détail des éditions], p. 950
  2. « La statue de René Levasseur », sur www.perche-gouet.net
  3. « La statue de René Levasseur », sur www.ouest-france.fr
  4. Serge Bertin (sous la direction de), Le territoire partagé : guide des cimetières de la Sarthe, Le Mans, éditions Cénomane, (ISBN 978-2-916329-17-8), page 123.
  5. Ernst Jünger, second journal parisien : journal III, 1943-1945, Paris, Christian Bourgois éditeur, , 427 p. (ISBN 2-267-01303-7), page 128
  6. « Exposition sur René Levasseur », sur www.archives.sarthe.com