René Levasseur

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René Levasseur
Image illustrative de l'article René Levasseur
Fonctions
Député de la Sarthe

(3 ans, 1 mois et 20 jours)
Gouvernement Convention nationale
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Mans (Sarthe)
Date de décès (à 87 ans)
Lieu de décès Mans (Sarthe)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Montagne
Profession Chirurgien
députés de la Sarthe

René Levasseur, né le à Sainte-Croix, intégrée depuis dans la commune du Mans, mort le au Mans, est un chirurgien et homme politique français, député de la Convention nationale.

Avant la Révolution[modifier | modifier le code]

Chirurgien-accoucheur au Mans sous l'Ancien Régime, il était très marqué par ses opinions révolutionnaires et déshérité pour cela par un de ses oncles.

Sous la Révolution[modifier | modifier le code]

René Levasseur fait partie de la municipalité du Mans en 1790 et de l'administration du district en 1791. Élu député de la Convention par le département de la Sarthe (1792), il vote la mort du roi lors du Procès de Louis XVI (janvier 1793), soutient la création du Tribunal révolutionnaire et se montre un des ennemis les plus féroces des Girondins, notamment les 31 mai et 2 juin 1793, soutenant ce jour que la loi exigeait que tous les gens suspects soient mis en état d'arrestation, et que les Girondins étaient éminemment suspects en raison de leur hostilité à l'égard du peuple de Paris. En mission à l'armée du Nord, il assiste à la victoire d'Hondschoote (6-8 septembre 1793), et voit son cheval tué sous lui. Chargé de rétablir l'ordre à Beauvais et dans l'Oise, en octobre 1793, il est jugé trop modéré dans la répression et on lui adjoint André Dumont.

Quoique dévoué à Maximilien de Robespierre, René Levasseur semble avoir été estimé trop mou et insuffisamment révolutionnaire par ce dernier, qui lui fait substituer Clémence[1] pour réprimer les troubles dans le district de Gonesse, en Seine-et-Oise, au mois de novembre suivant. Il participe au vote de l'abolition de l'esclavage en février 1794. Il écrit dans ses mémoires au chapitre sur le décret du 16 pluviôse an II, que dix ans avant la Révolution, son opposition à la traite des Noirs avait particulièrement joué dans la perte de ses biens. Un des "tombeurs" des Dantonistes ou Indulgents, René Levasseur est envoyé en avril 1794 rétablir l'ordre dans les Ardennes. De retour à Paris après la chute de Robespierre le 9 thermidor an II (), il s'en prend aux « successeurs du tyran ». Il est impliqué dans l'insurrection de germinal et emprisonné jusqu'à l'amnistie votée par la Convention à sa séparation (1795).

Sous le Directoire le Consulat et le Premier Empire[modifier | modifier le code]

Rendu à la profession de chirurgien, René Levasseur est contraint à l'exil en 1816, en tant que régicide, rallié pendant les Cent-Jours à l'acte additionnel aux constitutions de l'Empire. Il revient mourir au Mans après l'avènement de Louis-Philippe Ier.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Un boulevard du Mans porte son nom.
  • Un obélisque lui est dédié près de la croix centrale du cimetière de l'Ouest (dit grand cimetière) au Mans[4]. En visite au Mans, l'écrivain allemand Ernst Jünger évoque ce monument dans son journal[5]à la date du 15 août 1943.
  • En 2015, les Archives départementales de la Sarthe ont organisé une exposition sur René Levasseur à l'occasion du 220e anniversaire de l'abolition de l'esclavage[6].

Mémoires[modifier | modifier le code]

R. Levasseur a publié ses Mémoires en trois volumes (Paris, 1829-1831). Karl Marx les a lus et commentés en vue d'écrire une histoire de la Convention nationale.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « René Levasseur », dans Jean Tulard, Jean-François Fayard et Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de la Révolution française. 1789-1799, éd. Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 1987, 1998 [détail de l’édition], p. 950
  2. « La statue de René Levasseur », sur www.perche-gouet.net
  3. « La statue de René Levasseur », sur www.ouest-france.fr
  4. Serge Bertin (sous la direction de), Le territoire partagé : guide des cimetières de la Sarthe, Le Mans, éditions Cénomane, (ISBN 978-2-916329-17-8), page 123.
  5. Ernst Jünger, second journal parisien : journal III, 1943-1945, Paris, Christian Bourgois éditeur, , 427 p. (ISBN 2-267-01303-7), page 128
  6. « Exposition sur René Levasseur », sur www.archives.sarthe.com