René Gagès

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René Gagès
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Sépulture
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2016-11-27 nouveau cimetière de la XRousse (59).JPG

sépulture

René Gagès est un architecte moderniste français, né le à Lyon et mort le à son domicile de la Croix-Rousse, à Lyon.

Carrière[modifier | modifier le code]

On lui doit notamment la cité de Bron-Parilly, construite entre 1954 et 1960, la piscine de Caluire-et-Cuire[1], la poste de Caluire-et-Cuire[2] et le Centre d'échange de Perrache, construit au début des années 1970[3]. Selon Jacques Rey, un de ses anciens élèves, Gagès avait toujours mal vécu de voir Perrache si haï et surnommé « la verrue » ou « de style stalinien », alors qu'il s'agissait du « premier pôle de transport multimodal, un nouveau concept urbain »[4].

Acteur majeur[5]de la scène internationale de l’après-Seconde Guerre mondiale, pédagogue aux qualités unanimement reconnues, chef d’orchestre de vastes entreprises architecturales et urbaines, figure inclassable au sein de l’histoire de la modernité, René Gagès (1921-2008) s’impose comme l’une des personnalités les plus singulières de sa génération bien que ses réalisations aient été complètement occultées par l’historiographie contemporaine. Au début des années 1950, une école brutaliste émerge dans la cité rhodanienne autour des figures de François-Régis Cottin (1920-2013), de René Gagès, de Franck Grimal (1912-2003), de Pierre Genton (1924-2004) et de Jean Zumbrunnen (1922-1975) et du chantier de l’unité de voisinage de Bron-Parilly (Rhône, 1952-1960), placée sous la direction de Gagès et de Pierre Bourdeix (1906-1987), opération expérimentale majeure de l’après-guerre en raison de son ampleur urbaine et de l’attention portée à la préfabrication.

Les années 1950-1960 sont marquées par l’expérience de Bron-Parilly. Bron comptait alors 9000 habitants. Gagès va créer 2607 nouveaux logements, dans 8 UC, de 1954 à 1957. La cité de l’An 2000 connait sa première fracture avec l’arrivée de l’A43 en 1970 ; aujourd’hui, après 10 ans de réhabilitation, Parilly tente de changer de visage avec la reconstruction-démolition d’une partie de l’UC 6a, de l’UC7 et de nouvelles constructions (collège et gymnase).  Les projets de démolition continuent.

Bron-Parilly marque l’ouverture de la cité rhodanienne aux expériences corbuséennes. Dans ces années décisives, une évolution majeure s’opère sous l’égide de Gagès, attentif à conjuguer le lyrisme du prisme corbuséen à la rigueur du fonctionnalisme de l’après-guerre dans l’idée d’une modernité plurielle. Influencé par l’univers plastique de Le Corbusier, notamment dans la conception des façades, la création de séquences sculpturales pour rompre l’uniformité induite par le traitement en série des cellules d’habitation (par exemple, le traitement des loggias en saillie dans l’UC1).

La résidence Claire à Lyon (1961-1965) : les grilles rappellent les pans de verre ondulatoires de Le Corbusier.

Le centre d’échanges de Perrache (1968-1976) qui, dès son inauguration, souleva une réprobation unanime au sein de l’opinion publique au point que sa démolition soit envisagée périodiquement. À bien des égards en effet, la postérité controversée de cette formidable « machine à circuler » corbuséenne devait passer sous silence une réussite professionnelle fulgurante qui conduira Gagès à développer pas moins de trois agences – successivement à Lyon (1955), à Berlin (1961) ainsi qu’à Paris (1966).

L'architecte réalisa aussi de nombreux immeubles de logements parmi lesquels se distinguent la résidence Claire à Lyon (1961-1965) et la résidence Saint-Didier à Saint-Didier-au-Mont-d’Or (1965) en raison de l’importance du dialogue induit entre les arts décoratifs et l’architecture. Cette période est marquée par la collaboration avec l’architecte Gabriel Roche (1927) qui dirige l’agence Gagès une quinzaine d’années durant et qui imprimera tout particulièrement sa personnalité.

Enfin, le quartier de Montessuy à Caluire-et-Cuire (Rhône, 1964-1972) : l’acuité de Gagès aux problématiques soulevées par les questions urbaines se développe à la faveur de programmes de logements qui devaient profondément marquer la physionomie des communes de l’agglomération lyonnaise, de Vénissieux à Oullins, de Villeurbanne à Caluire-et-Cuire. C’est au cours de cette période inaugurale que l’architecte participe à plusieurs concours internationaux pour Berlin-Ouest qui devaient propulser l’Atelier René Gagès sur la scène européenne.

2e période : 1964 ; à cette date, Gagès est nommé architecte des Postes et Télécommunications pour la région Rhône-Alpes. À ce titre, il conçoit une quinzaine de centraux téléphoniques mais encore plusieurs hôtels des postes, parmi lesquels ceux de Caluire-et-Cuire (1965-1968), de Moûtiers (Savoie, 1968-1970), de Nyons (Drôme, 1973), de Trévoux (Ain, 1975) et de Rillieux (Rhône, 1975-1977). L’architecte signe là une série « blanche » à laquelle se rattache le lycée international de Ferney-Voltaire (Ain, (1959-1968) et l’hôtel des postes de Grenoble (1967-1970), caractérisé par les banches de béton blanc brut de décoffrage. Gagès renoue ici avec les leçons des avant-gardes européennes de l’entre-deux-guerres ; le choix de la couleur blanche soulignant une filiation moderniste hautement revendiquée et une grande rigueur formelle.

La construction du centre d’échanges de Perrache à Lyon marque le terme de cette première période blanche à laquelle succède une nouvelle décennie marquée par la recherche et la conception de programmes complexes associant plusieurs fonctions, qu’il s’agisse d’équipements, d’immeubles tertiaires, d’ensembles de logements ou de projets urbains. Cette période s’illustre en particulier par le Presqu’île II (1972-1975), qui s’élève à l’extrémité méridionale de la rive gauche du Rhône en développant un programme mixte formé de trois cent neuf logements sur dix-sept étages au-dessus de deux niveaux de commerces et de bureaux ainsi qu’un étage de logements en duplex au dernier niveau. S’ajoutent encore un terrain de tennis ainsi qu’une piscine.

L’ensemble multifonction Galaxie à la Part-Dieu (1980-1985) inaugure une seconde « série blanche » qui tient son caractère des plaquettes émaillées en grès étiré grand feu produites par les usines Buchtal à Schwarzenfeld (Allemagne) qui recouvrent les façades.

Au cours des années 1960-1970, les commandes s’enchaînent à la faveur d’ambitieux projets urbains, comme l’illustrent les études réalisées pour les ZAC de Saint-Genis-Pouilly (Ain, 1967-1969) et de la Croix-Blanche à Bourg-en-Bresse (Ain, 1969-1972), ou encore celles développées pour le quartier des Picotières à L’Isle-d’Abeau (1975-1977), dont certaines spéculations graphiques atteignent un rare degré d’abstraction.

Au cours des années 1980, l’agence participe à de nombreux concours, parmi lesquels la restructuration du stade de Gerland (1982-1984) pour la coupe d’Europe de football de 1984, qui voit la réalisation d’une structure métallique d’une portée exceptionnelle (cent vingt-cinq mètres de long), l’aménagement du quartier du Parc à La Défense (Nanterre) et celui du CNIT à Paris (non réalisés), la restauration du Grand Théâtre (appelé Opéra) de Lyon, remporté par Jean Nouvel, et l’aménagement de la place Antonin-Poncet, toujours à Lyon (non réalisé). L’étude la plus ambitieuse de ces années-là touche au confluent du Rhône et de la Saône, c’est-à-dire au quartier situé au-delà de Perrache. Au cours des années 1990, Gagès est associé à plusieurs projets de Granite architecture (Véronique Gagès en 1991), L’agence est dissoute en 2004. 

Le fonds René Gagès

Le fonds René Gagès désigne les cinquante mètres linéaires qui correspondent aux quatre entrées provenant de l’Atelier René Gagès, actif de 1947 à 1988, prises en charge par les Archives départementales du Rhône en décembre 1996, en mars 1999 puis en mai de la même année. Le premier ensemble – arrivé en décembre 1996 – est un dépôt réalisé à l’initiative de l’architecte lui-même : il est composé de cartons contenant des dossiers d’affaires relatives aux années 1955-1985 (quarante mètres linéaires environ) : pièces relatives aux projets et réalisations, mais aussi contentieux, principalement dans le département du Rhône, les départements limitrophes (Ain, Isère, Haute-Savoie) et à l’étranger (Allemagne, Tunisie). Ces dossiers ont été cotés 125 J 1-384. En complément de ces dossiers, des rouleaux de plans calques ont été déposés au même moment. Il s’agit de réalisations correspondant aux années 1955-1989 situées dans le Rhône (Lyon, Brignais, Caluire, Champagne-au-Mont-d’Or, Charbonnières-les-bains, Écully, Francheville, Lissieu, Meyzieu, Oullins, Rillieux-la-Pape, Saint-Priest, Tassin-la-demi-lune, Villeurbanne), dans l’Ain (Ambérieux, Bourg-en-Bresse, Ferney-Voltaire, Gex, Meximieux, Saint-Genis-Pouilly, Trévoux), l’Isère (Chamrousse, Grenoble, l’Isle-d’Abeau, Pont-de-Chéruy, Pont-de-Claix, Vienne), la Loire (Andrézieux, Saint-Etienne), en Saône-et-Loire (Mâcon), en Savoie (Chambéry), Haute-Savoie (les Houches, Megève) ou encore dans le Vaucluse (Avignon). Au total, 279 articles cotés 150 J 1-277. En mars 1999, René Gagès et sa fille Véronique Gagès (agence Granite architecture), font un nouveau dépôt, aligné en terme de communicabilité sur ce qui avait été convenu précédemment (consultation sur autorisation du déposant, ou de ses descendants, jusqu’en 2026) : quarante-huit rouleaux de plans techniques relatifs à des réalisations variées, essentiellement sur Lyon et son agglomération dans les années 1976-1990 : centraux téléphoniques, ensemble de logements des Hauts de Saint-Just sur la colline de Fourvière, ensembles H.L.M. divers, bâtiments de l’Institut Mérieux, collège Jean Monnet, immeuble de bureaux le Sextant, aménagements au stade de Gerland, bureaux à Tassin-la-Demi-Lune sans oublier la caisse d’Épargne d’Évry et celle de Corbeil-Essonnes en région parisienne ou encore le central téléphonique d’appels (CTA) de Bourg-en-Bresse. Ces plans reçoivent les cotes 141 J 1-44.

Enfin, dernière entrée en mai 1999, en don et désormais librement communicable depuis 2005, onze rouleaux de plans calques (cotes 142 J 87-97) et quatre-vingt-huit cartons d’archives (cotes 142 J 1-86) relatifs à l’aménagement du centre d’échanges de Perrache (centre d’échanges, porte Perrache-Charlemagne, aménagement des locaux administratifs, Espace lyonnais d’art contemporain (ELAC I–IV).  Ce bâtiment multifonctionnel, réalisation majeure de l’architecte dans sa ville natale dans les années 1970, est accolé à la gare de Lyon-Perrache ; son esthétique désormais discutée, va être légèrement modifiée dans les prochaines années compte tenu de l’évolution urbanistique du quartier, ce qui accentue l’intérêt de ce fonds d’archives. Des documents complémentaires sont conservés à la Société Académique d’architecture de Lyon (sous série 17 B) ainsi qu’à la Bibliothèque publique d’information (Paris), notamment des croquis et textes relatifs à la contribution théorique de l’architecte : « une réflexion dialectique sur l’urbanisme » (1968).

On soulignera la variété typologique des documents qui composent le fonds René Gagès : en rouleaux, les plans calques ; dans les dossiers, des tirages de plans techniques relatifs à tous les aspects du projet : plan masse, coupes, façades, sous-sol ; mais aussi les pièces des dossiers de consultation des entreprises et des dossiers des ouvrages exécutés. À ce jour, aucun tri n’a été véritablement effectué, notamment en raison de l’absence d’un travail d’inventaire et de classement abouti. Mais il n’est pas prévu d’éliminations. Les seuls outils à la disposition des chercheurs sont, pour l’instant, des listes par cotes, établies par l’architecte lui-même ou sa fille, au moment du transfert. S’il ne s’agit pas d’instrument de recherches totalement satisfaisants pour l’archiviste, ces outils permettent toutefois aux chercheurs de se repérer. Leur mise en ligne devrait avoir lieu dans le courant de l’année 2017[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « PISCINE MUNICIPALE RESTRUCTURATION ET EXTENSION, CALUIRE-ET-CUIRE (69) », sur caue-observatoire.fr (consulté le 25 décembre 2011).
  2. « Label patrimoine du XXe siècle Région Rhône-Alpes » [PDF], sur culturecommunication.gouv.fr, .
  3. Notice nécrologique dans Le Monde du dimanche 17 - lundi 18 février 2008, p. 17.
  4. « Décès de l'architecte René Gagès », sur 20 minutes, .
  5. DUFIEUX Philippe, René Gagès, la permanence de la modernité, Annecy., CAUE de Haute-Savoie, , 176 p. p.
  6. « Archives du Département du Rhône et de la Métropole de Lyon », sur http://archives.rhone.fr/