Rembrandt

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Rembrandt
Rembrandt van rijn-self portrait.jpg

Autoportrait par Rembrandt (1661).

Naissance
Décès
(à 63 ans)
Amsterdam, Provinces-Unies
Nom de naissance
Rembrant Harmenszoon van Rijn[note 1]
Nationalité
néerlandaise
Activité
Formation
Maître
Domicile
Lieux de travail
Mouvement
Mère
Neeltje Willemsdr. Zuytbrouck (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Enfants
Titus van Rijn
Cornelia van Rijn (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
signature de Rembrandt

signature

Rembrandt Harmenszoon van Rijn (en néerlandais Écouter), habituellement désigné sous son seul prénom de Rembrandt, né à Leyde le ou 1607[note 2] et mort à Amsterdam le , est généralement considéré comme l'un des plus grands peintres de l'histoire de la peinture, notamment de la peinture baroque, et l'un des plus importants peintres de l'École hollandaise du XVIIe siècle. Rembrandt a également réalisé des gravures et des dessins et est l'un des plus importants aquafortistes de l'histoire. Il a vécu pendant ce que les historiens appellent le siècle d'or néerlandais (approximativement le XVIIe siècle), durant lequel culture, sciences, commerce et influence politique des Pays-Bas ont atteint leur apogée.

Rembrandt a réalisé près de 400 peintures[note 3], 300 eaux fortes et 300 dessins. La centaine d'autoportraits qu'il a réalisés tout au long de sa carrière permet de suivre son parcours personnel, tant physique qu'émotionnel[1]. Le peintre représente, sans complaisance, ses imperfections et ses rides.

Une des caractéristiques majeures de son œuvre est l'utilisation de la lumière et de l'obscurité (technique du clair-obscur inspirée du Caravage) qui attire le regard par le jeu de contrastes appuyés. Les scènes qu'il peint sont intenses et vivantes. Ce n'est pas un peintre de la beauté ou de la richesse, il montre la compassion et l'humanité, qui ressortent dans l'expression de ses personnages, qui sont parfois indigents ou usés par l'âge. Ses thèmes de prédilection sont le portrait (et les autoportraits) ainsi que les scènes bibliques. Rembrandt représente aussi des scènes de la vie quotidienne, et des scènes populaires. Sa famille proche — Saskia, sa première femme, son fils Titus et sa deuxième concubine Hendrickje Stoffels — apparaissent régulièrement dans ses peintures. Il a exécuté peu de paysages peints[note 4], réservant le thème à son œuvre gravé.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Lieu de naissance, Leyde.

Rembrandt[note 1] Harmenszoon van Rijn est né le [note 5] rue Weddesteeg[note 6] à Leyde, ville universitaire et industrielle des Provinces-Unies (actuels Pays-Bas). Il est le neuvième des dix enfants[note 7] d'une famille aisée : son père, Harmen Gerritszoon van Rijn[note 8], est meunier sur le Rhin et sa mère, Neeltgen Willemsdochter van Zuytbrouck, est fille de boulanger[5]. La religion occupe une place centrale dans l'œuvre de Rembrandt et la période de tension religieuse dans laquelle il a vécu donne à sa foi une certaine importance. Sa mère est catholique et son père appartient à l'Église réformée néerlandaise. Tandis que son œuvre dévoile une profonde foi chrétienne, on ne sait pas si l'artiste appartenait à une Eglise en particulier, bien que ses cinq enfants fussent baptisés dans des églises réformées d'Amsterdam : quatre dans la Vieille église d'Amsterdam et un, Titus, dans la Zuiderkerk[6].

Jeunesse et formation à Leyde et Amsterdam[modifier | modifier le code]

Enfant, il étudie à l'école latine (institution calviniste donnant un enseignement religieux très poussé et où il prend ses premiers cours de dessin). À l'âge de 14 ans, il s'inscrit à l'université de Leyde mais n'y étudie pas[7],[8],[4] et montre rapidement une forte inclinaison vers la peinture. En 1621, il devient alors pendant trois ans l'apprenti du peintre d'histoire versé dans les descriptions de scènes infernales[9] Jacob van Swanenburgh[10],[note 9], chez qui il apprend le dessin à la plume[12], puis Joris van Schooten[note 10],[14].

Mais ce qui est déterminant dans sa formation est son séjour de six mois à Amsterdam en 1624, chez Pieter Lastman et Jan Pynas[note 11] : Rembrandt y côtoie Jan Lievens, en apprentissage chez Lastman, et il y apprend le dessin au crayon, les principes de la composition et le travail d'après nature[12]. Il aborde principalement les mêmes thèmes bibliques et antiques que Lastman et les traite avec la même « puissance narrative et des accents réalistes très remarquables[14]. » Lastman lui transmet aussi l'influence d'artistes qu'il avait côtoyés à Rome : Adam Elsheimer et le Caravage, tandis qu'il découvre l'œuvre de Rubens dans son atelier. Rembrandt s'approprie ainsi le clair-obscur pour en faire un langage propre « d'une rare poésie »[14]. L'animation et l'art d'Amsterdam marquent son œuvre de jeunesse et il fait la connaissance de peintres flamands, dont Hercule Seghers[12]. Il rentre à Leyde en 1624[9].

La lapidation de Saint Étienne, vers 1625, musée des beaux-arts de Lyon.

Contrairement à beaucoup de ses contemporains qui faisaient le Grand Tour en Italie lors de leur formation, Rembrandt n'a jamais quitté les Provinces-Unies[16],[17] et il s'établit à Leyde en 1625[note 12]. Son ami Jan Lievens le rejoint. À cette époque, leur talent et leur style sont si proches qu'il est difficile pour les historiens de l'art de les distinguer[note 13],[14]. Concernant les gravures de Rembrandt, André-Charles Coppier parle d'une époque où la production de ce dernier est jusque-là limitée à une surproduction d'estampes à vocation commerciale — des « sujets de vente » pour lesquels il se contentait d'un style purement linéaire —, associé aux peintres Jan Lievens, Gérard Dou, Hendrick Cornelisz. van Vliet et Jacques des Rousseaux[20].

En 1625, il signe La Lapidation de saint Étienne, première toile qui nous soit parvenue de lui. L'année suivante, il réalise ses premières eaux-fortes, Repos en Égypte (B. 59) et La Circoncision (S. 398)[9]. En 1627, Rembrandt enseigne déjà à des apprentis, dont le premier est Gérard Dou qui entre dans son atelier en 1628, et probablement commence avec la préparation des panneaux et toiles et des peintures, qui étaient tous faits à la main dans les ateliers des peintres[21]. Le tout premier commentaire sur Rembrandt connu date de 1628, où l'humaniste Aernout van Buchel écrit : « On couvre d'éloges le fils du meunier de Leiden, mais cela me semble prématuré[9]. »

Installation à Amsterdam et indépendance[modifier | modifier le code]

Il ouvre un atelier à Leyde vers 1624, qu'il partage avec son ami et collègue Jan Lievens. En 1627, Rembrandt commence à accepter des élèves, parmi lesquels Gerrit Dou en 1628[22].

En 1629, l'homme politique Constantijn Huygens, poète et secrétaire du prince d’Orange[note 14], lui rend visite dans son atelier et se montre enthousiaste sur Rembrandt dans son autobiographie[9] ; ses commandes lui apportent notoriété et le sortent de ses difficultés financières. Grâce à cette collaboration, le prince Frédéric-Henri achète des peintures à Rembrandt jusqu'en 1646[23]. En 1630, son père meurt. Il délaisse quelque peu la peinture pour se consacrer à la gravure — c'est d'ailleurs son année la plus productive (quinze estampes connues), quoiqu'elles ne soient pas les plus intéressantes : selon Gary Schwartz, ces « petites planches (...) manquent de rigueur »[9].

Portrait de Saskia, femme de Rembrandt (après 1634).

En 1631, après avoir acquis une certaine reconnaissance, il se voit proposer de multiples commandes de tableaux de corporations et de portraits (les « Doelen », son premier portrait de groupe, Leçon d'anatomie du docteur Tulp, étant réalisé en 1632), commandes issues d'Amsterdam qui l'obligent à s'installer dans cette ville. Un important marchand d'art lui offre le gîte, Hendrick van Uylenburgh dont il épouse la nièce Saskia van Uylenburgh le . Ce dernier l'introduit dans le cénacle de la haute société et favorise sa réputation, ce qui lui vaut plus de 50 commandes de portraits de patriciens dans les années 1631-1634 — virage déterminant dans sa carrière[9]. Rembrandt a réalisé plusieurs portraits de sa femme entre 1633 (National Gallery of Art, Washington D.C) et 1634 (musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg)[24], et reste très prolifique en eaux-fortes, qui gagnent en qualité[9]. Il grave notamment des scènes bibliques qu'il n'a pas le temps de peindre et peint pour la première fois des scènes de genre, des allégories et des portraits sur commande (1633)[25].

Rembrandt et Saskia se marient en 1634 et ont un premier enfant en 1635, Rumbartus, qui meurt seulement deux mois plus tard. Il montre à cette époque une grande concentration dans ses gravures, qui sont désormais « d'un grand raffinement », comme Joseph et la femme de Putiphar[25]. Nouvelle baisse de production picturale en 1636. Le couple perd un nouvel enfant, Cornelia, en 1638. Les commandes de portraits cessent[25].

En 1639, Rembrandt et Saskia, qui vivent désormais dans une plus grande aisance financière[note 15], vont habiter une maison cossue (qui deviendra le Musée de Rembrandt) de Jodenbreestraat, dans le quartier juif. Une maison plus spacieuse et qui permet au peintre de recevoir et d'exposer, mais il doit prendre une hypothèque et s'endetter lourdement pour l'acquérir, ce qui devient la cause principale de ses difficultés financières ultérieures[5]. Un troisième enfant meurt peu après sa naissance en 1640. Le quatrième, Titus, né en 1641, sera le seul à atteindre l'âge adulte[26]. Saskia meurt d'une phtisie en 1642 à l'âge de 30 ans.

Il réalise d'importantes gravures dans tous les genres, mais le sommet artistique de cette période est le tableau La Ronde de nuit (De Nachtwacht, Rijksmuseum Amsterdam, 1642) : l'œuvre originale mesure 440 × 500 cm (mais sera plus tard diminuée) et fait le portrait de 18 membres d'une milice civile, d'une façon dynamique, révolutionnaire pour son temps.

Difficultés privées mais succès artistiques[modifier | modifier le code]

Sa production de peintures continue et celle des eaux-fortes se stabilise jusqu'à la fin de sa carrière autour de six estampes par an[26]. Il connaît à partir de 1642 un grand succès commercial et international.[réf. nécessaire],[27].

Entre 1643 et 1649, Rembrandt partage ensuite sa vie avec sa servante Geertje Dircx, jeune veuve sans enfant, qui prend en charge le bébé Titus. En 1648, elle rédige son testament qui voit toutes les possessions de Rembrandt léguées à son fils Titus[28]. Cette liaison entre un veuf et la nourrice de son fils provoque un scandale au point que Rembrandt décide de la congédier. Geertje entame et gagne un procès contre Rembrandt sur le sujet de promesse de mariage, mais Rembrandt la fait enfermer dans un asile d'aliénés en 1650, la faisant passer pour folle[29]. En 1645, Hendrickje Stoffels, plus jeune que Geertje, devient une nouvelle servante de la maison, et remplace Geertje comme concubine.[réf. nécessaire] La vie privée de Rembrandt est très agitée, et 1649 est la seule année où Rembrandt ne réalise aucun tableau ni estampe — à noter tout de même que bien que non datée, l'une de ses plus remarquables estampes, La Pièce aux cent florins a été achevée vers cette année-là, après un long processus. Il vit à cette époque « une situation financière catastrophique, l'artiste n'étant pas en mesure de régler ses hypothèques ni d'acquitter ses impôts »[28]. Il reçoit très peu de commandes, les années 1650 étant moins prolifiques en ce domaine que la seule année 1632, alors que c'est sa principale source de revenus. On ne connaît par exemple qu'une seule eau-forte et un seul tableau de Rembrandt datés de 1653[28].

La collection de Rembrandt

Le document de cet inventaire demeure aujourd'hui encore important pour les historiens de l'art : sa collection comprenait des œuvres d'art antiques et asiatiques, des objets scientifiques, des armes, des instruments de musique, des costumes et des œuvres picturales[30].

Il possédait notamment des tableaux d'Hercules Seghers, Jan Lievens, Adriaen Brouwer, Pieter Lastman et Jan Pynas ainsi que des œuvres attribuées à Giorgione, Palma le Vieux, Lelio Orsi, Raphaël et aux Carracci ; il conservait également des estampes de Andrea Mantegna, Lucas de Leyde, Martin Schongauer, Cranach, Holbein le Jeune, Heemskerck, Frans Floris, Pieter Brueghel l'Ancien, Rubens, Jordaens, Goltzius et Abraham Bloemaert[30]. Enfin, il possédait peu de livres : une Bible, les Antiquités judaïques de Flavius Josèphe et illustrées de gravures sur bois de Tobias Stimmer et le traité sur les proportions humaines d'Albrecht Dürer[30].

Cet inventaire a permis à des spécialistes de Rembrandt de se rendre compte de la « curiosité éclairée » de ce dernier et de la grande importance de son étude de la Renaissance italienne dans son œuvre[30].

Après avoir été condamnée par le synode l'Église pour fornication, Hendrickje donne naissance à Cornelia en 1654[28]. Il se consacre néanmoins à des sujets religieux, aussi bien dans ses estampes que dans ses tableaux, où sont à noter Le Christ et la Samaritaine et Joseph accusé par la femme de Putiphar, peints « à double, peut-être sous la pression de sa situation financière désespérée »[28].

Rembrandt vivant au-dessus de ses moyens, achetant des pièces d'art du monde entier (collection qui lui sert de modèle dans ses peintures), des costumes dont il se sert souvent dans ses œuvres, n'arrive plus à honorer ses dettes en 1656. Il est alors contraint de vendre sa maison et ses possessions — qui font l'objet d'un inventaire[note 16] — aux enchères et de se contenter d'un logis plus modeste loué au 184 du canal Rozengracht (nl). Sa compagne Hendrickje et son fils Titus fondent en 1658 une association pour continuer le commerce d'œuvres d'art qu'ils avaient commencé avant ces événements et obtiennent l'exclusivité du commerce de celles de Rembrandt en contrepartie de l'obligation d'entretenir Rembrandt toute sa vie[note 17]. Malgré la renommée de Rembrandt qui continue à croître, les commandes diminuent et une grande toile de 1660, La Conjuration de Claudius Civilis (son tableau le plus grand), destiné à la nouvelle mairie d'Amsterdam, est refusée et retournée (maintenant dans le musée national de Stockholm)[31].

Dernières années[modifier | modifier le code]

En 1663, Hendrickje meurt et son fils se marie, laissant Rembrandt complètement seul. Ces événements marquent ses contemporains, et Joost van den Vondel, le grand poète national[note 18], fait comme ceux-ci le rapprochement avec ses œuvres, jugées plus obscures qu'avant, en le décrivant comme « l'ami et le fils de l'ombre, pareil au hibou nocturne »[32].

Les critiques de son époque, tels Joachim von Sandrart (Teutsche Academie, 1675), Samuel van Hoogstraten (Inleyding tot de Hooge Schoole der Schilderkonst, 1677[note 19]), Arnold Houbraken (Le Grand Théâtre des peintres néerlandais, 1718-1721) et Gérard de Lairesse (Le Grand Livre des peintres, ou l'Art de la peinture considéré dans toutes ses parties, et démontré par principes ... auquel on a joint les Principes du dessin, 1787) louaient son génie mais réprouvaient « son manque de goût, son naturalisme vulgaire, son dessin négligé, la rareté de sujets nobles dans son œuvre[35] ». Rembrandt avait suivi l'évolution du baroque international vers une phase plus classique[36], mais alors que son style personnel arrivait à son paroxysme, il s'éloignait de celui de ses contemporains, plus proche des Van Dyck voire de ses élèves ou anciens compagnons d'ateliers (Govaert Flinck et Jan Lievens)[32].

Malgré une image de solitaire incompris, Rembrandt a continué à recevoir des commandes : de particuliers, notamment Jan Six[œ 2] ; de corporations, comme l'atteste le fameux tableau Le Syndic de la guilde des drapiers (1662) ; et même à l'international, puisqu'un noble italien lui commanda un philosophe et reçut Aristote contemplant le buste d'Homère (1653) et plus tard Alexandre le Grand (1661) et Homère (1663), ainsi que 189 eaux-fortes en 1669[32]. Il continuait par ailleurs à avoir des élèves, notamment Philips Koninck et Aert de Gelder[32].

Lors de ses huit dernières années, Rembrandt n'a produit qu'une seule gravure : un portrait[œ 3] de commande « insignifiant[37] ». Cette mise à l'écart de cet art de prédilection ne s'explique pas par un quelconque empêchement lié à la vieillesse, mais, selon Sophie de Brussière (Petit Palais), parce que Rembrandt avait déjà terminé l'exploration des techniques de la gravure — et en parallèle réussi à obtenir ce qu'il avait recherché pendant toute sa carrière de peintre, la « lumière-couleur » —, et n'y accordait plus d'attention[37].

Il survit aux disparitions de Hendrickje (morte en 1663 de la peste) et Titus, mort en 1668. Sa fille Cornelia, sa belle-fille Marguerite et sa petite-fille Titia sont à ses côtés quand il meurt le à Amsterdam. Désargenté, il est inhumé dans une tombe louée dans l'église Westerkerk, où une plaque commémorative est déposée en 1906 sur une colonne septentrionale de la nef mais plus aucune trace de cette tombe ne subsiste aujourd'hui, la famille Rembrandt n'ayant plus assez d'argent pour y faire construire un tombeau personnel[38].

Élèves[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des élèves de Rembrandt.

Rembrandt a eu plusieurs élèves qui ont connu le succès :

Beaucoup d'œuvres habituellement attribuées à Rembrandt (telles L'Homme au casque d'or, Le Cavalier polonais ou le Philosophe en méditation) ont une paternité aujourd'hui contestée par les experts, notamment celles du Rembrandt Research Project, une coopération de six professeurs universitaires néerlandais. Le peintre a en effet encouragé ses élèves à copier ses œuvres ou a profité de la vente de leurs tableaux, se rémunérant ainsi en échange de leur instruction et de leur apprentissage. L'expertise est rendue encore plus difficile par le fait que Rembrandt ne signe pas toujours ses tableaux, que sa signature a évolué plusieurs fois et que certains de ses élèves signent leur copie du nom de leur maître[39].

Périodes[modifier | modifier le code]

David présentant à Saül la tête de Goliath (1627), huile sur toile, 272 × 396 mm, (Bâle, Kunstmuseum). Cette œuvre est typique, par son format comme par la richesse des détails, de la « période de Leyde » du jeune Rembrandt.
Autoportrait : Rembrandt aux yeux hagards (1630), eau-forte, 50 × 43 mm.
  • Pendant la période de Leyde (1625-1631), l'influence de Lastman est la plus marquante. Les peintures sont de taille modeste mais très détaillées (costumes, bijoux). Les thèmes traités sont essentiellement religieux et allégoriques.
  • À son arrivée à Amsterdam (1634-1636), Rembrandt utilise de larges toiles, des tons puissants et peint des scènes plus spectaculaires, ainsi que de nombreux portraits.
  • Vers la fin des années 1630, il réalise beaucoup de paysages, aussi bien que des gravures inspirées par les thèmes de la nature, qui est vue souvent de façon agressive (arbres arrachés par les tempêtes, nuées menaçantes…)
  • À partir de 1640, son travail gagne en sobriété et reflète les tragédies familiales qu'il traverse. L'exubérance est remplacée par une intériorisation des sentiments qui le tourmentent. Les scènes bibliques sont plutôt inspirées du Nouveau Testament que de l'Ancien Testament, ce qui était le cas dans ses œuvres précédentes. La taille des toiles diminue également, à l'exception notable de la Ronde de nuit. Les forces sombres de la nature laissent place à de paisibles scènes hollandaises rurales.
  • Dans les années 1650, le style de Rembrandt change à nouveau. Il se remet à peindre de grandes toiles et utilise des couleurs plus riches, les coups de pinceaux regagnent en force. On imagine qu'il prend de la distance par rapport à son œuvre précédente et qu'il s'éloigne aussi de la mode du moment, qui favorise le détail et la finesse de réalisation. Il continue à s'inspirer de thèmes bibliques, mais dans un style plus intimiste, préférant les personnages solitaires aux scènes de groupe.
  • Après la mort de sa compagne Hendrickje Stoffels en 1663, les dernières années de sa vie sont marquées par de nombreux autoportraits, sur lesquels on voit son visage empreint de souffrance et marqué par les épreuves qu'il a traversées.

Œuvres marquantes[modifier | modifier le code]

Philosophe en méditation, 1632, musée du Louvre.

Voir également la Liste des tableaux de Rembrandt

Rembrandt et le dessin[modifier | modifier le code]

Autoportrait dessinant à la fenêtre (gravure, 1648).

Près de 300 feuilles sont attribuées actuellement au peintre (contre plus de 1300 dans les années 1950). Il s'agit essentiellement d'exercices de style, la plupart n'ayant pas de rapport direct avec un tableau existant. Les plus riches collections sont conservées à Londres, Amsterdam, Berlin et au Musée du Louvre.

Le peintre a utilisé de nombreuses techniques dont la sanguine, l'encre, la pierre noire. Les thèmes en sont divers mais différents de ceux de ses tableaux : peu de portraits et beaucoup de paysages.

Rembrandt et l'eau-forte[modifier | modifier le code]

Le peintre reste l'un des grands aquafortistes du XVIIe siècle et a laissé près de 290 planches qui pour la plupart ne correspondent pas aux originaux car Rembrandt aimait les retravailler. Il a probablement appris la technique auprès de Jan Lievens qui partageait sans doute son atelier à Leyde.

Ses premières eaux-fortes datent de 1626 :Repos en Égypte (B 59) et La circoncision (s 398). Rembrandt n'a pas coutume de signer et dater les eaux-fortes. Une seule échappe à cette règle : Jeune homme au buste : autoportrait (B 338). Il s'est spécialisé dans la technique de l'eau-forte, utilisant une plaque de cuivre recouverte d'un vernis, ce qui permet de travailler sur cette dernière avec le même geste que le dessinateur. De l'acide attaquait ensuite les zones découvertes par le vernis (la morsure), formant un relief en creux qui pouvait retenir l'encre. Rembrandt utilisait plusieurs techniques complémentaires : la double morsure où il reprenait la plaque en la recouvrant une deuxième fois d'un vernis transparent, l'emploi complémentaire d'un burin pour accentuer certains traits, ou d'un « mordant » directement sur la plaque afin d'obtenir des effets de brume. Il a laissé également des irrégularités d'encrage permettant la constitution de voiles plus ou moins opaques.

L'année 1630 est extrêmement prolifique : Rembrandt faisant la moue (B 10), Rembrandt à la bouche ouverte (B 13), Rembrandt au bonnet fourré et habit blanc (B 24), Présentation au temple, avec l'ange (B51), Jésus-christ au milieu des docteurs de la loi (B66), Gueux et gueuse (B 164), Gueux assis sur une motte de terre ; ressemblant à Rembrandt (B 174), Tête d'homme chauve (B 292), Tête d'homme chauve, tourné à droite (B 294), Tête d'homme de face (B 304), Vieillard à grande barbe (B 309), Tête de face riante : autoportrait (B 316), Tête d'homme au bonnet coupé ; Rembrandt aux yeux hagards (B 320), Homme à moustaches relevées et assis (B 325). Ce sont de petits formats[40].

Entre 1650 et 1655, Rembrandt a fait quelques rares planches directement en taille-douce.

Quelques tableaux[modifier | modifier le code]

La peinture de Rembrandt procède par la superposition de couches de glacis (tons de terres, procédé du clair-obscur), cette matière ou « manière brute » s'opposant à la « manière lisse » de la génération suivante de peintres hollandais[41].

La Ronde de nuit[modifier | modifier le code]

Rembrandt a peint La Compagnie de Frans Banning Cocq et Willem van Ruytenburch, entre 1640 et 1642. Au XVIIIe siècle, ce tableau paraissait si sombre et si détérioré qu’on a cru qu’il s’agissait d’une scène nocturne. Il fut donc rebaptisé ou surnommé La Ronde de nuit. Un nettoyage opéré en 1947 permit de restituer sa lumière et surtout ses couleurs à l’œuvre, qui représente un groupe d'arquebusiers, quittant l'ombre d'une cour et s'avançant dans la lumière du jour.

Le tableau a été commandé pour orner le nouveau hall du Kloveniersdoelen, la compagnie des arquebusiers, une des milices de gardes civils chargées de défendre la ville en cas de conflit. Rembrandt, s'éloignant des conventions du genre, choisit de montrer la troupe alors qu'elle se met en mouvement. On ne sait d'ailleurs pas à quelle occasion. S'agit-il d'une simple patrouille ou d'un événement particulier ? Une parade, à l'occasion de la visite de Marie de Médicis à Amsterdam, en 1638, ou celle d'Henriette Marie d'Angleterre, en 1642, ont été suggérées. Quoi qu'il en soit, cette approche artistique contraria les commanditaires et certains membres de la milice furent agacés de se voir relégués à l'arrière-plan, presque invisibles. À 1600 florins, le paiement était un record dans l'œuvre de Rembrandt, dans une société où un ouvrier gagnait de 200 à 250 florins par an.

En 1725, pour qu'elle pût trouver sa place sur un mur d'une salle de l'Hôtel de ville, des morceaux de la toile, alors d'environ 500 × 387 cm, furent découpés. Ses dimensions actuelles (438 × 359 cm) sont encore impressionnantes : elle occupe tout un côté d'une des plus grandes salles du Rijksmuseum, dont elle est considérée comme l'œuvre majeure.

Le Syndic des drapiers[modifier | modifier le code]

Cette toile représente six personnages en costume noir, portant chapeaux et fraises, qui vérifient les comptes de la corporation des drapiers. Elle illustre bien le talent de Rembrandt pour la disposition de ses personnages. Son exécution est sobre et efficace. Un article publié en 2004, par Margaret S. Livingstone, professeur de neurobiologie à l'Université de Harvard Medical School, suggère que Rembrandt, dont les yeux n'étaient pas alignés correctement, souffrait de cécité stéréo (en). Cette conclusion a été faite après l'étude de trente-six autoportraits du peintre. Parce qu'il ne pouvait pas former une vision binoculaire normale, son cerveau se reportait automatiquement sur un seul œil pour de nombreuses tâches visuelles. Cette incapacité pourrait l'avoir aidé à aplatir les images qu'il voyait pour les restituer ensuite sur la toile en deux dimensions.

Expertises[modifier | modifier le code]

La distinction entre l'œuvre originale du peintre et celle faite par son atelier est difficile et les attributions ont été variables dans le temps, Rembrandt n'hésitait pas en effet à signer de son nom des tableaux qui étaient l'œuvre de collaborateurs parfois éloignés, le peintre entretenant sciemment cette confusion même pour des autoportraits. De plus, certaines de ses œuvres qui lui furent attribuées étaient réalisées par de ses élèves ou des imitateurs qui prenaient parfois la liberté de signer du nom de Rembrandt[42].

En 1836 est publié le premier recensement de son œuvre peinte, fait par John Smith, qui compte près de 600 tableaux. Près de 400 peintures supplémentaires lui sont attribuées par la suite, grâce à l'étude de Wilhelm von Bode publiée chez Charles Sedelmeyer (8 volumes, 1897-1907). Un inventaire de 1915 ramène ce nombre à 740 et Abraham Bredius à 600 dans un catalogue publié en 1935[43].

En 1968, le Rembrandt Research Project (RRP) a été créé sous l'égide de l'Organisation néerlandaise pour l'avancement de la recherche scientifique (Nederlandse Organisatie voor Wetenschappelijk Onderzoek) et publie un nouveau catalogue raisonné qui porte à 420 le nombre de tableaux. Des historiens d'art et des experts de plusieurs disciplines se sont associés pour valider l'authenticité des travaux attribués à Rembrandt et établir une liste complète de ses peintures au sein d'un catalogue raisonné. Certaines œuvres ont été retirées de la liste après expertise, dont Le Cavalier polonais, conservé par la Frick Collection de New York. La plupart des experts, parmi lesquels le Dr Josua Bruyn du RRP, attribuent maintenant ce tableau à l'un des plus talentueux élèves de Rembrandt, Willem Drost. En 2003, le comité poursuit ses travaux d'investigation. Les enjeux de ces désattributions sont de taille et suscitent de grosses polémiques : un Rembrandt peut se vendre dans les années 2010 à plus de 28 millions de dollars américains ; la Wallace Collection, qui avait 11 tableaux de Rembrandt, ne se retrouve plus qu'avec un seul authentifié. L'expertise de L'Homme au casque d'or, exposé à la Gemäldegalerie de Berlin, a également abouti à la conclusion que son « attribution à Rembrandt est à présent pratiquement exclue »[44].

À la suite des désattributions effectuées par les experts (notamment Ernst van de Wetering, directeur du Rembrandt Research Project), il n'en resterait actuellement que 357 estimés authentiques[45].

Signatures[modifier | modifier le code]

Signatures de Rembrandt.

« Rembrandt » est une modification de l'orthographe du prénom de l'artiste qu'il a présentée en 1633. Ses premières signatures (vers 1625) se composaient d'un premier « R », ou le monogramme « RH » (pour Rembrant Harmenszoon, c'est-à-dire « fils de Harmen »), et à partir de 1629, « RHL » (« L » était, vraisemblablement, pour Leiden). En 1632, il a utilisé ce monogramme au début de l'année, puis a ajouté à son patronyme, « RHL-van Rijn », mais a remplacé cette forme dans la même année et a commencé à utiliser son prénom seul avec son orthographe d'origine, « Rembrant ». En 1633, il a ajouté un « d », et a toujours maintenu cette forme à partir de là, ce qui prouve que cette petite modification avait un sens pour lui. Ce changement est purement visuel, il ne change pas la façon dont son nom est prononcé. Curieusement, malgré le grand nombre de peintures et de gravures signées avec ce changement de prénom, la plupart de ses documents qui sont mentionnés au cours de sa vie ont conservé l'orthographe originelle « Rembrant ». (Note : la chronologie approximative de la signature des formes ci-dessus s'applique aux peintures et, dans une moindre mesure, à la gravure, de 1632, vraisemblablement, il n'y a qu'une seule gravure signée « RHL-v. Rijn », le grand format La résurrection de Lazare (B 73) ). Sa pratique de signer son travail de son prénom a probablement été inspirée par Raphaël, Léonard de Vinci et Michel-Ange, qui, hier comme aujourd'hui, ont été appelés par leur prénom seul[46].

Collections[modifier | modifier le code]

Historiographie[modifier | modifier le code]

Dans la deuxième édition de Description de Leiden (en néerlandais : Beschrijvinge der stadt Leyden, 1641), Jan Janszoon Orlers, maire de la ville, inclut la première biographie imprimée (sur une demi-page) de Rembrandt[26],[4].

Edme-François Gersaint (1694-1750) est le premier à publier un catalogue de gravures de Rembrandt, en 1751[47] (à titre posthume) : le Catalogue raisonné de toutes les pièces qui forment l’œuvre de Rembrandt[48],[note 20]. Gersaint choisit dans cet ouvrage de classer les œuvres non pas dans un ordre chronologique, mais suivant le sujet — et il sera en ceci suivi par la plupart de ses successeurs[47] — qui sont : portraits de Rembrandt ; Ancien Testament ; Nouveau Testament ; sujets pieux, pièces de fantaisie ; mendiants, sujets libres ; paysages ; portraits d'hommes ; têtes de fantaisie ; portraits de femmes ; études[47].

Adam von Bartsch (1757-1821), également aquafortiste, écrit un ouvrage référence dans ce domaine : Catalogue raisonné de toutes les Estampes qui forment l'Œuvre de Rembrandt, et ceux de ses principaux Imitateurs[50]. Il y établit ce qui est devenu le système de numérotation définitif, sur son propre nom (par exemple « Bartsch 17 » ou « B. 17 »), pour les gravures à l'eau-forte de Rembrandt et les copies de beaucoup d'autres artistes, système encore employé dans ce domaine.

Ignace Joseph de Claussin (1795-1844), compose en 1824 Catalogue raisonné de toutes les estampes qui forment l'œuvre de Rembrandt, et des principales pièces de ses élèves[51] puis en 1828 Supplément au Catalogue de Rembrandt[52], le premier faisant référence, notamment pour Charles Henry Middleton qui le cite abondamment dans A Descriptive catalogue of the etched work of Rembrandt van Rhyn (1878)[53], un autre ouvrage de référence. En gravure, sont également à noter Charles Blanc, Eugène Dutuit, Arthur Mayger Hind et André-Charles Coppier.

Expositions et événements récents[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Rembrandt - Caravaggio, Musée Van Gogh d'Amsterdam, du 28 février 2006 au 18 juin 2006
  • Rembrandt : La lumière de l’ombre, Bibliothèque nationale de France, du 11 octobre 2006 au 7 janvier 2007
  • Portraits hollandais au siècle de Rembrandt et Frans Hals, Musée Mauritshuis Korte Vijverberg 8 - La Haye, du 13 octobre 2007 au 13 janvier 2007.
  • L'Âge d'Or hollandais - de Rembrandt à Vermeer avec les trésors du Rijksmuseum, Pinacothèque de Paris, du 7 octobre 2009 au 7 février 2010.
  • Rembrandt et la figure du christ, Musée du Louvre, du 21 avril 2011 au 18 juillet 2011.
  • Rembrandt intime, Musée Jacquemart-André, Paris, du 16 septembre 2016 au 23 janvier 2017.

Œuvre attribuée à Rembrandt volée en 1999, puis retrouvée en 2014[modifier | modifier le code]

Le tableau L’enfant à la bulle de savon, volé au musée de Draguignan le , dont la valeur était estimée à plus de 20 millions de francs en 1999 (4 millions d'euros), a été retrouvé le , l'auteur du vol s'étant rendu volontairement à la gendarmerie de Marmande[54],[55]. Cependant, depuis que la toile (non signée) a été retrouvée, la grande majorité des experts[Qui ?], historiens de l'art et conservateurs de musées en France comme ailleurs ont fait part de leurs doutes quant à son authenticité, y voyant la main d’un élève ou d’un imitateur. La conservatrice du musée rappelle que la toile est considérée comme un Rembrandt depuis son acquisition, ce qui ne vaut pas comme argument puisque les attributions étaient très généreuses autrefois, alors que l'on manquait de moyens scientifiques d'analyse des peintures[réf. nécessaire] : propriété du comte de Tourves, la toile a fait l’objet d’une saisie révolutionnaire en 1794, pour intégrer le musée de Draguignan. Le tableau a retrouvé les collections du musée le [56] .

The Next Rembrandt : un portrait-robot de ses œuvres[modifier | modifier le code]

Cet travail a été réalisé en partenariat avec une équipe de Microsoft, le musée de la maison Rembrandt à Amsterdam, l'université de technologie de Delft et la galerie royale de Mauritshuis à La Haye, et a été présentée le 5 avril 2016 à Amsterdam[57]. Résultat d'un travail collaboratif de 18 mois, le rendu de 148 millions de pixels s'appuie sur les technologies d'apprentissage automatique et l'impression 3D. 346 peintures ont été scannées en 3D pour enregistrer les couleurs et le relief de l'huile. Ces images ont ensuite été analysées par un algorithme qui en a extrait toutes les informations. Le programme a permis de faire ressortir les caractéristiques de l’œuvre du peintre pour faire le portrait-robot de ses œuvres soit un portrait, d'un homme de type caucasien, de face, regardant vers la droite, âgé entre 30 et 40 ans, vêtu de noir avec un col, portant la barbe et coiffé d'un chapeau[57]. Grâce à un algorithme de traitement et de reconnaissance d'image, les détails clés des œuvres de Rembrandt ont été mis en évidence : l’espacement des yeux, la position du nez, la forme des visages, etc. Treize couches ont été imprimées successivement avec une encre à UV spéciale pour respecter les multiples couches de peintures superposées les unes aux autres présentes sur les tableaux actuellement authentifiés de Rembrandt[57].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. a et b La version de son prénom qui inclut la lettre « d » est apparue pour la première fois dans ses signatures de 1633. Jusque-là, il signait d'une combinaison de ses initiales ou monogrammes, ou même « Rembrant » (sans « d ») : voir la section « Signatures ».
  2. Malgré l'existence d'une controverse autour de cette date, la majorité des sources tendrait aujourd'hui à la confirmer plutôt que celle, autrefois avancée, de 1606.
  3. L'œuvre de Rembrandt suscite de sérieux problèmes d'attribution. Svetlana Alpers dans son ouvrage de 1988, L’Atelier de Rembrandt, La liberté, la peinture et l’argent, avance le nombre de 420 œuvres peintes, mais au moment de la parution de son livre, le Rembrandt Research Project n'a pas encore livré ses conclusions définitives et Alpers prévoit que ce nombre sera probablement amené à être dévalué encore.
  4. On peut citer cependant Le Moulin (National Gallery of Art, Washington) ou De stenen brug (Le pont de pierre), au Rijksmuseum Amsterdam.
  5. Ou en 1607 : en effet, Rembrandt prétendait lui-même avoir 26 ans le [2],[3].
  6. De la maison natale du peintre, il ne reste plus rien, une plaque commémorative sur un immeuble moderne d'habitations marque l'emplacement de sa demeure natale, proche du Rembrandtbrug, le « pont Rembrandt » ainsi qu'une reconstitution du moulin familial d'Harmen Gerritszoon van Rijn. En ce XXIe siècle, le patronyme des Rembrandt est toujours associé à la guilde des meuniers.
  7. L'Encyclopædia Britannica précise pour sa part qu'il est le quatrième des six enfants ayant survécu sur les dix qu'ont eus leurs parents[4].
  8. Le patronyme « van Rijn » rappelle que le moulin familial donne sur le Rhin qui entoure alors la ville fortifiée, ce moulin broyant plutôt le malt[réf. souhaitée].
  9. Karel G. Boon présente Swanenburgh comme un « peintre d'architecture passablement insignifiant, disciple attardé du maniérisme. » S'il est établi que Rembrandt, à l'âge de 15 ans, s'est perfectionné auprès de lui dans le dessin à la plume, « on ignore quelle influence a eue sur son jeune élève Jacob Izaaksz Swanenburch. »[11].
  10. C'est chez Joris van Schooten que Rembrandt aurait rencontré Jan Lievens, considéré alors comme « plus doué que lui »[13].
  11. Le musée du Petit Palais présente Jan Pynas comme un maître de Rembrandt, tandis que la RKD le qualifie simplement d'influence[15].
  12. Simon van Leeuwen prétend cependant que Rembrandt a aussi bénéficié de l'enseignement de Joris van Schooten[10],[18].
  13. Même si l'écrivain Constantin Huygens, qui n'est cependant pas un spécialiste du sujet, écrit en 1629-1631 que « Rembrandt était incomparable dans la narration par la vie qu'il savait prêter à ses sujets[19]. »
  14. Constantijn Huygens est aussi le père de l'important mathématicien et physicien néerlandais Christiaan Huygens.
  15. L'autoportrait gravé, Rembrandt appuyé (voir l'estampe sur Wikimedia Commons), le montre à l'apogée de sa carrière[26].
  16. Il grave à cette occasion Saint François à genoux — le saint qui s'est dépouillé volontairement[31].
  17. Cette association permet de soutenir matériellement Rembrandt mais aussi de protéger le commerce de ses œuvres, étant donné que lui-même n'en avait légalement plus le droit[32].
  18. Selon l'Encyclopædia Universalis, Joost van den Vondel et Rembrandt représentent « le moment baroque de l'« âge d'or » néerlandais, de ce XVIIe siècle qui (...) connut un épanouissement culturel sans précédent[33]. » Mais ce n'est pas le seul lien entre ces deux personnalités. Van den Vondel a notamment défié Rembrandt de représenter la voix du ministre Cornelis Claesz Anslo dans un poème manuscrit au dos du portrait[œ 1] gravé par Rembrandt de ce dernier[34].
  19. L'ouvrage de Hoogstraten a été traduit en français : Samuel van Hoogstraten, Introduction à la haute école de l'art de peinture, trad., commentaires et index par Jan Blanc, Genève, Droz, 2006, 574 p. (ISBN 978-2-60001-068-9).
  20. Ce premier catalogue raisonné de Rembrandt est aussi le tout premier catalogue de l'œuvre graphique d’un seul artiste, abordant en détail, dans un chapitre, sur les attributions douteuses les questions de connaisseur consistant à distinguer l’œuvre de Rembrandt de celle de ses élèves[49].
Références des œuvres
  1. B. 271 : Cornelis Claesz. Anslo (voir œuvre).
  2. Portrait de Jan Six, estampe (B. 285 ; voir œuvre).
  3. B. 264 : Jan Antonides van der Linden (voir œuvre).
Références
  1. « Fichier PDF MEMOIRE VOL1 final.pdf », sur Fichier PDF (consulté le 16 juin 2015).
  2. (en) Gary Schwartz, « Is the Rembrandt Year being celebrated one year too soon? One year too late? », sur CODART, (consulté le 7 mars 2018).
  3. (nl) Jaap de Jong, « Rembrandts geboortejaar een jaar te vroeg gevierd », sur nederlands dagblad, (consulté le 7 mars 2018).
  4. a, b et c (en) « Entrée « Rembrandt van Rijn » », sur Encyclopædia Britannica (consulté le 22 mars 2018).
  5. a et b Bull et al., p. 28.
  6. (nl) « Doopregisters, Zoek », sur Archives de la ville d'Amsterdam (consulté le 7 mars 2018).
  7. « Biographie de Rembrandt », sur bnf.fr (consulté le 8 mars 2018).
  8. Bernadette Neipp, Rembrandt et la mort de Jésus : la tendresse d'un regard, Éditions Saint-Augustin, , p. 21.
  9. a, b, c, d, e, f, g et h Schwartz 1978, p. 8.
  10. a et b Houbraken 1718.
  11. Boon 1989, p. 6.
  12. a, b et c Boon 1963, p. III.
  13. Boon 1989, p. 7.
  14. a, b, c et d Musée du Petit Palais 1986, p. 30.
  15. (nl) « Fiche de Rembrandt », sur Rijksbureau voor Kunsthistorische Documentatie (consulté le 16 mai 2016).
  16. (en) « Biographie de Rembrandt », sur National Gallery (consulté le 7 mars 2018).
  17. (en) Michelle A. Erhardt, Mary Magdalene, Iconographic Studies from the Middle Ages to the Baroque, Boston, Brill, , 490 p. (ISBN 9789004232242, lire en ligne).
  18. (nl) Simon van Gelder, Korte besgryving van het Lugdunum Batavorum nu Leyden, Leyde, , 609 p. (lire en ligne), p. 189.
  19. Autobiographie, pub. posthume, 1891.
  20. Coppier 1929, p. 10.
  21. Bernadette Neipp, op. cit., p. 22.
  22. Slive 1953, p. 55.
  23. Slive 1995, p. 60, 65.
  24. Biographie de Rembrandt, Exposition à la BNF.
  25. a, b et c Schwartz 1978, p. 9.
  26. a, b, c et d Schwartz 1978, p. 10.
  27. Simon Schama, L'embarras des richesses. Une interprétation de la culture hollandaise au Siècle d'Or, Paris, Gallimard, , 880 p. p. (ISBN 2070717291).[réf. incomplète]
  28. a, b, c, d et e Schwartz 1978, p. 11
  29. (nl) Driessen, Christoph : Rembrandts vrouwen, Amsterdam, Bert Bakker, 2012, p. 130-157.
  30. a, b, c et d Musée du Petit Palais 1986, p. 17.
  31. a et b Schwartz 1978, p. 12.
  32. a, b, c, d et e Musée du Petit Palais 1986, p. 200.
  33. Paul Hadermann, « VONDEL JOOST VAN DEN - (1587-1679) », dans Encyclopædia Universalis (lire en ligne).
  34. E. S. P., « Fiche d'exposition de Cornelis Claesz Anslo », sur BnF.fr (consulté le 14 janvier 2017).
  35. (en) Seymour Slive, Rembrandt and his Critics, 1670-1730, La Haye, M. Nijhoff, .
  36. Musée du Petit Palais 1986, p. 31.
  37. a et b Musée du Petit Palais 1986, p. 201.
  38. Amsterdam, Casa Editrice Bonechi, , p. 19.
  39. Horst Gerson, Rembrandt et son œuvre, Medea Diffusion, , p. 62.
  40. Rembrandt : L'œuvre gravé complet, Office du Livre-Fribourg, 1978.
  41. Rene Passeron, L'Œuvre picturale et les fonctions de l'apparence, Vrin, , p. 58.
  42. Anne Chalard-Fillaudeau, Rembrandt, l'artiste au fil des textes : Rembrandt dans la littérature et la philosophie européennes depuis 1669, Éditions L'Harmattan, , p. 202.
  43. (nl) Bredius, Abraham (1855-1946).
  44. Musées de Berlin - Beaux Arts - Gemäldegalerie am Kulturforum - Collections hollandaises - Berlin en ligne.
  45. Juliette Garcias et Stan Neumann, documentaire « La Vie cachée des œuvres : Rembrandt », 2009.
  46. Voir les études de Jean-Marie Clarke sur son ancien site (2006) rembrandt-signature-file.com (« https://web.archive.org/web/20160409172243/http://www.rembrandt-signature-file.com/ »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), (consulté le 7 mars 2017).
  47. a, b et c Musée du Petit Palais 1986, p. 9.
  48. Edme François Gersaint, P. C. A. Helle et Jean-Baptiste Glomy, Catalogue raisonné de toutes les pièces qui forment l'œuvre de Rembrandt, Paris, Chez Hochereau, l'aîné, , 326 p. (OCLC 8451071, lire en ligne).
  49. Mariët Westermann, Rembrandt, Phaidon, , 351 p. (ISBN 9780714838571, OCLC 43968643), p. 321.
  50. Adam von Bartsch, Catalogue raisonné de toutes les Estampes qui forment l'Œuvre de Rembrandt, et ceux de ses principaux Imitateurs : Composé par les Sieurs Gersaint, Helle, Glomy et P. Yver, Vienne, A. Blumauer, (OCLC 323251).
  51. Edme-François Gersaint, P. C. A. Helle, Jean-Baptiste Glomy et Ignace Joseph de Claussin, Catalogue raisonné de toutes les estampes qui forment l'œuvre de Rembrandt, et des principales pièces de ses élèves, Paris, Impr. de Firmin Didot, imprimeur du Roi, , 217 p. (OCLC 6474294, lire en ligne).
  52. Ignace Joseph de Claussin et Edme-François Gersaint, Supplément au Catalogue de Rembrandt, suivi d'une description de[s] estampes de ses élèves, augmentées de pièces et d'épreuves inédites; on y a joint une description des morceaux qui lui ont été faussement attribués et de ceux des meilleurs graveurs, d'après ses tableaux ou dessins, Paris, Impr. de Firmin Didot, imprimeur du Roi, , 244 p. (OCLC 6474238, lire en ligne).
  53. (en) Charles Henry Middleton, A Descriptive catalogue of the etched work of Rembrandt van Rhyn, Londres, John Murray, Albemarle Street, (notice BnF no FRBNF32449911, lire en ligne).
  54. Il y a un Rembrandt dans mon placard, sur le site lemonde.fr, consulté le 9 mai 2014.
  55. Rembrandt volé en 1999 à Draguignan : la date de retour au Musée n'est pas fixée, sur le site varmatin.com, consulté le 9 mai 2014.
  56. Le tableau de Rembrandt de retour au musée de Draguignan, sur le site varmatin.com, consulté le 31 juillet 2014.
  57. a, b et c Damien Hypolite, « Une peinture de Rembrandt imprimée en 3D, 347 ans après la mort de l’artiste », sur sciencesetavenir.fr, (consulté le 7 avril 2016).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bibliographie sur Rembrandt.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Plusieurs fictions, au cinéma ou à la télévision, ont retracé la vie de Rembrandt :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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