Relais Parental

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Le Relais Parental est un concept d'accueil innovant[non neutre] : un lieu accueillant 24 h sur 24 et 7 jours sur 7 des enfants dont la famille traverse des difficultés momentanées ou périodiques. Il reçoit les enfants sur simple demande des parents qui décident librement de la durée du séjour de leur enfant. Ces demandes peuvent être motivées par un problème de santé ou de logement, par l’éloignement passager d’un parent, des difficultés conjugales ou éducatives ou bien tout simplement par le besoin de répit d’un parent et de son enfant, épuisés par un face à face continuel[1].

Étayer la fonction parentale[modifier | modifier le code]

Le Relais Parental propose d’étayer la fonction parentale, fonction difficile à exercer en permanence, sans le soutien d’une famille élargie ou d’un voisinage socialisé. Or dans l’anonymat des agglomérations actuelles, de nombreux parents manquent non seulement d’un environnement humain mais également de références citoyennes et culturelles. Cette situation d’isolement donne lieu à des carences éducatives, compensées par l’omniprésence de la télévision et à des tensions, source de violence. À l’image d’une maison grand-parentale, le Relais Parental accueille le cri d’un parent « Je n’en peux plus ! », sans que cela s’inscrive dans des registres officiels.

Un lieu de sécurité et de bien-être[modifier | modifier le code]

Pour l’enfant, le Relais Parental offre un lieu de sécurité et de bien-être, une « Maison des Enfants » où il vit décollé d’une relation étroite avec son parent, dans une communauté de pairs encadrée par des adultes qui garantissent à chacun une vraie place d’enfant, sans qu’il faille conquérir celle-ci par des rapports de force ou de séduction. La vie quotidienne est ordonnée par les règles du savoir-vivre, la journée se profile à travers des rituels : du lever, du repas, du coucher…, des traditions marquent le rythme de l’année : la nuit de la St. Jean, l’avent et la fête de Noël, le carnaval et Pâques. On chante beaucoup au Relais Parental, que ce soit le soir ou à l’occasion des fêtes.

Une alternative à l’accueil à l’Aide Sociale à l’Enfance[modifier | modifier le code]

Le Relais Parental se veut une alternative à l’accueil des enfants à l’Aide Sociale à l’Enfance, lorsque celui-ci ne s’impose pas pour raisons graves. Il Il en existe un deuxième dans les Hauts-de-Seine à Chatenay-Malabry (Coup d'Pouce 92)permet à l’enfant de rester dans son environnement et aux parents de préserver l’intimité de leur vie familiale.

Initiative et essaimage[modifier | modifier le code]

Créé en 1985 par une éducatrice spécialisée, Verena Thorn-Vogt (*1941 en Suisse) à Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine ("La Passerelle 92"[2]),un deuxième a vu le jour dans les Hauts-de-Seine à Chatenay-Malabry (Coup d'Pouce 92), le Relais Parental a essaimé dans le Doubs (Besançon[3], Audincourt[4] et Pontarlier), à Béziers et à Montpellier[5] dans l’Hérault, à Nantes[6] et Saint-Nazaire[7] en Loire-Atlantique et à Cherbourg[8] dans la Manche. La création d’un Relais Parental est prévue à Argenteuil dans le Val-d'Oise.

Un accueil fondé sur une relation de confiance[modifier | modifier le code]

L’admission peut se faire à la demande des parents, ou à la demande des services sociaux, de la PMI, des hôpitaux, des associations diverses, ou sur simple appel téléphonique. Les parents, après entretien, signent une autorisation d’hébergement, une décharge en cas de soins et fournissent le carnet de santé. - La première visite à La Passerelle coïncide souvent avec un accueil le même jour. Les parents confient leur enfant en toute sécurité dans un lieu professionnel et chaleureux basé sur un modèle familial.

« Il y a des choses que l'on comprend en dehors des mots. - Il en est ainsi dans cette maison. Une maison comme celles-ci est nécessairement fondée sur la confiance. »

— Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre[9]


L’Ordre national du Mérite a été remis à Verena Thorn-Vogt qui a conçu le projet[10] du Relais Parental et fut la première directrice (pendant 15 ans) de la Passerelle 92[11] .

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Didier Houzel, Les enjeux de la parentalité, ouvrage collectif, Ed. Erès 2010, (ISBN 2-86586-693-9 et 9782865866939).
  • Il faut un village pour élever un enfant, Le Furet, no 35, août 2001.
  • Dominique Fablet, De la suppléance familiale au soutien à la parentalité, L'Harmattan, 2010 (ISBN 9782296110830) - Voir notamment « Équipements innovants : Relais parentaux ou familiaux et crèche familiale préventive » p. 27 et suivantes ; « Équipements innovants : l'exemple des relais parentaux » p. 58 et suivantes.
  • « Le Relais parental », dans Gérald Boutin, Paul Durning, Enfants maltraités ou en danger: l'apport des pratiques socio-éducatives, L'Harmattan, 2008, p. 142 et suivantes (ISBN 2296052673 et 9782296052673).
  • Le Relais parental, colloque, 14 novembre 2002, Paris, Atlante, 2003, 106 pages (ISBN 2912671167 et 9782912671165).

Références[modifier | modifier le code]