Reinhold de Rosen

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Reinhold de Rosen
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Le lieutenant-général Reinhold de Rosen de Gross-Ropp (Reinhold von Rosen, 1604-1667) commandait des troupes weimariennes au service de la France sous le règne de Louis XIV.

Biographie[modifier | modifier le code]

Rheinhold de Rosen entre en 1921 à la cour de Gustave Adolphe de Suède en tant que page. Apprécié par le roi, il est intégré dans la garde personnelle de celui-ci, dans laquelle se trouvent déjà ses frères Woldemar et Johann. Au moment de la bataille de Lützen en 1632, il commande un régiment, avec lequel il passe sous les ordres de Bernard de Saxe-Weimar à la suite de la mort de Gustave-Adolphe. Lors de l’avancée de celui-ci à travers le Wurtemberg et le Palatinat, il s’illustre à Deux-Ponts, en défendant la ville contre les assauts du général Matthias Gallas du au , date à laquelle Gallas doit se retirer en raison de l’arrivée de renforts[1].

Au cours des années suivantes, il combat en Bourgogne et en Champagne, avant de revenir en Alsace en 1637, où il est blessé lors d’un combat contre les troupes de Jean de Werth. Lors de sa convalescence à Strasbourg, il se remarie le avec Anne-Marguerite von Epp,sa première épouse étant décédée[2]. Juste après son mariage, alors qu’il se rend au château de Bollwiller pour son voyage de noce, il échappe de peu à une première embuscade tendue sur le trajet, à Ensisheim, par Sperreuter, colonel des Croates. Quelques jours plus tard, une autre troupe essaye d’attaquer le château, mais cette nouvelle tentative échoue également : Rosen ayant été prévenu, il tend à son tour une embuscade aux assaillants dans le bois de Bernwiller et les met en déroute[3].

À partir de 1638, Rosen combat dans la région de Laufenourg et Waldshut, puis joue un rôle décisif pendant la bataille de Rheinfelden, permettant la capture de Jean de Werth. Dans les mois suivants, il prend un grand nombre de places-fortes, puis se joint au siège de Breisach, avec pour mission de tenir à distance les renforts impériaux. C’est au cours des combats qui s’ensuivent qu’il est une nouvelle fois blessé le à Wittenweier. Il devient au début de 1639 le seul commandant de l’armée, Bernard de Saxe-Weimar étant trop malade pour pouvoir encore assumer son commandement. À la mort de celui-ci le , il devient l’un des quatre directeurs de l’armée weimarienne. Ceux-ci, à l’issue d’une négociation avec Richelieu, cèdent le l’armée et toutes les conquêtes des années précédentes à la France, Rosen acquérant au passage le rang de lieutenant général, avec un salaire annuel de 12 000 livres[4]. Louis XIII confirme également sa propriété sur les seigneuries de Bollwiller, Zillisheim et Soultz, puis, le , le nomme major général de la cavalerie[5].

Le , il participe à la bataille de Tuttlingen, dont il est le seul général du camp franco-weimarien à parvenir à échapper à la capture. Cela lui vaut d’être accusé d’avoir fui le champ de bataille par lâcheté et provoqué ainsi la défaite, mais ces attaques ne semblent pas avoir entamé outre mesure la confiance du roi à son encontre. En effet, après avoir échappé une nouvelle fois de justesse à la capture à Mannheim le , il est nommé en maréchal de camp et reçoit le comté de Hohenberg. Toutefois, sa chance finit par tourner et il est fait prisonnier à la bataille de Mergentheim le . Il reste en captivité pendant deux ans, d’abord au château d’Ingolstadt, puis à celui de Schärding avant d’être libéré contre une rançon de trois mille thaler[6].

Dès son retour, Rosen doit accompagner Turenne pour aller combattre le frondeur Gaston d’Orléans en Flandre (Belgique). Toutefois, sur le trajet, considérant que cette mission va à l’encontre des accords de 1639 et reprochant également les retards dans le paiement de la solde et la confiscation des postes d’importance par les Français, les troupes weimarienne se mutinent. Rosen tente de ramener l’ordre, mais seule une partie des troupes lui obéit, le reste ravageant la région de Pforzheim avant de se rallier au général suédois Johann Christoph von Könnigsmark. Turenne, qui semble n’avoir guère apprécié Rosen, fait emprisonner celui-ci le au motif de trahison et le garde en détention malgré la demande du roi de le libérer. la situation reste bloquée ainsi jusqu’au mois de , lorsque Turenne passe dans le camp des frondeurs[7].

Libéré, Rosen est également promu au rang de sous-lieutenant général des armées du roi et reçoit confirmation de la propriété du château et de la seigneurie de Bollwiller. Il obtient par ailleurs le l’amnistie du roi pour tous les soldats ayant participé à la mutinerie, ce qui lui permet d’en faire revenir un grand nombre dans son armée. La bataille de Rethel lui offre l’occasion de se venger de Turenne : la charge de sa cavalerie offre la victoire aux loyalistes et permet en outre à Rosen de s’emparer des bagages de Turenne. Après avoir une nouvelle fois vaincu les Espagnols à Chimay, il retourne en Alsace pour défendre la province contre le duc de Lorraine[8].

Dalle funéraire de Reinhold de Rosen dans l’église de Dettwiller.

Après le retour en grâce de Turenne en 1652, Rosen, ne souhaitant pas avoir de rapport avec lui, démissionne de ses fonctions militaires et se retire d’abord dans son château de Bollwiller, puis dans celui de Herrenstein, puis à Dettwiller même, où il se fait construire un nouveau château. C’est là qu’il meurt le des suites de la gangrène provoquée par une opération de la blessure qu’il avait reçue en 1638. Il est inhumé dans le chœur de l’église Saint-Jacques le Majeur de Dettwiller[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gerber 1968, p. 8.
  2. Gerber 1968, p. 9.
  3. Gerber 1968, p. 9-10.
  4. Gerber 1968, p. 10.
  5. Gerber 1968, p. 11.
  6. Gerber 1968, p. 12.
  7. Gerber 1968, p. 13.
  8. a et b Gerber 1968, p. 14.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Gerber, « Le Général Reinhold de Rosen (1600/04-1667), ancien possesseur du bailliage de Herrenstein, Dettwiller et Dossenheim », Pays d’Alsace, no 61,‎ , p. 7-18 (ISSN 0245-8411, lire en ligne)

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